vignette|Centrale thermique de Futtsu, la centrale à gaz la plus puissante du Japon (). L'électricité au Japon se caractérise par des changements brutaux et de grande ampleur à la suite de l'accident nucléaire de Fukushima en 2011. Avant le séisme, le Japon produisait 24,6 % de son électricité à partir de 54 réacteurs nucléaires, positionnant le pays au mondial pour la production nucléaire. Le Japon prévoyait d'augmenter cette part à 50 %. Après un arrêt quasi total de la production d'électricité nucléaire, le pays remet progressivement en service ses centrales : en août 2026, 14 réacteurs étaient reconnectés au réseau et 19 en attente d'autorisation de redémarrer.

En 2023, l'électricité représente 30,3 % de la consommation finale d'énergie. Le Japon est en 2025 le d'électricité au monde (3,2 % de la production mondiale). Il se distingue par sa forte production d'électricité à partir de gaz naturel ( mondial) et de charbon ( mondial) ainsi que pour le solaire photovoltaïque ( mondial). Il se classe au mondial pour sa production d'électricité nucléaire. Inversement, son utilisation de l'énergie éolienne est faible : 0,5 % du total mondial.

L'arrêt des centrales nucléaires a été compensé par le recours aux centrales thermiques fossiles. Cette nécessité a fait basculer dans le rouge la balance commerciale, autrefois largement excédentaire. Le développement des énergies renouvelables a connu également un boom à ce moment. La production se répartit en 2024 en 62,4 % d'énergies fossiles (29,9 % de gaz naturel, 30,1 % de charbon, 2,3 % de pétrole), 9,5 % de nucléaire (contre 24,6 % en 2010), 24,4 % d'énergies renouvelables (10,0 % solaire, 8,7 % hydraulique, 4,1 % biomasse et déchets, 1,2 % éolien, 0,4 % géothermie) et 3,8 % de déchets non renouvelables et divers.

Le réseau électrique du Japon est isolé du reste du monde. Il se distingue par une séparation des réseaux est et ouest, qui sont respectivement à et . Il consiste en 4 grandes régions synchronisées indépendamment, ce qui pénalise significativement les transferts d'énergie au sein du pays.

La consommation d'électricité par habitant est élevée : en 2024, elle atteint la moyenne mondiale, est supérieure de 18 % à celle de la France, mais inférieure de 40 % à celle des États-Unis.

Comparaisons internationales

+ Place du Japon dans les classements mondiauxSource d'énergieIndicateurRangAnnéeQuantitéUnité% mondeCommentairesÉlectricitéProduction63 2025 TWh 3,2 % : Chine (32,9 %), : États-Unis (14,8 %), : Inde (6,4 %), : Russie (3,7 %) Prod.élec.par sources**64Charbon 2025 300,3 TWh 2,9 % : Chine (, 54,8 %), : Inde (13,9 %), : États-Unis (7,7 %)Pétrole 2025 22,5 TWh 3,2 % : Arabie saoudite (21,3 %), : Iran (12,0 %), : Égypte (3,4 %)Gaz naturel 2025 308,8 TWh 4,4 % : États-Unis (, 27,6 %), : Russie (7,7 %), : Chine (4,8 %), : Arabie saoudite (4,3 %), : Iran (4,1 %)Renouvelables hors hydro 2025 171,2 TWh 2,7 % : Chine (38,9 %), : États-Unis (14,8 %), : Inde (4,8 %), : Allemagne (4,4 %), : Brésil (4,2 %) NucléaireProduction nette77 2025 94,1 TWh 3,3 % : États-Unis (, 29,0 %), : Chine (17,1 %), : France (13,7 %), : Russie (7,7 %), : Corée du sud (6,5 %)Puissance installée Reactor status at year-end - Japan, AIEA-PRIS, 14 août 2026. 2026 12,63 GW 3,3 % : États-Unis (, 25,5 %), : France (, 16,6 %), : Chine (, 15,5 %), : Russie (7,5 %), : Corée du sud (6,7 %), : Ukraine (3,5 %), : Canada (3,3 %) HydroélectricitéProduction66 2025 74,3 TWh 1,7 % : Chine ( ; 31,1 %), : Brésil (8,9 %), : Canada (7,8 %), : États-Unis (5,5 %)Puissance installée 2024 World Hydropower Outlook, , Association internationale de l'hydroélectricité (IHA), 12 juin 2024. 2023 49,65 GW 3,5 % : Chine (, 29,8 %), : Brésil (8,9 %), : États-Unis (7,2 %), : Canada (5,9 %)Énergie solaire photovoltaïqueProduction élec.74 2025 110,8 TWh 3,9 % : Chine (41,7 %), : États-Unis (13,7 %), : Inde (6,0 %)Puissance installée71 2025 92,21 GWc 3,9 % : Chine (51,4 %), : États-Unis (8,8 %), : Inde (5,7 %), : Allemagne (4,5 %)% solaire PV/élec* Snapshot of Global PV Markets 2026 , Agence internationale de l'énergie-Photovoltaic Power Systems Programme (PVPS), avril 2026, page 13. fin 2025 11,1 % : Grèce (31,4 %), : Espagne (31,1 %), : Pakistan (28,5 %) ; : Inde (14,2 %), : Chine (13,1 %), : États-Unis (9,0 %)Biomasse Energy Statistics Data Browser - Electricity generation by source, Japan, 1990-2024, Agence internationale de l'énergie, 10 juin 2025.Production élec. 2023 39,1 TWh 6,0 % : Chine (30,3 %), : Brésil (8,7 %), : États-Unis (7,0 %), : Allemagne (6,1 %)GéothermieProduction élec. 2023 3,40 TWh 3,5 % : États-Unis (19,9 %), : Indonésie (17,3 %)* % (nucléaire, hydro, éolien, PV)/total production d'électricité** production d'électricité par source

