Les du Japon ont lieu de manière anticipée le afin de renouveler ses 465 membres pour un mandat de quatre ans.

Le scrutin est un important revers pour le Parti libéral-démocrate (PLD) du Premier ministre Shigeru Ishiba. Affaibli par un scandale financier ayant touché plusieurs de ses membres, ainsi que par ses liens avec la secte Moon révélés par l'assassinat de Shinzō Abe deux ans plus tôt, il perd la majorité absolue des sièges qu'il détenait. Son allié, le Kōmeitō , recule également, privant la coalition de la possibilité de conserver la majorité.

Tablant sur le manque d'unité de l'opposition, menée par le Parti démocrate constitutionnel (PDC) et le Parti démocrate du peuple (PDP), Ishiba décide de se maintenir à la tête d'un gouvernement minoritaire.

Contexte Prédominance du Parti libéral-démocrate La vie politique japonaise est largement dominée par le Parti libéral-démocrate (PLD), au pouvoir depuis 1955 de manière quasi-ininterrompue à l'exception de deux brèves alternances, l'une, de 1993 à 1994, à la suite de la crise économique consécutive à l'éclatement d'une bulle spéculative, l'autre, de 2009 à 2012, d'un scandale de corruption après la Décennie perdue...

Outre le soutien de son allié Kōmeitō, le PLD parvient cependant chaque fois à se renouveler et retrouver une majorité à la chambre, le parti étant constitué de puissantes factions en son sein qui s'alternent au pouvoir. De 2012 à 2023, le gouvernement est ainsi mené par son aile droite, la faction Seiwa Seisaku Kenkyūkai, dont sont membres les Premiers ministres Shinzo Abe, Yoshihide Suga et Fumio Kishida., tout en faisant face à la montée de la faction Shisuikai..

Élections de 2021 vignette|gauche|Fumio Kishida est élu Premier ministre le .

Fumio Kishida se déclare en 2021 candidat pour succéder à Yoshihide Suga au poste de Premier ministre. Dans son programme, il vise particulièrement la compétitivité scientifique et technologique et le renforcement des investissements dans les semi-conducteurs et autres techniques de pointe. Son élection à la tête du PLD, le , en fait de facto le successeur de Yoshihide Suga au poste de Premier ministre.

Bénéficiant du soutien des membres dirigeants du parti, Fumio Kishida l'emporte au second tour sur Tarō Kōno, davantage populaire au sein des militants. La confirmation de Kishida, perçu comme un modéré, au poste de Premier ministre a lieu le ...

Fumio Kishida conserve la ligne de ses prédécesseurs en matière de défense, de diplomatie et d'économie. Il décide de porter les dépenses militaires à 47,2 milliards d’euros pour l'année 2021 et envisage de les doubler par la suite pour les porter à 2 % du PIB du pays.

Assassinat de Shinzō Abe Après l'assassinat de l'ancien Premier ministre Shinzō Abe, le 8 juillet 2022, en raison de ses liens avec la secte Moon, la polémique sur l'influence de cette dernière sur le gouvernement contraint Kishida à effectuer un remaniement pour écarter les ministres trop proches de la secte. Sont ainsi évincés le ministre de la défense Nobuo Kishi, petit frère de Shinzo Abe, le ministre de l’économie Koichi Hagiuda et le président de la Commission nationale de la sécurité publique Satoshi Ninoyu. D'après un sondage, 86 % des Japonais pensent que les politiciens doivent rompre leurs liens avec la secte Moon, et seuls 7 % pensent que ce n'est pas nécessaire. De nouveaux scandales conduisent à une série de démissions au sein du gouvernement en fin d'année 2022.

Scandale financier au sein du PLD Le Parti libéral-démocrate est touché par un important scandale financier. En novembre 2023, plusieurs factions de l'aile conservatrice du parti sont mises en cause pour le détournement de plus de 600 millions de yen de fonds de campagne vers des caisses noires illicites.

