vignette|Miniature représentant l'entrée royale d'Henri II à Rouen, le , on observe Claude Gouffier portant l'épée et le baudrier du roi. Claude Gouffier, né en 1500 ou 1501 et mort le à Villers-Cotterêts, est un conseiller et courtisan français, grand écuyer de France du à sa mort.

Il fut seigneur de Boisy, de Saint-Loup et d’Oiron, duc de Roannais, comte d'Étampes et de Caravas, capitaine de Chinon et d'Amboise.

Il aurait inspiré à Charles Perrault, le personnage du marquis de Carabas dans Le Chat bottéChâteaux, manoirs, logis : La Charente, éditions Patrimoines et Médias, 1993 ..

Biographie Enfance Claude Gouffier est né en 1500 ou 1501, il est issu de la famille Gouffier, solidement installée à la cour au moins depuis son ralliement à Charles V en pleine guerre de Cent Ans.

C'est le fils aîné du mariage contracté le entre Artus Gouffier de Boisy (1474-1519), grand maitre de France et gouverneur du futur François , et d'Hélène d'Hangest († 1538), issue de la noblesse picarde. vignette|Le Château d'Oiron où Claude a notamment fait érigée la partie gauche.

Les guerres d'Italie et ses suites Grâce à l'appui et la protection de son oncle Guillaume Gouffier de Bonnivet, Claude succède à son père comme capitaine de Chinon et d'Amboise puis obtient, grâce au prestige de celui-ci, une compagnie de 50 lances de l'ordonnance.

Il accompagne également le roi à la bataille de Pavie qui qui se déroule lors de la sixième guerre d'Italie, elle oppose la France au Saint-Empire romain germanique, et son dirigeant Charles Quint.

Cette bataille tourne cependant vite à la catastrophe pour les français, largement battus, François est fait prisonnier tout comme Claude, qui est fait prisonnier à Madrid, tandis que Guillaume Gouffier est tué. Le décès de son oncle et protecteur, l'empêche d'obtenir des charges équivalentes à celles de son père.

Néanmoins, il est nommé bailli d'Auxerre par François le , il conserve son rôle seulement un an.

En 1528, il est nommé capitaine des chevau-légers en Italie, c'est à ce titre qu'il est à nouveau fait prisonnier au cours de la huitième guerre d'Italie près de Brignoles en 1536, par Ferdinand Gonzague quand Charles Quint envahit la Provence il est retenu captif en Italie.

Le , François décide de donner 6 000 écus comme gage de participation à sa rançon, il est libéré dans les jours qui suivent.

Premier gentilhomme de la Maison du Roi et grand écuyer Claude obtient des charges importantes dans la deuxième moitié de sa vie, ainsi, il devient dès 1535 premier gentilhomme de France puis capitaine des cent gentilhomme de la Maison du Roi le .

Un peu plus d'un an plus tard, le , il accède au titre le plus prestigieux de sa vie, grand écuyer de France, après le décès de Jacques Ricard de Genouillac, il a alors en charge de toutes les écuries royales.

Sa charge lui vaut également une fonction cérémonielle : porter l'épée du roi durant les cérémonies officielles, ce qu'il fait notamment à Rouen en 1550 où on peut l'observer sur une miniature du manuscrit retraçant cette dernière.

thumb|Gisant de son père, Artus Gouffier, dans la collégiale d’Oiron, le gisant de Claude se situe derrière.Il garde ces deux charges jusqu'à sa mort et de nombreuses références sur ces dernières sont présentes au sein du château d'Oiron.

Tout au long de sa vie, Claude acquit une importance notable à la cour notamment sous le règne d'Henri II et de ses successeurs, il jouit également d'un certain prestige auprès de Catherine de Médicis.

Le château d'Oiron Claude Gouffier hérite, à la mort de son père, de la seigneurie de Oiron où la famille possède un château qu'il va grandement modifier, transformant l'édifice d'un logis médiéval à un château Renaissance et en faire ainsi le fief de la famille.

