Restanque est la francisation du provençal restanco (en occitan normalisé restanca), terme employé en basse Provence et désignant au sens propre un mur de retenue en pierres sèches, parementé sur les deux côtés, barrant le lit d'un torrent ou d'un valat intermittent pour provoquer un atterrissement en amont (tout en laissant passer l'eau) et créer ainsi une terrasse de cultureCes dispositifs barrant les vallons pour y retenir la terre sont aussi appelés recavades dans le Var. permettant des cultures dans des endroits escarpés. En cévennes le terme occitan est tancact
Terminologie
Le sens premier de « retenue » est attesté par cette citation du début du concernant un terroir à Saint-Martin-de-Castillon en Vaucluse : « [nous] avons vu aussi un gros et moyen fossé du costé du couchant estant besoin d'y faire de bonnes restanques »Archives départementales de Vaucluse, Étude Méritan, f° 48, 24 juillet 1717)..
À la différence du mur de soutènement, qui est à un seul parement, la restanque comporte deux parements. Elle ne devient mur de soutènement que lorsque le colluvionnement en arrière du mur a abouti à la constitution d'une terrasse.
L'agriculteur provençal s'est attaché non seulement à aménager en terrasses les versants de collines mais aussi à combler les ravins provoqués par le déboisementMichel Royon, Numérisation des données actuelles de l'inventaire départemental en cours des ouvrages traditionnels en pierre sèche de la campagne varoise, réalisé par les membres de l'A.S.P.P.S.V. (Association pour la Sauvegarde du Patrimoine en Pierre Sèche du Var), Bulletin de l'A.S.P.P.S.V., Draguignan, 2004 (6), p. 10-19..
Aujourd'hui, sous l'influence d'une littérature touristique peu soucieuse d'exactitude, le terme a pris le sens de muret de soutènement en pierres sèches, construit sur un flanc de colline plus ou moins escarpé, pour établir une terrasse de culture. Pour Edmond F. Barbier, la . La mécanisation des sols a accentué leur disparition, mais on trouve encore des murets constituant des paliers perpendiculairement à la dénivellation des terrains.
L'âge d'or des restanques
Les restanques se sont généralisées en Provence à partir de la fin du avec la conquête des terres incultes suscitée par l'accroissement démographique, l'introduction du mûrier ; leur construction se poursuivra durant la première moitié du avec le partage des biens communaux.
Elles ont été aussi un moyen de lutte efficace contre l'érosion provoquée par les déboisements importants des siècles précédents.
Bancaous, faïsses et rideaux
Bancaous Le terme provençal bancau (prononcé bancaou) (en languedocien bancal), signifie au sens propre « plate-bande », « planche cultivée », et au sens large « banquette de terre », « gradin de culture », étant entendu que le mot n'implique pas automatiquement la présence d'un mur de soutènement.
Faisses/Faïsses Le vieux mot français faisse et son pendant occitan faissa (refrancisé en faïsse) désignent, dans un contexte foncier ou agricole, une bande ou lanière de terre, en terrain plat comme en terrain pentu. Ce sens premier, conforme à l'origine latine du terme — fascia signifiant « bande » — est attesté dans les archives notariales du .
Aujourd'hui, le sens du mot tend à se restreindre à celui de bande de terre soutenue par un mur, en particulier dans les Cévennes, le Rouergue mais rien n'interdit de parler, selon le cas, de faïsses sur mur, faïsses sur talus, faïsses en terrain plat.
Rideaux Les rideauxL. Aufrère, Les Rideaux. Étude topographique, dans Annales de géographie, t. XXXVIII, 1929, (216), p. 529-560. ou talus qu'on ne rencontre que sur les versants, sont des aménagements destinés à lutter contre l'érosion par ruissellement et ayant pour résultat la formation de terrasses (à distinguer des terrasses dilluviales).
Ces aménagements sont désignés par un très grand nombre de vocables selon leur situation géographique.
En PicardieE. Balandra, Les Rideaux ou royons picards au et siècle, dans Bulletin de la Société d'émulation d'Abbeville, t. XXIV, 1980, pp. 757-763., où ils ont pour nom royons, ils sont attestés dès les .
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Dr. J. Rit, Notice sur les restanques provençales, Bulletin de la Société des amis du vieux Toulon, No 18, avril-mai-, pp. 157-162. Philippe Blanchemanche, Les Terrasses de culture des régions méditerranéennes. Terrassements, épierrement et dérivation des eaux en agriculture, , , . Étude ethnohistorique, mémoire de doctorat de en ethnologie soutenu le , École des hautes études en sciences sociales.
Articles connexes Mur de soutènement Aiguier Culture en courbes de niveau Clapas
Liens externes Série d'articles sur les murs de terrasses agricoles
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