Le concours de recrutement de professeurs des écoles (CRPEOn remarque que ce sigle n'est pas le seul utilisé pour désigner ce concours, il est parfois appelé CAPE ou « Certificat d'aptitude au professorat des écoles » (par analogie avec le CAPES et le CAPLP) ou « Concours PE », y compris dans les textes officiels. Ces différences ne sont pas anodines dans la mesure où un CA est un certificat d'aptitude, tandis qu'un CR est un concours de recrutement.) est le concours sur lequel s'appuie en France le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse pour recruter les professeurs des écoles, exerçant dans l'enseignement primaire (sans distinction dans les écoles maternelles et dans les écoles élémentaires) public et privé sous contrat.
Historique Les maîtres du premier degré : Leur formation dans l'histoire De l'École normale à l'IUFM Avant la création des IUFM les maîtres du premier degré étaient formés dans les Écoles normales. Les écoles normales primaires ont été instituées par les départements, à l'image de la première du nom, créée à Strasbourg en 1810En 1833, l'article 11 de la loi Guizot dispose : .. Elles sont une trentaine en 1831, puis 73 en 1835 Il faut attendre 1831 pour que s'ouvre le premier "cours normal" pour la formation des éducatrices exerçant dans les salles d'asile, l'ancêtre des écoles maternelles, (créé par J. M. Denys Cochin) et 1847 pour la création, par Salvandy, de l'École normale des Salles d'asile.
En , l'École normale d'institutrices fut chargée d'assurer le recrutement du personnel enseignant . Pour permettre aux écoles normales de former les institutrices d'écoles maternelles, le décret de y établit une école maternelle annexe. A la même date, des instructions précises étaient données concernant les locaux, le mobilier et le matériel d'enseignement. On y notait particulièrement la disparition des gradins, l'apparition des tables ovales, des chaises individuelles de hauteur adaptée, des jeux, des jouets, etc. Le décret de , observé jusqu'en 1940, organise dans le détail l'institution de l'École normale : placée sous l'autorité des recteurs, elle comporte un internat gratuit, dispense une formation en trois ans (couronné par le brevet supérieur). Le même décret établit le régime interne et la discipline des établissements.
Un décret de modifie le statut des institutrices des écoles maternelles et des classes enfantines. Leur temps de service et de congé étaient désormais alignés sur ceux de leurs collègues de l'école élémentaire. Par ailleurs, le décret précisait que les maîtresses ayant obtenu la mention "pédagogie de l'école maternelle, puériculture, hygiène et sciences appliquées à la puériculture et à l'hygiène" au brevet supérieur seront nommées, de préférence à toutes les autres candidates, comme institutrices d'école maternelle. Le texte précisait encore qu'une femme de service devait être attachée à toute école maternelle et à toute classe enfantine.
L'État a imposé aux départements d'avoir une École normale de garçons et une de filles. Ces écoles ont été les , les écoles des "hussards noirs de la République". On ne s'étonnera pas que l'État français constitué autour de Philippe Pétain reprenne à son compte les craintes du comte de Falloux, et décrète la fermeture de ces établissements de formation marqués par leur esprit de libre arbitre. La libération fera renaître les Écoles normales, mais avec des formules nouvelles de fonctionnement. Cependant, à la veille de 1968, la formation initiale des instituteurs est encore, à peu de chose près, identique à ce qu'elle était un demi-siècle plus tôt.
Pourtant des aménagements ont eu lieu : quatre années de scolarité et préparation du baccalauréat pendant les années d'École normale, accès à des bacheliers pour bénéficier de deux années de formation professionnelle, puis plus tard, mixité et disparition de l'internat. Le régime de recrutement à plusieurs vitesses trouvera une extension dans l'accueil opéré ici et là d'instituteurs dits ou recrutés pour les besoins du moment. La diversité des formations connaîtra son apogée en 1979 lorsque le législateur impose une formation en trois ans comprenant pour les élèves-instituteurs la préparation d'un DEUG (BAC + 2) dit et constitué d', de nature universitaire pour certaines, toujours au sein des Écoles normales Ainsi l'entrée officielle de l'enseignement supérieur dans la formation des maîtres du premier degré date de 1979. Mais le DEUG prévu apparaît très vite comme une véritable impasse, faute de déboucher sur une licence appropriée. La promotion 1984 en vient au DEUG indifférencié, jugé plus opportun. En fait, entre 1979 et 1985 on comptera douze dispositifs différents dans la formation initiale, celle -ci ayant été, pendant cette période, l'objet de 38 textes officiels successifsDu fait d'un continuel changement au niveau du recrutement et du système de formation, on trouve actuellement des instituteurs en exercice d'origines très diverses. Le corps des instituteurs se répartit en fait en deux groupes : ceux entrés dans la fonction à la suite du Bac, et ceux qui ont fait au moins deux années d'études supérieures. L'absence d'études supérieures est le fait des plus âgés, le niveau de la maîtrise caractérise les plus jeunes, tandis que le DEUG est associé aux âges intermédiaires (autour de 40 ans). Parmi les plus anciens, un bon nombre n'est même pas passé par les Écoles normales..
En 1985 naîtra le recrutement post-DEUG avec une formation professionnelle en deux ans, toujours dispensés dans les Écoles normales. Il y a eu aussi un recrutement complémentaire 'spécial DEUG' en 1983, 1984 et 1985, destiné à combler les manques imprévus de personnels en 'dernière minute' (décès, démissions pour cause de suivi de conjoint, etc. etc.). Vu l'urgence de ces recrutements marginaux, les enseignants stagiaires reçus prenaient directement en charge des classes après une brève formation pratique en classe (accompagnement) d'une semaine, la formation condensée sur 30 semaines intervenant l'année universitaire suivante - après encore un mois environ de remplacements divers et variés, les imprévus ne manquant pas pour utiliser ainsi cette ressource censée être immédiatement opérationnelle. Après l'année de formation, les stagiaires étaient titularisés au cours de l'année scolaire suivante (où ils étaient à nouveau en fonction dans leur département d'appartenance) sur soutenance d'un mémoire sur un sujet pédagogique de leur choix, avec l'aide d'un professeur d'E.N. IUFM) spécialement désigné à cet effet.