Claude décida de faire ériger, en hommage à son amour pour les arts de la Renaissance, une galerie peinte. C'est certainement à la suite de sa capture à Brignoles et de son emprisonnement en Italie en 1536 qu'il aurait vu dans un château italien, l'inspiration pour la galerie des chevaux au rez-de-chaussée lui vient du palais du Te, une galerie ressemblante à celle-ciJean Guillaume, La Galerie du Grand Écuyer. L'histoire de Troie au château d'Oiron, Éditions Patrimoine & Médias, 1996, p. 13 (ISBN 2-910137-16-3)..

Commencée avant 1547 et terminée au début des années 1550, la galerie est longue de plus de 55 mètres et large de 6,10 mètres. Elle débute par une cheminée qui rend hommage à François , où est marquée l'inscription ci-dessous :Les peintures de la galerie, racontent la guerre de Troie, avec l'Iliade puis le début de l'Énéide, trois scènes ne racontent pas cette guerre : deux montrent les enfers et le chien Cerbère et une autre, le huitième des douze travaux d'Hercule où il doit ramener les juments de Diomède au roi d'Argos, Eurysthée. Deux de ces peintures ont été refaites après un incendie ayant gravement endommagé le château en 1627 ainsi qu'après la destruction du quatrième mur d'enceinte par le maréchal de La Feuillade au cours des années 1660.

Claude accueille au moins deux fois la cours à Oiron : la première fois celle d'Henri II en , avec notamment Catherine de Médicis, Diane de Poitiers († 1566) et Anne de Montmorency (1493-1567). Le grand écuyer accueille également une autre fois la cour, cette-fois Charles IX et Catherine de Médicis en , lors de leur grand tour de France pendant quatre jours.

Dernière années Les dernières années de la vie de Claude Gouffier sont compliquées, le château est pillé une première fois en , par les Huguenots lors de la guerre de Religion qui agissent sous les ordres de François de Coligny d'Andelot, son cousin (ils ont le même arrière-grand-père, Jean II de Montmorency). Il est alors fait prisonnier, et n'est libéré que le par Louis de Bourbon-Condé en échange d'une forte rançon payée par Charles IX. Le château est à nouveau pillé en par les Huguenots, toujours lors de la guerre de Religion, avant la bataille de Moncontour.

Il teste le , et meurt à Villers-Cotterêts le suivant, son gisant est aujourd'hui visible à la collégiale d'Oiron derrière celui de son père, Artus. Mariage et descendance Claude Gouffier a eu cinq épouses, avec lesquelles il a treize enfants :

mariage le à Saint-Denis avec Jacqueline de La Trémoille (ca. 1509-1545 ; petite fille de Louis de La Trémoïlle), avec laquelle il a une fille, Claude Gouffier (ca. 1526-1566), dame d'honneur de Catherine de Médicis, qui se mariera en 1549 avec Léonor Chabot-Charny, successeur de son père en tant que grand écuyer. Jacqueline aurait tentée d'empoisonner son mari en 1535, ce qui lui vaut un emprisonnement au château de Vincennes puis à celui de Cherbourg, puis à nouveau en 1544, où elle cette fois emprisonnée au château de Chinon, dont Claude est le capitaine, où elle meurt un an plus tard ; mariage le au château du Louvre avec Françoise de Brosse (1515-), fille de René de Brosse, comte de Penthièvre avec laquelle il a 6 enfants : Henri (1547-1548), Artus (1550-1551), Gilbert (1553-1582), Artus II (1555-?), Claude Gouffier (1556-1618) et un mort-né () ; mariage le à Blois avec Marie de Gaignon (1520-), dame d'honneur de Marie Stuart, avec laquelle il a 6 enfants : François (1560-?), Louis (1561-?), Charles (1562-1590) chevalier de Malte, Hercules (1563-?), Paul (1564-?) et Léon (1565-1596), abbé à Notre-Dame de Blanche-Couronne ; mariage le au château du Louvre avec Claude de Beaune (ca. 1520- ; petite-fille de Jacques), dame d'honneur de Catherine de Médicis : pour ce mariage, il se voit octroyer 30 000 livres par Charles IX ; mariage en 1569 avec Anne de Maillé de La Tour-Landry (1532-1585), dame d'honneur de Catherine de Médicis et d'Élisabeth d'Autriche.

