La Biennale d’art contemporain autochtone (BACA) est un événement qui a lieu tous les deux ans depuis 2012. Faisant ses débuts à la galerie Art Mûr, les activités de la BACA se déroulent majoritairement dans la région du //Montréal.
Histoire La Biennale d’art contemporain autochtone (BACA) est une organisation qui a pour but d’offrir un espace de diffusion aux artistes autochtones en Amérique du Nord. Elle a été fondée en 2010 et lancée officiellement en 2012 par la galerie Art Mûr à Montréal sous la direction de Rhéal Olivier Lanthier et François St-Jacques. En 2018, elle devient un organisme sans but lucratif indépendant.
L’événement est une plate-forme pour les artistes autochtones. En effet, cette Biennale sert de référence pour les grandes institutions muséales désirant intégrer davantage d’art et d’artistes autochtones dans leurs collections et expositions. Cet événement récurrent met en lumière une pluralité de pratiques artistiques issues des cultures autochtones.
Le mandat de la BACA est de reconnaître et soutenir l’art et les artistes autochtones contemporains. Sa principale activité, la Biennale, est un événement en arts visuels et multidisciplinaires qui présente une cinquantaine d’artistes dans divers lieux d’expositions au Québec. L’événement offre également une tribune aux commissaires autochtones. L’édition de 2018 a tourné avec la collaboration du Collectif des Commissaires Autochtones (CCA), une organisation qui soutient et défend les commissaires, artistes et professionnels autochtones. Cette alliance a renforcé le recrutement de commissaires pour la BACA et a permis d’améliorer la visibilité des artistes autochtones.
Origines L’organisation à but non lucratif fut fondée en 2010. Elle vise à reconnaître et soutenir l’art et les artistes autochtones contemporains en créant un événement au sein de la scène artistique du Québec. Michael Patten est le directeur de l’organisme depuis sa création.
La Biennale d’art contemporain autochtone est née après la création d’une première exposition collective d’artistes contemporains autochtones à la galerie Art Mûr. La galerie Art Mûr se situe au centre de l’organisation de la BACA, en tant que pavillon central et principal organisateur de l'événement.
L’objectif de la première édition de la Biennale en 2012 est de montrer aux artistes autochtones et métis qu’il existe un intérêt pour leur travail dans les galeries québécoises. Sa création cherche à pallier un manque de projets artistiques autochtones à Tiohtiá:ke / Mooniyang / Montréal en comparaison avec l’Ouest du Canada. Les présidents et fondateurs de l’évènement sont Rhéal Olivier Lanthier et François Jacques.
Les différentes éditions
1ière Biennale (2012) La première édition de la BACA s’est tenue à Montréal à la galerie Art Mûr du au . La collaboration des 24 artistes autochtones et de la commissaire invitée Nadia Myre s’est organisée autour du thème : Baliser le territoire / A Stake In The Ground.
Artistes de la 1ière Biennale Sonny Assu, , , Rebecca Belmore, Kevin Lee Burton, Hannah Claus, , , , , , Greg Hill, , Maria Hupfield, Rita Letendre, , , Nadia Myre, Marianne Nicolson, Michael Patten, Arthur Renwick, Sonia Robertson, , Tania Willard, Will Wilson. Jason Baerg
Biennale (2014) La deuxième édition de la BACA s’est tenue en 2014, avec pour commissaire invité Michael Patten. En tout, 27 artistes ont été exposés, du au , aux galeries Art Mûr, Stewart Hall, ainsi qu’au siège social international du Cirque du Soleil. Les créations ont cette fois été guidées par le thème « Storytelling ».
Le storytelling représente la transmission par l’oralité. Le thème du storytelling permet d’ouvrir la réflexion sur l’éducation autochtone, qui - contrairement au modèle allochtone - communique le savoir à travers les contes et les histoires.
Pour mettre l’accent sur le volet éducatif du storytelling, certains des artistes choisis occupent également des postes d’enseignants dans le système postsecondaire canadien. Ils sont invités à raconter des histoires personnelles ou extérieures à leurs vies personnelles.
Le storytelling réunit des histoires et des expériences dans le but d'attirer l’attention sur les dangers politiques, culturels et écologiques.
