La Coupe des Alpes 1971 ( Coupe des Alpes), disputée du 21 au , est la quinzième manche du Championnat international des marques (IRC) courue depuis 1970 et la huitième manche du Championnat international des marques 1971. Le nombre de participants (moins de cinquante équipages au départ) fut insuffisant pour que les points soient attribués. La Coupe des Alpes constitue également une des soixante-seize épreuves du championnat de France des rallyes 1971, un coefficient 9 lui étant attribuéRevue L'Automobile , août 1971. Réservée aux pilotes et copilotes courant avec une licence française et disputée en parallèle du 25 au , la Coupe nationale des Alpes emprunte le parcours de la dernière étapeRevue Moteurs , août 1971.

Contexte avant la course Le championnat international des rallyes pour marques

Alors que le championnat d'Europe des rallyes pour conducteurs fut créé en 1953, ce n'est que quinze ans plus tard, en 1968 qu'apparut le championnat d'Europe des rallyes pour marques (ERC), Ford devenant cette année-là le premier constructeur titré dans la discipline. En 1970, le championnat devint intercontinental et fut rebaptisé championnat international des rallyes pour marques (IRCM) en intégrant une épreuve africaine, le Safari. Le calendrier 1971 comprend neuf manches, deux de plus que l'année précédente grâce à l'intégration du Rallye du Maroc et au retour de la Coupe des Alpes. Les épreuves sont réservées aux catégories suivantes : Groupe 1 : voitures de tourisme de série Groupe 2 : voitures de tourisme spéciales Groupe 3 : voitures de grand tourisme de série Groupe 4 : voitures de grand tourisme spéciales

Grâce aux quatre victoires acquises par Ove Andersson au volant de la berlinette A110, Alpine est déjà assuré de remporter le Championnat international des rallyes pour marques, succédant à Porsche qui avait imposé sa 911 à trois reprises au cours de la saison 1970.

L'épreuve thumb|upright=1.2|right|alt=Jaguar XK120|La Jaguar XK120 de Ian Appleyard, premier lauréat de la Coupe d'or, lors d'une manifestation historique.

Créé en 1932, le Rallye international des Alpes (dénommé International Alpine Trial en anglais) était à l'origine organisé conjointement par plusieurs clubs automobiles européens. Lors des premières éditions, aucun classement absolu n'était établi, le palmarès récompensant les vainqueurs par classe et par catégorie. À partir de 1938, les organisateurs honorèrent d'une coupe (la Coupe des Alpes) les participants ralliant l'arrivée dans le temps imparti. Les moyennes imposées étant particulièrement difficiles à respecter, peu de concurrents atteignaient alors cet objectif, d'autant moins qu'environ deux tiers des engagés n'allaient pas au terme de l'épreuve. Après guerre, l'organisation de ce rallye fut confiée à l'Automobile Club Marseille Provence, sous la férule du baron d'Huart et de Maxime Tarazzi. Depuis 1957, l'épreuve a été rebaptisée Coupe des Alpes mais la pénurie de carburant liée à la crise du canal de Suez entraîna son annulation cette année-là. Jusqu'en 1962, le parcours s'étendait jusqu'aux Dolomites mais se confine depuis au territoire français. En 1968, avec l'introduction des épreuves chronométrées et de secteurs de liaison non sélectifs, la règle d'attribution d'une Coupe fut modifiée, au bénéfice du vainqueur et des concurrents avec un retard inférieur à 2% du temps des premiers.

Coupes d'or et d'argent Récompense suprême, la Coupe d'or est attribuée aux concurrents ayant reçu trois Coupes des Alpes consécutives, tandis qu'une Coupe d'argent est offerte à ceux ayant remporté trois Coupes des Alpes non consécutives.

En 1951, le Britannique Ian Appleyard fut le premier à se voir décerner une Coupe d'argent, ayant remporté une Coupe des Alpes en 1948 (sur Jaguar SS100) puis en 1950 et 1951, sur Jaguar XK120. L'année suivante, une nouvelle Coupe des Alpes, toujours au volant d'une Jaguar XK120, lui valut une Coupe d'or. Son compatriote Stirling Moss, ayant terminé cette épreuve sans être pénalisé en 1952 (sur Sunbeam-Talbot 90), 1953 et 1954 (sur Sunbeam Alpine MkI), est, avant l'édition 1971, le seul autre pilote à avoir remporté ce trophée. L'épreuve a été annulée en 1970, si bien que les pilotes français Jean Vinatier et René Trautmann, qui ont tous deux obtenu une Coupe des Alpes en 1968 et 1969, peuvent espérer décrocher la Coupe d'or en 1971Revue Sport Auto n°115 - août 1971.

Le parcours départ : de Marseille arrivée : à Marseille distance : , dont 163 sur 12 épreuves spéciales et 1624 sur 46 secteurs sélectifs surface : asphalte et terre Course disputée en trois étapes

Première étape Marseille - Barcelonnette - Uriage, du 21 au dont 43 sur 4 épreuves spéciales 18 secteurs sélectifs

Deuxième étape Uriage - Morzine - Uriage, du 23 au dont 18 sur 2 épreuves spéciales 15 secteurs sélectifs

Troisième étape Uriage - Val-d'Isère - Barcelonnette - Marseille, du 25 au dont 102 sur 6 épreuves spéciales 13 secteurs sélectifs

