La gare de Hausbergen est une gare de triage française, située au nord-ouest de Strasbourg sur la ligne Paris - Strasbourg, à trois kilomètres au nord de la gare de Strasbourg-Ville.
Le triage s'étend sur , répartis sur les territoires de plusieurs communes : Schiltigheim (), Bischheim (), Hœnheim (), Niederhausbergen (), Souffelweyersheim () et Mundolsheim (). Devant le nombre de communes concernées, et afin de n'en favoriser aucune, il fut décidé de donner le nom des collines de Hausbergen, au pied desquelles il se situe.
Le site comprenait également un important dépôt de locomotives à vapeur.
Situation Situation géographique
Le Hausbergen est un ensemble de collines situées au nord-ouest de Strasbourg, sur le territoire des communes de Niederhausbergen, Mittelhausbergen, Oberhausbergen et Mundolsheim. Il s'agit du point culminant de l'Eurométropole de Strasbourg avec une altitude d'environ 190 mètres.
La première mention du site, au , serait Huguesbergen d'après le nom propre « Hugues ».
Étymologiquement, le nom Hausbergen provient de l'allemand Haus (« maison ») et Berg (« mont »). Les noms des trois communes font référence à leur position géographique : Ober (« sur »), Mittel (« au milieu ») et Nieder (« en bas »).
Le site a été le théâtre de la bataille de Hausbergen opposant le l'évêque de Strasbourg, Walter de Geroldseck, à la ville de Strasbourg menée par ses bourgeois et soutenue par Rodolphe de Habsbourg, landgrave de Haute-Alsace et prétendant au trône du Saint-Empire (dont il sera empereur en 1273, mettant ainsi fin au Grand Interrègne).
Deux forts y sont construits (actuels forts Frère et Foch) lors de la période du Reichsland Elsass-Lothringen ainsi qu'un troisième (Ducrot) au pied de la partie nord des collines. En 1970, un relais hertzien est érigé dans la partie sud.
La gare de triage se trouve à deux kilomètres à l'est des collines.
Situation ferroviaire
La gare de Hausbergen est située au point kilométrique (PK) 497,208 de la ligne de Noisy-le-Sec à Strasbourg-Ville (dite ligne Paris - Strasbourg). Elle est aussi l'origine du raccordement de Strasbourg-Cronenbourg, utilisé pour desservir la gare aux marchandises de Cronenbourg, de la ligne de Graffenstaden à Hausbergen, qui permet aux trains de fret de contourner la gare de Strasbourg-Ville, et du raccordement de Bischheim, qui rejoint la ligne de Strasbourg à Lauterbourg.
L’ancien bâtiment principal de la gare de Hausbergen est situé « Cour de Gare », sur le territoire de la commune de Souffelweyersheim, au bord de l'autoroute A4.
Les rotondes se trouvaient au nord-ouest du site, « rue du Dépôt », également sur le territoire de la commune de Souffelweyersheim.
Historique Jusqu'en 1937 vignette|gauche|La 140 C 27 CITEV à Hausbergen, en 1979.
À la fin du , la gare de triage de Strasbourg, située le long de la gare de Strasbourg-Ville et qui faisait également office de gare aux marchandises, était devenue trop petite. La construction d'un nouveau triage fut alors envisagée.
Mis en chantier en 1902, le triage de Hausbergen est inauguré en 1906 par la Direction générale impériale des chemins de fer d'Alsace-Lorraine (EL). L'ancienne gare de triage devient le dépôt pour les rames voyageurs de la gare de Strasbourg-Ville (actuelle « gare basse »).
Des voies réservées aux trains de voyageurs traversent la gare de triage sur son flanc est. Sur l'extrême marge est se trouvent aussi trois voies d'environ deux kilomètres, une à large quai et deux d'attente, réservées aux militaires comme dans toutes les installations ferroviaires construites sous le régime allemand.
Sur la marge nord-ouest, le dépôt de locomotives, constitué de deux rotondes en grès des Vosges, est terminé en 1904. En face des rotondes se trouvait un chantier de combustibles d'une capacité de . Un château d'eau de 500 à assurait l'alimentation des machines.
Au sud-ouest, une cité ouvrière pour les cheminots, Beamtenkolonie am Bahnhof Hausbergen, compte 9 maisons plurifamiliales.
