Le paradoxe de la tolérance est un concept philosophique introduit pour la première fois sous ce nom par Karl Popper en 1945 dans La Société ouverte et ses ennemis., bien que d'autres auteurs avant lui aient déjà exploré les limites de la tolérance.
Popper et le paradoxe vignette|Volume 1 de La Société ouverte et ses ennemis de Karl Popper, publié en 1945. L'œuvre de Popper dans laquelle apparaît ce concept, critique à la fois le fascisme (premier tome) et le marxisme (second tome). Comme il l'écrit dans la préface de son ouvrage en 1978., son livre .
Le « paradoxe de la tolérance » est mentionné dans la du (Le principe d'autorité) de La Société ouverte et ses ennemis, parmi d'autres paradoxes formulés par PlatonPopper fait référence au paradoxe de la liberté (La République, 562b-565e) :
562c : "Mais n'est-ce pas le désir insatiable de ce que la démocratie regarde comme son bien suprême [la liberté] qui perd cette dernière? … "[N]'est-ce pas le désir insatiable de ce bien [la liberté], et l'indifférence pour tout le reste, qui change ce gouvernement et le met dans l'obligation de recourir à la tyrannie?"
563d/e : "Et ils en viennent à la fin … à ne plus s'inquiéter des lois écrites ou non écrites, afin de n'avoir absolument aucun maître… Eh bien ! mon ami, repris-je, c'est ce gouvernement si beau et si juvénile qui donne naissance à la tyrannie, du moins à ce que je pense."
République, 564a : " Ainsi, l'excès de liberté doit aboutir à un excès de servitude, et dans l'individu et dans l'État… Vraisemblablement, la tyrannie n'est donc issue d'aucun autre gouvernement que la démocratie, une liberté extrême étant suivie, je pense, d'une extrême et cruelle servitude."
République, 565c/d : "Maintenant, le peuple n'a-t-il pas l'invariable habitude de mettre à sa tête un homme dont il nourrit et accroît la puissance? … Il est donc évident que si le tyran pousse quelque part, c'est sur la racine de ce protecteur [chef du parti démocratique] et non ailleurs qu'il prend tige". dans le cadre de son apologie du « despotisme bienveillant ».
Pour Platon, il vaut mieux s'en remettre, pour la question de la tolérance, au régime autocratique d'un « philosophe roi » éclairé plutôt qu'à la règle de la majorité. Karl Popper vise dans cette note à expliquer pourquoi Platon se trompe : il montre que la tolérance est mieux assurée dans les démocraties libérales et rejette l'idée selon laquelle la « volonté du peuple » aurait vraiment du sens en dehors d'elles.
Popper affirme que si une société est tolérante sans limite, sa capacité à être tolérante est finalement détruite par l'intolérant. Il la décrit comme l'idée apparemment paradoxale que « pour maintenir une société tolérante, la société doit être intolérante à l'intolérance. » et développe cela en écrivant : : ; , , [Karl R. Popper, 2013, Alan Ryan (). Princeton ..
Popper revient sur le paradoxe de la tolérance dans sa conférence « Tolérance et responsabilité intellectuelle » à l'université de Tübingen en 1981trad. M.-F. Folcher et M.-V. Howlet, Tolérance et responsabilité intellectuelle, Toulouse, CNDP, 1990..
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie . Karl Popper, Tolérance et responsabilité intellectuelle, trad. M.-F. Folcher et M.-V. Howlet, Toulouse, CNDP, 1990. Herbert Marcuse, Tolérance répressive (1965), trad. Ch. David, Paris, Homnisphères, 2008. . . .
Articles connexes Démocratie combative
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