Joan Laporta i Estruch, né le à Barcelone, est un avocat, un dirigeant sportif et un ancien homme politique espagnol. Il préside le FC Barcelone entre 2003 et 2010, puis de nouveau à partir du .

Biographie Avocat de formation, il est élu président du FC Barcelone le avec 52,6 % des votes. Il est réélu en 2006. Sa présidence prend fin le car les statuts du club l'empêchent de briguer un troisième mandat. Sous sa présidence, le club remporte de nombreux titres, dont deux Ligues des champions, quatre championnats d'Espagne et une Coupe du monde des clubs. En parallèle, Laporta développe largement les recettes du club et résout en partie ses problèmes économiques.

Ses opinions politiques indépendantistes sont néanmoins critiquées par une partie des supporteurs du FC Barcelone. Joan Laporta s'est officiellement lancé dans la politique le en ouvrant un site afin d'y exposer ses idées et son programme. Le , Joan Laporta est élu député du Parlement de Catalogne. Entre 2011 et 2015, il est également conseiller municipal de Barcelone.

En , il se présente à la présidence du FC Barcelone pour la troisième fois, mais il est battu par Josep Maria Bartomeu.

Le , Joan Laporta est élu président du FC Barcelone pour la troisième fois après s'être présenté pour la quatrième fois.

Carrière politique

En 1996, Laporta prend part à la création d'un éphémère parti politique indépendantiste, le Parti pour l'indépendance, issu d'une scission de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC).

Il déclare : . L'un de ses premiers gestes est de retirer le drapeau espagnol de la Masia, le centre de formation du Barça. Lors de sa première rencontre avec les groupes de supporteurs, il ne s'exprime qu'en catalan. Dans la foulée, il est fortement recommandé aux nouvelles recrues d'apprendre cette langue.

Le , il crée un parti politique indépendantiste de gauche, Démocratie catalane, qui s'intègre dans la coalition Solidarité catalane pour l'indépendance et se porte candidat en tête de liste pour les élections au Parlement de Catalogne de 2010. Son parti recueille 3,3 % des voix et 4 sièges, dont un remporté par Joan Laporta Résultats des élections, Gouvernement de Catalogne« La sécession n'est plus taboue en Catalogne », Le Temps, .

Son objectif suivant est la mairie de Barcelone. Lors des élections municipales de 2011, il est élu conseiller municipal sur la liste « Unité pour Barcelone » regroupant Démocratie catalane, ERC et Reagrupament Résultats des élections municipales. Il quitte la vie politique en 2015, à la fin de son mandat.

Parcours au FC Barcelone L'Elefant Blau

Joan Laporta apparaît dans l’histoire du FC Barcelone en 1998 lorsqu’il devient porte-parole du groupe d’opposition « Elefant Blau » qui lance une motion de censure contre le président Josep Lluís Núñez. Parmi ses alliés de l’époque figurent Johan Cruijff et aussi Lluis Bassat (publicitaire barcelonais).

L’année 2000 est marquée par la démission de Josep Lluís Núñez et donc, par l’organisation de nouvelles élections. Lluis Bassat prend la tête de la liste d’opposition issue de l’Elefant Blau sur laquelle figure Joan Laporta, mais c’est finalement Joan Gaspart, le plus proche vice-président de Núñez, qui est élu. Les socios ont choisi la continuité.

Premier mandat (2003-2006) : la route vers les succès

La gestion catastrophique de Gaspart, tant sur le plan financier avec l’explosion de la dette du club, que sur le plan sportif avec l’absence de titres provoque une série de départs à la tête du club. Début 2003, la situation devient telle que Joan Gaspart doit démissionner et ouvrir la voie à de nouvelles élections.

Durant la campagne électorale, Lluis Bassat fait figure de grand favori, mais son discours est moins radical que 3 ans auparavant. Johan Cruijff refuse de s’impliquer, préférant rester neutre, mais suggère que d’anciens joueurs de la Dream-Team fassent partie des projets des candidats. Aussitôt, Pep Guardiola rejoint la liste de Luis Bassat, et Txiki Begiristain celle de Joan Laporta. Ce dernier garde la même ligne de conduite réformatrice et passe du rôle d’outsider à celui de grand vainqueur. Le résultat fleuve de 52,6 %, et une participation record reflètent la volonté profonde de changement des socios de trois années de gestion catastrophique.

L’équipe de Joan Laporta est composée de jeunes barcelonais fortunés ayant réussi dans les affaires. Sandro Rosell devient le du club, Ferran Soriano prend en charge les finances, Marc Ingla, le marketing et Txiki Begiristain, le secrétariat technique.

Sur le plan footballistique, l’arrivée de David Beckham, pourtant promise par Laporta durant la campagne est un fiasco, l’Anglais préférant signer au Real Madrid. Les choses commencent donc mal pour la nouvelle équipe, mais Sandro Rosell a gardé un excellent carnet d‘adresses de son passage chez Nike, et c’est finalement Ronaldinho qui rejoint le club en cet été 2003. Sur les conseils de Johan Cruijff, Frank Rijkaard est nommé entraîneur, mais durant les premiers mois, l’équipe se cherche, les résultats sont mauvais, et le Real Madrid a déjà 15 points d’avance.

Début 2004, la direction du club est divisée entre le pro-Rijkaard et les anti-Rijkaard, et les relations avec la frange violente des supporteurs, les « Boixos Nois » sont des plus tendues (menaces de mort, graffitis hostiles sur la maison de Joan Laporta…etc.). Le président choisit de garder la ligne qu’il s’était fixé, il continue sa lutte contre la violence dans le stade, et maintient sa confiance à Frank Rijkaard. Le Néerlandais modifie alors son système de jeu et les résultats changent du tout au tout, l’équipe devient une machine à gagner et le Barça finit le championnat à la deuxième place, derrière Valence, mais devant le Real Madrid.

