L’affaire Mathieu Haulbert est une affaire judiciaire concernant un enfant de dix ans, Mathieu Haulbert, disparu le à Peyroules près de Castellane, dans les Alpes-de-Haute-Provence (France).
Victime Mathieu est le fils aîné de Lise et Philippe Haulbert, domiciliés à Peyroules. C'est un garçon brun, âgé de dix ans lors de sa disparition le .
Circonstances Le , un samedi après-midi, Mathieu quitte le hameau de la Bâtie, près de Castellane, pour aller participer avec un ami à sa première transhumance, chez un berger que ses parents connaissent, à environ deux kilomètres de là, par la route nationale 85, la fameuse route Napoléon. Il est vêtu d'un tee-shirt blanc et d'une salopette en jean, bob sur la tête.
À , il dit bonjour en passant à deux camarades de son âge puis à la sortie du village à une amie de la famille. Un automobiliste de passage l'aperçoit. Mais les trois marchands de fossiles et boissons installés toute la journée sur le bord de la route , après le col de Luens, disent ne pas l'avoir vu passer.
Le deux commerçantes affirment avoir reconnu le petit garçon à Cannes, dans une confiserie, entre 11 h 30 et midi. L'enfant était en compagnie d'un homme. Elles seront entendues plusieurs fois par les gendarmes de la B.R. de DigneLes témoins ont été entendus dès le 23 juillet 1983 par le gendarme Jean-Claude Dietrich de la B.R. de Digne, p.v. 483/45 puis les 13 et 20 juillet 1988 par le major Bernard Gonzalez de la S.R. aixoise pv 332 / pièces 102 et 104 et ensuite par la magistrate. , puis de la section de recherches aixoise ainsi que par la juge d'instruction. Enfin ces témoins crédibles seront entendus à la barre de la Cour d'assises en . Ces importants témoignages, qui restent d'actualité en 2024, ne permettront pas d'élucider la disparition.
Un jour, les parents de Mathieu reçoivent un appel téléphonique : , mais la communication se coupe.
Enquêtes
Gendarmerie de Castellane La brigade de gendarmerie de Castellane a été saisie dès que la disparition de Mathieu Haulbert a été signalée, le à Le capitaine Vinchent commandant la compagnie de gendarmerie de Castellane a pris en main la direction des recherches opérationnelles sur le terrain, pendant que simultanément le maréchal des logis chef Gilbert Pons engageait la partie procédurale judiciaire. . Les recherches sur le terrain ont immédiatement commencé. Un chien pisteur a été mis en œuvre en plus d'importants effectifs. Le lendemain matin il y avait selon la presse sur le terrain pour les recherches. Les toutes premières auditions de témoins seront par la suite d'une importance déterminanteProcès-verbal de synthèse , procédure de flagrant délit. .
Gendarmerie de Digne Le la brigade de recherches gendarmerie de Digne-les-Bains est saisie par commission rogatoire de M. Tchalian, le premier juge d'instruction du dossier, et chargée de poursuivre l'enquête sous sa directionL'adjudant Claude Camilleri commandant la brigade de recherches de Digne-les-Bains prend la direction de cette partie d'enquête qui est clôturée le . Procès-verbal de synthèse ..
Police nationale Le , Jean-Louis Herail, deuxième juge d'instruction, confie l'affaire à l'Office central pour la répression de la traite des êtres humains, dépendant de la direction nationale de la Police judiciaire à Paris. Ce service va entre autres procéder à des recherches sur l'ensemble du territoire national ainsi qu'à des rapprochements de dossiers et à l'examen d'individus connus des services. Plusieurs personnes seront pour la première fois placées en garde à vue et remises en liberté à l'issueL'enquête de l' O.C.R.T.E.H suivie par l'inspecteur principal Georges Bastien est clôturée par un procès-verbal de synthèse daté du 18 décembre 1986 au nom (signature) du commissaire principal Trenque, chef de l'office, faisant état de 114 procès-verbaux joints. Il est écrit en conclusion : L'enquête menée par notre service n'a pas permis d'élucider la disparition du jeune Mathieu Haulbert..
