Augsbourg (allemand Augsburg, ; latin Augusta Vindelicorum) est une ville allemande située dans le Land de Bavière, en Souabe bavaroise, sur la Route romantique.

Ville universitaire et industrielle, Augsbourg est le chef-lieu du district de Souabe (Regierungsbezirk Schwaben), de l'arrondissement d'Augsbourg (Landkreis) et le siège d'un diocèse catholique. Ses palais, ses églises et son hôtel de ville reflètent son âge d'or, lorsqu'elle était aux une ville de premier rang en Europe.

La ville avait une population de au 30 juin 2023 et est ainsi, après Munich et Nuremberg, la troisième ville de Bavière.

Augsbourg est une ville-arrondissement (Kreisfreie Stadt) et une des 82 grandes villes (Großstadt) allemandes depuis le début du ; le nombre de ses habitants a franchi la barre des à la même époque.

Géographie Augsbourg est située dans le sud-ouest du land, à à l'ouest de Munich, la capitale de la Bavière, à au sud-ouest de Nuremberg et à à l'est de Stuttgart, capitale du land de Bade-Wurtemberg.

La ville est construite sur le Lech qui descend du Tyrol à au sud-ouest et se jette dans le Danube à plus au nord. Le cœur historique de la ville est situé juste avant le confluent du Lech et de son affluent la Wertach. Sa partie la plus ancienne se trouve à l'extrémité nord d'un plateau.

La situation de la ville, entre le Lech et la Wertach, assure à la cité un abondant approvisionnement en eau, qui s'est révélé déterminant dans le développement de l'artisanat et de l'économie d'Augsbourg. Dès le , la municipalité œuvre à la création d'un réseau hydraulique constitué de canaux, écluses, pompes, etc. L'énergie hydraulique constitue du Moyen Âge à la révolution industrielle la principale source d'énergie de la ville.

Municipalités voisines La ville d'Augsbourg fait partie de l'arrondissement d'Augsbourg et est voisine à l'est de l'arrondissement d'Aichach-Friedberg et au nord de l'arrondissement de Danube-Ries.

Les municipalités limitrophes d'Augsbourg, dans le sens des aiguilles d'une montre en commençant par le nord, sont : Rehling, Affing, Friedberg, Kissing, Mering, Merching dans l'arrondissement d'Aichach-Friedberg et Königsbrunn, Bobingen, Gessertshausen, Diedorf, Stadtbergen, Neusäß, Gersthofen dans l'arrondissement d'Augsbourg.

Organisation administrative

Depuis 1938, Augsbourg est divisée en 17 districts de planification (Planungsräume), eux-mêmes partagés en 42 arrondissements municipaux (Stadtbezirk), qui correspondent souvent aux anciennes communes absorbées par la ville au cours du .

En voici la liste (population en 2009 et année d'incorporation à la ville d'Augsbourg lorsque c'est le cas) : I, Innenstadt () II, Oberhausen (), (1911) III, Bärenkeller () IV, Firnhaberau () V, Hammerschmiede () VI, Lechhausen (), (1913) VII, Kriegshaber (), (1916) VIII, Pfersee (), (1911) IX, Hochfeld () X, Antonsviertel, () XI, Spickel-Herrenbach () XII, Hochzoll (), (1913) XIII, Haunstetten-Siebenbrunn (), (1910 pour Siebenbrunn, 1972 pour Haunstetten) XIV, Göggingen (), (1972) XV, Inningen (), (1972) XVI, Bergheim (), (1972) XVII, Universitätsviertel, ()

Démographie

Année Habitants 1500 1604 1635 1700 1806 1840 1871 1880 1890 1900 1910 1913 Première vague d'incorporations de communes. 1920 Année Habitants 1925 1933 1939 1945 1950 1961 1970 1972 Deuxième vague d'incorporation de communes. 1987 1992 2000 2005 2009

À l'époque romaine, Augsbourg compte déjà et, à la fin du Moyen Âge, la ville atteint le chiffre de , ce qui en fait une des plus grandes villes du Saint-Empire romain germanique avec Cologne et Prague.

