vignette|Foniké Menguè en 2020. L'enlèvement de Foniké Menguè et Billo, deux activistes politiques guinéens membres du Front national pour la défense de la Constitution, a lieu le au domicile familial de Foniké Menguè à Commandanyah, dans la commune de Dixinn, Conakry en république de Guinée. Une plainte pour disparition forcée est déposée auprès du procureur de la république au tribunal de Paris.

Contexte Après la fermeture des médias en , des ONG notamment le Front national pour la défense de la Constitution, MAOG, la CNROC, la Coalition Nationale Pour le Retour à l’Ordre Constitutionnel et le FRONC, réunies au sein de la plateforme dénommée la Dynamique de la société civile, se mobilisent le pour dénoncer la fermeture des médias, la cherté de la vie et demander un retour à l’ordre constitutionnel en Guinée.

Enlèvement Dans la nuit du , aux environs de 23 h, les deux leaders politiques étaient chez Foniké Menguè quand un groupe d’hommes en tenues militaires et cagoules fait irruption chez Foniké pour les emmener de force vers une destination inconnue. Mohamed Cissé, coordinateur communal du FNDC à Matoto, qui a voulu en savoir plus sur la raison leur arrestation, a aussi été enlevé.

Selon la belle-sœur de Foniké Menguè, un cortège de six pickups militaires était stationné derrière la cour, d'où sont sortis cinq hommes ayant enlevé les leaders.

Suites

Dès le lendemain, les associations de défenses des droits de l’homme, ONG, hommes politiques et leaders d’opinion nationale et internationale, demandent leur libération, notamment les Forces vives de Guinée, le SPPG, le collectifs des avocats du mouvement Amnesty international et 14 ONG d’Afrique de l’Ouest.

À l’international, Jean-Luc Mélenchon appelle le gouvernement français à intervenir pour faciliter leur libération. L’activiste et parlementaire sénégalais Guy Marius invite la CEDEAO à regarder de près la situation de la transition guinéenne.

Le barreau de Guinée s’insurge et donne un préavis, avant de décider le de boycotter tous les procès en cours en Guinée jusqu'au .

Le , dans un communiqué de presse, le parquet général près la cour d'appel de Conakry nie toute implication ou connaissance de leur lieu de détention. Le procureur général Fallou Doumbouya déclare qu’.

Le , les avocats français Vincent Brengarth et William Bourdon adressent une lettre au procureur de la CPI, Karim Khan, pour l'informer : .

Le , l’ONU, à travers une déclaration de Thameen Al-Kheetan, porte-parole du bureau des droits de l’homme, dit s’inquiéter du sort des deux activistes et demande leur libération : .

Le , les épouses de Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah portent plainte contre le général Mamadi Doumbouya, Aboubacar Sidiki Camara et Balla Samoura auprès du procureur de la république près le tribunal de Paris pour disparition forcée.

Le , le FNDC dévoile la liste de 16 personnes selon lui impliquées dans l'enlèvement des deux activistes.

Un mois après l'enlèvement de Foniké Menguè et Billo Bah, Kalifa Gassama Diaby, ancien ministre des droits de l’homme et des libertés publiques, écrit une tribune intitulée pour dénoncer les agissements du CNRD et le silence des partenaires de la Guinée.

L'ONG Afrikki décide de saisir plusieurs institutions, notamment la cour de justice de la CEDEAO, la Cour pénale internationale, le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme, la commission de la CEDEAO, la commission de l'UE, l'organisation des Nations unies, l'UA et la commission africaine des droits de l'homme et des peuples pour que de .

Le , les journalistes des médias fermés par le CNRD rendent visite aux familles de Foniké Mènguè et de Bilo Bah. Le représentant de la famille et demi-frère de Foniké Menguè, l'homme politique Mamadou Sylla, déclare :

Le , l’ambassade des États-Unis en Guinée exprime sa préoccupation au sujet de l'état de santé et du bien-être des deux activistes et encourage le gouvernement à accélérer les enquêtes en cours pour soulager leurs familles.

Le , leurs avocats appellent la CEDEAO à intervenir en leur faveur pour accéder à leurs clients. Le , le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme attire l'attention de la commission sur leurs en Guinée, notamment Foniké Menguè et Billo Bah qui .

Le , le Groupe de travail sur les disparitions forcées de l'ONU et la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples, affichent leurs inquiétudes sur les disparitions forcées de Fonikè Manguè et Mamadou Billo Bah.

Cent jours après leur disparition, plusieurs organisations de défense des droits de l'homme exigent des réponses de la part des autorités de la transition guinéenne, notamment l'Union européenne, la Fédération internationale pour les droits humains ou les députes de la France insoumise.

Le , le père de Billo Bah est décédé pendant sa disparition, rappelant la mort de la mère de Foniké Mangé, survenue durant sa détention en .

Manifestation Après leur arrestation, des manifestations sont organisées en Guinée et à l'international, notamment le à Paris, le en Bruxelles, le une ville morte à Conakry, le à New York. Notes et références

Voir aussi

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Liens externes

Témoignage de Mohamed Cissé

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