La province Sud est une des trois provinces qui constituent la Nouvelle-Calédonie. Elle correspond à la partie sud-est de la Grande Terre et à l'île des Pins. Son chef-lieu est Nouméa qui est aussi le chef-lieu de la Nouvelle-Calédonie. Sa présidente est Sonia Backès.
La province Sud est la province calédonienne la plus peuplée mais aussi la plus riche et la plus développée. Elle est dominée par l'agglomération du Grand Nouméa qui compte .. On y trouve l'aéroport Nouméa-La Tontouta qui est le seul aéroport international de l'archipel. À l'inverse des deux autres provinces, la vie politique de la province Sud a toujours été largement dominée par les anti-indépendantistes aussi appelés « loyalistes ». Les disparités restent fortes au sein de la province, surtout entre le Grand Nouméa et la « Brousse ». Cette distinction prend également son sens sur le plan socio-culturel avec la communauté des Broussards. Au nord-ouest de la province se trouve Bourail, couramment surnommée la « Capitale de la Brousse ».
Malgré son urbanisation importante la province Sud conserve une forte biodiversité. Elle abrite le parc provincial de la Rivière Bleue, le parc provincial des Grandes Fougères, le parc provincial zoologique et forestier Michel-Corbasson et certaines zones du lagon sont classées au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco.
Histoire La Nouvelle-Calédonie a été pour la première fois divisée en plusieurs subdivisions administratives internes par le statut Fabius-Pisani mis en place par la loi du : ce sont les régions Sud, Centre, Nord et Îles. Elles sont remplacées, sous le statut mis en place en , par 4 nouvelles Régions : Sud, Ouest, Est et Îles.
Mais les provinces actuelles, dont la Province Sud, ne sont créées qu'à la suite des accords de Matignon de 1988, par la loi du portant dispositions statutaires et préparatoires à l'autodétermination de la Nouvelle-Calédonie en 1998 () sur Légifrance., et sont maintenues, après l'accord de Nouméa, par la loi organique relative à la Nouvelle-Calédonie (Titre ) sur Légifrance..
Géographie thumb|right|325px|Carte des subdivisions administratives de la Nouvelle-Calédonie 16px Province Sud Thio Yaté Île des Pins Mont-Dore Nouméa Dumbéa Païta Boulouparis La Foa Sarraméa Farino Moindou Bourail Poya (partie sud) La Province Sud correspond plus ou moins à la moitié sud-est de la Grande-Terre ainsi que l'île des Pins. Avec , elle est plus étendue que la province des îles Loyauté mais est légèrement plus petite que la Province Nord. Son point culminant se situe au Mont Humboldt, à (le deuxième plus haut sommet de la Nouvelle-Calédonie, derrière le Mont Panié), dans la Chaîne Centrale.
Elle comprend 13 communes : 8 sur la côte ouest de la Grande-Terre, côte sous-le-vent, moins arrosée que la côte est et surtout disposant d'une vaste plaine côtière s'étalant entre l'océan et les contreforts de la Chaîne Centrale : grande plaine herbeuse et de savane, où l'on trouve essentiellement (en dehors de l'agglomération du Grand Nouméa) des villages ruraux pratiquant surtout l'élevage extensif de bovins, c'est là que se concentrent les descendants d'Européens, dits Caldoches, qui se distinguent entre urbains Nouméens et ruraux « Broussards », mais aussi la quasi-totalité des communautés polynésiennes (Wallisiens et Futuniens, Tahitiens) et asiatiques (Vietnamiens et Indonésiens), avec d'importants métissages, ainsi que les Métropolitains (dits « Zoreilles ») d'installation récente. Toutes ces communes sont des fiefs non-indépendantistes : les quatre communes qui forment l'agglomération du Grand Nouméa, unies depuis 2005 en un syndicat intercommunal du Grand Nouméa (SIGN, compétent pour la fourrière et les réflexions sur l'intercommunalité mais aussi, depuis 2010, l'approvisionnement en eau potable, la collecte et la gestion des ordures ménagères ainsi que les transports scolaires), depuis 2010 dans un syndicat mixte des transports urbains (SMTU, avec la Province Sud) et dans un contrat d'agglomération signé avec l'État pour les périodes 2000-2004,2006-2010 et 2011-2015 : Mont-Dore Nouméa (chef-lieu du Territoire et de la Province, également commune la plus peuplée et la plus petite par sa superficie de Nouvelle-Calédonie) Dumbéa