L'enlèvement de la famille Bibas a lieu le , durant l'attaque terroriste menée par le Hamas en Israël et plus précisément le massacre du kibboutz de Nir Oz. Les quatre membres kidnappés de la famille israélo-argentino-péruvienne Bibas () sont un couple et ses deux enfants dont un bébé prénommé Kfir qui est le plus jeune otage capturé parmi les 251 personnes kidnappées ce jour-là. Ses grands-parents maternels font partie des 1 205 personnes tuées par le Hamas et autres factions durant cette même journée. La situation de la mère et de ses deux jeunes enfants fait l'objet d'une large couverture médiatique internationale, et l'image du nourrisson roux âgé de 9 mois au moment de son enlèvement devient un symbole des otages et des violences du Hamas.
Selon le Hamas, la mère de famille et ses deux enfants auraient été tués en dans un bombardement aérien israélien sur la bande de Gaza. Après la libération du père de famille Yarden Bibas le , le Hamas restitue le à Israël les corps des deux frères Ariel et Kfir, détenus par le groupe armé des Brigades moudjahidines mais, selon l’État israélien, l'expertise médico-légale prouve qu’ils ont été « tués à mains nues et leurs corps suppliciés par les terroristes palestiniens ». La dépouille de la mère, Shiri Bibas, est restituée plus tard, dans la nuit du 21 au , le Hamas ayant initialement remis un corps qui n’était pas le sien la veille ; les analyses concluent selon l’État israélien qu'elle a également été assassinée en captivité.
Déroulement
Contexte Avant l'attaque palestinienne du , la famille Bibas aurait envisagé de quitter le kibboutz Nir Oz (sud-ouest d'Israël) où elle habitait et de déménager sur les hauteurs du Golan (territoire syrien occupé par Israël depuis la guerre des Six Jours en 1967), fatiguée qu'elle était de sa peur constante liée aux lancements de roquettes palestiniennes sur le territoire israélien et à sa proximité de la bande de Gaza Hamas hostage Yarden Bibas released from Gaza captivity after 484 days.timesofisrael.com. February 1, 2025..
Le kibboutz Nir Oz, peuplé alors d'environ 400 habitants, où vit la famille Bibas, est le théâtre d'une des attaques les plus sanglantes menées sur Israël le depuis la bande de Gaza par le Hamas. Le Hamas, d'autres groupes terroristes palestiniens et même des civils palestiniens participent à l'attaque contre Nir Oz. « Dans le kibboutz, environ un habitant sur quatre a été tué ou kidnappé le ».
L'ensemble des attaques de ce jour font plus de du côté israélien, majoritairement des civils israéliens, binationaux et étrangers. « Plus de 250 personnes ont été prises en otages par le Hamas et ses alliés le dont plus de 75 capturées à Nir Oz » et 35 assassinées.
Présentation vignette|Maison de la famille Bibas après l'attaque au Niz Oz. Le , jour de repos de et de la fête juive de , l'organisation terroriste islamiste palestinienne Hamas enlève à leur domicile quatre membres de la famille israélo-argentino-péruvienne.. Bibas (), un couple marié et ses deux enfants, qui résident dans le Nir Oz... Il s'agit de Shiri Bibas (née Silverman), , et Yarden (Jordan) Bibas., , soudeur de profession, de leur fils aîné Ariel, , et du bébé Kfir, presque , le plus jeune otage capturé lors des attaques coordonnées de ce jour.. Shiri et ses deux fils ont également la nationalité allemande..
Les grands-parents maternels, Yosef José Luis (Yossi) Silverman, mécanicien originaire d'Argentine, et Margit Silverman (née Schneider), éducatrice originaire du Pérou et atteinte alors de la maladie de Parkinson, , qui vivent également à Nir Oz, disparaissent lors de l'attaque du et leur maison est entièrement incendiée, le . Leurs corps assassinés ne sont retrouvés et identifiés que le ..... Leurs funérailles ont eu lieu deux jours plus tard..
En tout, trente-cinq personnes sont tuées lors du massacre de Nir Oz du .
