thumb|upright|Affiche Decauville (1900). thumb|upright|Stand Decauville au Salon de l'Automobile de 1906 thumb|upright|alt=Photo d'une plaque émaillée.|Plaque de locomotive Decauville. thumb|upright|Plaque de locomotive Decauville N°1583 de 1915 'Francoise'. thumb|alt=Scanner d'un document papier concernant un titre de propriété d'action.|Document d'Action des Établissements Decauville, en date de 1894. thumb|Deux autos Decauville au départ des 'One Thousand Miles' de Londres, sur la piste de Crystal-Palace en avril 1900. thumb|alt=Photo d'une locomotive de petite taille.|Locomotive 020T Alsace vers 1910.
La société Decauville, créée en 1875, est un ancien constructeur français de matériel ferroviaire et de manutention, de cycles et d'automobiles.
Histoire La société Decauville fut fondée par Paul Decauville, fils d'un exploitant agricole de Courcouronnes (Essonne), spécialisé dans la production de betterave sucrière et sa distillation en alcool. En 1875, il invente un nouveau type de voie de chemin de fer de faible écartement (de 400 à ), qui très vite va prendre le nom de « Decauville ».
La voie est formée de tronçons d'éléments assemblés par soudures, (rails et traverses) entièrement métalliques, qui s'emboitent, peuvent se démonter et être transportés facilement. Cette invention trouve des applications dans de nombreux domaines : exploitations minières et industrielles, desserte d'ouvrages militaires, les wagonnets étaient d'abord poussés à la main ou tractés par des chevaux. Par la suite, des voitures motorisées adaptées et de petites locomotives firent de « Decauville » un véritable système de chemin de fer. L'apparition des voies étroites Decauville, mais également d'autres fabricants sur le même type, constitua une évolution majeure en permettant de déplacer aisément de lourdes charges à une époque où la brouette et le tombereau dominaient.
Connue dans le monde entier, le système "Decauville" fut l'un des fleurons industriels français à partir des années 1880 et jusque les années 1970.
Aujourd'hui, « Decauville SAS » est une filiale du constructeur d'Ampliroll Marrel., propriété conjointe de la holding CTELM et de la société FASSI., recentré sur la carrosserie industrielle. L'une de ses anciennes filiales, EmiDecau, fabricant de presses hydrauliques, existe toujours (PEI à Chalon-sur-Saône).
Matériel ferroviaire thumb|left|upright|alt=Photo de deux rails de chemin de fer.|Voie « Decauville ». thumb|alt=Photo d'une locomotive de petite taille.|Locomotive Decauville en 2005, au chemin de fer des Chanteraines. thumb|Wagon-tombereau Decauville utilisé par l'ancien chemin de fer de la forêt de Soignes. thumb|alt=Photo d'une locomotive de petite taille.|Locomotive Decauville de l'APPEVA. thumb|alt=Photo d'un wagonnet posé sur des rails.|Voie et wagonnet Decauville dans un fort de la ligne Alpine (ligne Maginot). thumb|alt=Photo d'une plaque tournante au sol permettant de faire tourner des wagonnets à quatre-vingt-dix degrés.|Plaque tournante pour wagonnet à . thumb|right|alt=Gravure d'une cave de champagne dans laquelle est installée une mini voie ferrée.|Gravure sur l'Application du chemin de fer Decauville aux caves de Champagne. thumb|alt=Photo d'un homme dirigeant un cheval qui tracte une charge sur un chemin de fer.|Voie Decauville à traction hippomobile dans les carrières de Villetaneuse.
Matériel à voie de Emblème de la société, une gamme complète de voies étroites fut développée dès les premières années de production. Par la suite, apparaissent successivement tous les éléments de ce qui était presque un jeu de construction pour tenter de répondre à tout besoin de transport. Le concept fut d'ailleurs imité et repris par de nombreux industriels de l'époque tels que Orenstein & Koppel ou Pétolat.
