Le palais royal de Bruxelles (en néerlandais : Koninklijk Paleis van Brussel ; en allemand : Königspalast von Brüssel) est le lieu de travail et de réception du roi des Belges, située au cœur de la capitale belge. Il abrite notamment les services de la maison du roi, rassemblant les équipes de collaborateurs du souverain nécessaires à l'exercice de ses fonctions., mais sert aussi de lieu de réception pour les réceptions d'ambassadeurs et d'invités de marque, ainsi que pour les autres festivités ou activités de la monarchie (audiences, concerts, remises de prix, tables rondes).
La construction du bâtiment s'étend de la période autrichienne jusqu'au règne d' en 1934. L'intérieur est le plus souvent décoré de style néo-Louis XVI, mais certaines pièces ont conservé le décor autrichien ou néerlandais conçu aux époques antérieures.
Le palais royal appartient non pas au souverain, mais à l'État belge qui le met à la disposition du roi (Article 6 de la loi fixant la Liste civile pour la durée du règne du roi Philippe du 30 décembre 2012)..
Situé devant le parc de Bruxelles, le palais fait face au palais de la Nation et fait symboliquement coïncider les deux acteurs majeurs de la monarchie constitutionnelle belge : le Parlement et le roi.
Historique Ancien palais du Coudenberg
Depuis l'incendie du palais du Coudenberg dans la nuit du , la ville de Bruxelles ne disposait plus de demeure véritablement royale. Tandis que les dirigeants se réfugient dans le palais de Nassau, plusieurs projets de reconstruction sont envisagés mais aucun entrepris à cause du manque d'argent des pouvoirs publics.. Finalement, Charles Alexandre de Lorraine décida de raser les restes de la Cour brûlée à partir de 1774 et d'y faire installer la nouvelle place Royale.
Hôtels particuliers autrichiens
Durant la fin du , de nombreux hôtels particuliers sont construits à Bruxelles. Entre 1776 et 1777, le négociant Philippe de Proft se fait construire l'hôtel de Belle-vue (aujourd'hui le musée BELvue) à l'extrémité ouest de la rue du même nom. Le propriétaire désirait avoir un hôtel de luxe dédié aux voyageurs prestigieux..
Entre 1783 et 1784, trois nouveaux hôtels sont construits aux frais de diverses abbayes par Louis Montoyer dans la continuation de la rue de Belle-vue. À l'extrémité est, on fait construire un hôtel particulier qui sera loué dès 1786 par le vicomte Édouard de Walckiers. Devenu l'hôtel de la Liste civile, on nomme encore parfois ce bâtiment .
Au centre de la rue de Belle-vue, au croisement de la rue Héraldique, deux bâtiments se font face. Sur le pendant Est se trouve l'hôtel Belgiojoso (du nom du comte Louis de Barbiano et Belgiojoso, ministre plénipotentiaire d'Autriche), et sur le pendant Ouest se situe l'hôtel Bender (du nom du baron Blaise Colomban de Bender, commandant militaire des troupes autrichiennes).
Durant l'occupation française, l'hôtel Bender devient le logement du commandant de la division militaire et l'hôtel Belgiojoso devient la préfecture.. Ce dernier accueillera d'ailleurs le premier consul Bonaparte lors de sa visite à Bruxelles en 1803.
Palais de Guillaume
En 1814, lors du congrès de Vienne, il est décidé que les provinces belges seront données à la maison d'Orange-Nassau pour former avec les provinces néerlandaises un nouvel État destiné à surveiller la France vaincue : le Royaume des Belgiques, souvent nommé royaume uni des Pays-Bas. Cet État avait deux capitales, à savoir La Haye et Bruxelles.. Par le même coup, Bruxelles devient une capitale royale sans avoir aucun palais digne de ce nom.