Artistes de la Biennale Sonny Assu, Scott Benesiinaabandan, , , , Hannah Claus, Keesic Douglas, John Feodorov, , Leonard Getinthecar, & Jerrod Galanin, Sitka, AK, , , , Kent Monkman, Nadia Myre, Jude Norris, Luke Parnell, Mike Patten, , , , Adrian Stimson, Frank Shebageget, Tanis, , Amelia Winger-Bearskin.
Biennale (2016) La édition de la BACA s’est déroulée du au . Le commissaire invité était Michael Patten et avait pour thème Culture Shift - Une révolution culturelle. La biennale exposait dans quatre lieux : la galerie d’art Stewart Hall, le musée McCord Stewart, la galerie Art Mûr et la Guilde canadienne des métiers d’art. La thématique choisie reflétait l’évolution ainsi que les changements actuels dans les productions autochtones. Les œuvres exposées évoquaient les nouvelles technologies, la pluralité des héritages, l’hétérogénéité des esthétiques et pratiques artistiques.
Cette édition fut inspirée de la Biennale de Venise avec l’intégration des pavillons. Le pavillon de la côte Ouest était présenté à la Galerie d’art Stewart Hall à Pointe-Claire et exposait des œuvres d’artistes d' Alaska et de la Colombie-Britannique. Le pavillon du Nord était présenté à la Guilde et exposait des artistes Inuits du Nunavut, du Québec et du Groenland. Le pavillon éducatif se trouvait au Musée McCord Stewart. La galerie Art Mûr était le pavillon principal où des artistes autochtones de plusieurs nations étaient réunies.
L’artiste Luke Parnell se présenta à la Galerie d’art Stewart Hall. Sa présentation consistait à couper un totem de 8 pieds en deux et à transporter l’une des moitiés dans un endroit inconnu et la brûler. L’objectif de cette performance était de démontrer que sa nation, Wilp Laxgiik Nisga’a, ne craignait pas de pouvoir détruire ce qu’elle avait construit de ses propres mains. L’autre segment du totem intact a été ramené par l’artiste jusqu’au musée d’anthropologie de Vancouver en Colombie-Britannique.
Artistes de la Biennale KC Adams, , Shuvinai Ashoona, Ningeosiaq Ashoona, Sonny Assu, Mary Anne Barkhouse , Naomi Bebo, Lance Belanger & Kitty Mykka, , Ludovic Boney, , Corey Bulpitt, Bruno Canadien, Rande Cook, Bracken Hanuse Corlett, , Andrew Dexel, Wally Dion, , , Leonard Getinthecar (Nicholas Galanin & Jerrod Galanin) & Nep Sidhu, Melissa General, , Dyani White Hawk, Richard Heikkila-Sawan, , Maria Hupfield, Geronimo Inutiq, Brad Isaacs, Jeff Kahm, Neon Kohkom, Bev Koski, Jason Lujan, , Qavavau Manumie (), , Caroline Monnet, Nadia Myre, , , Luke Parnell, Jamasie Pitseolak, Tapaungai Qatsiya, Nicotye Samayualie, Sarah Sense, Toonoo Sharky, , , Rolande Souliere, , , Jutai Toonoo, Samonie Toonoo, , Nico Williams
Biennale (2018) La édition de la BACA s’est déroulée du au . Les commissaires invitées étaient Niki Little et Becca Taylor. L'événement prend place dans six lieux d’exposition, incluant la Guilde, le Musée des beaux-arts de Sherbrooke, le Musée McCord Stewart, , la galerie Art Mûr et la Galerie d’art Stewart Hall. Pour cette édition, les œuvres d’une quarantaine d’artistes femmes autochtones ont été exposées.
Avec la collaboration de l’Aboriginal curatorial collective - Collectif des commissaires autochtones (ACC-CCA), la Biennale d’art contemporain autochtone a lancé un appel à projets pour une résidence de commissaires invités. Ce projet a été initié dans le cadre du Projet Tiohtià:ke.
La thématique de la quatrième biennale s’intitule NÍCHIWAMISKWÉM | NIMIDET | MA SOEUR | MY SISTER. Elle est la première édition à mettre en valeur uniquement des artistes femmes autochtones. La thématique fait référence aux femmes autochtones qui se considèrent comme des sœurs entre elles, unies par des connaissances et des expériences vécues. Les artistes représentées sont des sœurs, des mères, des tantes, des confidentes, des personnes transgenres, des personnes non-binaires ou des individus bispirituels.
