thumb|290px|right|Le Réveil prolétarien, 25 avril 1944Le Réveil prolétarien, , 25 avril 1944, lire en ligne..
Le Groupe révolutionnaire prolétarien (GRP), fondé à Paris en 1942, est une organisation clandestine révolutionnaire, anticapitaliste et internationaliste, antifasciste et antistaliniennePhilippe Gottraux, "Socialisme ou Barbarie" : un engagement politique et intellectuel dans la France de l'après-guerre, Payot, 1997, page 38., active en France pendant la Seconde Guerre mondiale, Virginie Grandhomme, L'action pour répertoire : socialisation militante et processus de politisation par l'expérimentation en milieu contestataire, thèse de doctorat en sociologie sous la direction de Sylvain Maresca, École doctorale Sociétés, temps, territoires, Angers, 2017, page 41... À partir de 1943, en plus de tracts, parfois traduits en allemand, il publie le bulletin Le Réveil prolétarienUnion des communistes internationalistes (France), Le Réveil prolétarien. Organe du Groupe révolutionnaire prolétarien, , 25 février 1944, lire en ligne sur gallica.bnf.fr.« Réveil prolétarien (le), organe du groupe révolutionnaire prolétarien, , numéros spéciaux (janvier, mars, avril 1944). octobre 1943-août 1944 », Ghislaine Bidault, Sylvie Le Goëdec, Collection de tracts, journaux et imprimés divers de 1914 à nos jours, Archives nationales (France), Répertoire numérique détaillé (AJ/78/1-AJ/78/63)., .. Le groupe compte des militants notoires comme Pierre Lanneret, Clara et Pavel Thalmann, Anna et Jean Justus, Maximilien Rubel et Roger Bossière « [Roger Bossière] had become a member of the Revolutionary Proletarian Group (GRP), which took up an internationalist position on the World War. Its members consisted of Pavel and Clara Thalmann, Maximilien Rubel, and Pierre Lanneret, who had just returned from obligatory work as an unskilled factory worker in Germany. This tiny group with its revolutionary politics was extremely marginalised because the Communist Party and other elements of the French Resistance fought on a nationalist and anti-German platform with the slogan ‘Everyone their Boche’ ["Boche" was a disparaging term for Germans]. », Nick Heath, Bossière, Roger, 1922-2006, libcom.org, 2006, .« Pendant l’Occupation avec Jean et Anne Justus, Pavel et Clara Thalman, Maximilien Rubel, il participa à la création du Groupe révolutionnaire prolétarien (GRP), groupe qui publiait un bulletin clandestin : Le Réveil prolétarien », Claude Pennetier , Dictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social, « Le Maitron » : BOSSIÈRE Roger.Philippe Bourrinet, Un siècle de gauche communiste italienne, 1915-2015 ; suivi d'un Dictionnaire biographique d'un courant internationaliste, Paris, Éditions Moto proprio, 2015, , , lire en ligne.Guillaume Davranche, Nécrologie : Roger Bossière, une encyclopédie vivante du mouvement ouvrier , Alternative libertaire, n° 155, octobre 2006, lire en ligne.Jean-Guillaume Lanuque, Bulletin de liaison des études sur les mouvements révolutionnaires, n° 2, avril 1999, . « [...] il Groupe Révolutionnaire Prolétarien (GRP), animato da Pavel e Glara Thalmann, Maximilien Rubel, Roger Bossière, Anna e Jean Justus [...] » et note 192, introduction Paolo Sensini, Ante Ciliga, Nel paese della grande menzogna : URSS 1926-1935, Editoriale Jaca Book, 2007, lire en ligne.« Noyau ultragauche formé à Paris au début de 1942 sous le nom de Groupe révolutionnaire prolétarien (GRP), l’UCI rassemblait des militants de diverses sensibilités du mouvement socialiste des années 1930. Dans le contexte de la guerre et de l’occupation, ceux-ci étaient unis par la critique de l’antifascisme et une inclination pour les théories et les pratiques de l’autonomie ouvrière. Parmi eux : Jean Justus (?-1964), Maximilien Rubel (1905-1996), Pavel (1901-1980) et Clara (1908-1987) Thalmann, Pierre Lanneret (1921-1984), Roger Bossière (1920). » - Bruno David, Pour penser contre un présent d’oppression, Avant-propos à « Signification historique de la barbarie stalinienne », de Maximilien Rubel, Revue des Éditions Agone, n°25, 2001, page 149, lire en ligne..
