La bataille de Guise (appelée aussi bataille de Saint-Quentin pour les Allemands) oppose la armée française aux et armées allemandes près de Guise, dans l'Aisne, le au début de la Première Guerre mondiale. Elle est considérée comme ayant joué un grand rôle dans la réussite de la bataille de la Marne. Cette bataille d'arrêt permet en effet aux troupes alliées de ralentir la progression des deux armées allemandes et de continuer leur retraite de façon cohérente.

Prélude à la bataille

La armée et le corps expéditionnaire britannique ont pris contact avec l'aile marchante allemande composée de la I (général Alexandre von Kluck) et de la armée (général Karl von Bülow) respectivement le long de la Sambre et dans la région de Mons. Ces deux armées accomplissent un mouvement tournant à travers la Belgique tel que prévu par le Plan Schlieffen qui vise à contourner les armées alliées par le nord puis par l'ouest pour les repousser vers l'est de la France.

Intention Le , à la suite de ce violent contact et sous la pression des deux armées allemandes, l'ensemble des troupes alliées se retire en ordre vers le sud. La armée du général Lanrezac s'oriente dans la direction de Laon, alors que le corps expéditionnaire britannique se dirige sur Saint-Quentin et Noyon. Le , malgré les réticences du général Lanrezac, le général Joffre par un ordre écrit lui ordonne de lancer une attaque de flanc contre la armée allemande en direction de Saint-Quentin en coopération avec les Britanniques pour le , afin de freiner le mouvement allemand et de maintenir la cohésion de son aile gauche. En effet, l'ambition du généralissime est de créer une ligne d'arrêt sur un axe Amiens-Reims-Verdun. Sa plus grande crainte est de voir l'aile droite allemande déborder le dispositif à l'ouest. Aussi, il essaye de créer à partir de la garnison de Paris, une armée commandée par le général Maunoury qu'il souhaite déployer dans la région d'Amiens à la gauche des Britanniques. Il entend ménager tout particulièrement ceux-ci, très éprouvés par leur retraite. Le général Joffre se porte personnellement à Marle où se trouve l'état-major de la armée pour montrer l'importance de l'enjeu et surveiller la bonne exécution de ses ordres.

La bataille vignette|gauche|Fantassins du d'infanterie français armée de fusils Berthier durant la bataille. Intention Le général Lanrezac organise sa manœuvre en deux parties. D'abord, il cherche à arrêter sur l'Oise la progression de la armée allemande vers le sud dans la région de Guise avec le CA. Puis, derrière le barrage ainsi établi, il lance une offensive sur Saint-Quentin vers l'ouest avec les 3 et CA renforcés par les 37 et d'infanterie coloniale. Enfin, il garde en réserve le CA pour l'envoyer soit vers l'Oise, soit vers Saint-Quentin.

Changement de situation Mais les événements ne se déroulent pas comme prévu. D'abord, le , le CA qui doit remonter prendre ses positions le long de l'Oise rencontre les avant-gardes allemandes qui ont franchi la rivière entre Guise et Étréaupont. Elles sont suivies, le à l'aube, par le CA allemand et le corps d'armée de la Garde. Malgré les demandes répétées du GQG et de la armée au corps expéditionnaire britannique pour appuyer l'attaque sur Saint-Quentin permettant le dégagement de l'armée britannique, French refuse toute participation anglaise à la bataille. Enfin, le contact avec la armée sur la droite n'est pas sûr car le groupement de cavalerie Abonneau et la de réserve, chargés de les matérialiser sont déployés sur un front très large jusqu'à Voulpaix et de ce fait sont fragilisés laissant ainsi une menace importante sur les arrières du CA. La armée se retrouve donc en pointe.

La manœuvre effective La présence de troupes allemandes au sud de l'Oise le oblige le général Lanrezac à limiter l'offensive sur Saint-Quentin afin de mener une bataille d'arrêt sur l'Oise.

Pour repousser les Allemands sur Guise, trois axes sont déterminés. À gauche, le prévu pour l'offensive de Saint-Quentin oblique le long du canal de la Sambre à l'Oise, vers le nord, pour contourner Guise par l'ouest. Au centre, le doit repousser les Allemands sur Guise et la vallée de l'Oise à l'est de la ville, à partir des hauteurs dominant la rivière entre Jongueuse et Sains. À droite le CA doit repousser les Allemands sur la vallée de l'Oise entre Sains et Lémé. La de réserve et le groupement Abonneau assurent le flanc droit. L'action sur Saint-Quentin devient une action secondaire réalisée par les troupes du soutenu par le groupement Valabrègue formé des 53 et de réserve. Ce groupement assure également le contact avec les Britanniques.