Les œuvres véhiculent leur histoire, mais notamment leurs souvenirs ainsi que les relations et les événements qui ont pu façonner leur identité. Parmi les œuvres exposées, on retrouve des portraits, des photographies, des vêtements traditionnels, du perlage, des sculptures, des gravures et du contenu audio et visuel.
Artistes de la Biennale Aura, KC Adams, , Mayoreak & Shuvinai Ashoona, Eruoma Awashish, Natalie Ball, Sonya Ballantyne, , Catherine Blackburn, & Ric Bear Hat, , , Tamara Lee-Anne Cardinal, Jade Nasogaluak Carpenter, Cat Cayuga, Uzumaki Cepeda, Dana Claxton, , , Lindsay Dobbin, , , Gabrielle Hill, , Erin Marie Konsmo, Tanya Lukin Linklater, , , Caroline Monnet, , Shelley Niro, Marnie Parrell, JJ Neepin, Napachie Pootoogook, Gilda Posada, , Skawennati, , , , Kali Spitzer
Biennale (2020) La édition de la BACA s'est tenue du au . Les commissaires sont avec l’assistance de l’artiste rudi aker et de Faye Mullen. La thématique s’intitule Kahwatsiretátie : Teionkwariwaienna Tekariwaiennawahkòntie - Honorer nos affinités/Honoring kinship. En raison de la COVID-19, plusieurs activités de médiation se sont déroulées en ligne, dont une galerie virtuelle. La biennale s’est déroulée dans six lieux différents, soit la Maison des régions, la Guilde, la galerie Pierre-François Ouellette art contemporain, la galerie Art Mûr, la galerie d’art Stewart Hall et le Musée McCord Stewart. Une des particularités de cette exposition était que les commissaires avaient invité les exposants à participer au processus de sélection en suggérant des artistes de leur entourage moins connus.
Le thème signifie la reconnaissance et l’appréciation de la transmission des savoirs et des connaissances. Cette édition explore également des sous-thèmes tels que l’environnement et la réappropriation d’un espace pour les artistes autochtones.
À l’occasion de la édition, l'œuvre Weaving Cultural Identities: Threads Through Time, initialement présentée à la , a été exposée le à la galerie Art Mûr. La majorité des œuvres étaient des projets de perlage, de textile, de peinture, d’installation vidéo et sonore, ainsi que des performances.
Artistes de la Biennale Judy Anderson, Cruz Anderson, Scott Benesiinaabandan, Rainer Wittenborn & Claus Biegert, Catherine Blackburn, Katherine Boyer, Bob Boyer, Kaia’tanó:ron Dumoulin Bush, Warren Cariou, Hunter Cascagnette, Hannah Claus, Renée Condo, Jon Corbett, Ruth Cuthand, Wally Dion, Devonn Drossel, Marcy Friesen, Angela George, Chief Janice George, Lucas Hale, Emma Hassencahl-Perley, Doaa Jamal, Buddy Joseph, Larissa Riss Kitchemonia, Sharon Rose Kootenay, Owisokon Pauline Lahache, Tania Larsson, Jason Edward Lewis, Kay Mayer, Kevin McKenzie, Dylan Miner, Nadia Myre, Margaret Orr, Graham Paradis, Luke Parnell, Sage Paul, Jobena Petonoquot, Krista Point, Sherry Farrell Racette, Diane Roberts, Sonia Robertson, Máret Ánne Sara, Nancy Saunders, Skawennati, Marian Snow, Debra Sparrow, Robyn SparrowJack Theis, Mary Lou Trinkwon, Ulivia Uviluk, Flora Weitsche, Corinna Wollf, Ruth Scheuing
Biennale (2022) La programmation de la édition de la BACA s’est tenue tout au long de l’année 2022. Le commissaire principal était Michael Patten en collaboration avec Alexandra Nordstrom, qui a agi à titre de chercheuse invitée. Intitulé Land Back, la édition s’organise autour de huit expositions, tenues au Musée des Beaux-Arts de Sherbrooke, à la Maison des Jésuites de Sillery, à la Maison de la culture de Verdun, à la galerie Art Mûr, à la Galerie d’art Stewart Hall, à la Guilde, au Musée McCord Stewart, et à Expression - Centre d’exposition de Saint-Hyacinthe (exposition itinérante). Cette édition de la biennale se subdivise en sept pavillons et des expositions satellites. Chaque exposition explore différents sujets en lien avec le thème de la réappropriation du territoire.