Se réclamant du « troisième camp internationaliste », le Groupe révolutionnaire prolétarien défend notamment le projet d'une « République internationale des conseils ouvriers ». Critiquant ce qu'il définit comme « le caractère nationaliste antiboche » de la Résistance qui commence à s’organiser, le GRP refuse de travailler avec elle.
En 1944, le GRP devient l'Union des communistes internationalistes et poursuit la publication du Réveil prolétarien, auquel succède, de 1945 à la disparition de l'UCI, en 1947, la revue théorique La Flamme« Organisation révolutionnaire clandestine, active en France pendant la Seconde Guerre mondiale qui défend notamment le projet d'une "République internationale des conseils ouvriers" ; en 1944 le GRP devient l' "Union des communistes internationalistes" et poursuit son activité après la Libération ; jusqu'à janvier 1945, le groupe fait paraître seize numéros du "Réveil prolétarien", puis, de 1945 à 1947, cinq ou six numéros d'une revue théorique : "La Flamme" », Union des communistes internationalistes. France, data.bnf.fr..
Éléments historiques À la fin de l'année 1941, des militants isolés, de diverses origines (trotskystes, anarchistes ou conseillistes « Many independent leftists, council communists, anarchists, and even Trotskyists decided to stay outside the mainstream Resistance so as to continue articulating and acting on their anti-patriotic, internationalist, anti-capitalist positions. [...] Some of them, in cooperation with various other independent left communists, council communists, anarchists and Trotskyists, formed the Revolutionary Proletarian Group-Union of International Communists in France at the end of 1941. [...] In 1943 they issued a manifesto calling upon the workers to transform the imperialist war into civil war against all capitalist governments and calling for an international republic of workers’ councils. » - Charlatan Stew, Some Further Notes on Left-Libertarian Opposition to War, in, Collectif, Some Notes and Information on Anarchist Opposition to War, 1994, sur le site raforum, theanarchistlibrary.org, le chapitre sur infoshop.org.), se rencontrent pour renouer des contacts anciens. Un accord général se fait sur la nature impérialiste de la guerre et sur la définition de l'URSS comme un capitalisme d'État. Se forme alors, au printemps 1942Jean-Guillaume Lanuque, Bulletin de liaison des études sur les mouvements révolutionnaires, l'auteur, 1998, p. 38., le « Groupe révolutionnaire prolétarien » (GRP), évidemment clandestin, qui pratique une résistance révolutionnaire, en éditant notamment des tracts en allemand destinés aux soldatsMichel Lequenne, Le trotskisme, une histoire sans fard, Syllepse, 2005, page 87..
Pavel et Clara Thalmann racontent la création du groupePavel et Clara Thalmann, Combats pour la liberté, Moscou-Madrid-Barcelone-Paris, Éditions La Digitale, 1983, pp. 45-46. :
Se réclamant du « troisième camp internationaliste » « Le Groupe Révolutionnaire Prolétarien a également adopté la perspective du "troisième camp internationaliste". Ce groupe clandestin s'est engagé dans un travail de propagande limité et dans certaines actions directes. », Register of the Pierre Lanneret Papers, The Online Archive of California, Stanford University, Stanford, lire en ligne., le Groupe révolutionnaire prolétarien défend notamment le projet d'une « République internationale des conseils ouvriers ».
