Le Kazakhstan, pays de vastes steppes, fut depuis les temps les plus anciens parcouru par des populations de pastoralist mobiles. Au début de l'époque moderne, il est peuplé de population turcophones – les Kazakhs –, peuple de chasseurs et d'éleveurs pastoral. Ces territoires, âprement disputés entre la Russie et l'Empire Qing, finissent par des jeux d'alliances et des pressions militaires par passer sous tutelle puis sous domination directe de la Russie, avant d'obtenir son indépendance le 16 décembre 1991.

En 2024, le Kazakhstan, sur un territoire de , est riche d'une population d'environ de Kazakhs. La démographie du Kazakhstan est en croissance : , , , , .

Préhistoire vignette|La domestication du cheval a joué un rôle de premier plan dans l'avènement de la société nomade pastorale. vignette|Proportion d'éléments mongoloïdes dans la population du Kazakhstan du Paléolithique à nos jours.|gauche

L'âge de pierre Le territoire de l'actuel Kazakhstan est habité dès le Pléistocène par des hominiens, le premier étant l'Homo erectus (il y a 1,6 million d'années), qui côtoie alors des représentants de la mégafaune du pléistocène, tels que le mammouth et le rhinocéros laineux. L'environnement local était très différent par rapport au Kazakhstan actuel : son territoire consistait en une vaste savane humide, les monts du Tien-shan n'étaient pas aussi élevés qu'aujourd'hui, et le niveau de la mer Caspienne était bien plus haut. Le climat subit par la suite de nombreuses fluctuations au cours des périodes glaciaires et interglaciaires se succédant, devenant de plus en plus froid et sec. Les restes de l'industrie lithique des homo erectus (de type Acheuléen) ont été trouvées notamment dans les monts Karataou et sur les bords de la mer d'Aral et de la mer Caspienne..

Les Hommes de Neandertal et leur industrie lithique caractéristique (le moustérien) sont présents au Kazakhstan il y a 130 000 ans. L'Homme moderne s'installe sur place il y a environ . Le climat rigoureux de la fin du Pléistocène et du début de l'Holocène ne permet cependant pas un peuplement rapide de la région, comme l'en attestent le très faible nombre de sites locaux datant du Mésolithique, ce qui semble aussi attester le caractère nomade des populations de l'époque.

Un climat semblable à celui du Kazakhstan contemporain apparait vers - 7500 ans avant notre ère, favorisant le peuplement du territoire.

Les cultures du Néolithique Les cultures du Néolithique apparaissent d'abord sur les bords des fleuves Amou-Daria et Syr-Daria. Ainsi, la se développe du VIème au IVème millénaire avant notre ère. Cette culture semi-sédentaire de chasseurs-pêcheurs-cueilleurs est caractérisée par la domestication du chameau, de l'auroch et du cheval, et par l'apparition d'un artisanat produisant diverses flèches, épées et poteries. Du Vème au IVème millénaire avant notre ère, le nord du pays voit se développer la culture d'Atbassar.

La domestication du cheval joue un rôle clé dans la complexification des sociétés locales, dans l'avènement de sociétés pastorales mobiles, révolutionnant la guerre et surtout les transports, car permettant un déplacement plus rapide et facile des populations, et ce sur de grandes distances. Le cheval restera sur place le principal moyen de déplacement jusqu'au .

De -3700 à 3100 avant notre ère, le nord du pays voit se développer la culture de Botai, ou 90% des ossements retrouvés sont des os de chevaux, indiquant l'importance de ces animaux pour les peuples de cette époque. La culture de Botai est sédentaire, et composée de communautés de plusieurs centaines de personnes habitants dans des maisons à moitié enterrées. La maitrise du travail du cuivre et la domestication du chien est à signaler. Les découvertes se répandent par la suite dans tout l'actuel Kazakhstan, et le travail du zinc et du cuivre sont à leurs tours maitrisés..