Les forces en présence thumb|upright=1.1|right|alt=Lancia Fulvia HF|La Scuderia Lancia a engagé une seule Fulvia HF groupe 4, pour René Trautmann. Alpine Victorieuse lors des deux précédentes éditions, la marque dieppoise est largement favorite de l'épreuve ; cinq berlinettes A110 1600 S groupe 4 sont officiellement engagées, pour les équipages Ove Andersson/Sölve Andreasson, Jean-Luc Thérier/Claude Roure, Jean-Pierre Nicolas/Jean Todt, Jean Vinatier/Lucette Pointet et Bernard Darniche/Alain Mahé. Jean-Claude Andruet (qui devait initialement participer sur une A110 groupe 3) est absent et l'usine a confié sa voiture à Jacques Henry/Etienne Grobot, inscrits en dernière minute. Plusieurs berlinettes privées sont également au départ, parmi lesquelles l'A110 groupe 3 de Claudine Trautmann/Dominique Laurent, qui vise la Coupe des Dames. Pesant moins de 700 kg, les Alpine sont chaussées de pneus Michelin et animées par un moteur quatre cylindres de 1,6 litre placé en porte-à-faux arrière. La puissance des versions groupe 4 est de 155 chevaux à 7000 tr/min, contre 125 à 6000 tr/min pour les modèles de sérieRevue Automobilia , mai 2017.

Lancia La Scuderia Lancia avait initialement engagé une Fulvia HF groupe 4 pour Harry Källström/Gunnar Häggbom mais, les Suédois ayant déclaré forfait, l'équipe italienne a confié cette voiture à René Trautmann, qui vise la Coupe d'or. Il est navigué par Philippe Leyssieux. Les roues avant du coupé Fulvia sont entraînées par un moteur V4 de 1584 cm3 alimenté par deux carburateurs Dell'Orto à double-corps développant 150 chevaux. Lancia utilise des pneus Pirelli.

Ford L'écurie BP aligne une Escort RS1600 groupe 2 pour Jean-François Piot/Jim Porter ainsi que deux Capri 2600 GT groupe 1 confiées à Thierry Sabine/Bernard Surre et José Barbara/Bernard Sizaire. Animée par un moteur quatre cylindres 1800 cm3 avec distribution à double arbre à cames en tête et 16 soupapes développant 190 chevaux, l'Escort pèse environ 950 kg. Les deux Capri sont dotées d'un moteur V6 de 2550 cm3 délivrant 125 chevaux à 5300 tr/minRevue l'Auto-journal n° spécial 16/17 - septembre 1970.

thumb|upright=1.3|right|alt=Ford Capri|Deux Ford Capri aux couleurs BP seront au départ. Alfa Romeo La SOFAR (Société française Alfa Romeo) a préparé deux Giulia GTAM groupe 2 pour Jean-Louis Barailler/Jean-Philippe Fayel et Guy Chasseuil/Christian Baron. Ces coupés à transmission classique pèsent une tonne. Leur moteur quatre cylindres de deux litres à double arbre à cames en tête et 16 soupapes délivre 200 chevaux à 7200 tr/minRevue L'Automobile , février 1971. Également engagé par la SOFAR, l'équipage féminin Michèle Vallet/Marie-France Saulnier dispose d'un Spider 1750 Veloce groupe 3 (transmission classique, 4 cylindres, 1779 cm3, double arbre à cames en tête, 122 chevaux, 1020 kg).

Opel Le Greder Racing a engagé une Ascona SR groupe 1 pour Marie-Claude Beaumont/Martine de la Grandrive. Apparue au dernier salon de Genève, ce nouveau modèle, en version 1,9 litre, a une puissance inférieure à 100 chevaux, son poids dépassant les 900 kgRevue l'Auto-journal n° spécial 16/17 - 26 août 1971. Henri Greder (navigué par Marie-Madeleine Fouquet) pilote la deuxième voiture du team, une Commodore groupe 2 préparée à Rüsselsheim chez Klaus Steinmetz. Elle pèse plus de 1100 kg. Son moteur six cylindres de trois litres développe 250 chevaux. Jean Ragnotti/Pierre Thimonier et Jean-Louis Clarr/Jean-François Fauchille s'alignent sur leurs habituelles Kadett Rallye groupe 2. Ces coupés de 890 kg à transmission classique sont mus par un quatre cylindres de 1897 cm3 développant 160 chevaux. Serge Delserre/Gérard HugonLe prennent le départ sur une Kadett Rallye groupe 1 (mécanique identique à celle de l'Ascona), préparée chez Simon Racing, les frères Jean-Claude et Michel Gamet disposant d'un même modèle prêté par le concessionnaire marseillais Vimont.

Porsche Parmi les équipages privés courant sur Porsche, on retient Noël Labaune/Serge Labaune et «Gédéhem»/Vincent Laverne, tous deux sur 911 S, qui viseront la victoire en groupe 3. Ces coupés à moteur disposé en porte-à-faux arrière pèsent environ une tonne. Leur six cylindres de 2195 cm3, refroidi par air, est alimenté par injection indirecte et développe 180 chevaux à 6500 tr/min. Alain Calais, navigué par Claude Julian, pilote quant à lui une 914/6 groupe 3 (900 kg, moteur central arrière refroidi par air, six cylindres, 1991 cm3, 110 chevaux à 5800 tr/min).

DAF Son épouse Dominique étant copilote de Claudine Trautmann pour cette course, Claude Laurent est secondé par Jacques Marché. Il conduit son habituelle DAF 55 groupe 2 à moteur 4 cylindres de 1150 cm3 et transmission Variomatic.

Déroulement de la course Première étape Marseille - Barcelonnette thumb|upright=1.3|right|alt=Alfa Romeo 1750 GTAm|Une Alfa Romeo 1750 GTAM semblable à celle de Jean-Louis Barailler. Momentanément en tête du groupe 2, le pilote de la SOFAR n'a pu rallier Barcelonette, un triangle de suspension ayant lâché.