L'idée et ses origines En 1853, Armand, le père de Paul Decauville, crée au sein de la ferme familiale un atelier de chaudronnerie afin d'installer des distilleries dans des fermes de l'Est parisien. En 1864, Armand demande à son fils aîné, Paul, de venir l'aider à la suite d'ennuis de santé. Très vite, ce dernier cherche à améliorer le fonctionnement du domaine. Très développée sous le Second Empire dans la moitié Nord de la France, la production de betterave sucrière et son raffinage en sucre, est liée à celle de produits alcoolisés comme de combustible avec l'alcool de betteraves. Armand va donc s'attacher à rentabiliser cette production.
En 1867, afin de surmonter une pénurie de main d'œuvre, Armand Decauville cherche un moyen de mécaniser le labourage de ses champs. Il choisit un système anglais de l'ingénieur "J. Fowler" permettant de labourer avec l'aide d'une locomobile et d'une charrue réversible. Un atelier de réparations de ces machines est créé et vient compléter celui de sa chaudronnerie. Armand Decauville décède en 1871 et la même année. Les ateliers Decauville commencent à réaliser des travaux de chaudronnerie pour la compagnie de chemins de fer PLM.
En 1875, les choses se précipitent : Paul Decauville essaye au début de l'année plusieurs moyens de transport dans l'enceinte même de son exploitation. Parmi ceux-ci se trouve le « Système H. Corbin » : une voie en bois en éléments posée sur le sol, ressemblant à une échelle, dont les montants latéraux sont recouverts d'une cornière en fer. Les wagonnets ne comportent qu'un seul essieu, chacun reposant sur le précédent. Après essais, ce système est jugé trop fragile et est donc rejeté. Cette même année, la ferme Decauville choisit de cultiver énormément de betteraves sucrière et la récolte s'annonce excellente. Un stock de attend en tas dans des champs détrempés et très difficile d'accès. Les moyens de transport ordinaires comme le tombereau s'avèrent inutilisables. Decauville se souvient alors du système "Corbin" et décide de faire réaliser dans ses ateliers une voie constituée de deux barres parallèles de gros fers carrés, espacés de et fixés sur des traverses en fer plat soudées. Pour assurer le transport, un ouvrier a l'idée de construire des wagonnets à bennes basculantes. Ainsi constitué, l'ensemble ne s'enfonce plus dans le sol grâce aux traverses. Devant l'urgence de la récolte, le système est fabriqué en grande quantité, ce qui permet de finir le transport vers des espaces couverts, avant les premières gelées.
Premières commercialisations Dès 1876, les ateliers "Decauville" s'attachèrent à perfectionner le système de voie préfabriquées et les matériels roulants. Il fut par la même occasion généralisé au sein de la ferme : évacuation du fumier, transport de pièces lourdes dans les ateliers Après un peu moins d'un an d'essais et d'améliorations, les premiers éléments furent commercialisés : avec l'assemblage des voies et un châssis type pour wagonnet, à adapter selon les besoins de l'acheteur.
Afin de démontrer l'efficacité de son système de chemin de fer léger et « portable », Decauville obtint la concession du Tramway de Pithiviers à Toury (TPT), qui assura jusqu'en 1964 un important trafic betteravier ainsi qu'épisodiquement le transport de passagers.
Deux ans après l'épisode des transports de betteraves, le succès du Porteur Decauville est tel que des éléments furent vendus et livrés aux quatre coins de la planète, comme le tableau ci-dessous l'indiqueJ. Turgan, Les Grandes Usines, tome 38, ..
Installations vendues par pays Pays En 1878 En 1953Decauville catalogue 1953 France 202 3939 Italie 0 253 Autriche 2 201 Algérie 2 96 Puerto Rico 0 83 Espagne 2 82 Royaume-Uni 8 70 Indes néerlandaises 0 61 Brésil 4 59 Belgique 9 56 Russie 3 37 Suisse 5 37 Alsace 6 32 Mexique 1 27 Indes anglaises 0 24 Portugal 2 21 Égypte 2 21 Repub. Argent. 0 20 Australie 0 20 Pays-Bas 1 16 Pérou 0 12 La Réunion 1 12 Cochinchine 1 11 Allemagne, Cuba, Tunisie 0 tous les 11 Turquie, Guadeloupe, Senegal, Haiti, Japon, Suède, Congo, Danemark, Grece, Guyane française, Roumanie, Siam 0 tous les 6-10 île Maurice, Martinique 2 tous les 6 Colombie, Chili, Guyana anglais, Guatemala, Nouv.-Caledonie, Chine 0 tous les 3-5 Monaco 1 3 Costa Rica, Bolivia, Gabon, Iles Philippines, Mayotte, Sahara, Venezuela, Ile Sainte-Lucie 0 tous les 2 Afrique du Sud, Grèce, Seychelles, Jamaïque, Norvège 1 tous les 1-2 Canada, Équateur, Isle de Ceylon, Indes française, Isle de la Trinite, Obock, Madagascar, Mozambique, Natal, Nosy Be, Perse, Uruguay, Arabie, États-Unis 0 tous les 1Total 262 5100
En 1878, on note aussi la première utilisation d'un chemin de fer de faible écartement au sein de l'Exposition universelle de Paris où de voie à l'écartement de sont utilisés pour la mise en place des matériels des exposants.