À partir de 1912, la construction d'une nouvelle ceinture de fortifications est entreprise autour de Strasbourg : deux forts surplombent le triage sur les collines de Hausbergen ; l'un d'eux est construit à l'extrémité nord du triage.
Le , la gare entre dans le réseau de l'Administration des chemins de fer d'Alsace et de Lorraine (AL), à la suite de la victoire française lors de la Première Guerre mondiale.
Entre 1924 et 1927, 36 nouvelles maisons plurifamiliales sont construites au sein de la cité ouvrièreCité jardin cheminote dite La Colonie, Plate forme ouverte du patrimoine, Ministère de la Culture (consulté le 30 octobre 2021)..
Une troisième rotonde, en béton armé, est construite en 1927. Elle est complétée d'un atelier de réparation et d'un magasin.
De 1938 à 1987
Le , la SNCF devient concessionnaire des installations ferroviaires de Hausbergen. Cependant, après l'annexion allemande de l'Alsace-Lorraine, c'est la Deutsche Reichsbahn qui gère la gare pendant la Seconde Guerre mondiale, du jusqu'à la Libération (en 1944–1945).
Lors de la Seconde Guerre mondiale, les et , la gare de triage de Hausbergen fut bombardée par les Alliés, ainsi que Strasbourg et ses faubourgsPhotos du bombardement de 1944.. Après la libération de Strasbourg, le , les Allemands restent retranchés dans les forts autour de Strasbourg ; ceux des forts situés à côté du triage tentèrent, en vain, de saboter les aiguillages et de détruire les trois ponts traversant le triage jusqu'au où ils se retirèrent. Mais le triage et ses alentours restèrent sous le feu des batteries allemandes jusqu'en .
Dans les années 1950, les effectifs du dépôt de Hausbergen étaient de dont des , des , des et des ..
En 1954 le triage comportait : de voies (soit la distance Strasbourg - Saint-Louis) dont de voies de manœuvres et de voies de circulation pour les locomotives et trains de passage ; 476 aiguillages.
En 1962, le triage comporte un faisceau réception de 18 voies, un faisceau débranchement de 34 voies, un faisceau départ/relais de 24 voies, cinq postes d’aiguillages, quatre passages souterrains et un quai militaire SNCF Région de l'Est - Carnet de profils et schémas - 1962, voir notamment planches 15 et 16, pages 15, 16 du PDF..
En 1965, le triage de Hausbergen expédiait en moyenne 2 700 wagons par jour. Affecté au régime ordinaire (RO), il traite la majeure partie du trafic marchandises de l'Alsace, du port de Strasbourg ainsi que des raffineries de Reichstett et de Herrlisheim[à propos du RA et du RO, page 2, sur le forum LR Presse (consulté le 9 mars 2019)..
En 1970, le château d'eau ayant servi pour l'alimentation en eau potable de la main-d'œuvre lors de la construction du triage est rasé pour laisser la place à la future autoroute A4.
Dans les années 1970, le triage dispose de trois A1AA1A 62000 pour le débranchement des wagons et les manœuvresFerrovissime numéro 37, avril 2011.
vignette|Un TGV en direction de Paris passe devant le bâtiment principal de la gare.
Un nouveau poste d'aiguillage tout relais à transit souple (PRS) est mis en service en 1976. Le château d'eau du dépôt, n'ayant plus d'utilité depuis la disparition des machines à vapeur, fut amputé de sa partie supérieure en 1984 mais pas détruit. Les rotondes sont démolies en 1987.
À partir de 1988
En 1988, le pont riveté de Bischheim est démonté. Il est remplacé par un nouveau pont à 2×2 voies ouvert à la circulation en 1992.
À la fin des années 1980, un nouveau bâtiment (situé rue du Dépôt et surnommé « le bâtiment bleu ») comprenant notamment un bureau de douane destiné à vérifier les wagons quittant ou entrant en France est construit ; la plupart des services sont alors transférés du bâtiment principal de la gare à ce nouveau bâtiment
Jusqu'en 1990, une navette ferroviaire — en théorie réservée aux employés de la SNCF et surnommée « la Schnerr » — effectuait le trajet entre Hausbergen et la gare de Strasbourg-VilleGares et chemins de fer oubliés – Hausbergen méconnue, sur dna.fr, article du 12 juillet 2012, consulté le 6 août 2019.Les Trains de Personnel SNCF (page 4), sur le forum LR Presse, consulté le 6 août 2019..
