Eustathe Kamytzès (en grec byzantin : Εὐστάθιος Καμύτζης, vers 1091- après 1118) est un aristocrate et dignitaire provincial de l'Empire byzantin, qui occupe diverses fonctions civiles et militaires sous les règnes d'Alexis Ier Comnène puis de Jean II Comnène.

Biographie

La famille des Kamytzès compte parmi les importants propriétaires fonciers de la vallée du Méandre dans l'ouest de l'Anatolie. La première attestation connue de la famille est un sceau de plomb conservé du stratège et protospathaire epi tou Chrysotriklinou Théodore Kamytzès, daté des années 1030-1050.

Eustathe Kamytzès est un officier de haut rang, proche de l'empereur Alexis Ier Comnène. Anne Comnène, fille d'Alexis, le mentionne dans l’Alexiade et le décrit comme un homme de grande taille et de forte corpulence. Il est actif aussi bien dans les provinces occidentales qu'orientales de l'Empire. Il est probablement mentionné pour la première fois en 1083 comme commandant d'un corps de mercenaires turcs.

En 1091-1092, Kamytzès participe à la conspiration de Grégoire Gabras, fils du doux de Trébizonde, Théodore Gabras, et aide Grégoire à s'échapper de Constantinople. Les conspirateurs sont toutefois capturés et emprisonnés. Kamytzès est finalement gracié et vit quelque temps en exil avant de regagner la confiance de l'empereur. En 1094, il assiste au concile de Constantinople. Il porte alors le titre de proèdre et exerce la fonction de chartulaire tou stavlou, chargé de l'administration des écuries impériales . Sous Alexis, il est ensuite élevé aux dignités de nobélissime puis de protonobélissime.

Kamytzès participe à plusieurs campagnes en Orient et, en 1098, il est nommé stratège de Lampe par le mégaduc Jean Doukas, beau-frère d'Alexis Ier. En 1108, il prend part aux opérations contre les envahisseurs normands en Épire. Il est vaincu alors qu'il défend le col d'Arbanon contre Guy de Hauteville, frère de Bohémond Ier d'Antioche. Cet épisode constitue la seule intervention de Kamytzès dans les Balkans mentionnée par l’Alexiade, bien qu'un de ses sceaux ait été découvert dans la forteresse frontalière de Stari Ras, en direction de la grande-principauté de Serbie.

En 1113, Kamytzès est mentionné comme doux, ou gouverneur militaire, de Nicée. Il est possible qu'il ait auparavant exercé la fonction de doux de Chypre. La même année, à Nicée, il est capturé alors qu'il défend la région contre une offensive des Turcs seldjoukides. Alors que la majeure partie de l'armée s'enfuit, Kamytzès reste sur place et affronte ses adversaires, le dos appuyé contre un chêne. Un commandant turc finit par le convaincre de se rendre, mais Kamytzès parvient à s'échapper lorsque ses ravisseurs sont attaqués par une autre force byzantine. Il rejoint ensuite l'armée impériale à Damalis, avant d'être renvoyé à Constantinople. En 1116, il est de nouveau envoyé en Asie Mineure, dans le cadre de la dernière campagne d'Alexis contre les Turcs d'Anatolie.

Kamytzès survit probablement à Alexis Ier, mort en 1118, mais il est mentionné comme décédé en 1136. Il reçoit la haute dignité de sébaste, qui témoigne d'une association étroite avec la famille impériale, peut-être en récompense de ses services militaires en Anatolie, sous le règne du fils d'Alexis, l'empereur Jean II Comnène. Jean II ordonne que le nom d'Eustathe Kamytzès soit commémoré dans la liturgie de l'Église lors des samedis précédant les dimanches de l'Apokréô, de la Tyrophagie et de la Pentecôte.

Famille

Peu d'informations directes sont conservées sur la famille proche d'Eustathe Kamytzès. Un probable fils, Constantin Kamytzès, assure toutefois l'intégration de la famille aux plus hautes sphères de l'aristocratie byzantine en épousant Marie Ange Comnène, fille de Constantin Ange et de la princesse porphyrogénète Théodora Comnène, et donc nièce de Jean II.

Sceau

Un sceau d'Eustathe Kamytzès portant le titre de protonobélissime, daté des environs de 1100, est découvert à Stari Ras, forteresse située dans le sud-ouest de la Serbie. Il est proposé aux enchères par Gorny & Mosch en 2011. Pesant 16,53 grammes, il représente sur son avers la Vierge Agiosoritissa.

Références

Bibliographie

Catégorie:Personnalité de l'Empire byzantin du XIIe siècle