Le scandale redouble en intensité début décembre lorsque Fumio Kishida est interrogé à la chambre à ce sujet par l'opposition. Le Premier ministre se retrouve contraint le 13 décembre de destituer le ministre de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie Yasutoshi Nishimura, le ministre de l'Intérieur et des Communications Junji Suzuki, et le ministre de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche Ichiro Miyashita ainsi que le Secrétaire général du Cabinet Hirokazu Matsuno et le vice-ministre de la Défense Hiroyuki Miyazawa. Le PLD fait face le même jour à une motion de censure déposée par le Parti démocrate constitutionnel (PDC). Si elle s'avère infructueuse, elle permet à l'opposition de renouveler de vives attaques contre le PLD, accusé d'être incapable de faire face à la corruption dans ses rangs....

Retour de Yoshihiko Noda à la tête du Parti démocrate constitutionnel Le 23 septembre 2024, l'ancien Premier ministre Yoshihiko Noda est élu à la tête du Parti démocrate constitutionnel.. Ancien président de ce qui portait alors le nom de Parti démocrate du Japon, il entend recentrer celui-ci, qui est alors progressiste, en perspective des prochaines élections législatives dont l'anticipation est attendue dans le contexte de l'élection d'un nouveau président du Parti libéral-démocrate au pouvoir..

Convocation anticipée par Shigeru Ishiba

Alors qu'il était pressenti pour briguer un deuxième mandat à la présidence du Parti libéral-démocrate, Fumio Kishida annonce le son intention de ne pas concourir à l'élection prévue pour le mois de septembre suivant.

Pour la cinquième fois de sa carrière, Shigeru Ishiba concourt en à l'élection à la présidence du Parti libéral-démocrate face à huit autres concurrents. Membre de la faction Shisuikai, il l'emporte au second tour par 215 voix favorables, contre 194 pour Sanae Takaichi, de la faction Seiwa Seisaku Kenkyūkai, devenue faction Mori. Il promeut une politique économique fondée sur le développement régional et le maintien d'une politique étrangère fondée sur le renforcement des capacités de défense du Japon ainsi que le rapprochement avec les États-Unis et la Corée du Sud..

La presse japonaise indique peu après son élection que Shigeru Ishiba travaille, en parallèle de la formation de son gouvernement et de la direction du PLD, sur la possibilité d'anticiper les élections législatives au suivant.. Il est élu Premier ministre le , à la suite du vote des deux chambres de la Diète, succédant à Fumio Kishida.. Il annonce des élections législatives anticipées pour le .

Le nouveau Premier ministre tente de répondre au scandale récent en s’excusant pour son parti et en promettant des réformes en matière de lutte contre la corruption. Le PLD subit cependant une importante perte de popularité, tandis que plusieurs députés du PLD quittent le parti pour se présenter aux élections en tant qu'indépendants, reprochant à Ishida de se servir du scandale pour évincer les anciens soutiens de Shinzo Abe..

Système électoral vignette|Intérieur du Bâtiment de la Diète nationale à Tokyo. Le Japon est doté d'un parlement bicaméral dont la chambre basse, dite Chambre des représentants, se compose de élus pour un mandat de quatre ans selon un mode de scrutin parallèle. Sur ce total, sont ainsi pourvus au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans autant de circonscriptions, tandis que les restants sont pourvus au scrutin proportionnel plurinominal de liste dans 11 circonscriptions de ..

Les deux modes de répartition des sièges font l'objet d'un vote séparé : les électeurs votent en même temps pour un candidat au scrutin uninominal majoritaire à un tour et pour une liste de candidats au scrutin proportionnel. Un même candidat peut se présenter aux deux types d'élections, mais uniquement si la circonscription uninominale est incluse dans celle plurinominale. Les listes comportent autant de candidats ne se présentant qu'au scrutin proportionnel que de sièges à pourvoir, auxquels viennent éventuellement se rajouter les candidats se présentant aux deux scrutins. Ces derniers deviennent cependant prioritaires à l'attribution des sièges s'ils ont perdu au scrutin majoritaire avec quelques voix d'écart seulement.