Selon des informations datant du jour de l'enlèvement, le père de famille, Yarden Bibas, envoie dès un message à sa sœur pour l'informer de la situation des combats dans et autour du Nir Oz. : les tirs de roquettes puis l'entrée de terroristes dans le . Il partage de ses émotions : . Vers , il envoie le message et peu de temps après, le dernier message ..
Plus tard, la famille est réfugiée dans la pièce sécurisée de sa maison de Nir Oz. La famille dispose d'une arme à feu pour se protéger, mais elle n'a pas suffi face à des combattants armés. Yarden Bibas quitte sa maison pour tenter de distraire les hommes armés et de sauver sa famille mais il est capturé séparément du reste de sa famille..
Le jour-même des attaques, une vidéo montrant Shiri Bibas en détresse, le visage terrifié, ne cessant de dire aux hommes armés qui l'entourent, tout en tenant serrés dans ses bras ses deux jeunes enfants à la chevelure rousse, enveloppés dans une couverture, est diffusée sur les réseaux sociaux et par les médias.. Séparément, des photographies circulent ensuite du mari et père, Yarden Bibas, saignant de la tête et molesté par des terroristes, ce même jour.
Muthana (al-)Najjar, un activiste gazaoui influent sur les réseaux sociaux, dont le compte Facebook est plusieurs fois suspendu pour ses publications., et également journalisteMuttana al-Najjar travaille habituellement pour la chaîne de télévision Al-Hadath, financée par l'Arabie saoudite, et pour la radio gazaouie Al-Quds., accompagne et filme , puis il filme leur transfert à Khan Younès dans la bande de Gaza. La chaîne publique israélienne informe que Najjar a réussi à fuir secrètement la bande de Gaza pour l’Égypte via le passage de Rafah, aidé par l’organisation du Jihad islamique palestinien à laquelle il est affilié, peu de temps avant qu’Israël reprenne le contrôle de la zone.. Rapidement, un bombardement aérien de l’armée de l'air israélienne détruit sa maison à Khan Younès. Recherché, Najjar cache sa fuite à l'étranger en continuant à publier ses reportages sur les réseaux sociaux comme s’il était toujours dans la bande de Gaza.
Captivité Shiri Bibas et ses tout jeunes enfants, enlevés à Nir Oz séparément du père de famille Yarden Bibas, sont transférés des mains du Hamas aux agents du groupe salafiste Kataeb Al-Mujahidine et détenus par cette petite organisation dans la région de Khan Younès de la bande de Gaza.
Selon le journal Haaretz, Shiri Bibas et ses enfants ont été enlevés par un gang mafieux palestinien de Khan Younès appelé « Les Seigneurs du Désert » ; Le lien entre le Hamas et ce groupe n’est ni hiérarchique ni contraignant Selon les Forces de défense israéliennes (FDI), le Hamas transfère les otages Bibas vers un autre groupe terroriste palestinien à Gaza. Fin , le directeur du département de la Diplomatie publique à l’Ambassade d’Israël à Paris annonce que les Bibas sont détenus par le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), mouvement terroriste selon l’Union européenne, les États-Unis et Israël. Fin , s'appuyant notamment sur des images de vidéosurveillance retrouvées à Khan Younès, les autorités israéliennes se prononcent plus justement pour le mouvement salafiste terroriste palestinien des Brigades moudjahidines (arabe : حركة المجاهدين الفلسطينية) - collaborant étroitement avec la branche armée du Jihad islamique palestinien, Saraya Al Quds - et craignent pour leur sort.
De son côté, après son enlèvement, Yarden Bibas aurait demandé à ses ravisseurs à plusieurs reprises des nouvelles de sa femme et de ses enfants. Ses ravisseurs lui répondent que sa famille a échappé à la capture et a été repérée à Tel-Aviv. Le , une vidéo de propagande réalisée sous la contrainte par le Hamas est publiée montrant Yarden Bibas barbu, en larmes mais vivant et lui-même toujours otage, annonçant que le reste de sa famille est mort ou dans laquelle il lui est annoncé cette nouvelle. Plus tard, une ancienne otage témoigne qu'elle et un autre otage ont reçu à ce moment-là l'ordre des membres du Hamas de dire à Yarden que sa famille avait été tuée lors d'un bombardement de Tsahal sur Gaza. Lorsqu'elle a refusé, les terroristes ont ordonné à l'autre otage de lui servir de traducteur. Leurs geôliers ont alors filmé la réaction éplorée du père de famille, au cours de laquelle il aurait reçu pour instruction de blâmer le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour la mort des siens.