Fort de son excellente deuxième place, le Barça retrouve la Ligue des champions et vise le titre. Frank Rijkaard maintient un système très offensif, basé sur un pressing très haut, et recrute des joueurs de classe mondiale comme Deco, Samuel Eto'o, Ludovic Giuly ou encore Henrik Larsson. Les résultats sont excellents, et le club remporte son de Champion d'Espagne. Seule l'élimination en de finale de la ligue des champions contre Chelsea laisse des regrets.

Dans les coulisses du club pourtant, rien ne va plus. Les relations entre Sandro Rosell (qui a permis les arrivées de Deco et Ronaldinho) et l'entraineur Frank Rijkaard se sont détériorées depuis le début 2004. Le Néerlandais lui reproche ouvertement d'avoir voulu le limoger quand l'équipe fonctionnait mal. Le clan des Rosellistes dénonce en retour la trop grande influence de Johan Cruijff sur Joan Laporta et reproche au président du club de s'approprier de manière trop personnelle les bons résultats du club. Moins d'un mois après ce titre attendu depuis 6 ans, Sandro Rosell claque la porte, et la popularité de Joan Laporta est au plus bas.

L'été 2005 est très calme, l'effectif reste pratiquement inchangé avec les seules arrivées de Mark van Bommel et de Santi Ezquerro. Mais dès le début de championnat, l'équipe enchaine des résultats moyens. Suivant un vieil addage de Johan Cruijff : il ne faut pas hésiter à toucher aux vaches sacrées..., Frank Rijkaard écarte Ronaldinho et Deco, les stars de l'équipe. L'effet est immédiat, ce coup de gueule redonne la hargne aux deux vedettes vexées qui relancent le Barça et donnent au club sa Liga. En Ligue des champions, le Barça prend sa revanche sur Chelsea et remporte une victoire historique 2-1 (buts d'Eto'o et de Belletti) contre Arsenal, le à Paris.

La popularité de Joan Laporta, déjà sérieusement entamée par sa rupture avec Sandro Rosell, va encore prendre un coup avec l'épisode Alejandro Echevarria. Le charismatique président du Barça nomme au début de la saison 2005 son beau-frère à un poste de direction du club pour pallier les départs des Rosellistes. Quelques jours plus tard, on apprend (grâce à des documents d'un ancien dirigeant de l'ère Gaspart...) qu'Alejandro Echevarria est un membre de la Fundación Francisco Franco. Malgré les preuves, Joan Laporta refuse l'évidence et soutient coûte que coûte son beau-frère jusqu'à la démission de ce dernier le .

À partir de cet épisode, la stratégie de Joan Laporta change, il cesse d'être ultra présent dans les médias et se mure dans un silence institutionnel. Le fait d'être constamment sur le devant de la scène a fait naître des rancœurs au sein de l'équipe dirigeante et la scission des Rosellistes. De même, les socios ne laissent pas leur président nommer n'importe qui à des postes clefs de l'organigramme du club catalan.

Pour clore cette saison, Sandro Rosell publie en un livre intitulé "Bienvenue dans le monde réel" dans lequel il tire à boulets rouges sur le président du Barça, son ex-compagnon de route. Il fustige entre autres, le manque de courage de Joan Laporta, sa soumission à Johan Cruijff, et l'incompétence des gens dont il s'entoure, au premier rang desquels le directeur sportif Txiki Begiristain.

Mais l'affaire de l'été 2006 au Barça reste le problème de l'organisation des élections : en 2003, l'équipe de Joan Laporta a pris officiellement ses fonctions pour 4 saisons le . Or, la date de clôture de la saison 2002/2003 était au . Certains opposants considèrent donc que le mandat de l'équipe dirigeante a commencé lors de la saison 2002/2003, et donc que les élections doivent se dérouler au terme de la saison 2006. Après une série de débats et d'interprétations contradictoires des statuts du club, le , le Tribunal Catalan des Sports donne raison aux opposants et exige que la direction convoque immédiatement des élections. Plus grave, ces 9 petits jours ont failli rendre inéligible l'actuel président pour non-respect des statuts du club !

Le , la direction du club démissionne pour laisser la place à une commission de gestion chargée d'organiser les nouvelles élections.

Début du deuxième mandat (2006-2008) : la dissolution des champions

La commission de gestion présidée par Xavier Sala i Martín a fixé la date des élections au . Mais une fois le doute sur l'inéligibilité de Joan Laporta et son équipe levé par le Tribunal Catalan des Sports, les prétendants habituels ne se bousculent pas au portillon... personne n'imagine gagner face au président qui a redressé le club en aussi peu de temps. Sandro Rosell (l'opposant le plus crédible qui a permis les recrues de Ronaldinho et Deco du temps de leur entente) préfère s'abstenir et souffler le nom de Josep Maria Bartomeu (un des membres démissionnaires de 2005). Luis Bassat, de son côté, pense qu'il est logique que Laporta reste à la tête du club... Finalement, aucun poids lourd du milieu barceloniste n'est en lice, et des cinq précandidats seul Joan Laporta réussi à récolter les de socios nécessaire à l'officialisation de la candidature (il approcha même les contre à son plus sérieux rival...). Le l'ex-président se retrouve seul candidat et est proclamé nouveau président du FC Barcelone.

Contrairement à la saison précédente, le club se montre actif sur le marché des transferts avec les signatures d'Eidur Smári Guðjohnsen, de Lilian Thuram et de Gianluca Zambrotta, et le départ de quelques joueurs dont Henrik Larsson, Gabri et le jeune Damià. L'équipe ne parvient pas à maintenir le niveau de la saison passée et perd le championnat lors de la dernière journée.