Païta Boulouparis La Foa Moindou Bourail 2 sur la côte est de la Grande-Terre, plus exposée aux vents dominantes (les alizés) et connaissant le plus de précipitations, il s'agit essentiellement d'une plaine étroite, les versants de la Chaîne Centrale tombant de manière plus ou moins abrupte dans l'océan, et verdoyante, à la végétation tropicale dense. Elle connaît des densités plus faibles, et une population essentiellement mélanésienne, tout en constituant les seules mairies traditionnellement indépendantistes de la Province (même si Thio a eu un maire non-indépendantiste entre 2008 et 2014) : Thio Yaté (commune la plus étendue du Territoire, et la commune française par sa superficie, elle est la seule de la Province à avoir actuellement un maire indépendantiste, si l'on ne compte pas Poya) 2 à l'intérieur de la Chaîne Centrale, les seules communes néo-calédoniennes à n'avoir aucun accès à l'océan. Sarraméa Farino (la commune du Territoire la plus petite après Nouméa, et aussi celle qui connaît la plus forte proportion de descendants d'Européens au sein de sa population). 1 commune insulaire : l'île des Pins.
La commune de Poya a vu quant-à-elle son territoire divisé entre les Provinces Sud et Nord.
Démographie
C'est la plus peuplée et la plus riche des provinces. Avec en 2019, elle rassemble alors près des 3/4 du total de la population néo-calédonienne, soit 74,85 %. Et cette domination n'a cessé d'augmenter au fil du temps avec une croissance soutenue depuis plus d'une vingtaine d'années. Sa population représentait ainsi en 1996 et un peu plus des deux tiers du total du Territoire (68,35 %) puis en 2004 (71,16 %), en 2009 (74,52 %), environ dans une estimation au (74,8 %) et en 2014 (74,41 %). Cela est dû à la fois à un accroissement naturel plutôt fort (il était de 1,27 % en 2007, soit le plus fort des trois provinces cette année-là, et de 1,19 % en 2010) et plutôt constant (il oscille autour des 1,3 % depuis 2003) mais aussi d'un solde migratoire particulièrement élevé (il était de en 2007, et a connu un taux record en 2004 avec , ce solde est resté supérieur à supplémentaires entre 1998 et 2009 pour retomber à 875 en 2010). La province est ainsi non seulement bénéficiaire de l'essentiel du solde migratoire positif de la Nouvelle-Calédonie (venu de l'extérieur) mais aussi un pôle d'attraction pour les actifs (surtout au sein des jeunes générations) des deux autres provinces (surtout les îles Loyauté, la Province Nord pour sa part, portée par la mise en place progressive de l'usine métallurgique à Vavouto, ayant retrouvé un solde positif en 2010) qui elles ont un solde migratoire négatif ou plus faible ISEE, « Situation démographique 2008 », www.isee.nc ISEE, « Situation démographique 2010 », www.isee.nc.
Mais la Province Sud est également celle qui connaît le plus de déséquilibres dans la répartition de sa population : en effet, environ la moitié de celle-ci (55,64 % en 2004, 53,32 % en 2009, 49,97 % en 2014 et 46,41 % en 2019) vit dans la seule commune de Nouméa, sur 0,7 % de son territoire. Et près des 9/ (89,05 % en 2004, 89,46 % en 2009, 89,76 % en 2014 et en 2019) résident dans le Grand Nouméa (qui rassemble , soit les 2/3, ou 67,18 %, de l'ensemble des Néo-calédoniens), sur moins d'1/4 de la superficie de la Province. Si la densité de Nouméa est ainsi désormais supérieure aux , et celle du Grand Nouméa est supérieure aux 100 hab/km, le reste de la Province a une très faible densité d'à peine 4 hab/km (3,35 en 2004, 3,59 en 2009, 3,62 en 2014 et 3,56 hab./km en 2019). Toutefois, si ces disparités persistent, elles se sont stabilisées et ne se sont donc pas creusées entre 2004 et 2019. Hors Grand Nouméa, la côte la plus peuplée et la plus dense reste, et de loin, la côte Ouest (sans y inclure les communes « montagnardes » de Farino et Sarraméa), avec et 63,95 % des résidents de la « Brousse », pour une densité de 4,41 hab./km. Les deux communes de la côte Est en revanche, Thio et Yaté, ne réunissent que pour 20,15 % des habitants du Sud rural (contre et 23,4 % encore en 2009, puis et 21,44 % en 2014) sur une superficie quasi similaire () et connaissent donc la densité la plus faible de l'archipel, proche du désert humain (1,79 hab./km).