Gendarmerie d'Aix-en-Provence Aucune de ces trois premières enquêtes ne dégage de véritable piste, les premières hypothèses de travail restent inchangées : enlèvement, accident ou fugue P.V 332/87 S.R. Aix-en-Provence.
Début , après la disparition, Jean-Louis Herail saisit la section de recherches de la gendarmerie d'Aix-en-Provence. Il est remplacé par Catherine Muller.
Les nouveaux enquêteurs, un binôme composé du maréchal des logis chef Leclerc et du gendarme Dol reprend l'enquête à zéroLe le mdl/chef Leclerc promu adjudant est muté dans une autre unité, il ne participe plus à la suite de l'enquête. Le gendarme Dol se voit désigné pour prendre en compte un autre dossier, il ne participe plus qu'épisodiquement aux investigations. Celles-ci sont cependant poursuivies par d'autres O.P.J. de la même section de recherches.. L'hypothèse criminelle est à ce stade priorisée, mais une fugue qui aurait bifurqué sur autre chose reste envisagée, celle d'un accident causé par un automobiliste de passage qui aurait emmené l'enfant aussi, bien que peu probable. L'hypothèse d'un enlèvement par un prédateur de passage totalement étranger à la région PACA, est également émise et retenue. À ce jour aucun élément acté en procédure ne permet de l'exclure, des exemples nombreux existent comme le meurtre de Lina Delsarte, l'affaire Estelle Mouzin, le cas de Delphine Boulay dans l'affaire Gérard Lebourg... En fait aucune hypothèse n'est exclue. Pour pouvoir exclure une hypothèse il faut des vérifications, des preuves amenées par les investigations et les pièces de la procédure .
L'hypothèse d'une fugue a été retenue en raison d'éléments concrets actés en procédure. En effet, Mathieu, lorsqu'il a rencontré les au début de son itinéraire, deux camarades et une amie de la famille, n'a jamais dit qu'il se rendait en transhumance, il a parlé de l'anniversaire d'un copain, mais aucun anniversaire compatible n'a été identifié. Le fouet qu'il avait confectionné pour la transhumance a été retrouvé après la maison parentale, bien avant l'embranchement sur la route nationale 85 où l'enfant a été vu par des témoins.
Un garagiste pense avoir aperçu Mathieu sur son itinéraire prévu vers "La Garde" P.V. 478 pièce 15 procédure de flagrance gendarmerie Castellane - PV 483 pièce 25 procédure sur commission rogatoire de M. Robert Tchallian juge d'instruction B.R. Digne - Audition d'un retraité qui dit avoir vu un enfant sur la R.N. 85, 300 mètres après le col de Luens peu avant un transformateur EDF. Trois cents mètres plus loin sur la route, trois marchands de fossiles et boissons sont installés pour la journée en bordure de la nationale. Ils disent n’avoir jamais vu Mathieu passer P.V. 478 Gendarmerie Castellane - 483 B.R. Digne-les-Bains . En l’espace de quelques centaines de mètres, l’enfant s’est volatilisé. Les trois témoins ont été entendus dans le cadre d'une garde à vue par les policiers de l'Office central pour la répression de la traite des êtres humains.
Peu avant sa disparition, dans la soirée, Mathieu accompagne son père à un tournoi de ping-pong à Castellane. Le petit garçon s'absente et tarde à revenir, puis réapparaît. Il discutait avec une personne non identifiée, qui faisait le tour d’Europe à vélo.
Interpol (B.C.N. France) a été chargé de poursuivre les investigations aux États-Unis auprès de S. Beguin , un camarade de Mathieu, pour tenter de recueillir des informationsDemande par message en date du 16 décembre 1987 - Réponse d' Interpol WASHINGTON des investigations menée en Californie le 2 février 1988 - Pièce332/ 65 -. La réponse n'a pas permis de progresser, sauf pour "fermer des portes"P.V. 65 - Demande et réponse du B C N France ( Interpol ).