En , le triage de Hausbergen avait expédié .. vignette|gauche|upright|alt=Plan du nœud ferroviaire de Strasbourg.|Plan du nœud ferroviaire de Strasbourg.
Dans les années 1990, la CNC a envisagé l'aménagement d'un terminal de transport combiné à Hausbergen afin de remplacer le terminal de Strasbourg-Cronenbourg. Le projet ne s'est finalement pas concrétiséTriage de Cronenbourg, sur le forum LR Presse..
L'ouverture des frontières de l'Europe communautaire, avec le départ de la douane, fit perdre beaucoup d'importance au triage de Hausbergen, d'autant plus que le trafic des conteneurs et de la messagerie était alors traité par la gare de Strasbourg-Cronenbourg. Depuis le début des années 2000, la chute de l'activité fret de la SNCF, couplé avec l'existence de plus petites gares aux marchandises spécialisées à Strasbourg (Strasbourg-Cronenbourg et Strasbourg-Port-du-Rhin) et la relative proximité des gares de triage de Woippy (plus grand triage de France) et dans une moindre mesure de Mulhouse-Nord, ont conduit à une forte baisse de l'activité du site. Les ateliers de réparation et de maintenance des wagons sont fermés le . À partir du , le tri à la gravité en utilisant la bosse est abandonné en faveur du tri à plat, ce qui ralentit considérablement le débit du triage. Hausbergen était équipé du système dit du « tir au but » : des freins de voies primaires et secondaires associés à des radars permettaient l’accostage des wagons à une vitesse d'un mètre par seconde. L’abandon de ce système est dû à une politique de réduction des coûts de Fret SNCF. Cette opération va permettre à l'activité d'économiser par mois.
Les restes de la dernière rotonde du dépôt sont détruits durant l'été 2008.
Une nouvelle passerelle, reliant l'espace européen de l'entreprise et le centre-ville de Schiltigheim, réservée aux piétons et aux cyclistes devait être posée au-dessus du triage et de l'autoroute en . Cependant si l'installation de la première partie par une grue géante s'est déroulée sans problèmesSchiltigheim – Passerelle au niveau du pont de Hausbergen - 160 tonnes dans les airs !, sur dna.fr, article du 28 avril 2014, consulté le 21 septembre 2014., la seconde partie de l'ouvrage n'a pas pu être posée en raison d'erreurs de calculSchiltigheim – De nouvelles perturbations sont à prévoir sur l’autoroute A4. - La passerelle n'a pas pu être posée, sur dna.fr, article du 5 mai 2014, consulté le 21 septembre 2014.. Les travaux auraient dû reprendre fin Schiltigheim – Passerelle du pont de Hausbergen - Le faux départ de la grue, sur dna.fr, article du 2 juillet 2014, consulté le 21 septembre 2014.Schiltigheim – Passerelle de Hausbergen - Nouveau contretemps, sur dna.fr, article du 8 août 2014, consulté le 21 septembre 2014. mais la première partie doit également être déposée pour être renforcée. L'ouverture de la passerelle est alors reportée au premier semestre 2015Schiltigheim – Passerelle du pont de Hausbergen - Nouveau contretemps, sur dna.fr, article du 20 septembre 2014, consulté le 21 septembre 2014.. Les travaux reprennent en « La passerelle sort du brouillard », article du 23 novembre 2014, sur dna.fr, consulté le 24 novembre 2014.. La passerelle, pesant et ayant couté d'euros (en comptant la réhabilitation du pont routier)« Les Chiffres », article des DNA du 11 mai 2015., est finalement ouverte le « Passerelle à vélo : enfin ! », article des DNA du 11 mai 2015..
Début 2015, les voies de l'ancien quai militaire, inutilisées depuis de nombreuses années, sont déposéesHausbergen : quai militaire et voies principales, sur le forum Train Français..
Une quatrième voie de circulation pour les trains de voyageurs longeant le triage est ouverte le ..