Irena Sendler , de son nom de naissance Irena Stanisława Krzyżanowska, née le à Varsovie et morte le dans la même ville, est une catholique, résistante (sous le pseudonyme de Jolanta) et une militante polonaise qui sauve juifs du ghetto de Varsovie durant la Seconde Guerre mondiale.

Irena Sendler commençe à sauver des vies bien avant la fondation de l'organisation Żegota. Elle est déclarée Juste parmi les nations en 1965.

Selon l'historienne américaine Debórah Dwork, Irena Sendler est « l'inspiration et le moteur de tout le réseau qui aurait sauvé ces Pour , le nombre d'enfants sauvés est inconnu. Voir Irena Sendler sur le site de . juifs. »

Biographie Origine de sa famille et jeunesse Son arrière grand-père possède une petite propriété près de la ville de Kalisz. Il participe au soulèvement de Janvier 1863. Il est arrêté et envoyé en Sibérie.. Sa propriété est confisquée. Sa femme parvient à peine à survivre avec son bébé, le grand-père d'Irena..

vignette|redresse|gauche|alt=Photographie du Docteur Stanisław Krzyżanowski en compagnie de son épouse Janina Krzyżanowska.|Stanisław Krzyżanowski et son épouse Janina Krzyżanowska. Son père, Stanisław Krzyżanowski est membre du Parti socialiste polonais (PPS). Il participe à la révolution polonaise de 1905, ce qui l'empêche d'obtenir son diplôme de l'Université de médecine de Varsovie. Il l'obtient finalement à Kharkiv en 1908.. Il se marie en 1909 avec Janina Karolina Grzybowska. (1885–1944), et retourne à Varsovie, où il travaille à l'. en tant que médecin et chercheur de maladies infectieuses..

Irena Stanisława Krzyżanowska nait le à l' où travaille son père.. Enfant unique, elle contracte la coqueluche, ce qui incite la famille Krzyżanowski à emménager dans la station thermale d'Otwock où vivent son oncle Jan Karbowski et sa femme, qui les y accueillent dans leur maison.. Là, son père commence une pratique privée et soigne principalement les pauvres et les paysans juifs. Il est très impliqué dans les actions sociales. Il affirme que les gens doivent être divisés en deux catégories : les bons et les méchants. Leur race, religion ou nationalité n'ont, d'après lui, aucune importance... Stanisław Krzyżanowski gâte sa fille unique, et lorsqu'on le lui fait remarquer, il répond :

Otwock est une banlieue ouvrière de Varsovie, où se trouve une communauté juive importante. Jouant avec ses camarades juifs, Irena apprend le yiddish. Elle rend visite également à ses grands-parents paternels qui vivent à Tarczyn, à une trentaine de kilomètres au sud de Varsovie.

En 1916, une épidémie de typhus se déclenche à Otwock et son père refuse de ne pas .. Dans l’hôpital où il exerce, il y a quatre médecins allemands, mais aucun d'entre eux n'accepte de soigner les plus pauvres. Malgré les risques, il traite les patients atteints jusqu'au premiers jours de l'automne 1916 où il commence à ressentir les premiers symptômes de la maladie. Après plusieurs mois de maladie, Stanisław Krzyżanowski meurt du typhus le , cinq jours avant les sept ans de sa fille..

La mère et la fille se retrouvent ruinées, Stanisław Krzyżanowski n'ayant pas été un bon gestionnaire. Apprenant ces difficultés, la communauté juive d'Otwock propose de payer pour les frais de scolarité d'Irena en remerciement de ce qu'a fait son père pour leurs familles, mais Janina refuse. En 1920, le cabinet doit fermer ses portes et la mère et la fille déménagent à Piotrków Trybunalski où vivent les parents de Janina.. Au lycée, Irena est active dans le mouvement de scoutisme (ZHP).

