Jules de Médicis (en italien Giulio di Giuliano de' Medici), né le à Florence et mort le à Rome, est le de l’Église catholique de 1523 à 1534 sous le nom de (en latin , en italien ).
Durant son pontificat, il s'oppose au roi d'Espagne et empereur germanique Charles Quint et au roi d'Angleterre .
Un Médicis
Fils posthume et illégitime de Julien de Médicis et de sa dernière maîtresse, Fioretta Gorini, Jules de Médicis est le neveu de Laurent le Magnifique et le cousin du pape , deux personnages qui useront de leur influence pour le légitimer. Adolescent, il est reçu encore mineur dans l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem et promu à sa majorité chapelain conventuel et bientôt pourvu du prieuré de Capoue. En 1513, il est créé cardinal peu après l'élection de , dont il devient un des principaux conseillers. Il conserve son influence sous le pontificat d'. Il sera Archevêque d'Embrun entre 1510 et 1514 puis de Narbonne entre 1515 et 1523.
Le conclave destiné à élire le successeur d' est l'un des plus longs de l'histoire. Il s'ouvre au début d'octobre pour se clore le . Deux factions s'opposent : l'une soutenant le cardinal Pompeo Colonna, l'autre favorable à Jules de Médicis. Ce dernier finit par l'emporter à la suite d'une médiation des trois cardinaux français et de la promesse de faire de Pompeo Colonna le chancelier du Saint-SiègeFerdinando Petruccelli della Gattina, Histoire diplomatique des conclaves, Paris/Bruxelles, Lacroix et Verboeckhoven, 1864, , et suiv..
La guerre de la ligue de Cognac
s'avère avant tout un politique peu préoccupé de théologie. Inquiet de la puissance grandissante de l'empereur Charles Quint en Italie, en particulier à la suite de la bataille de Pavie où est fait prisonnier, il organise une alliance (la ligue de Cognac) entre la France, Venise, Florence — la ville des Médicis —, le duché de Milan et l'Angleterre pour contrer l'empereur. Le traité d'alliance est signé le . En représailles, Charles Quint favorise l'agitation de la noblesse romaine, groupée autour des Colonna, dont les troupes envahissent Rome par surprise le et pillent la basilique Saint-Pierre. Réfugié dans le château Saint-Ange, négocie avec les Colonna et Hugues de Moncade une trêve au prix de et licencie ses troupes. Il est en outre contraint de rétablir Pompeo Colonna dans la dignité de cardinal qu'il lui avait retirée.
Le sac de Rome
Les mercenaires allemands de Georg von Frundsberg, venus en Italie du Nord, et passés sous les ordres du connétable de Bourbon après la maladie de leur chef, décident de descendre sur Rome afin de se rétribuer par le pillage. Ils sont rejoints par des troupes espagnoles et celles de italiens. Le connétable de Bourbon trouve la mort lors de l'assaut donné contre les murailles du Vatican le . Rome est investie et fait l'objet d'un sac impitoyable les jours suivants.
Le pape, escorté discrètement par suisses pontificaux (le reste du corps militaire se faisant massacrer en tentant de ralentir l'avancée des envahisseurs entre la place Saint-Pierre, le palais et la caserne), quitte ses appartements du palais apostolique pour se réfugier dans le château Saint-Ange en empruntant le fameux reste reclus au château Saint-Ange jusqu'au mois de , date à laquelle il est contraint de signer avec le prince d'Orange Philibert de Chalon et les principaux officiers des lansquenets une capitulation au terme de laquelle il s'engage à leur verser la somme énorme de , payable en plusieurs fois. Le pape doit en outre remettre dans les mains de l'empereur diverses places fortes ou cités. En décembre, après avoir signé avec Hugues de Moncade, vice-roi de Naples, un traité confirmant la capitulation précédente, par lequel il s'engage à ne plus intervenir contre l'empereur, quitte Rome clandestinement le pour se réfugier à Orvieto, ville faisant partie des États pontificauxAnonyme [François Bruys], Histoire des papes, La Haye, Henri Scheurer, MDC CXXXIII, , .. Il revient à Rome en .
Les républicains de Florence profitent de cette situation pour chasser une nouvelle fois les Médicis du pouvoir en .
Le retour à l'Ordre
Deux ans plus tard, pape et empereur finissent par s'accorder : un traité est signé à Barcelone le , et Charles Quint est couronné solennellement par à Bologne le . En échange de diverses concessions, l'empereur s'est engagé à rétablir les Médicis à Florence.
Les troupes impériales, commandées par Philibert de Chalon, assiègent Florence la même année. Le siège durera onze moisCf. .. Le à Gavinana les troupes de Florence sont défaites. Philibert de Chalon trouve la mort dans le combat. Florence est investie et peut y restaurer le pouvoir des Médicis en la personne de son « neveu » Alexandre, que l'empereur fera duc de Toscane deux ans plus tard.
, qui fait partie de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, intercède auprès de Charles Quint en faveur de l'Ordre contraint d'abandonner Rhodes en 1522 au terme d'un siège de six mois conduit par le sultan Soliman en personne. C'est à Castelfranco, proche de Bologne, le , que Charles Quint signe l'acte concédant à l'Ordre « en fief perpétuel, noble et franc, les villes, châteaux et îles de Tripoli, Malte et Gozo avec tous leurs territoires et juridictions » en échange d'un faucon chasseur chaque annéeSimon Mercieca, Les chevaliers de Saint-Jean à Malte, Casa Editrice Bonechi, Florence, 2005, ..