Critiquant ce qu'il définit comme « le caractère nationaliste antiboche » de la Résistance qui commence à s’organiser, le GRP refuse de travailler avec elle, à l’exception de quelques liaisons pratiques et de contacts avec d’autres groupes révolutionnaires. Cette attitude protège le CRP de l’infiltration d’indicateurs et de toute arrestationPavel et Clara Thalmann, Combats pour la liberté, Moscou-Madrid-Barcelone-Paris, Éditions La Digitale, 1983, p. 284..
Au printemps 1944, le GRP devient l’« Union des communistes internationalistes pour la Internationale » (UCI)Paolo Sensini, Introduzione, pp. XI-LXV, in Ante Ciliga, Nel paese della grande menzogna: URSS 1926-1935, Editoriale Jaca Book, 2007, 503 pages : p. L, note 192 in Union des Communistes Internationalistes pour la Internationale (UCI), avvicinandosi sempre più alle posizioni dei Comunisti dei Consigli, e si dotò anche di una rivista teorica: « La Flamme ». Su tutto questo cfr. P. Lanneret, Les internationalistes du « Troisième camp » en France pendant la Seconde guerre mondiale, Éditions Acratie, Mauléon, 1995; E. Rayner, Third Camp Internationalists in France during World War II, ciclostilato, Paris s.d.. Il poursuit son activité après la Libération. Jusqu'en janvier 1945, le groupe fait paraître seize numéros du bulletin Le Réveil prolétarien, puis, de 1945 à 1947, cinq ou six numéros d'une revue théorique, La Flamme. Dans les deux derniers numéros de La Flamme, l'évolution vers le communisme de conseils apparaît nettement. Le groupe disparaît en 1947.
Personnalités marquantes Les principaux militants étaient : Pavel Thalmann (Laroche)Dictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social, « Le Maitron » : THALMANN Paul, Otto, dit PAVEL, dit LAROCHE, dit Franz HELLER., Clara Thalmann, Pierre Lanneret (Camille)Dictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social, « Le Maitron » : LANNERET Pierre. Pseudonymes : CAMILLE ; RAYNER Ernest., Maximilien RubelDictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social, « Le Maitron » : RUBEL Maximilien, dit Maxime., Raymond Hirzel (dit Raymond Bourd ou Gaspard)« Il participa à la création du Groupe révolutionnaire prolétarien, groupe qui publiait un bulletin clandestin, Le Réveil prolétarien. Il aida à la diffusion de la feuille d’agitation Arbeiter und Soldat à partir de l’été 1943. », Lena Hirzel, Une lettre et sa destination, Lacan Quotidien, 9 juin 2017, lire en ligne.Dictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social, « Le Maitron » : HIRZEL Raymond, dit Raymond BOURT, GASPARD. et Roger Bossière.
Bibliographie et sources Pavel et Clara Thalmann, Combats pour la liberté, Moscou - Madrid - Barcelone - Paris, Éditions La Digitale, 1983, 1997, 2010, 287 pages, , . Pierre Lanneret, Les internationalistes du « troisième camp » en France pendant la Seconde Guerre mondiale, Éditions Acratie, 1995, présentation éditeur, , , . Sylvie Knoerr-Saulière, À propos de “ Les internationalistes du « troisième camp » en France pendant la seconde guerre mondiale ” de Pierre Lanneret, Centre international de recherches sur l'anarchisme (Marseille), 1996, . Pierre Lanneret, « Histoire du GRP », Cahiers Léon Trotsky, , 1989, . Madeleine Bossière, « Souvenirs... », Bulletin du Centre international de recherches sur l'anarchisme (Marseille), , , , , . Collectif, Le GRP (Groupe révolutionnaire prolétarien), puis Union des communistes internationalistes, dit parfois « groupe Thalmann », 1941-1946, sur bataillesocialiste.wordpress.com. Collectif, GRP/UCI (1942-1946), sur archivesautonomies.org. Le Réveil prolétarien sur le site archivesautonomies.org.
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Articles connexes
Yves Bodénez
Notes et références Notes
Références
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