À Piotrków, elle rencontre son futur premier mari, Mieczysław 'Mietek' Sendler. À l'automne 1927, Irena est admise à l'université de Varsovie pour y faire des études de droit en vue de devenir avocate et sa mère décide de louer un appartement en ville pour aider financièrement sa fille. À cette époque, le droit est jugé inapproprié pour les femmes et après plusieurs mois de harcèlement de la part de ses professeurs, elle s'avoue vaincue et se tourne vers des études littéraires.. En 1931, elle épouse Mietek Sendler et prend le nom d'Irena Sendlerowa. La même année, elle décide de continuer ses études et de se tourner vers la pédagogie et l'action sociale à l' en tant qu'étudiante d'Helena Radlińska. Cette dernière fait partie d'un des cercles d'intellectuels progressistes les plus brillants des années 30 en Europe, groupe dont font également partie Ludwik Hirszfeld et Janusz Korczak.. Ils militent pour l'égalité des droits civiques et leurs programmes deviendront des modèles inspirant les démocraties d'après-guerre en matière de protection et d'aides sociales. Elle suit ensuite les cours de philologie à la faculté des sciences humaines et commence à enseigner à l'orphelinat Dom Sierot créé à Wawer par le médecin-pédiatre, Janusz Korczak, de son vrai nom Henryk Goldszmit..

vignette|redresse|Des étudiants suspendent des banderoles anti-juives à la porte principale de l'université de Varsovie, 1936. Irena rejoint le Parti socialiste polonais dont faisait partie son père dès sa création. et s'engage dans l'. Témoin de l'antisémitisme, elle participe à de nombreuses manifestations contre la discrimination à l'encontre des étudiants juifs à l'université de Varsovie et s'oppose aux bancs ghetto qui oblige les étudiants juifs à s'assoir sur les bancs qui leur sont réservés. Elle devient la cible d'attaques des étudiants du Camp national-radical ().. Révoltée par les différences faites entre étudiants Juifs et polonais, elle gratte la mention inscrite sur sa carte d'étudiante, ce qui lui vaut d'être exclue de l'université par l'administration. On est alors en 1935 et le centre de protection maternelle et infantile dans lequel elle travaille est fermé par le gouvernement par manque de fonds. À la même période, son époux Mietek obtient un poste de professeur à l'université de Poznań situé à plusieurs centaines de kilomètres de Varsovie. Irena Sendler décide de ne pas le suivre et décroche avec l'aide d'Helena Radlińska un poste aux services sociaux de Varsovie..

Elle reste suspendue de l'université pendant trois ans . Irena Sendler est réintégrée en 1938 et soutient enfin sa thèse à l'été 1939 devant le .

Seconde Guerre mondiale Le , date de l'invasion de la Pologne par l'armée allemande et du début du bombardement de Varsovie, Irena Sendler et sa responsable aux services sociaux Irka Schultz décident de mettre en place des aides pour les personnes victimes des bombardements mais aussi pour les milliers de réfugiés qui affluent sur la capitale, fuyant les combats à l'ouest. Elle dirige la soupe populaire du bureau d'aide sociale et aide à la mise en place de dizaines de cantines et d'abris improvisés pour les réfugiés et les rescapés.. Malgré la résistance des habitants de la ville, Varsovie tombe le et est intégrée au Gouvernement général de Pologne géré par les Allemands et dirigé par le Hans Frank. L'occupation à peine commencée, la Résistance polonaise se met en place. Alors que la Gestapo se lance à la recherche des opposants, elle accepte de devenir agent de liaison pour leur permettre de garder le contact et de recevoir des vivres..

