La crise de 2024 au parti Les Républicains (LR) est liée à une alliance entre son président Éric Ciotti et le Rassemblement national (RN) pour les élections législatives anticipées de 2024, convoquées après la dissolution de l'Assemblée nationale française par le président Emmanuel Macron. Cette alliance, qui au départ devait concerner « entre 70 et 80 » circonscriptions, se concrétise dans 61 d'entre elles., dont deux de députés LR sortants.
Présentée comme une par le président de LR et un par les médias, cette opération est contestée par 700 membres du conseil national de LR, qui saisissent la justice, et la quasi-totalité de ses députés et sénateurs. Le bureau politique des Républicains vote à l'unanimité l'exclusion de son président Éric Ciotti, lui reprochant d'avoir mené et de ne pas respecter les statuts du parti. Cette exclusion est toutefois contestée par Éric Ciotti. Ce serait la première fois qu'un grand parti, si ses instances légales validaient ce projet, s'engagerait dans une coalition nationale avec le Rassemblement national, brisant le traditionnel « front républicain » contre l'extrême droite.
Cette crise provoque l'investiture de deux catégories de candidats se revendiquant tous des Républicains, le plus souvent dans les mêmes circonscriptions. D'une part, Éric Ciotti investit une soixantaine de candidats, dont la moitié qui ne sont pas adhérents LR, et appelle à soutenir les candidats RN dans les autres circonscriptions. Le ministère de l'intérieur leur attribue la nuance Union de l'extrême droite, ce qu'ils contestent. D'autre part, la commission d'investiture du parti investit , dont tous les députés sortants, sauf Éric Ciotti et Christelle D'Intorni.
Deux députés sont élus au premier tour, Christelle D'Intorni côté alliance avec le RN et Philippe Juvin pour Les Républicains, qui n'ont que 56 qualifiés au second tourLaure Cometti, « Résultats des législatives 2024 : Les Républicains limitent la casse au premier tour, mais restent en sursis », francetvinfo.fr, juillet 2024.. Lors du second tour, seize candidats soutenus par Éric Ciotti et le RN supplémentaires sont élus, soit plus que le minimum de quinze députés nécessaire pour former un groupe parlementaire à l'Assemblée nationale.. Ces dix-sept députés décident alors de constituer un groupe propre lors de la de la Cinquième République, nommé « À droite ! ».. Les Républicains obtiennent pour leur part trente-neuf députés.
Le , alors que la crise que traverse le parti n’a pas encore été résolue, Éric Ciotti fonde l’« Union des droites pour la République », faisant écho à l’ancien du parti gaulliste Union des démocrates pour la République (UDR). Le , il annonce quitter Les Républicains, laissant la présidence du parti vacante à partir du . Quelques jours avant, et pour la première fois depuis plus d'une décennie, Les Républicains reviennent au pouvoir, en intégrant le gouvernement de Michel Barnier qui leur accorde douze postes ministériels.
Réuni le , le bureau politique de LR a désigné à l’unanimité une direction collégiale composée d’Annie Genevard, secrétaire générale, François-Xavier Bellamy, vice-président exécutif, Michèle Tabarot, présidente de la Commission nationale d’investiture et Daniel Fasquelle, trésorier national. Elle assurera le bon fonctionnement du mouvement jusqu’à l’élection d’un nouveau président en 2025. Le bureau politique a aussi confié à l’unanimité une mission à Laurent Wauquiez, président du groupe de la Droite républicaine à l’Assemblée nationale, pour poser dès à présent les jalons de la refondation du mouvement (idées, nom, organisation). (Les Républicains).
Contexte aux Républicains Éric Ciotti et l'élection présidentielle de 2022
Candidat malheureux de la primaire LR pour désigner le candidat du parti à l'élection présidentielle de 2022, Éric Ciotti perd cette primaire au profit de Valérie Pécresse. Le , Éric Ciotti annonce sa candidature à l'élection pour la présidence de LR prévue au congrès de décembre, où il obtient 42,73 % des voix, devant Bruno Retailleau et Aurélien Pradié. puis le soutien de dont Laurent Wauquiez et Nadine Morano.. François-Xavier Bellamy, autre personnalité importante du parti LR, et conseiller de la candidate, effectue aussi des déclarations favorables à Éric Ciotti.