Le binôme d'enquêteurs désignés en Mdl/chef Leclerc et gendarme Dol a été remplacé le , pour raisons de service, par d'autres officiers de police judiciaire de la même unitéLa lecture de la procédure fait apparaître le mdl/chef Evelyn Bodet comme le principal enquêteur des investigations à partir de début juin 1988. Toutefois l'enquête a été poursuivie bien après la date de clôture (novembre 1988) de cette enquête commencée le . C'est ainsi qu'en 1989, 1990 .... nous voyons à la lecture de plusieurs procès-verbaux de synthèse et autres que s'est constitué un nouveau binôme composé du Lieutenant Bernard Gonzales et du gendarme Evelyn Bodet. C'est ainsi par exemple que le nom des 2 OPJ apparait sur une audition de témoin 149/2 du 18 04 1999. .
Le l'enquête est clôturéeProcès-verbal de synthèse /1 signé par le chef d'escadron Loïc Cormier commandant de la section de recherches. et transmise au magistrat instructeur.
Toutefois cette instruction est poursuivie, en 1989 et 1990, par de nouvelles saisines, notamment de la section de recherches de Marseille, et par la constitution d'un nouveau binôme d' O P J . Des procès-verbaux de synthèse et des pièces diverses sont établies et transmises au juge d'instructionLes pièces des procédures par exemples 149 du ou 626/1 du d'un pv de synthèse du , montrent que le nouveau binôme est composé du lieutenant Bernard Gonzalez et du gendarme Évelyne Bodet..
Enquête séparée du bureau des enquêtes et des contrôles de la gendarmerie (inspection technique DGGN) Parallèlement au dossier d'instruction 2 enquêtes séparées ont été menées sur un volet de l'affaire Mathieu Haulbert Enquêtes du Bureau des Enquêtes et des Contrôles de l'Inspection Technique de la Gendarmerie alors basé à Arcueil - Les enquêteurs se sont déplacés en P A C A pour y entendre les témoins et procéder à des vérifications. Les 2 procédures ont été transmises au Parquet de Digne-les-Bains . Il s'agit d'examiner les déclarations d'un témoin à la barre de la Cour d'Assises de Digne-les-Bains à la suite des plaintes déposées contre lui par un gendarme. Ces 2 enquêtes "préliminaires" hors instruction ont permis d'établir la totale vérité sur un des épisodes très médiatisé Il s'agit des PV N° 61 et 62 de 1998 et 1999 - Le PV 61/98 comprenant 7 pièces jointes, a été enregistré au Parquet de Digne-les-Bains le 12 avril 1999 sous le numéro : 98003148.
Éléments matériels, preuves ou indices, expertises
Le Jean-Marie GrafeilleIngénieur en criminalistique au centre d'applications et de recherches en microscopie électronique "C.A.R.M.E" de La Teste (33260 Gironde) , requis par le juge d'instruction Jean-Louis Hérail pour notamment Également pour rechercher des traces d'accident, mais le mauvais état du véhicule présente des traces de nombreux accrochages dont l'historique ne peut être établi. procéder à des prélèvements pour micro-analyses, physico-chimiques et sanguins débute ses opérations à 14 heures dans le véhicule Citroën D.S 23 appartenant à Georges Laugier Ce véhicule préalablement saisi se trouve à la gendarmerie de Castellane.. Il est accompagné du maréchal des logis-chef Leclerc et du gendarme Dol. Le propriétaire n'ayant pu être joint 2 témoins requis, Roger N. et Annie C. assistent aux opérations P.V. 332 pièce 51 SR Aix/Pce .
L'ingénieur procède dans l'ensemble du véhicule avec un matériel adapté comme un laser. Il découvre et décide de prélever divers objets ou vêtements, notamment : - 3 cheveux, un petit tissu pouvant être un sparadrap, une boîte de rustine Tip Top pour cycles .
Le juge d'instruction Jean-Louis Hérail délivre le une ordonnance de commission d'experts au Carme et une autre, le au laboratoire d'hématologie du docteur Christian Doutremepuich de Bordeaux Numéro d'instruction 68/83