Terres et titres Par son père, il est seigneur d'Oiron, capitaine d'Amboise et de Chinon, bailli de Vermandois et d'Auxerre (titres qu'il abandonne respectivement en 1529 et 1527), seigneur de Boisy en 1519 et comte de Maulévrier (érigé par François en ).

Il hérite également la baronnie de Pouzaugues de sa sœur Hélène Gouffier, veuve de Louis de Vendôme-Chartres et Chabanais, morte sans descendance.

De son mariage avec Françoise de Brosse en 1545, il obtient en dot, la baronnie de Palluau, qui entre dans la possession de la famille.

En Poitou, il achète pour 40 000 livres en 1541, la châtellenie de Merle-Fougereuse.

Distinction

40x40px Chevalier de l'ordre de Saint-Michel (1533).

Notes et références

Notes

Références

Bibliographie Henri Beauchet-Filleau, Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou, Tome quatrième, Gauvain-Herb (2e éd.), 1909, 800 p. Yves-Marie Bercé, « Artus Gouffier, grand maître de la Maison du Roi (vers 1472-1519) », Le Conseil du Roi de Louis XII à la Révolution, dir. Roland Mousnier, Paris, PUF, , 1970. Pierre Carouge, L'amiral de Bonnivet et sa famille (v. 1450-v. 1525), Thèse pour le diplôme d'archiviste paléographe, Paris, École nationale des chartes, 1999, 643 p, lire en ligne. Pierre Carouge, « Artus (1474-1519) et Guillaume (1482-1525) Gouffier à l’émergence de nouvelles modalités de gouvernement », Les conseillers de François , dir. Cédric Michon, Rennes, Presses universitaires de Rennes, , 2011. Étienne Fournial, Monsieur de Boisy. Grand maître de France sous François , Lyon, Presses universitaires de Lyon, 1996, 152 p. Jean Guillaume, et al, La galerie du grand écuyer : l’histoire de Troie au Château d’Oiron, Patrimoines & médias, 1996. Arlette Jouanna, Philippe Hamon, Dominique Biloghi, Guy Le Thiec, La France de la Renaissance. Histoire et dictionnaire, Paris, Robert Laffont, article « Gouffier, famille », , 2001. Alcius Ledieu, Fransart et ses seigneurs. Notice historique et archéologique, Paris, A. Picard et fils, 1895. Les trésors du Grand écuyer : Claude Gouffier, collectionneur et mécène à la Renaissance : [exposition], Château d’Ecouen, Musée national de la Renaissance, 16 novembre 1994 - 27 février 1995, Paris, Réunion des musées nationaux, 1994.

Voir aussi

Articles connexes Famille Gouffier Adrien Gouffier de Boisy (1479-1523), son oncle, cardinal, évêque légat du Saint-Siège et grand aumônier de France Guillaume Gouffier de Bonnivet (ca. 1481-1525), son oncle, amiral de France Aymar Gouffier de Boisy (1488-1528), son oncle, évêque Château d'Oiron Liste des seigneurs de Roannais

Liens externes

Bernard Gineste (éd.), «Artus Gouffier, comte d’Étampes: Charte en faveur des religieuses de Maubuisson ()», in Corpus Étampois, 2008 [avec des images de son sceau et de sa signature]

Chronologies

Catégorie:Diplomate français du XVIe siècle Catégorie:Duc français du XVIe siècle Catégorie:Chevalier de l'ordre de Saint-Michel Catégorie:Cour de François Ier Catégorie:Duc de Roannais Catégorie:Décès en décembre 1570 Catégorie:Décès à Villers-Cotterêts