L'âge du bronze, et l'avènement du pastoralisme mobiles Les cultures de l'âge du bronze qui se sont étendues sur ce territoire comprennent la culture Sroubna, la culture d'Afanasievo, la culture d'Andronovo et la . Les populations de la culture d'Andronovo sont indo-européenes et ont des traits "europoïdes" ; les peuples turco-mongols parmi lesquels se trouvent les peuples turcs sont alors présents surtout dans les forêts de l'Altaï, et ne se répandront dans les steppes que plus tard. À cette dernière culture est rattachée la découverte du mausolée de Karaganda qui fournit un éclairage sur la formation et l'origine des populations cimmériennes et saka.

Bien que les premiers peuples soient des éleveurs très mobiles, les premières civilisations qui se développent sur place sont sédentaires. Les raisons de la transition vers le pastoralism mobile, qui semble s'opérer à partir du ne sont pas très bien connues, mais une dégradation du climat rendant l'agriculture conventionnelle beaucoup plus difficile.

Premiers peuples de Pastoralist mobiles(- )

Huns, Sakas et Scythes Entre 500 avant notre ère et 500, le Kazakhstan abrite les cultures pastoraux des Scythes puis des Huns. Ces pastoralistes sont encore des indo-européens parlant des langues iranophones, mais ceux-ci se métissent peu à peu avec les Asiatiques du Nord-Est de l'Altaï, qui vont peu à peu les assimiler, et adopter une grande partie par leur culture, laquelle les a influencés de façon décisive. vignette|Reconstitution d'un Scythe. vignette|Pétroglyphe scythe près de la tour de Burana (Kirghizistan). |gauche Selon Tacite, les Yuezhi étaient présents en -91 dans les terres d'Asie centrale de la province d'Atyraou. Au début du , un noble Kushan nommé Malkar de Khi, est devenu le chef des Huns installés à cet endroit. Malkar aurait été le premier à emmener les Huns dans le , où ils rencontrent les Alains. S'alliant avec le roi des Alains, Malkar réunit dix tribus pour former la première proto-. Cette première proto-Confédération du clan des Doulo aura une influence jusqu'au sud du sous-continent sous le règne de Kitolo, prince des Scythes et jusqu'en Europe centrale sous le règne d'Attila.

Xiongnus, Yuezhis et wusuns Les peuples et les États des steppes vivant dans les régions correspondant au nord de la Chine et à la Mongolie s'unifient et s'organisent en un royaume puis un empire appelée Xiongnu (ou Hiong-nu), dirigé par le Chanyu ("empereur" ) Touman(en) puis Modu (règne de -209 à -174). L'appartenance des Xiongnu au groupe Proto-Turc ou Proto-Mongol, n'est pas tranchée, plusieurs peuples étaient peut-être présents au sein de l'empire.

Comme l'a remarqué Jean-Paul Roux, les Xiongnus semblent préfigurer tous les futurs empires des steppes : . Par ailleurs, l'essor des Xiongnus correspond à l'essor des peuples turco-mongols, lesquels deviennent à partir de là importantes majoritaire en Asie de l'est et en Asie centrale aux depent des indo-européens.

Le peuple Wusun, bien connu des Chinois, est présent au Jetyssou, et notamment dans la région de l'Ili, au avant notre ère. Ceux-ci chassent les Yuezhi, peuple indo-européen chassé de l'est de la steppe du sud de l'Altaï et au nord est de la Dzungarie par les Xiongnus, et qui avaient tenté de s'installer dans la région. Les Wusuns resteront sur place plusieurs siècles. Durant la même période, les Kangjus ont vécu sur partie du Kazakhstan actuel.

Le premier Khaganat turc

Formation de l'empire Köktürk

Vers l'an 400, Shelun, seigneur de l'empire Ruanruans, un nouvel État gouverner par une élite protomongoles, évincent les principaux descendants des Xianbeis comme les Wei du nord, et étendent leur pouvoir sur un immense territoire comportant la l'ouest de la Mandchourie, le plateau mongol, et l'est de l'Asie centrale. C'est chez eux qu'apparaissent pour la première fois les titres de khan et de kaghan, qui remplacent le titre de shanyu des Xiongnu. Les Ruanruans doivent fréquemment lutter contre les Tabgatch (appelés aussi Tuoba, un autre lignage noble héritier des Xianbei), et s'allient avec les Huns blancs (ou Hephtalites).

