L'offensive sur Rafah est une offensive lancée par Israël dans la ville de Rafah, la zone la plus méridionale de la bande de Gaza, dans le cadre de l'offensive terrestre israélienne faisant suite à l'attaque du Hamas le 7 octobre 2023. À la suite d'une attaque au mortier du Hamas à Kerem Shalom, qui a tué trois soldats israéliens., Tsahal entre dans la ville le , prenant le contrôle du poste-frontière de Rafah. La ville est rasée par l'armée israélienne après sa conquête.
Contexte En , le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a annoncé son intention d'envahir la ville de Rafah où s'entassent 1,4 million de réfugiés palestiniens et a intensifié ses frappes aériennes en conséquence.
Rik Peeperkorn, représentant de l'Organisation mondiale de la santé dans les territoires palestiniens occupés, met en garde contre une éventuelle attaque de la ville de Rafah par Tsahal, l'armée de l'État d'Israël. Il déclare alors lors d'un point-presse All eyes on Rafah (« tous les yeux sont tournés vers Rafah »). L'expression est reprise par plusieurs organisations avant de devenir un cri de ralliement lors de manifestations..
Israël affirme que pour atteindre son objectif de destruction du Hamas, il faut anéantir les ..
Le , Israël ordonne l'évacuation des Palestiniens de quartiers de Rafah .. L'ordre est donné à la suite d'une attaque au mortier du Hamas à Kerem Shalom, qui a tué trois soldats israéliens.
Opération Le , avant et pendant l'offensive, l'aviation israélienne frappe Rafah à au moins 50 reprises. Le footballeur Mahmoud Osama Al-Jazzar est tué lors d'un de ses bombardements. Dans la journée, lors d'une invasion limitée, Tsahal entre dans la banlieue de Rafah et s'approche du poste-frontière de Rafah et de la frontière égyptienne violant ainsi le traité de paix entre l'Égypte et Israël. Selon l'armée israélienne, 20 hommes armés du Hamas sont tués au cours de l'opération et trois tunnels importants sont découverts au cours de l'opération, en plus de la destruction d'un véhicule chargé d'explosifs. Le matin du , Israël s'empare du poste-frontière. Celui-ci est depuis fermé au passage de véhicules d'aide humanitaire. Le Hamas bombarde le poste-frontière de Kerem Shalom depuis Rafah. Selon le ministre de la Défense israélien, Yoav Gallant, l’opération ne s’arrêtera que si le Hamas est éliminé ou les otages libérés. La brigade Guivati s'empare séparément de la partie de la route Salah ad-Din, à l'est de Rafah, au cours d'une opération nocturne.
Selon Haaretz, le contrôle du passage sera confié à une entreprise privée et l'opération limitée est destinée à exercer une pression sur le Hamas. John Kirby, coordinateur des communications stratégiques du Conseil de sécurité nationale à la Maison-Blanche, confirme l'opération mesurée d'Israël et affirme qu'elle vise à empêcher la contrebande d'armes et d'argent dans la bande de Gaza, tout en permettant la reprise des négociations pour la libération des otages et la mise en place d'un cessez-le-feu.
Le , le porte-parole de Tsahal, Daniel Hagari, déclare : .
Le , l'aviation israélienne bombarde le bunker souterrain du commandant de la brigade de Rafah, , sans être sûr d'être parvenu à le tuer.
Le , Tsahal bombarde le camp de réfugiés Tel al-Sultan. Le bombardement tue au moins 45 personnes, et en blesse 249. Des images du bombardement sont publiées sur les médias sociaux, dont une vidéo d'un homme portant le corps d'un enfant dont la tête est arrachée. Ce bombardement est largement condamné à l'international.Le même jour, un échange de tirs a lieu à la frontière entre Rafah et l'Égypte, lors duquel un militaire égyptien est tué.
Selon des témoignages d'habitants, les chars et les véhicules blindés de Tsahal sont entrés dans le centre de Rafah le , opérant près de la mosquée al-Awda tandis que des soldats affrontent des combattants du Hamas autour du sommet de Zurub où ils s'étaient postés ces derniers jours. Des véhicules terrestres sans pilote sont également déployés. Tsahal maintient également les bombardements dans le quartier de Tel al-Sultan. Au cours de la journée, les soldats de la brigade Nahal auraient découvert des puits de tunnel, capturé des armes et tué de nombreux combattants au cours de l'opération. Les forces israéliennes ont également avancé dans le quartier de Tel al-Sultan, tout en déployant la brigade Bislamach sous le commandement de la division à Rafah.