Destitution du numéro deux du parti en pleine réforme des retraites de 2023 Lors de la présentation du projet de réforme des retraites, Aurélien Pradié devient le des débats, réclamant que personne n’ait à cotiser plus de 43 ans pour partir à taux plein, au nom d'une droite sociale, qui . Le , en pleine discussion sur cette réforme des retraites, contestée par les huit premiers syndicats dans la rue, Éric Ciotti le démet de ses fonctions jugeant que ses ne sont du parti... Il répond en s'inquiétant que son parti se soit en semblant divisé sur la question.. Sept membres de l'équipe dirigeante des LR écrivent à Éric Ciotti pour lui reprocher cette destitution et demandent une rencontre, sans laquelle il au siège..
La réforme des retraites étant imposée par un recours au 49.3, un tiers des députés LR a voté la motion de censure transpartisane du groupe centriste LIOT, désobéissant ainsi à Éric Ciotti et Bruno Retailleau..
Défaite aux deux dernières élections Aux élections européennes de 2024, . se reflète dans le résultat de la liste menée par François-Xavier Bellamy, qui obtient 7,2 %, après (4,78 %) de Valérie Pécresse à l'élection présidentielle de 2022, des qui ..
Déroulement Préparation et annonce du projet d'alliance avec le Rassemblement national Le mardi , surlendemain de la dissolution de l'Assemblée nationale. et alors que le dépôt des listes aux législatives anticipées doit être fait dans la semaine, Éric Ciotti annonce dans un entretien au journal télévisé que les Républicains noueront une .. Cet événement est par les médias de Vincent Bolloré selon Le Monde. La veille, ce dernier aurait organisé cette annonce avec Éric Ciotti, qui n'en a encore rien dit dans son propre parti, sans prévenir ni consulter les élus ni le conseil national..
Le présentateur de CNews Pascal Praud, a été prévenu directement par l’Élysée que la dissolution aura bien lieu, trois heures avant son annonce et avant Gabriel Attal et le gouvernement., mais n’en dit rien à l’antenne.
La création de ce , contre le Front populaire et Ensemble. est salué par Marine Le Pen., Jordan Bardella. et Guilhem Carayon président du mouvement de jeunesse Les Jeunes Républicains.. Le projet est qualifié par le président de la République Emmanuel Macron de lors d'une conférence de presse.
Le projet reçoit le soutien de Guy Drut, qui fut médaille d'or du 110 mètres haies lors des Jeux olympiques de 1976.
Bataille pour les comptes Facebook et Twitter de LR Invoquant des , Éric Ciotti réagit d'abord au projet de l'exclure en décidant de fermer les portes du siège du parti, où il s’enferme après avoir donné aux permanents salariés pour partir. Il accède ainsi seul au profil Facebook des Républicains, qui va ensuite du président.. Il se filme seul dans son bureau, au siège, pour bien appuyer son désaccord, mis en scène, dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.. Il est cependant confronté à un changement de mot de passe sur X (ex-Twitter), l'empêchant d'accéder au compte officiel du parti.
Grâce à son contrôle du compte Facebook du parti, le , Éric Ciotti lance "de concert" avec Vincent Bolloré une pétition pour mais jugée "manifestement illicite" par Alexandre Archambault, avocat spécialisé en droit du numérique, car sans précision sur l'usage des données personnelles..
Demandes de démission « La position exprimée par Éric Ciotti est une impasse, n'engage pas notre famille politique et ne représente en aucun cas la ligne des Républicains », souligne une tribune dans Le Figaro signée par Bruno Retailleau, Laurent Wauquiez, Valérie Pecresse, Michèle Tabarot, Annie Genevard, François Baroin, Christian Jacob et Michel Barnier.. Parmi les autres signataires, Gérard Larcher, président LR du Sénat et Olivier Marleix, président du groupe parlementaire LR., demandent la démission d'Éric Ciotti, qui répond par avec .. Gauthier Le Bret, journaliste de CNews, affirme que Gérard Larcher , ce qu'il dément immédiatement.