Les Néo-calédoniens d'origine européenne (Caldoches et Métropolitains) y forment la communauté la plus importante, à la différence des deux autres provinces (où ils sont très largement minoritaires), bien qu'en diminution dans les années 2010. Ils représentaient ainsi, avec au recensement de 2019, entre un quart et un tiers (29,68 %) de la population (35,9 % en 2009 et 33,34 % en 2014). Plus des trois cinquièmes d'entre eux (61,21 %) se concentraient dans le chef-lieu. Ils étaient suivis, de peu, par les Kanaks (28,79 %, la proportion était de 26,7 % en 2009 puis de 26,1 % en 2014, les 3/ d'entre eux, ou 61,1 %, se concentrent dans les quartiers urbains de Nouméa ou de Dumbéa, deux communes ne comportant pourtant aucune tribu), les appartenant à plusieurs communautés (métis, 12,53 % et déjà 9,7 % en 2009 puis 9,74 % en 2014, ce groupe a donc connu une très forte augmentation entre 2014 et 2019), les se déclarant comme « autres » et tout particulièrement « Calédoniens » (un autre groupe en forte augmentation et nourri par des personnes dont les origines « ethniques » se retrouvent dans les autres communautés mais qui s'attachent à une définition moins culturelle et plus pluriethnique de leur identité, avec 11,4 % de la population du Sud en 2019 contre 7,1 % en 2009 et 10,22 % en 2014), les Wallisiens et Futuniens (10,82 % contre 11,4 % en 2009 et 10,72 % en 2014, surtout concentrés, pour plus des deux tiers d'entre eux ou 70,52 %, dans les trois communes périurbaines du Grand Nouméa), les Tahitiens (2,47 %, 2,6 % en 2009 et 2014), les Indonésiens (1,65 %, 1,9 % en 2009 et 1,68 % en 2014), les Vietnamiens (1,07 %, 1,3 % en 2009 puis 1,22 % en 2014), les Ni-Vanuatu (1,07 %, 1,2 % 2009 et 2014) et les « autres asiatiques » (0,53 %, contre encore 0,98 % en 2009 avant de retomber à 0,56 % en 2014) Recensement de la population 2019/ Communautés d'appartenance, ISEE. Les trois provinces sont francophones, mais la Province Sud est la seule où le français est parlé majoritairement en tant que langue maternelle (dans les deux autres provinces il est utilisé comme langue véhiculaire par les populations mélanésiennes, tout en restant la langue officielle de l'ensemble de l'archipel en tant que collectivité française).
La population de la Province Sud est également la moins jeune de Nouvelle-Calédonie, son âge moyen, de 35,3 ans en 2019, étant supérieur à ceux des deux autres provinces (33,4 dans les Îles Loyauté et 32,5 ans dans le Nord) mais aussi des autres archipels du Pacifique (31 ans en Polynésie française en 2012 et 24 ans à Wallis-et-Futuna en 2008), et se rapproche de l'âge médian de la France métropolitaine (41,8 ans). Sa pyramide des âges n'est plus vraiment triangulaire et ressemble à celle des pays ayant terminé leur transition démographique. Son espérance de vie à la naissance s'établit en 2010 à 78,2 ans et en 2012 à 77,9 ans, mais elle a été pratiquement rattrapée par celles des deux autres provinces (74,2 puis 73,5 ans aux Îles Loyauté et 75,9 puis 75,4 dans le Nord). Plus précisément, elle est de 75,2 ans pour les hommes et de 80,7 ans pour les femmes en 2012.
Économie et niveau de vie