Le , les représentants du Gouvernement provisoire de la République française signent à Moscou le premier traité d'alliance et d’assistance mutuelle avec l’Union des républiques socialistes soviétiques.
Les dirigeants du gouvernement provisoire français, dont le général Charles de Gaulle, président du Gouvernement provisoire de la République française, Georges Bidault et le général Alphonse Juin, profitent de leur visite à Moscou pour contracter une alliance avec l'URSS. Le texte est signé par Bidault et Viatcheslav Mikhaïlovitch Molotov, en présence de Joseph Staline.
L'alliance vise principalement à .
La coopération entre la France libre et l'URSS s’était déjà manifestée en 1942 avec l’envoi sur le front de l’Est de pilotes français qui formèrent l’escadron de chasse Normandie-Niemen.
Il s'agit du deuxième traité d'alliance entre la France et l'URSS, après le Traité franco-soviétique d'assistance mutuelle de 1935.
Contexte La signature de ce traité a lieu durant le voyage du général de Gaulle en URSS, du 2 au .
L'initiative de la conclusion de ce traité revient à la France. Le général de Gaulle poursuit plusieurs objectifs. Il s'agit en premier lieu d'affirmer le retour de la France dans le concert des grandes nations, alors qu'elle est peu associée aux décisions majeures prises par les alliés et que les relations avec Washington sont mauvaises, par une rencontre spectaculaire avec Staline et la signature d'un traité bilatéral « d'égal à égal ». Plus concrètement, l'objectif principal est d'empêcher une résurgence de l'Allemagne qui menacerait la sécurité en Europe par une alliance entre les deux principales puissances continentales en Europe, et d'obtenir le soutien des Soviétiques à la politique française vis-à-vis de l'Allemagne. Enfin, de Gaulle anticipe déjà sa volonté de mener après la guerre une politique d'équilibre entre les deux grandes puissances, les États-Unis et l'URSS, et d'indépendance nationale.
Trois sujets essentiels sont discutés à Moscou : les demandes françaises relatives à l'Allemagne après la guerre, le pacte franco-soviétique et la reconnaissance du Comité polonais de Lublin.
De Gaulle demande le détachement de la Sarre, de la Rhénanie et de la Ruhr afin que ne puisse se reconstituer un État allemand puissant et doté d'importantes ressources minières et industrielles. Il se heurte au refus de Staline d'en discuter sans Londres et Washington, malgré des propositions de compromis françaises : acceptation de la frontière Oder-Neisse comme frontière orientale de l'Allemagne, et internationalisation de la Ruhr.
L'accord sur le contenu du pacte ne se heurte pas à des difficultés majeures. Les concessions faites par les Français concernent l'absence de clause de non-ingérence dans les affaires intérieures et l'engagement obtenu par Molotov de ne pas participer à une alliance tournée contre le partenaire qui figure à l'article 5 du texte signé.
Les Soviétiques conditionnent la signature du pacte à la reconnaissance par le GPRF du Comité de Lublin, gouvernement installé le à Lublin par l’Armée rouge, en dépit de l'existence du Gouvernement polonais internationalement reconnu et siégeant à Londres. Les Français y sont opposés mais doivent finalement l'accepter sans quoi la signature du traité n'aurait pu avoir lieu.
Dispositions du traité Le traité comporte un préambule et huit articles.
Le préambule situe l' dans le double cadre de la poursuite de la guerre contre l'Allemagne , et du . La création d'un est également mentionnée, en référence à la future ONU dont la conférence fondatrice se tiendra à San Francisco quelques mois plus tard, et sur le plan de la sécurité en Europe à la possibilité d'une convention spécifique qui dans l'esprit de de Gaulle associerait les États-Unis.
L'article premier engage les deux parties à continuer , et l'article 2 réaffirme la décision prise par les Alliés de s'interdire .
L'article 3 répond à l'objectif principal du traité : . L'article 4 est une clause d'aide et assistance mutuelle en cas d'hostilités avec l'Allemagne.
L'article 5, de portée plus vaste et ne concernant pas l'Allemagne, objet explicite des précédents articles, engage les parties .
L'article 6 étend l'assistance entre les deux pays au domaine économique.
Dénonciation par l'URSS L'Union soviétique dénonce le traité en 1955. La raison invoquée par Moscou est que malgré les engagements pris dans le traité de .
Sources
Références
Bibliographie . . . .
Articles connexes Traité franco-soviétique d'assistance mutuelle (2 mai 1935) Relations entre la France et la Russie
Catégorie:Alliance militaire du XXe siècle Catégorie:Alliance militaire impliquant la France Catégorie:Alliance militaire impliquant l'Union soviétique Catégorie:Relations entre la France et l'Union soviétique Catégorie:Traité signé en 1944 Catégorie:Décembre 1944