Ralliement simultané au Rassemblement national de dirigeants du parti Reconquête Le ralliement de Ciotti au Rassemblement national coïncide avec celui de dirigeants du parti Reconquête. Sarah Knafo est invitée avec Sébastien Chenu et Éric Ciotti à l'émission « Touche pas à mon poste » sur C8, où l'animateur Cyril Hanouna lui demande de répondre au téléphone en direct à Jordan Bardella devant . Les trois vice-présidents du parti Reconquête (Marion Maréchal, Guillaume Peltier et Nicolas Bay), ainsi que Laurence Trochu, représentant quatre de ses cinq eurodéputés, appellent à soutenir l'alliance électorale RN-Éric Ciotti, malgré l'absence d'accord de partis, et en opposition à la ligne portée par Éric Zemmour... Éric Zemmour dénonce une trahison et annonce leur exclusion...
Engagement du groupe de médias de Vincent Bolloré dans la campagne Sur CNews, Pascal Praud fustige et exclut de tous les débats les élus LR en désaccord avec Éric Ciotti, les caricaturant comme . Le groupe de médias de Vincent Bolloré s'engage dans la campagne , pour "sauver le soldat Ciotti"., tactique présentant des "parallèles" avec celle d'Alfred Hugenberg, géant de l'acier et des médias en Allemagne dans les années 1930, selon la Prix Nobel d'économie Esther Duflo... Plusieurs présidents de région comme Xavier Bertrand, Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez demandent l'exclusion d'Éric Ciotti, le premier parlant de « trahison » avec le RN, et demandant aussi celle des députés LR soutenus ou investis par le RN..
Exclusion d'Éric Ciotti puis procédure en justice Le , trouvant les portes closes, le bureau politique des Républicains est contraint de se réunir « dans un bâtiment à proximité », où il vote à l'unanimité l'exclusion d'Éric Ciotti, présenté comme un « traître » et charge Annie Genevard d'assurer l’intérim avec François-Xavier Bellamy et le trésorier Daniel Fasquelle. L’exclusion d’Éric Ciotti est à nouveau votée le , par une deuxième réunion via Internet, pour « renforcer juridiquement l'exclusion », « grâce au soutien des conseillers nationaux de LR »Article par Le Figarole 14 juin 2024 . Ces deux exclusions successives sont contestées en justice en référé. Le tribunal décide que la juridiction de fond doit être saisie « dans les huit jours » par « la partie la plus diligente ». Sa suspension temporaire de l'exclusion « sera caduque » après ces huit jours. Ces « aspect légaux » découlent d'interprétation divergente des statuts du parti sur le monopole, contesté, du président pour convoquer les instances.. Le mercredi , le tribunal rejette une nouvelle fois l'exclusion d'Éric Ciotti.
Appel de du Conseil national du parti à une Une source interne reconnait le que les deux votes des 12 et étaient juridiquement mal étayés, sans preuve que le conseil national avait voté dans le même sens. Le bureau décide donc de réunir le les signatures d'environ 700 membres sur 2300 du conseil national de LR, "nombre plus que suffisant pour demander par écrit à Éric Ciotti, en vertu de l’article 24.3 des statuts, de convoquer un bureau politique" visant à l’exclure.., le règlement intérieur lui accordant un délai de huit jours pour le convoquer, soit jusqu'au à minuit. Ce délai échu, les membres du conseil national saisissent la justice pour désigner un mandataire ad hoc chargé de convoquer ce bureau. Mais le tribunal judiciaire de Paris rejette cette demande et confirme de fait Éric Ciotti comme président du parti..
Sondage auprès de « sympathisants LR » En , un sondage annonce qu'une moitié des « sympathisants » LR approuveraient l’alliance avec le RN d'Éric Ciotti, sans donner d'indications sur l'étendue et le périmètre de cette notion de sympathisants..