Déroulement de la bataille

L'offensive sur Saint-Quentin À l'aube du , le CA quitte la région de Ribemont et repousse l'aile droite de la armée allemande ( et CA) et atteint Neuville-Saint-Amand. À partir de la fin de matinée, l'attaque est arrêtée. Dans le même temps le groupement Valabrègue qui protège le flanc gauche est durement accroché et doit quitter Urvillers sous la pression allemande. Le CA doit à la fois appuyer l'attaque sur Saint-Quentin et soutenir le CA au nord. Après avoir atteint Marcy dans la matinée, le CA cesse son action offensive vers Saint-Quentin pour se diriger vers Guise à la jonction entre les et armées allemandes. Au cours de l'après midi le CA revient sur ses positions de départ pour ne pas être débordé par les forces allemandes.

Le coup d'arrêt sur l'Oise Le CA lutte toute la matinée contre le CA allemand. Sous la pression allemande, il se replie sur une ligne La Hérie - Lemé. À sa droite la de réserve formant la liaison avec la armée française doit abandonner Voulpaix. Au cours de l'après midi, les combats sont de plus en plus violents. La bloque la progression de la Garde à Lemé. Le CA gardé en réserve entre alors en action, soutenu par l'artillerie de réserve et attaque le CA allemand. Ce dernier abandonne Jongueuse, Bertaignemont, Puisieux. Le CA attaque à son tour et reprend une grande partie du terrain perdu dans la matinée, à l’extrême droite la de réserve reprend Voulpaix. À la fin de la journée la armée allemande replie ses troupes au Nord de l'Oise.

Les suites de la bataille Le , le général Charles Lanrezac estime ne plus pouvoir tenir la position le long de l'Oise. Ses contacts avec les Britanniques et avec la armée sont compromis. Ses flancs sont gravement menacés. Les différents groupes de la française décrochent à partir de du matin.

Le général Karl von Bülow de la armée pense pouvoir fixer la française en l'attaquant le lendemain (le ). Il invite Alexandre von Kluck (I armée) à la prendre de flanc en lui demandant de prendre la route de Laon (vers l'est).

Le général von Kluck pense plutôt envelopper Lanrezac en prenant la route de Compiègne (vers le sud-est) et le bloquer par ses arrières. Mais même en doublant ses étapes, von Kluck ne rattrapera jamais Lanrezac, ni d'ailleurs la BEF. La armée prendra alors l'initiative de sortir de Paris pour l'attaquer de flanc sur l'Ourcq et ainsi engager la bataille de la Marne.

Bilan

Sur le plan tactique La réaction française est positive, des troupes régulières ont réussi à repousser la garde impériale allemande, une division de réserve lui reprend même un village.

L'attaque de Saint-Quentin par le CA et la résistance du groupement Valabrègues ont permis d'attirer des troupes allemandes initialement destinées à affronter le corps expéditionnaire britannique et donc de ralentir la progression de la armée allemande.

Le coup d'arrêt sur la armée allemande ralentit cette dernière et permet à la armée française de conserver sa cohésion.

Sur le plan stratégique Le brutal ralentissement de la armée allemande incite le général von Kluck, commandant de la armée allemande, à repenser son mouvement stratégique. Au lieu de déborder largement à l'ouest de Paris, qui était la trajectoire initiale prévue par le plan Schlieffen, il resserre son dispositif vers l'est pour recoller à la armée allemande. Il souhaite ainsi éviter que la armée s'intercale entre lui et le général Karl von Bülow. Cette modification sera essentielle au succès de la première bataille de la Marne.

Le le général Joffre démet de ses fonctions le général Lanrezac. Ce limogeage est lié à sa mésentente avec le maréchal French et à ses critiques vis-à-vis des actions du GQG.

Décoration GUISE 1914 est inscrit sur le drapeau des régiments cités lors de cette bataille.

Voir aussi Nécropole nationale de Saint-Quentin Cimetière militaire allemand de Saint-Quentin Bataille de la Fosse-à-l'Eau

Notes et références

Bibliographie

.

Bataille de Guise Catégorie:Bataille de la Première Guerre mondiale impliquant la France Catégorie:Bataille impliquant l'Empire allemand Catégorie:Bataille sur le sol français Catégorie:Bataille de 1914 Catégorie:Histoire de l'Aisne Catégorie:1914 en France Bataille de Guise Catégorie:Picardie (1914-1918) Catégorie:Août 1914