Histoire vignette|upright=1.7|Évolution des principales sources de production d'électricité au Japon.|alt=Graphique temporel des principales sources de production d'électricité au Japon Pendant la Seconde Guerre mondiale, tout le secteur économique électrique du Japon était géré par une agence publique, la Compagnie de production électrique et de distribution du Japon, ou Nippon Hassōden. À la demande du Commandement suprême des forces alliées, la Nippon Hassōden devint en 1952 la Electric Power Development Co., Ltd. et presque tout le secteur électrique fut privatisé en 9 .

Depuis l'accident nucléaire de Fukushima en 2011, et l'arrêt de l'industrie nucléaire au Japon, les dix producteurs d'électricité du pays ont subi de fortes pertes financières, plus de en 2012 et en 2013.

Depuis, des évolutions ont amené à une libéralisation progressive du marché de l'électricité. En , les entreprises locales consommatrices d'électricité obtiennent la possibilité de choisir leur fournisseur d'électricité parmi , dont beaucoup se concentrent sur la fourniture d'électricité dans les grandes agglomérations. Le trading de l'électricité sur la plateforme du (JEPX) est encouragé. Ce marché ne constituait alors que 1,5 % de l'électricité produite. En , plus d'un million de consommateurs avait changé de fournisseur. Cependant, le coût total de cette libéralisation ayant alors atteint , il n'est pas évident que cette stratégie ait été réellement économique pour les consommateurs.

En 2020, le transport et la distribution entament une réforme afin d'être plus ouverts. Cela devrait permettre aux fournisseurs alternatifs de limiter leurs coûts et d'être plus compétitifs.

Production Répartition de la production par source vignette|upright=1.7|Part en pourcentage de la production d'électricité à Japon par source Electricity Data Explorer - Electricity generation in Japan, Ember.. En 2025, selon les estimations de l'Energy Institute, le Japon a produit d'électricité, soit 3,2 % de la production mondiale, au mondial, derrière la Chine (32,9 %), les États-Unis (14,8 %), l'Inde (6,4 %) et la Russie (3,7 %). Cette production se répartissait en 61,5 % de combustibles fossiles (gaz naturel : 30,1 %, charbon : 29,2 %, pétrole : 2,2 %), 9,2 % de nucléaire, 23,9 % d'énergies renouvelables (hydroélectricité 7,2 %, autres 16,7 %) et 5,5 % d'autres sources (déchets non renouvelables, pompage-turbinage, etc). La production d'électricité éolienne est estimée à (1,2 %), celle du solaire à (10,8 %), celle tirée de la biomasse et des déchets à (4,6 %).