Pour remédier à ce problème, lance en 1816 un concours d'architecture pour aménager un nouveau palais à la place des Hôtels Belgiojoso et Bender. Toutefois, par souci d'économie, le roi demande finalement à son architecte Ghislain-Joseph Henry de trouver une solution pour relier les deux bâtiments. L'idée est alors trouvée de faire enjamber la rue Héraldique par une galerie d'étage abritant la Salle du trône et de rénover la façade de l'Hôtel Bender pour le faire un peu plus ressembler à son pendant. Cependant, au vu du peu de moyen alloué et de la différence de niveau entre les deux constructions (environ .), le bâtiment réalisé par Charles Vander Straeten et Tilman-François Suys se révèle très peu esthétique. Les travaux se terminent finalement vers 1829, laissant à peine le temps à Guilaume de s'installer.
vignette|Vue sur le palais royal en 1852.
En 1827, la rue de Belle-vue change de nom pour devenir la place des Palais.. Le pluriel a été préféré, car le prince d'Orange, fils aîné et héritier de Guillaume se faisait alors construire un autre palais à l'angle de la place (il s'agit aujourd'hui du palais des Académies).
À son arrivée en Belgique, le roi peut disposer du palais, ainsi que du château de Laeken. Il changera peu au cours de son règne, à l'exception d'un agrandissement de l'aile gauche pour y aménager des appartements pour le jeune duc de brabant.
Palais de Léopold II
Désirant avoir un palais digne de son rang royal, Léopold II va inaugurer ses projets urbanistiques par de nombreuses modifications du palais de Bruxelles. En plus de très grands changements dans la décoration et l'aménagement des salles par Alphonse Balat, le roi désire aussi rénover totalement l'ancienne façade totalement décrépie. Ce seront les plans de l'architecte Henri Maquet qui seront retenus et mis en œuvre et terminé après sa mort par son élève Octave Flanneau.
En 1852, on décide de racheter l'ancien hôtel Walckiers pour y installer les services de la Liste civile. En 1902, on décide de même du rachat de l'Hôtel Belle-vue à la demande de Léopold II pour l'inclure dans le palais royal et servir de résidence à la princesse Clémentine. Les maisons situées entre les différents bâtiments sont détruites et laissent place à deux galeries courbes symétriques qui élargissent considérablement la longueur du bâtiment. On fait aussi combler une grande-partie des bas-fonds situés devant le palais, afin d'augmenter l'espace devant sa façade..
Intérieur La liste qui va suivre ne se veut pas exhaustive et se concentre sur les salles d'apparat du palais. Escalier d'honneur vignette|Escalier d'honneur.
Situé à l'emplacement de l'ancienne rue Héraldique, l'Escalier d'honneur a été conçu par Alphonse Balat en 1868 et 1872.. En face de la volée centrale, dans une fausse loggia, domine une statue de la Paix sous le traits de Minerve réalisée par Charles-Auguste Fraikin en 1877. les marches sont faites de marbre blanc et les rampes de marbe vert relevé de décor en bronze.
L'accès à cet escalier se fait via un vestibule abritant les bustes de quelques rois et reines des Belges. Deux portraits en pied des souverains actuels encadrent la porte. On trouve aussi dans ces espaces deux candélabres en bronze reprenant les formes de l'Esclave mourant et de l'Esclave rebelle de Michel-Ange, ainsi que deux statues égyptiennes de la déesse Sekhmet probablement ramenée par le jeune duc de Brabant lors de ses voyages en Orient.
vignette|Grande Antichambre. Grande Antichambre vignette|Représentation de l'union des provinces néerlandais et belges sur la frise de la Grande Antichambre.
Cette salle servait sous Guillaume de Salle du trône. Sa décoration est donc chargée de nombreux symboles politiques relatifs au royaume uni des Pays-Bas. Réalisée par François Rude et Jean-Louis van Geel vers 1826, la frise faisant tout le pourtour de la salle représente ainsi les quatre activités économiques principales du pays (commerce, navigation, industrie et agriculture) et les quatre vertus d'une bonne gouvernances (abondance, prudence, force armée, paix). La frise fut retravaillée sous Léopold II pour y inclure son chiffre et les armes de la Belgique.