Decauville propose l'utilisation de ses voies pour le transport de voyageurs, mais l'autorisation lui en est refusée. Il propose la même installation pour le train touristique du Jardin d'acclimatation de Paris qui l'accepte. Ce petit train, la ligne du jardin d'acclimatation, avec un écartement de , existe et fonctionne toujours.
Rôle militaire
L'adaptation militaire du système Decauville est effectuée par le commandant Péchot sur la batterie de Bouvron près de Toul et est normalisée en 1888 ; la voie de 600 est testée en 1906, notamment à Langres.
Le système fut un outil stratégique primordial lors de la Première Guerre mondiale.
Le matériel le plus connu est la locomotive Péchot Bourdon, la plateforme d'artillerie Péchot modèle 1888, différents types de wagons (citerne, couvert) et des wagons-artillerie que l'on appelle « affûts trucks » portant, sur un affût spécial, un canon de 120 long ou un canon de 155 court.
Decauville fournit beaucoup de matériels à l'Armée Française. Certains forts militaires possèdent une voie étroite à l'intérieur des galeries pour le transport de munitions, des plaques tournantes sont placées dans les croisements et angles des galeries afin de faire pivoter le wagonnet.
Les quatre grandes places fortes de l'Est, Épinal, Belfort, Verdun et Toul, sont dotées de ce type de transport. Le développement de la voie de 600 sur la place d'Épinal fut de ; elle desservait les 17 forts, une partie des 91 batteries d'artillerie et les magasins à poudre.
thumb|444px|alt=Photo d'un convoi où évoluent en parallèle une voie ferrée et des attelage tractés par des bœufs.|Convois vers Monastir, une voie Decauville (avec une locomotive Péchot-Bourdon) au premier plan, en parallèle avec un convoi d'attelages tirés par des bœufs (1916), tiré du journal Le Miroir.
De par sa plus grande facilité de transport, le procédé fut aussi utilisé par des troupes pour reconstruire des voies ferrées détruites sur les fronts, le matériel fut par exemple utilisé par l'Armée française d'Orient.
Matériel à voie métrique Les productions Decauville dans le domaine de la voie métrique débutent vers 1896 par une locomotive 020 de cinq tonnes à vide. La concurrence faisant rage dans ce domaine, la société se dote d'une gamme réduite mais suffisamment polyvalente.
Ainsi au catalogue 1897, cinq types de locomotives sont mentionnées : de 13 à en marche. Une locomotive à vapeur 030T a été construite en 1908 sous le pour la ligne de Berck-Plage à Paris-Plage. thumb|alt=Photo de tombereaux exposés avec leur charge.|Tombereaux Decauville au chemin de fer des Chanteraines Côté matériel remorqué, on trouve seulement deux wagons : un wagonnet basculant "girafe" et un plat à ballast.
Au catalogue 1908 la gamme s'est largement étendue, au détriment de la voie de 600 : parmi le matériel de traction, les 5 types sont toujours présents, mais ils se sont affinés.C'est à cette époque que Decauville commence à se spécialiser dans l'équipement de réseaux pour les colonies. On voit alors apparaître de très grosses machines à voie métrique, jusqu'à comme celles destinées au chemin de fer du Soudan français. 20 modèles de voitures sont disponibles, dont plusieurs spécialement adaptés aux climats tropicaux. On compte également 14 types de wagons, la plupart couverts.