Helena Radlińska a l'idée de lancer un système de sécurité sociale parallèle à destination des Juifs ainsi qu'un programme d'entraide sociale pour les familles les plus démunies. La stratégie est de créer des cellules de résistances isolées les unes des autres et Irena Sendler est désignée pour s'occuper de l'une d'entre elles. Pour réussir sa mission, elle s'entoure de quatre anciennes élèves de Radlińska : Irka Schultz, Jadwiga Deneka, et Janka Grabowska.. Elles ont pour mission de falsifier certains dossiers de leurs administrés pour permettre aux Juifs d'avoir accès à l'aide sociale qui leur est normalement interdite. Pour cela, les quatre femmes montent des dossiers factices pour solliciter des aides qui sont alors détournées pour venir en aide aux soupes populaires et centres de secours aux pauvres.. Pour décourager les Allemands de vérifier l'authenticité de ces familles, elles prêtent à leurs faux administrés des maladies contagieuses comme le typhus. À l'automne 1940, des milliers de familles ont pu ainsi recevoir l'aide.

gauche|vignette|Petits enfants seuls et sans abri, ghetto de Varsovie, 1941. Mi-, les Allemands placardent dans les rues de Varsovie un avis annonçant le rassemblement des Juifs dans une partie de la ville établi sous forme de ghetto. C'est la création du ghetto de Varsovie. Tous les amis juifs d'Irena sont obligés de la rejoindre en novembre. Ils pensent alors, malgré l'édification dès octobre d'un mur de de haut allant de la à la , que, comme dans les ghettos du Moyen Âge, les habitants pourront y entrer et en sortir à leur guise.. Le , le ghetto est entièrement fermé et plus personne n'est autorisé à en sortir sous prétexte de prévenir une possible épidémie. Le docteur Juliusz Majkowski est responsable des autorités sanitaires. Sendler qui l'a fréquenté avant la guerre, lui demande à figurer avec dix de ses amis sur la liste des personnes autorisées à entrer et sortir du ghetto. Selon elle, Hitler avait créé un enfer pour tous les Polonais mais le genre d'enfer qu'il réservait aux Juifs était encore plus terrible. Et dans cet enfer, les enfants étaient tout particulièrement vulnérables. Elle utilise son laissez-passer pour faire entrer de la contrebande dans le ghetto, en particulier, des doses de vaccins contre le typhus .. En tout, ses amies et elle feront entrer cinq mille doses de vaccins dans le ghetto ainsi que des rouleaux de billets et des médicaments..

vignette|redresse|alt=Portrait en noir et blanc d'Irina Sendler en 1942.|Irena Sendler en 1942.Ainsi, en coopération avec CENTOS, une célèbre institution de charité pour les orphelins juifs dont fait partie Janusz Korczak et Stefania Wilczyńska et dirigé par Adolf Berman, ses amis enfermés dans le ghetto commencent à venir en aide aux orphelins.. Un jour Irena et ses collègues du côté « aryen » décident de passer à la vitesse supérieure. Pour cela, elles décident de faire appel à Jan Dobraczyński qui est alors directeur du bureau de protection maternelle et infantile.. Celui-ci est déjà membre de la Résistance, mais aussi un antisémite et elle craint qu'il refuse d'aider des enfants Juifs. En , ce dernier est réquisitionné par l'occupant allemand pour vider les rues de la ville des enfants qui mendient du côté aryen.. Parmi les centaines d'enfants raflés dans la rue et emmenés dans le centre social où Irena Sendler et ses collègues sont chargées de les nettoyer et de les identifier, nombre sont ceux qui sont Juifs. Trente-deux enfants juifs sont identifiés, un chiffre trop élevé pour qu'elles envisagent de les cacher uniquement avec leurs propres moyens ; les quatre femmes demandent l'aide de Dobraczyński. Celui-ci contacte l'officier allemand chargé de la mission et passe un accord avec ce dernier, celui de renvoyer les enfants dans le ghetto, ce qui la révolte. Toutes les lignes téléphoniques entre le côté aryen et le ghetto ne sont pas encore coupées à ce moment-là et Dobraczyński prend contact avec Korczak pour lui demander s'il peut prendre en charge les enfants à leur retour et celui-ci accepte. Après cela, elle ne demandera plus l'aide de Dobraczyński et fera tout son possible pour ne plus avoir à laisser des enfants revenir dans le ghetto.