Augsbourg souffre beaucoup des destructions de la guerre de Trente Ans et perd durant cette période les deux-tiers de sa population pour abriter seize mille personnes en 1635. L'accroissement de la population stagne tout au long des .

Le est par contre une période de croissance soutenue en raison de l'industrialisation de la cité. La population passe alors de en 1806 à en 1895. La croissance d'Augsbourg s'accélère encore au début du et la ville atteint les en 1939, à la veille de la Seconde Guerre mondiale.

Les bombardements de la guerre provoquent une baisse de du nombre d'habitants et Augsbourg compte en 1945. Cependant, l'installation de nombreux réfugiés venus de Silésie, de Poméranie ou des Sudètes permet de retrouver les chiffres d'avant-guerre dès 1950.

Le maximum de population intra-muros a été atteint en 2015 avec . Augsbourg est aujourd'hui la allemande.

L'agglomération compte cependant quelque et la région de planification , ce qui en fait la troisième zone urbaine de Bavière. En ce qui concerne les étrangers, la ville d'Augsbourg possède un grand nombre d'habitants nés hors de l'Allemagne. + Pays de naissance Population (2013)

Hydrologie

Histoire Appartenances historiques 888–1276 (Ville libre) 1276–1806 1806–1918 1871–1918 1918–1933 1933–1945 1945–1949 1949–1990 1990–présent Antiquité vignette|gauche|Hôtel de ville.

L'origine de la ville est une colonie romaine fondée par Drusus et Tibère, sous Auguste, vers 15 , d'où son nom romain, Augusta Vindelicorum. La ville figure parmi les villes les plus anciennes d'Allemagne avec Trèves, Mayence et Cologne. Au débouché de vallées alpines constituant des points de communication importants vers l'Italie, la ville devait servir de point de contact facile entre le cœur de l'Empire et la Germanie nouvellement conquise ; une véritable ville commerciale d'importance se développe autour de cette colonie ; elle est également le siège de la province romaine de Rhétie.

Moyen Âge La continuité urbaine après la chute de l'Empire romain reste incertaine : on sait que se développe au un pèlerinage autour du tombeau de sainte Afre, martyre qui incarne la christianisation de la ville, à au sud de la ville romaine, mais le sort de cette dernière est mal connu. Certains historiens ont situé l'ancienne forteresse de Vogastisburg, citée au , à Augsbourg.

On ne parvient à la certitude que pour le avec Simpert, qui aurait été un proche de la famille carolingienne. À la chute de l'Empire carolingien, ce sont les évêques qui exercent le pouvoir temporel dans la ville et les sources sur la ville aux sont essentiellement les vies de ces évêques. Le plus marquant de ces évêques est Ulrich, canonisé en 983 (première bulle papale de canonisation de l'Histoire) : on lui attribue un grand nombre de réalisations dans la ville, fondations de communautés religieuses, construction d'églises et de fortifications… Près d'Augsbourg, sur la plaine du Lechfeld, se déroule en 955 une grande bataille contre les Hongrois, battus par les troupes du roi Otton dans lesquelles figure l'évêque Ulrich, proche conseiller du souverain.

Le est une période plus difficile pour la ville, enjeu plus qu'acteur dans les rivalités entre grandes familles aristocratiques qui se disputent l'Empire : la domination politique de l'évêque dans la ville n'est pas amoindrie, mais la ville est ravagée plusieurs fois par la guerre. Elle continue cependant à jouer un rôle important dans l'Empire, comme le montre notamment en 1006 l'élection au trône épiscopal du frère de l'Empereur Henri II, Brunon, qui contribue lui aussi au développement de la ville, par exemple par la fondation du chapitre Saint-Maurice, à mi-distance entre la cathédrale et Sainte-Afre, qui devient à son époque une communauté bénédictine placée sous le double patronage de Saints-Ulrich-et-Afre.

Jusqu'à cette époque, Augsbourg est essentiellement une civitas, siège du pouvoir temporel et spirituel de l'évêque, sans constituer un grand centre de peuplement. Elle participe pleinement au de l'essor urbain qui caractérise tout l'Occident : une première implantation marchande située immédiatement au sud de la civitas, au lieu-dit Perlach, voit le jour au ; peu après, une fortification commune vient pour la première fois unir l'ancienne ville romaine et le bourg situé autour de Saint-Ulrich.

