Le cinéma du dégel (), parfois appelé Nouvelle Vague soviétique (), est une tendance du cinéma soviétique qui se développe lors du dégel de Khrouchtchev après la mort de Staline en 1953, et qui contribue à redéfinir la valeur spirituelle et esthétique du cinéma soviétique. Les représentants de la nouvelle vague étaient de jeunes réalisateurs dont la pensée créative était influencée par le cinéma soviétique d'avant-garde ainsi que par des auteurs européens tels que Michelangelo Antonioni, Ingmar Bergman ou Federico Fellini.

Selon Vladimir Dmitiriev, le cinéma du dégel se développe entre 1956 et 1960, ce qui correspond selon lui à la période entre la fin du néoréalisme italien et le début de la Nouvelle Vague française. D'autres considèrent que ce cinéma du dégel a cours jusqu'en 1968, voire même jusqu'à la Perestroïka en 1985.

Caractéristiques Cette nouvelle tendance est devenue la principale force motrice de la production cinématographique et s'est largement répandue en URSS. La génération de jeunes réalisateurs a contribué au développement de deux tendances significatives dans l'évolution du cinéma soviétique.

La tendance poétique et picturale se caractérise par l'utilisation d'intrigues en forme de paraboles, d'allégories, de métaphores et de symboles. L'imagerie des films se caractérise par une expressivité vive et pittoresque et une flamboyance décorative. Les réalisateurs ont essayé de montrer la joie de vivre à travers les choses de tous les jours, qui sont souvent devenues plus importantes que l'intrigue du film. Les films L'Enfance d'Ivan (1962) d'Andreï Tarkovski, Les Chevaux de feu (1964) et Sayat Nova : La Couleur de la grenade (1968) de Sergueï Paradjanov,L'Incantation (1967) de Tenguiz Abuladze sont des représentants typiques de ce style.

La réalisation poétique-documentaire est une combinaison de techniques documentaires et de films de fiction. Il y a un changement de contact avec la réalité. Grâce au montage à l'image, les films ont acquis des caractéristiques distinctives telles que le dynamisme et la narration rythmée. Les cinéastes ont commencé à obtenir un sens de l'environnement réel, l'impression d'une vie qui s'écoule naturellement, et le dévoilement « accidentel » de la vie privée par la présence d'une « caméra cachée ». Les digressions lyriques sur des thèmes distants deviennent une technique favorite dans les films de ce genre, ce qui ajoute une spiritualité et une poésie particulières aux films. Les réalisateurs travaillent en collaboration avec leur chef opérateur plutôt que d'avoir recours aux artifices tels que la voix hors champ. Désormais, l'image est le raisonnement du héros, qui est en constante dynamique, et l'action est son état intérieur, formé d'après l'humeur de l'auteur lui-même. L'attention portée aux détails psychologiquement importants, accentuée par un montage précis, devient une caractéristique stylistique. Les films les plus plébiscités sont Je m'balade dans Moscou (1963) de Gueorgui Danielia, J'ai vingt ans (1965) et Pluie de juillet (1966) de Marlen Khoutsiev, et La Chute des feuilles (1966) d'Otar Iosseliani.

Principaux réalisateurs Tenguiz Abouladze Semion Aranovitch Mikhaïl Boguine Sergueï Bondartchouk Alekseï Guerman Gueorgui Danielia Iouri Iegorov Otar Iosseliani Mikhaïl Kalatozov Mikhaïl Kalik Kira Mouratova Sergueï Paradjanov Mikhaïl Romm Alekseï Saltykov Andreï Tarkovski Marlen Khoutsiev Vassili Choukchine

Notes et références

Catégorie:Cinéma soviétique Catégorie:Courant cinématographique