Au-dessus de la porte donnant sur l'escalier d'honneur, un bas-relief représente deux figures féminines se tenant la main au-dessus d'un lion couronné et tenant une épée et un faisceau de flèches. Il s'agit d'une représentantion de l'union des provinces du Nord (tenant un gouvernail) et des provinces du Sud (tenant une corne d'abondance) sous l'égide de la maison d'Orange-Nassau (représentée par le lion). Il s'agit donc du dernier véritable symbole néerlandais présent dans le palais, car le lion est toujours celui représenté sur les armoiries des Pays-Bas.
On trouve aussi dans cette salle deux peintures de George Dawe représentant le jeune prince Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha et la princesse Charlotte de Galles au temps de leur mariage.
Salle des glaces vignette|Heaven of Delight.
Demandée par Léopold II à Henri Maquet comme un hommage à la colonie du Congo, la Salle des glaces contient beaucoup d'éléments rappelant sa vocation première : décors végétaux exotiques, figures de lions, appliques de cuivre (et non de dorure, le Congo étant très riche en mines de cuivre) et surtout globes terrestres figurant l'Afrique dans les frontons au-dessus des cheminées. L'architecte et le roi étant mort à quelques mois d'intervalles, Albert décida de ne pas poursuivre les plans de son oncle et de faire installer des miroirs entre les colonnes en lieu et place des peintures allégoriques initialement prévues.
À cette époque, le plafond en berceau reste inachevé et seulement recouvert d'une couche de stuc. Ce n'est qu'en 2004 que, à la demande de la reine Paola., que l'artiste Jan Fabre y installe une œuvre nommé Heaven of Delight constituée de plus d'un million d'élytres de scarabée afin de refléter la lumière avec une teinte vert métallique.. Malgré la condamnation de l'artiste pour faits de mœurs, le palais a décidé de conserver sa création.
La salle sert principalement aujourd'hui à la réception des lettres de créance des ambassadeurs en postes à Bruxelles.
vignette|gauche|La Grande Galerie. Grande Galerie
Longue de , la Grande Galerie relie le salon Carré à la salle du Trône tout en longeant la cour du Brabant. Elle devait initialement comprendre une galerie de portraits des dirigeants historiques de la Belgique, mais cette idée ne fut jamais réalisée.. Sa décoration actuelle, de style néo-Louis XVI assez sobre de stuc blanc et de pilastres corinthiens relevés d'or, est agrémentée par des peintures allégoriques de Charles Léon Cardon reprenant voire copiant à la demande de Léopold II des œuvres de Charles Le Brun ou de Louis-Jacques Durameau : L'Aube, Le Jour et Le Crépuscule sont complétés par L'Aurore se trouvant sur l'un des murs centraux.
Cette galerie, idéale de par son longueur et de par la possibilité d'abriter un orchestre sur un balcon surélevé, reçoit souvent des réceptions : ainsi en est-il du dîner donner en l'honneur du duc d'Édimbourg en 1958, du bal donné la veille du mariage du roi Baudouin ou de la réception qui suivit le mariage du prince Philippe avec Mathilde d'Udekem d'Acoz en .
Salle de marbre
Construite par Balat dans l'aile Ouest du palais, la salle doit son nom à ses lambris et à ses cheminées de mabre vert, rose et noir. Aux murs, deux portraits de Louis Gallait représentent Godefroy de Bouillon et Charles Quint. L'espace servait principalement de salle à manger, comme lors du mariage de la princesse Louise avec Philippe de Saxe-Cobourg-Gotha, et disposait pour cela d'un office et d'un monte-charge incrusté derrière des portes..
Salle du Trône vignette|La salle du Trône.
Malgré son nom, cette salle n'abrite aucun trône car le roi des Belges n'en possède tout simplement pas (au même titre qu'une couronne).
La salle du Trône est divisée en trois espaces séparés par des arcades cintrées supportées par des piliers corinthiens. Le décor de style néo-Louis XVI correspond à la volonté de Léopold II, dont le monogramme est inscrit dans le parquet en chêne, érable, acajou et ébène. C'est la reine Élisabeth qui fit installer les tentures en velours et soie rouge..