Il s'avèrera que Yarden Bibas est tenu captif la plupart du temps à l'isolement dans une cellule souterraine de la bande de Gaza, exposé rarement à la lumière du jour. Il y est affamé, ne recevant à manger que certains jours, ce qui lui fait perdre 15 kilos. Il n'est autorisé à rencontrer d'autres otages que pendant les repas. Quand il demande à être détenu avec un ami rencontré pendant sa captivité, on le lui refuse.
Efforts pour leur libération Shiri Bibas et ses enfants devaient être libérés dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, entré en vigueur le , pour un échange entre kidnappés en Israël et prisonniers palestiniens. Israël considère la non-libération des Bibas comme une violation de l'accord.
Le , la branche militaire du Hamas, les Brigades Izz al-Din al-Qassam, publie un communiqué selon lequel la mère et les deux enfants Bibas ont été tués dans des frappes aériennes israéliennes sur Khan Younès dans la bande de Gaza, « après avoir été détenus pendant 20 jours »https://www.haaretz.co.il/0000018c-1b70-d9ef-abcd-1f717ad90000https://www.nytimes.com/2023/11/29/world/middleeast/bibas-family-israel-gaza.htmlhttps://www.timesofisrael.com/idf-investigating-cruel-hamas-claim-that-bibas-children-mother-killed-in-gaza/. De son côté, Israël déclare qu'il n'y a aucune preuve de cette affirmation et veut vérifier la fiabilité de l'information qui ferait partie d'une guerre psychologique . Parallèlement, le Hamas affirme avoir proposé de remettre les corps de Shiri Bibas et de ses deux enfants, et d’avoir proposé de libérer Yarden Bibas, ce qui n'est pas prouvé car aucun communiqué ofiiciel du Hamas ne va en ce sens.
Le lendemain, après 55 jours sans nouvelles, une vidéo de propagande réalisée sous la contrainte par le Hamas montre l'otage Yarden Bibas fondant en larmes à l'annonce de la mort de sa famille et blâmant les choix politiques de Benjamin Netanyahu.
Le , le porte-parole des Brigades moudjahidines confirme que trois membres de la famille Bibas ont péri dans une frappe aérienne israélienne environ trois semaines après leur enlèvement le . Il accuse Netanyahou d'avoir « délibérément visé ces otages avec les missiles de son armée afin d'éviter de payer le prix de leur libération ».
Les déclarations des Brigades moudjahidines restent largement méconnues en dehors d'Israël et du monde arabe, mais une communication ultérieure de l'armée israélienne suscite une attention internationale en . Des images de vidéosurveillance captées à Khan Younès permettent de confirmer que la famille Bibas était bien retenue par les Brigades moudjahidines.
Le , une autre vidéo est publiée dans laquelle Yarden Bibas est vu lors de son enlèvement à Gaza du , le visage couvert de sang, et des terroristes le maltraitant. vignette|Manifestation sur la place des Otages à Tel Aviv, avec ses ballons orange (24 novembre 2023) Selon le ministre des Affaires étrangères Eli Cohen et le Jerusalem Post, début , toutes les ambassades et consulats d'Israël éclairent leurs bâtiments en orange - couleur de la chevelure des enfants enlevés, devenue symbolique pour les Israéliens - ou affichent des photographies de la famille Bibas. Le ministre souligne que l'exposition en même temps que l'allumage de la première bougie de Hanouka (symbole d'espoir) est un acte de solidarité destiné à sensibiliser aux atrocités commises par le Hamas et à mobiliser l'opinion publique du monde entier pour appeler à la libération des personnes enlevées par le Hamas.
Pendant plus d'une année, des Israéliens se réunissent tous les samedis sur la place des Otages à Tel Aviv, en réclamant la libération de tous les otages dont celle de la famille Bibas.