Le bataillon mixte d'infanterie coloniale de Chine (BMICC) est une unité des troupes coloniales françaises en garnison en Chine de 1936 à 1946. Stationné notamment dans la concession française de Shanghai, il fait face pendant la Seconde Guerre mondiale aux forces de l'empire du Japon qui occupent alors la Chine.
Création et différentes dénominations : création du bataillon mixte d'infanterie coloniale de Chine (BMICC) à partir du mixte d'infanterie coloniale : le BMICC devient du d'infanterie coloniale (II/) : le II/ reprend le nom de BMICC : dissolution du BMICC
Historique
Contexte
À partir du milieu du , les traités inégaux autorisent l'installation sur le territoire chinois de zones sous contrôle des puissances coloniales. La concession français de Shanghai (alors orthographié Changaï) est établie en 1849, au nord de la veille ville. D'autres concessions sont établies par la France, notamment à Canton en 1861 et à Hankou (Hankéou) en 1896.
La révolte des Boxers et sa répression en 1899-1901 montrent la nécessité de disposer de forces armées aptes à protéger les intérêts économiques coloniaux. Le corps d'occupation de Chine est l'unité française chargée de cette mission à partir de 1905 et stationne principalement dans le nord de la Chine (concession de Tientsin, légations de Pékin). La révolution chinoise de 1911 met fin à la monarchie mais, à partir de 1916, le pouvoir passe aux mains des seigneurs de guerre chinois. Les combats entre seigneurs de guerre poussent en 1925 le consulat de France à Shanghai à demander et à obtenir l'envoi de forces militaires françaises en Chine du Sud. Venues d'Indochine, les nouvelles troupes donnent naissance en 1927 au détachement français de Changaï.
Les troubles de la guerre civile chinoise entre Parti communiste chinois et Kuomintang atteignent Shanghai en 1931 et sont suivis en 1932 par la guerre de Shanghai qui oppose l'Empire du Japon à la république de Chine. La France envoie plusieurs bataillons d'Indochine en renfort, qui donnent naissance au mixte d'infanterie coloniale.
Évolution du bataillon de 1936 à 1939 vignette|Poste occupé par le BMICC sur la crique de Zikawei (à Shanghai), vers 1938-1939. Au premier plan, le capot d'une automitrailleuse de la police française. Le bataillon mixte d'infanterie coloniale de Chine est créé le à partir du mixte d'infanterie coloniale dissous la veille. Les soldats du bataillon sont des tirailleurs tonkinois et des soldats français européens.
Le bataillon est fusionné le dans le d'infanterie coloniale, dont il devient le . Le bataillon reprend le nom de BMICC le , après avoir vécu en le désarmement des troupes chinoises réfugiées dans la concession française après leur défaite dans la bataille de Shanghai. En plus de sa garnison à la caserne Bernez-Cambou de Shanghai, le bataillon détache une section (à l'origine la ) pour protéger la concession française de Hankéou et un détachement à la concession de Canton (île de Shamian).
400px|Localisation des stationnements du bataillon
Seconde Guerre mondiale En , les possessions françaises de Chine restent fidèles, à l'image de l'Indochine, au nouveau régime de Vichy mais sont isolées de la métropole par les Japonais. En , la concession de Hankéou est rendue au gouvernement chinois de Nakin (régime vassal des Japonais) et les du BMICC rejoignent Shanghai. Les du BMICC en garnison à Canton rejoignent le Kouang-Tchéou-Wan en septembre.
Après le coup de force japonais du 9 mars 1945 en Indochine, le BMICC est désarmé pacifiquement par les Japonais. Travaillés par les propagandes japonaises et nationalistes vietnamiennes, environ 300 des 628 tirailleurs du BMICC se mutinent en mai.
Le bataillon est dissous le . Les tirailleurs sont rapatriés et une partie des tirailleurs fidèles rejoint les forces côtières du Tonkin, qui deviendront en 1948 le bataillon de marche indochinois.
Insigne Écu français bleu outremer, chargé d'un mousqueton et d'un fusil-mitrailleur en sautoir, surmontés d'une grenade. Le mousqueton et le fusil-mitrailleur font référence à l'armement des hommes du bataillon tandis que la grenade est le symbole des troupes d'élite, en référence aux grenadiers.
L'insigne est fabriqué localement. Certains insignes portent l'inscription 1942 Ha-Van-tho, non expliquée. Une variante existe en taille réduite pour être portée sur la tenue de soirée des officiers dans les réceptions mondaines entre personnels étrangers des concessions.
Références
Voir aussi
Liens externes
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Articles connexes République de Chine (1912-1949) Accord franco-chinois
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