En 552 affaiblis par de fréquentes insurrections de leurs vassaux et par une guerre civile au début des années 520, les Ruanruans sont vaincus par leurs vassaux coalisés (parmi lesquels se trouve Bumin, de la maison Ashina des Ancient Türks qui avait était le vassal les Ruanruans pendant un certain temps), et le Khagan Ruanruan A-na-kay est poussé au suicide aux nord de L'Empire Wei. Bumin devient Qaghan du premier État des steppes bien documenté de la région, le Khaganat turc. Bumin mourut rapidement et son trône revint à son fils Mugan.

Istämi, frère de Bumin, reçut des terres à l'ouest, avec notamment l'Irtych, l'Ili et le Tchou. Istämi se rapproche des Sassanides pour lutter contre les Hephtalites, qui sont battus en 565, ce qui lui permet de s'emparer de la Sogdiane, puis de la Bactriane, après s'être retourné contre les Sassanides. Le dirigeant de la partie orientale de l'empire Köktürk garde le titre impérial de Kaghan, tandis que le chef des Köktürk occidentaux porte le titre de yabgu, reconnaissant l'autorité du Kaghan de l'est. Les Turcs avancent vers l'ouest jusqu'à la Crimée et contrôlent alors les routes commerciales menant vers la Méditerranée. Des accords sont conclus avec Byzance pour lutter contre la Perse.

Ils réussissent à reprendre Phanagoria aux Avars et renomment Sabires les Khazars. Toutefois, le clan des dix tribus Doulo fait rapidement sécession des pour devenir le Khanat turc occidental, qui prospéra jusqu'à 630 quand ils deviendront les Khazars.

Division et dissolution de l'empire

Le Kaghan Taspar (en) ( ou T'o-po, règne de 572/73 à 581), frère et successeur de Mugan, fut le dernier Kaghan oriental à être reconnu par les Köktürks de l'ouest. Au début des années 580, Tardou (ou Datou), yabgu Köktürk de l'ouest, s'autoproclame Kaghan, forme le Khaganat turc occidental et attaque Ishbara ( ou Sha-po-lo), Kaghan oriental. vignette|Turcs occidentaux sur les peintures murales d'Afrassiab, . Tardou reçoit dans un premier temps l'aide de la Chine des Sui, qui cherche à briser l'unité de l'empire turc, mais ces derniers se retournent contre lui lorsque Tardou, devenu trop puissant, menace le Khaganat de l'est. Les années 580-590 dans le Khaganat turc oriental sont ainsi marquées par des guerres successives entre prétendants au trône. En soutenant divers prétendants, l'empire Sui s'assurent de la division puis du contrôle de l'est. Tardou se maintient au pouvoir à l'ouest jusqu'en 603, lors de la révolte de la division Tölös transhument près du Tarbagataï. Tardou est chassé, mais son sort ultérieur reste inconnu. L'unité du Khaganat occidental ne lui survit pas. Son petit-fils, Che-kouei (ou Shigui) réussit à réunifier le Khaganat occidental en 611 avec le soutien de l'Empire Sui, qui dispose alors d'une forte influence sur les deux États Türks.

Cette influence disparait sous Sui Yangdi (Yang-ti) à la suite des désastreuses guerres Koguryo-Sui de 612, 613 et 614. Che-pi (ou Shibi), Khagan oriental, se retourne contre les Sui, mais son successeur, Illig (ou Hie-li en vieux chinois) subit d'importantes défaites face à Tai-Tsong à partir de 624. En 630, le Khaganat oriental est totalement soumis à la Chine. Tai-Tsong réussit à nouer des liens personnels avec beaucoup de nobles Türks. gauche|vignette | Carte du monde vers l'an 650. Au , le Khaganat occidental, émancipé de l'influence Sui, s'étend de l'Altaï à la mer Caspienne et au sud jusqu'à l'Hindou Kouch, est peuplé par les « dix peuples » ou divisions (Onoq Budun). Les cinq division Doulo (ou Tou-lou), vivent à l'est du Tchou, tandis que les cinq division Nushibi (ou Nou-che-pi) vivent à l'ouest du fleuve.