Puis avec la loi d'orientation de 1989, organisant la scolarité primaire en cycle, les Instituts Universitaires de formation des maîtres (IUFM), structures académiques, se substitueront aux Écoles normales départementales. Les IUFM sont chargés dès la rentrée 1990, de former l'ensemble des personnels enseignants des premier et deuxième degrés, tous recrutés après la licence.
Ils ont été créés par la loi d'orientation du qui posait la règle d'un recrutement au même niveau d'études pour les enseignants du primaire et du secondaire. Trois IUFM ont été mis en place à titre expérimental pour l'année scolaire 1990/91 à Grenoble, Lille et Reims. À la rentrée 1991 la formule a été généralisée.
Les professeurs des écoles et les instituteurs sont des fonctionnaires au service de l'État. Leur recrutement se fait sur concours et requiert quelques exigences (être de nationalité française, être âgés de moins de ).
Si les derniers instituteurs sortis des Écoles normales y avaient été admis en étant titulaire d'un DEUG, et après l'obtention d'un concours, alliant à la fois des connaissances d'ordre général et pédagogiques, les futurs professeurs des écoles sont désormais admis à l'IUFM après l'obtention d'une licence (BAC + 3), ce n'est que pour poursuivre les études au-delà de la première année qu'intervient un concours.
Conditions d'admission À l'École normale Du temps des Écoles normales, le concours avait lieu avant l'entrée en première année. Il comprenait huit épreuves obligatoires dont quatre d'admissibilité et quatre d'admission. Chacune d'entre elles, affectée d'un coefficient, était notée entre 0 et 20, toute note inférieure ou égale à 5 sur 20 étant éliminatoire.
L'admissibilité comportait quatre épreuves dont l'une, au choix du candidat, était notée au coefficient 2 (1 pour les trois autres) :
Lettres et langue française, se rapportant à deux œuvres littéraires définies et comportant des questions d'analyse littéraire, des questions d'analyse grammaticale et de compréhension française. Mathématiques, faisant appel à une bonne maîtrise des règles usuelles de calcul algébrique et des figures géométriques les plus courantes, ainsi qu'aux connaissances des fonctions simples d'une variable (fonction affine par intervalle, exponentielle, logarithmique, à deux variables) et de l'étude de certains phénomènes de limite (suites arithmétiques et géométriques, périmètre et aire du disque, etc.) Sciences et technologie, épreuve où le candidat pouvait choisir de composer soit en biologie (de la cellule à l'organisation pluricellulaire), soit en sciences physiques et technologie. Histoire-géographie, de même, le candidat choisissait de composer soit en histoire, soit en géographie.
L'admission reposait aussi sur quatre épreuves (le candidat avait également le choix de doubler le coefficient de l'une d'entre elles, mis à part l'entretien, affecté d'office du coefficient 3) :
Entretien sur l'éducation, consistait en un entretien d'une vingtaine de minutes avec un jury (entretien préparé (30 minutes) à partir de documents connus sur place) ; Éducation physique et sportive portant sur les activités physiques, d'expression, de pleine nature et sportive, qui peuvent être pratiquées à l'école élémentaire. une séquence de natation (50 mètres avec recherche d'un objet lesté) et au choix une séquence choisie parmi les trois suivantes : athlétisme, activités physiques de pleine nature, activité de maîtrise corporelle et d'expression par le mouvement (gymnastique, danse, GRS), sports collectifs, de combat, activités duelles ; Arts plastiques, étude pratique et théorique de la couleur ; Musique, comportant une épreuve pratique (chant ou instrument) et la constitution d'un dossier de quatre œuvres dont l'une allait faire l'objet d'un exposé (étude de l'œuvre : corps sonores, instruments, voix, etc.).
Une épreuve facultative était possible en cas d'admissibilité. Elle portait sur une traduction (sans dictionnaire) d'un texte dans une langue étrangère (une ou deux langues proposées selon les académies).
À l'IUFM La formation en IUFM ne plaçait plus le concours à l'entrée, mais à l'issue de la première année. En première année les futurs enseignants avaient le statut d'étudiants, ils préparaient le concours de recrutement de fonctionnaires stagiaires. Le concours comprenait six épreuves obligatoires dont deux d'admissibilité et quatre d'admission. Les épreuves permettaient d'apprécier les compétences à la fois scientifiques et professionnelles des candidats. Notons que cette première année n'était pas obligatoire, on pouvait présenter le concours sans l'avoir suivie. Chacune d'entre elles, affectée de son coefficient, était notée de 0 à 20. Toute note inférieure ou égale à 5 sur 20 aux épreuves d'admissibilité ainsi qu'à la première épreuve d'admission était éliminatoire.
L'admissibilité reposait sur la maîtrise du français et des mathématiques.
En français (coefficient 4), le candidat rédigeait une synthèse de textes et documents liés à l'acquisition et l'enseignement de la langue française. Il répondait à une question de grammaire ou de vocabulaire. Confronté à des documents pédagogiques, il faisait preuve d'une connaissance des objectifs et des programmes de la petite section au CM2. En mathématiques (coefficient 4) Analyse de situations et résolution de problèmes.