Le , un nouveau bombardement contre un camp de réfugiés fait 21 morts. Le Croissant-Rouge palestinien annonce le la mort de deux de ses secouristes, tués dans contre une ambulance.
Fin , les forces israéliennes, avec notamment des chars, atteignent le centre de Rafah avec le contrôle du rond-point d'al-Awda et de la colline de Zoroub.
Le , l'armée israélienne bombarde une école de l’Unrwa, tuant 37 personnes qui y étaient réfugiées, dont une majorité de femmes et d'enfants. L’armée israélienne a revendiqué cette attaque aérienne qui selon elle a permis d’éliminer « plusieurs terroristes ».
Conséquences humanitaires À la fin du mois de mai, tous les hôpitaux sont hors service à cause des bombardements. L'ONU qualifie la situation à Rafah d'..
Début juin, plus d'un million de personnes ont été déplacées de force de Rafah après plusieurs semaines d'offensive israélienne.
Réactions internationales La communauté internationale met en garde contre une crise humanitaire encore plus grande en cas d'offensive sur Rafah.
Le , l'Afrique du Sud dépose une nouvelle requête devant la Cour internationale de justice (CIJ), pointant que l'offensive israélienne prévue à Rafah .
L'Égypte, préoccupée par une éventuelle crise des réfugiés, renforce la sécurité à sa frontière et entame la construction d'une zone fortifiée dans le Sinaï pour accueillir un éventuel afflux de déplacés.
Le , la France rappelle , rappelant que .
Dans le même temps, les États-Unis réaffirment qu'une invasion de Rafah serait une sans un pour protéger les civils qui s'y abritent. Le , la Chambre américaine des représentants adopte un grand plan d'aide de 26 milliards de dollars dédiés au conflit à Gaza. Sur cette somme, 15 milliards sont consacrés à l'aide militaire israélienne, 9 milliards à l'aide humanitaire et 2,4 milliards aux opérations militaires américaines dans la région.
Le gouvernement américain propose début juin un plan de paix comprenant le retrait pour six semaines de l'armée israélienne de certains secteurs de Gaza et la libération d'otages. Le Hamas déclare considérer « positivement » la proposition américaine mais le gouvernement israélien la refuse. D'après le Wall Street Journal, les pressions de l'administration américaine auraient cependant eu pour conséquence de contraindre Tel-Aviv à modifier son plan initial d’offensive. Selon le journal, le gouvernement israélien prévoyait initialement de raser la ville, avant de céder aux pressions et de se contenter de raids sur Rafah.
Le , un arrêt de la Cour internationale de justice ordonne à Israël de mettre fin à l'offensive militaire sur Rafah. Cependant, d'après deux des juges l'ayant voté et les deux juges s'y étant opposés, cet arrêt n'empêche pas Israël de poursuivre ses opérations militaires à Rafah et qu'il n'amène pas des Palestiniens de Gaza.
Réactions en Israël Le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich appelle dans un discours public à la « totale annihilation » de Rafah pour « effacer le souvenir d'Amalek ».
L'historien Omer Bartov, spécialisé dans l'étude de la Shoah, a déclaré que l'offensive sur Rafah, l'avait amené à réviser sa vision de la guerre à Gaza, dont il réfutait jusqu'alors la nature génocidaire : « Cette attaque contre le dernier refuge de la population gazaouie [...] trahit aussi l’objectif ultime d’Israël depuis le tout début du conflit : rendre l’entièreté de la bande de Gaza inhabitable et réduire sa population à tel état d’impuissance qu’elle se verrait vouée à l’extinction ou chercherait par tous les moyens à fuir ce territoire ravagé. »
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Guerre de Gaza depuis 2023 Crise humanitaire à Gaza depuis 2023 Pertes humaines pendant la guerre de Gaza Crimes de guerre commis par Israël Allégations de génocide des Palestiniens
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