Devenue ville libre d'Empire en 1276, la ville continue son développement démographique et économique. Son économie est fondée largement sur la fabrication de futaine, un textile de consommation courante ; comme dans de nombreuses villes d'Allemagne du Sud, cette production donne rapidement lieu au développement d'un commerce important, d'abord principalement par la foire de Francfort, puis à la diversification des activités : au-delà de la commercialisation des productions locales, des familles marchandes augsbourgeoises parviennent à jouer un rôle essentiel dans la finance européenne de leur temps, à commencer par les Fugger et les Welser dont l'apogée se situe dans la première moitié du .

Du point de vue démographique, la ville atteint 18 à à la fin du , entraînant la construction d'une nouvelle fortification à la fin du , si vaste qu'elle suffit à contenir la population jusqu'à la révolution industrielle, ce qui est d'autant plus important qu'au contraire de Nuremberg ou de Rothenburg elle ne parvient pas à se constituer un territoire propre en raison de la concurrence de seigneurs puissants (ducs de Bavière, évêque et chapitre d'Augsbourg). La place croissante des artisans dans la population urbaine et le développement d'une nouvelle classe de marchands exclus du pouvoir amène en 1368 un changement profond dans l'organisation politique de la ville : au lieu d'un conseil exclusivement réservé aux patriciens, les sièges et les magistratures sont répartis entre patriciens et membres de 17 corps de métier.

Temps modernes vignette|Dessert (1653-1654)avec haute coupe d'AugsbourgWillem KalfMusée de l'Ermitage.

Les premiers temps de la Réforme marquent profondément la ville, où Martin Luther séjourne en 1518. Pendant plusieurs années, le conseil hésite face à un mouvement qui suscite une forte adhésion dans la population, mais aussi des oppositions, notamment des Fugger, et qui divise le conseil lui-même. À l'occasion de la Diète de 1530, les protestants y rédigent la Confession d'Augsbourg qui entend mettre d'accord les principaux courants protestants. Le conseil n'introduit la Réforme qu'à partir de 1534, avant d'interdire le culte catholique en 1537 ; la défaite des protestants en 1547 dans la Guerre de Smalkalde amène pourtant son rétablissement. En 1548, Charles Quint profite de sa victoire pour rétablir à Augsbourg comme dans beaucoup d'autres villes un régime presque entièrement patricien, qui favorise les catholiques très minoritaires à cette date dans la ville.

Au , Augsbourg est célèbre pour son orfèvrerie, jusqu'à ce que le style rocaille du dont une foule de modèles gravés arrivent de France, succède aux anciennes traditionsSur le et le style rococo, cf. Histoire de l'orfèvrerie-joaillerie de F. Seré, p. 143-147, 1850.

Sa croissance démographique continue jusqu'au premier tiers du est brutalement interrompue par la guerre de Trente Ans, qui fait perdre un tiers de sa population à la ville, notamment à l'occasion de la prise de la ville par les armées suédoises.

Époque contemporaine En 1806, à la suite du traité de Presbourg et la disparition du Saint-Empire romain germanique, Augsbourg perd son indépendance et est annexée au royaume de Bavière. En 1817, la ville devient la capitale administrative de l'Oberdonaukreis, puis en 1837 du district de Souabe et de Neuburg.

Le , la ville est conquise par des unités de la VIIe Armée US.

L'université de la ville n'a été fondée qu'en 1970. Elle a été construite sur un ancien terrain d'aviation au sud de la ville, et le campus qui l'abrite a été construit en parallèle avec un nouveau quartier de la ville (Univiertel).

Le , d'Augsburg sont évacués, à la suite de la découverte le d'une bombe britannique datant de la Seconde Guerre mondiale dans le quartier de Jakobervorstadt. C'est à cette date la plus grande opération d'évacuation en Allemagne depuis la fin de la guerre. Une fois la bombe désamorcée, les habitants ont pu revenir chez eux..

Chronologie historique Augsbourg est célèbre dans l'histoire par :