Contrairement à des systèmes mixtes tels que le système électoral allemand ou lesothan, les sièges élus à la proportionnelle n'ont ici pas pour but de venir compenser une distorsion des résultats en sièges par rapport à la répartition en voix au niveau national, mais s'ajoutent simplement les uns aux autres comme deux élections parallèles ayant lieu simultanément. Le parti arrivé en tête dans une circonscription plurinominale l'étant souvent également dans les circonscriptions uninominales qui en font partie, leur addition donne au mode de scrutin japonais une tendance majoritaire.

Campagne Le parti au pouvoir se retrouve au coeur d'une controverse lorsque la presse annonce que celui-ci a financé à hauteur de 20 millions de yens les campagnes électorales de douze députés sortants accusés de corruption et qui ont concouru comme indépendants..

Sondages 1000px|centré|Moyennes lissées des sondages depuis les précédentes élections.

Résultats +Résultats nationaux.. Fichier:House of Representatives Japan 2024.svgPartis Circonscriptions Scrutin de liste TotalSièges +/- VotesChiffres arrondis à l'unité. Les nombres décimaux à partie fractionnaire de la source renvoient au « Système fractionnaire proportionnel » (按分票, ambunhyō?) : les électeurs devant écrire le nom du candidat pour lequel ils votent sur un bulletin blanc, il arrive que certains de ceux-ci ne peuvent distinguer deux candidats (si l'électeur n'a marqué que le nom ou le prénom, et que celui-ci a une écriture en katakana, hiragana ou kanji identique pour deux candidats ou plus). Dans ce cas, le nombre de voix ainsi incertaines ne sont pas considérées comme nulles mais réparties à la proportionnelle du nombre de voix obtenues de manière clairement distinctes par chaque candidat concerné. % Sièges +/- Votes % +/- Sièges Parti libéral-démocrate (PLD) 38,46 132 26,73 59 191 Parti démocrate constitutionnel (PDC) 29,01 104 21,20 44 148 Parti démocrate du peuple (PDP) 4,33 11 11,32 17 28 Kōmeitō (K) 1,35 4 10,93 20 24 Parti de l'innovation (Ishin) 11,15 23 9,36 15 38 Reiwa Shinsengumi 0,78 0 6,98 9 9 Parti communiste japonais (PCJ) 6,81 1 6,16 7 8 Sanseitō 2,50 0 3,43 3 3 Parti conservateur du Japon 0,18 1 2,10 2 3 Parti social-démocrate (PSD) 0,52 1 1,71 0 1 Minna de tsukuru tō 0,05 0 0,04 0 0 Autres partis 0,19 0 – 0,03 – 0 0 – Indépendants 4,67 12 12 Votes valides 97,01 97,53 Votes blancs et nuls 2,99 2,47 Total 100 289 100 – 176 465 Abstention 46,16 46,16 Inscrits / participation 53,84 53,84

Analyse vignette|Résultats par parti par circonscription. vignette|Cartogramme des résultats par circonscription. Bien qu'arrivé à nouveau en tête, le Parti libéral-démocrate (PLD) subit un très fort recul et perd la majorité absolue des sièges, une défaite largement attribuée au scandale financier de la caisse noire. Ce dernier s'est en effet cumulé à la chute durable de la popularité du parti, déjà entamée par la forte hausse de l'inflation ainsi que la révélation de ses liens avec la secte Moon lors de l'enquête sur l'assassinat de Shinzō Abe. Au soir du vote, le Premier ministre Shigeru Ishiba reconnaît que son parti a ... Alors que le PLD avait pu compter par le passé sur son allié, le Kōmeitō, pour conserver la majorité, celui-ci recule également. Le gouvernement sortant se retrouve ainsi privé de la majorité à la Chambre, même en comptant sur les membres du PLD atteints par le scandale financier, élus en tant qu'indépendants. Il s'agit d'une lourde défaite pour Shigeru Ishiba, qui tablait sur ces élections anticipées pour légitimer son accession au pouvoir... Plusieurs membres haut placés du PLD partisans de l'ancienne ministre Sanae Takaichi appellent ainsi l’exécutif du parti à prendre ses responsabilités et se retirer.. Le directeur de la campagne du PLD, Shinjirō Koizumi, démissionne le 28 octobre tandis que le ministre de la Justice Hideki Makihara fait part de son intention de quitter ses fonctions...