Maxime Adolphe Marchand, dit Max Marchand, est un instituteur, inspecteur d'académie et directeur des centres sociaux français, né le à Montaure et assassiné par l'Organisation armée secrète le à El Biar en Algérie.
Biographie
Enfance Maxime Marchand naît le d'un père artisan menuisier et de Ludivine Rival, alors sans profession, qui devient épicière. Il est le second de quatre enfants. Boursier, il est pensionnaire à l’école primaire supérieure de Louviers, de 1924 à 1927, puis entre à l’École normale d’instituteurs d’Évreux. Ayant obtenu le brevet supérieur en , il est nommé instituteur stagiaire à l’école César Lemaître à Vernon, et obtient le CAP d’instituteur quelques mois plus tard.
Carrière en France Il devance l'appel de son service militaire qu'il effectue au régiment de zouaves à Alger à partir du . Assidu aux cours des élèves officiers de réserve à l’école militaire de Saint-Maixent du au , il est promu sous lieutenant.
Nommé instituteur titulaire à Breteuil-sur-Iton en , il épouse le l'institutrice Madeleine Groménil. Leur fille naît en 1934. Le couple emménage à Saint-Mards-de-Blacarville en 1935.
Le lieutenant Maxime Marchand est affecté en au 208ᵉ régiment d’Infanterie de Saint-Lô. Capturé le à Mergey, il est prisonnier dans plusieurs Oflag (Osterode, Fischbeck, Münster, Soest). Décoré de la croix de guerre, il est libéré par les alliés le .
Directeur de l’école de Pont de l’Arche, il met à profit les cours suivis pendant sa captivité et obtient une licence de lettres à la Sorbonne, le . Admis en au certificat d’aptitude au professorat des classes élémentaires de lycée de garçons, puis au certificat d’aptitude au professorat dans les écoles normales et les collèges modernes, il est nommé au collège moderne de Rouen en , puis, le , professeur de lettres et de philosophie à l’École normale d’instituteurs de Rouen. Après son succès au concours d’inspection, il est nommé inspecteur primaire à Oran le .
En Algérie Le couple Marchand divorce en , et Max Marchand se remarie le à Oran avec Marie-Louise Dautremont. Il soutient en 1955 une thèse de doctorat d’État ès lettres à la Faculté des lettres d’Alger. En , il est lauréat du grand prix littéraire de l’Algérie.
Il adhère en 1950 à la SFIO à Oran, préside en 1951 la Fédération des œuvres laïques locale, contribue au lancement de la revue Simoun, et écrit plusieurs ouvrages scolaires. Max Marchand est initié à la loge « L’Union africaine et la raison réunies » du Grand Orient d’Oran.
En , il devient inspecteur primaire chargé des fonctions de chef du service départemental de l’enseignement primaire d’Orléansville et s’engage dans l’exécution du programme de scolarisation. Il est nommé chevalier de la Légion d’honneur le , et reçoit en 1959 la croix de la valeur militaire.
En , il prend des sanctions contre des instituteurs activistes. Il indique un peu plus tard : . Depuis , il est menacé de mort par l’Organisation armée secrète. Le , son domicile à l’immeuble de l’inspection académique est plastiqué par l’OAS. Indemne, il est nommé le inspecteur d’académie en résidence à Alger, chargé de la Direction des centres sociaux éducatifs d’Algérie.
Il sollicite pour la rentrée 1962 une demande de mutation en métropole, sans succès. Il indique à propos de sa mission de scolarisation de l’Ouarsenis .
Assassinat Le , à 10 h 30, alors qu’une réunion de 18 responsables des Centres sociaux éducatifs se tient au siège des CSE au lieu-dit « Le Château-Royal », à Ben Aknoun, commune d’El Biar, dans la banlieue d’Alger, un commando de l’OAS capture Robert Aimard (Eymard), Marcel Basset, Mouloud Feraoun, Ali Hammoutène, Max Marchand, Salah Ould Aoudia, qui sont immédiatement exécutés contre les murs du bâtiment par les tirs de quatre mitraillettes et deux fusils mitrailleurs. Les corps sont amenés à l’hôpital Mustapha d’Alger.
Postérité L'assassinat de Château-Royal a un fort écho médiatique. Germaine Tillion, fondatrice des centres sociaux, écrit un long article dans Le Monde, intitulé « La bêtise qui froidement assassine ».
Les obsèques se déroulent le au cimetière mixte d’El-Alia, en présence de Lucien Paye, ministre de l’Éducation nationale, de Pierre Guillaumat, ministre délégué chargé de la Fonction publique, représentant le président de la République, de Jean Morin, délégué général en Algérie. Une plaque est apposée sur le lieu de l’assassinat à El Biar. Plusieurs établissements scolaires, en France et en Algérie, portent le nom de Max Marchand.
L'association « Les amis de Max Marchand et de ses compagnons » créée en 1987, et présidée par Serge Jouin, prend en 1998 le nom « d’Association des amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons ». Une salle du Ministère de l’Éducation nationale, au 101 rue de Grenelle, porte le nom de Marchand-Feraoun, depuis le .
Le , l’ambassadeur de France en Algérie, François Gouyette, dépose au nom du président de la République une gerbe de fleurs en hommage à Mouloud Feraoun et ses cinq compagnons. Jean-Philippe Ould Aoudia, fils d’un des six inspecteurs des centres sociaux tués par l’OAS, déplore alors que les victimes de l’organisation terroriste n’aient pas été honorées par des commémorations officielles plus larges.
Ouvrages
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. . Bibliographie
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Notes et références
Catégorie:Fonctionnaire français Catégorie:Naissance en février 1911 Catégorie:Décès à Alger Catégorie:Décès en mars 1962 Catégorie:Mort assassiné en Algérie Catégorie:Décès à 51 ans Catégorie:Victime de l'Organisation de l'armée secrète