+ Production d'électricité au Japon par source (TWh) Source 1990 % 2000 % 2010 % 2020 % 2024 % 2024 var.2024/1990 Charbon 124,7 14,3 228,2 21,4 317,2 27,1 310,9 30,6 295,3 30,1 % +137 % Pétrole 249,5 28,7 133,2 12,5 90,8 7,8 31,5 3,1 22,4 2,3 % -91 % Gaz naturel 167,7 19,3 254,6 23,8 332,3 28,4 394,2 38,8 292,9 29,9 % +75 % Total fossiles 541,9 62,2 616,0 57,7 740,3 63,2 736,6 72,4 610,6 62,3 % +13 % Nucléaire 202,3 23,2 322,0 30,2 288,2 24,6 38,8 3,8 93,5 9,5 % -54 % Hydraulique 97,0 11,1 96,8 9,1 90,7 7,7 87,5 8,6 85,3 8,7 % -12 % Biomasse 8,1 0,9 9,1 0,9 9,7 0,8 26,0 2,6 38,3 3,9 % +373 % Déchets renouv. 0 0 2,8 0,2 1,8 0,2 2,2 0,2 % ns Géothermie 1,7 0,2 3,3 0,3 2,6 0,2 3,0 0,3 3,9 0,4 % +122 % Éolien 0 0,1 0,01 4,0 0,3 9,0 0,9 12,0 1,2 % ns Solaire 0,07 0,01 0,4 0,03 3,5 0,3 79,1 7,8 97,9 10,0 % ns Total EnR 106,9 12,3 109,8 10,3 113,3 9,7 206,4 20,3 240,0 24,4 % +124 % Déchets non renouv. 0 0,1 0,01 8,1 0,7 18,2 1,8 21,1 2,2 % ns Autres 19,5 2,2 20,0 1,9 20,9 1,8 16,9 1,7 15,9 1,6 % -19 % Total 870,7 100 100 100 100 980,6 100 % +13 %Source des données : Agence internationale de l'énergie Energy Statistics Data Browser - Electricity generation from biofuels and waste by source, Japan, 1990-2024, Agence internationale de l'énergie, 10 juin 2025..

Après Fukushima, l'arrêt du nucléaire était compensé par une augmentation massive de sa production à base de combustibles fossiles : +27,2 % de 2010 à 2012, dont +4,3 % pour le charbon, +99 % pour le fioul et +29,5 % pour le gaz. Dans une première phase en 2011, les centrales au charbon étant déjà presque saturées, le pays a dû recourir aux vieilles centrales au fioul ou au pétrole brut (+65,5 % en 2011), peu utilisées habituellement à cause de leur coût marginal élevé. De 2012 à 2024, la production à base de combustibles fossiles a reculé de 35,2 %.

Le mix énergétique post-Fukushima a fait du Japon le plus gros acheteur mondial de GNL, provoquant une flambée des cours. En effet, un réacteur nucléaire de correspond à la consommation d'un million de tonnes de GNL par an, soit, en 2018, . La perte de revenus liée à l’arrêt des réacteurs japonais entre 2011 et 2013 et l’augmentation des importations de combustibles fossiles a conduit les électriciens japonais à augmenter entre 2011 et 2014 la facture d’électricité des ménages de 25 % et celle de l’industrie de 35 %.

Centrales thermiques à flamme

En 2011, les centrales thermiques fossiles représentent 65 % de la puissance installée totale avec ; elles ont produit , soit 74 % de la production totale. En 2012 après l'arrêt des centrales nucléaires, cette part monte à 89 %. Le taux d'utilisation des centrales thermiques à flamme était donc assez bas jusqu'en 2010 et le Japon avait finalement assez de marge pour remplacer le nucléaire.

Pourtant, des constructions de nouvelles centrales sont entreprises immédiatement pour suppléer à l'arrêt du nucléaire. En 2013, selon le , cinq centrales sont en construction (4 au GNL pour 2016 et une au charbon pour 2023) afin de compléter le parc thermique fossile de 65 grandes centrales thermiques appartenant aux opérateurs intégrés. Les centrales anciennes au pétrole ne sont utilisées qu'en pointe à cause de leur coût ; certaines centrales ont des possibilités duales (charbon/fioul ou gaz/fioul), apportant une flexibilité d'approvisionnement qui s'est avérée précieuse après la perte du nucléaire.

En 2016-2017, le Japon a inauguré huit nouvelles centrales au charbon et 36 autres sont en projet pour les dix prochaines années.

En 2019, alors qu'au niveau mondial les projets et mises en service de centrales en charbon ont reculé de 66 % par rapport à 2015, le Japon a de centrales au charbon en projet au niveau national, ce qui augmenterait de 50 % les émissions de de son parc charbon existant (de ).