Le conflit avec d'Angleterre
En 1533, un autre coup sévère frappe la papauté : n'ayant pu obtenir du pape l'annulation de son mariage avec Catherine d'Aragon — en partie du fait du soutien de Charles Quint à cette dernière, à une époque où ne peut s'opposer à l'empereur — décide de passer outre et de rompre avec le catholicisme pour fonder l'Église anglicane. Dans les négociations qui précèdent cette rupture, Henri VIII est représenté auprès de la Curie par Gregorio Casali, qui exerce cette fonction de manière permanente depuis 1525. Celui-ci agit avec l'appui de plusieurs membres de sa famille, notamment ses frères et cousins, dont le réseau de relations en Italie sert aux démarches et à la circulation des informations entre la couronne anglaise, Rome et les autres cours italiennes. Mais, plus essentiellement, dans cette grave affaire, le pape se trouve également lié par le dogme de l'indissolubilité du mariage catholique.
Clément VII crée Jean Le Veneur cardinal du titre de Saint Barthélémy en l'ÎleQuelques sources parlent du titre de Sainte Suzanne, mais selon la plupart des sources il était cardinal du titre de Saint-Barthélémy en l'Île, et c'est d'ailleurs ainsi qu'il se décrit lui-même dans des lettres, que mentionne M. H. Fisquet dans La France pontificale (Gallia christiana) : le à Marseille. Lors de ce voyage à Marseille, François et le tout nouveau cardinal Le Veneur obtinrent par ailleurs du pape Clément VII une bulle limitant le partage du Nouveau Monde de 1493 (bulle Inter cœtera II) entre les couronnes d'Espagne et du Portugal aux seules terres connues à cette date . Sur un plan dynastique, le pape donne en mariage sa nièce Catherine de Médicis au fils cadet du roi. Seule une fille de l'empereur ou d'un roi étant considérée suffisamment digne d'épouser le Dauphin.
meurt soudainement, le , à la suite d'une intoxication alimentaire aux champignons, qu'il affectionne beaucoup. Il est possible que le plat ait été empoisonné, le pape ayant beaucoup de puissants ennemis, en Italie comme à l'étranger, à commencer par d'Angleterre. Toutefois, aucune preuve historique n'est venue confirmer cette hypothèse jusqu'à ce jour.
mécène et protecteur des arts et des lettres
s'avère être un pape mécène. Son arrivée sur le trône de saint Pierre rompt avec l'austérité de son prédécesseur . Les artistes qui avaient quitté Rome reviennent. De nouveaux talents provenant de toutes les régions d'Italie et de l'étranger se retrouvent : Parmigianino, Perin del Vaga, Baldassarre Peruzzi, Polidoro da Caravaggio, Sebastiano del Piombo et Rosso FiorentinoRome : mécénat et pouvoir papal.. enrichit la Bibliothèque vaticane, poursuit la construction de la basilique Saint-Pierre et fait terminer les travaux de la cour de San Damaso et de la villa Madama. Il charge Michel-Ange de représenter le Jugement dernier dans la chapelle Sixtine, travaux qu'il suit personnellement. Il fait détruire le mur protecteur de la sainte Maison de Lorette pour lui édifier son revêtement marmoréen. Il commente et fait publier toutes les œuvres d'Hippocrate Histoire des papes : .. Il approuve l'œuvre de Nicolas Copernic et veut la voir publierJoseph Schumpeter, Histoire de l'analyse économique. I - l'âge des fondateurs, 1954..
Il est également le protecteur de Léon l'Africain (Hassan Al-Wazzan), négociant de Fès et natif de Grenade, dans l'ancienne Andalousie musulmane qui, sous la protection de , complète sa fameuse Cosmographia de Affrica, publiée à Venise sous le titre Description de l'Afrique.
Bilan s'avère un grand mécène, à l'instar de son cousin le pape . On peut aussi évoquer à son actif la protection qu'il assure aux juifs et sa condamnation des conversions forcées des Amérindiens dans le Nouveau Monde. Trop accaparé par les conflits politiques en Europe et en Italie, il ne réagit pas face au protestantisme naissant. Il faut attendre son successeur, , pour que réagisse la papauté en convoquant le concile de Trente, qui entame une réforme de l'Église, précisant encore davantage les dogmes et rénovant sa discipline et son droit canonique.
Succession apostolique Clément VII a ordonné les évêques suivants : Évêque Jan Van Het Velde de Campo, O.Carm. (1523) Archevêque (1523) Évêque Lorenzo Toscani (1528) Archevêque Girolamo d'Ippolito, O.P. (1528) Évêque (1530) Cardinal Francisco de los Ángeles Quiñones, O.F.M. (1531) Cardinal Antonio Sanseverino, O.S.Io.Hieros. (1531) Cardinal Francesco Corner (1531) Cardinal Giovanni Domenico De Cupis (1531)
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie Fred Bérence, Les papes de la Renaissance, Éditions du Sud & Albin Michel, Paris, 1966. Alfred Jourdain, Les Médicis, Éditions Rencontre, Lausanne, 1968.
Articles connexes
Histoire de la papauté Liste des cardinaux créés par Portrait de Clément VII sans barbe Sexualité des papes
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