Virginie Duvat ou Virginie Duvat-Magnan, née en , est une géographe française. Elle est autrice principale du chapitre « Petites îles » du sixième rapport d'évaluation du GIEC et spécialiste de l'impact du changement climatique sur les milieux littoraux. Ses recherches portent sur les conséquences géographiques de la montée des eaux et l'étude des stratégies d'adaptation des populations, notamment en s'appuyant sur les solutions naturelles.
Biographie Virginie Duvat naît en 1968 et fait des études menant à l'agrégation de géographie. Sa thèse, soutenue en 1998 à La Réunion, porte sur « Les littoraux des îles Seychelles (Mahé, Praslin, La Digue, Desroches) : de l'étude des processus dynamiques à la gestion des côtes sédimentaires ». Elle enseigne à l'Université de la Réunion de 1996 à 2006 puis à partir de 2007 à l'université de La Rochelle. En 2013, elle commence à contribuer aux travaux du GIEC.
Travaux Les recherches de Virginie Duvat ont pour cadre les conséquences du changement climatique, notamment l'élévation du niveau des mers, sur les différentes îles du monde. En 2024, cette hausse est d'environ par an avec des prévision de par an. À ceci s'ajoutent souvent d'autres paramètres qui engendrent « des événements climatiques combinés » eux-mêmes de plus en plus rapprochés. Son approche géographique vise notamment à comprendre les impacts en fonction de la localisation de ces îles, mais également au sein même de ces îles.
Étude des variations entre îles Ses recherches montrent que dans le Pacifique, la hausse du niveau de la mer diffère entre îles, comme au Tuvalu où l'eau monte deux fois et demi plus vite qu’en Polynésie française. La tectonique des plaques a également un impact sur l'enfoncement ou le soulèvement des îles et donc sur l'élévation des eaux ; à Mayotte un nouveau volcan sous-marin a conduit à une élévation de l'eau d’environ qui s’est combinée à celle due au réchauffement climatique. Dans les Antilles, ses études montrent que certaines zones seront inhabitables, notamment en raison des événements extrêmes et de leurs conséquences.
vignette|Discours d'une jeune femme tuvaluane lors d'une manifestation contre le réchauffement climatique en 2009. Dans ce contexte, elle étudie la mobilisation du concept d'urgence climatique qui peut conduire à de la mal-adaptation au changement climatique. Elle montre que le concept a été utilisé dans l'État insulaire de Tuvalu ou aux Maldives ; tandis que la question de la hausse du niveau de la mer ou du changement climatique ne sont pas un sujet prioritaire ailleurs comme en Polynésie française. Dans une publication de 2019, elle montre la stabilité des 709 îles coralliennes étudiées, stabilité permise toutefois par un changement lent, ce qui n'est pas le cas aux îles Tuvalu. Les systèmes côtiers ont donc pu naturellement s'adapter, surtout quand ils ne sont pas urbanisés, cette urbanisation limitant l'adaptation naturelle des milieux côtiers à la hausse du niveau de la mer. Elle propose donc d'appliquer le concept en premier aux territoires les plus impactés par le changement climatique et d'étudier les solutions mises en place quand ce concept est mobilisé pour agir ou au contraire utilisé à de fins marketing (« tourisme de la dernière chance » dans des territoires annoncés comme proches de la disparition).
Étude de la préservation des écosystèmes côtiers alt=Maisons sur pilotis en bord d'eau.|vignette|Les maisons sur pilotis, sont une adaptation traditionnelle aux hausses de la mer, notamment lors de tempêtes. Les travaux de Virginie Duvat étudient et évaluent les initiatives en Outre-mer face au risque de submersion marine, notamment celles s'appuyant sur la nature. Ces bilans permettent ensuite de faire des préconisations dans des rapports comme ceux du GIEC. Ses recherches pointent l'importance de récifs coralliens en bonne santé, des mangroves et plus largement de la végétation côtière ainsi que du continuum des écosystèmes puisqu'ils sont liés les uns aux autres. L'ensemble permet un rôle d’amortisseur. Or, lors de ses recherches, elle témoigne déjà de la mort et l'érosion de certains coraux, coraux qui disparaitraient selon les rapports du GIEC à 99 % dans une planète +. Les digues, murs et enrochement ayant montré des limites face à la hausse de la mer, elle étudie également la « délittorialisation » qui consiste à déplacer populations, infrastructures et activités économiques vers l'intérieur des mers. Toutefois, les solutions doivent être combinées, adaptées au contexte local et prenant en compte tous les acteurs. Par exemple, à Mayotte, la restauration de mangrove n'a pas pu être mise en place en raison de l'absence d'implication des éleveurs de zébus dont les bêtes ont dégradé les replantations, des solutions naturelles qui ont également donné lieu à du vandalisme à Wallis. Elle pointe un « déficit d’adaptation » dans la mise en œuvre d'actions, ce qui est dû à une décolonisation achevée ou encore en cours.
Distinction Prix Jean-Rostand avec Alexandre Magnant en 2014 pour Ces îles qui pourraient disparaître ; en 2020.
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Références
Annexes
Voir aussi
Karen Seto
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