Lèyîz-m' plorer est une complainte en langue wallonne écrite par Nicolas Defrecheux en 1854, sur une mélodie d'Hippolyte Monpou.

Composition vignette|Nicolas Defrecheux, l'auteur de Lèyîz-m' plorer (gravure par Adrien de Witte). La chanson est composée en wallon de Liège, sur l'air de Gastibelza, l'homme à la carabine d'Hippolyte Monpou. D'abord publiée par le Journal de Liège dans son numéro du , elle obtient un succès immédiat. Entre 1854 et 1856, il s'écoule à Liège six tirages de exemplaires d'un tiré à part..

En 1867, le compositeur liégeois Pierre Vandamme produit une seconde partition de la chanson. Il s'agit d'une version harmonisée.

Interprétations

La chanson gagne rapidement en popularité et est adaptée dans d'autres variétés wallonnes..

Lèyîz-m' plorer est la seule chanson en wallon interprétée par Édith Piaf, qui la qualifiée de « meilleure chanson qui ait jamais été écrite »<ref>Entretien dans Le Soir du , cité dans  : « Quelle est la meilleure chanson qui ait jamais été écrite ? Quelques secondes de réflexion. Puis, les yeux au plafond : « À mon avis, c'est “Lèyi m' plorer”, chanson liégeoise qui, m'a-t-on dit, appartient au folklore et qui est un monument. Je l'ai chantée déjà, mais j'ai eu des difficultés pour la traduire. C'est tellement parfait d'ailleurs que c'est pratiquement intraduisible… Mais une chose est certaine, je vais la remettre à mon répertoire… C'est trop beau ! »</ref>.

Elle figure également sur les disques suivants : Gaston Bégon, Leyiz M'Plorez / Li P'Tit Banc / Mame ! / Vinez Wezene, Pathé Tohama, Leyiz M'Plorer / Li P'Tit Banc, 1968 Emile Lambert, Les Pu spitants bokets d'Emile Lambert po l' millénaire di Lidge, Duchesne, 1980 Chansons wallonnes, Blawete Records, 1996 Jules Bastin, Airs folkloriques wallons, 1997 Solia, Tous les parfums, 2021

Édition des paroles vignette Les paroles de Lèyîz-m' plorer ont été reproduites et diffusées dans les recueils et anthologies suivants : Novel Pasqueys, Liège, , pp. 1-2. Nicolas Defrecheux, Œuvres poétiques wallonnes complètes, Liège, J. Gothier, 1877. Nicolas Defrecheux, Ses Œuvres, Liège, A. Bénard, 1895. Nicolas Defrecheux, Œuvres complètes (édition du Centenaire), Liège, 1925, pp. 27-28. . . Nicolas Defrecheux, , Bruxelles, éd. Fédération Wallonie-Bruxelles, Service général des Lettres et du Livre, , 2024, .

Postérité Selon Jean-Marie Klinkenberg, Lèyîz-m' plorer est l'une des deux chansons les plus emblématiques de la culture wallonne..

Le responsable du Fonds Dialectal wallon du Musée de la Vie wallonne, Baptiste Frankinet, qualifie la composition de Lèyîz-m' plorer de « coup de tonnerre » : « pour la première fois, la langue wallonne n'est plus le véhicule d'anecdotes, de satires ou d'événements historiques, mais bien le véhicule de sentiments.. » Ce style est rapidement imité par d'autres auteurs, qui vont ainsi explorer les veines du lyrisme et du sentimentalisme. La mode est telle qu'elle suscite aussi des œuvres maladroites, que la critique classe sous le terme de lèyîz-m’ plorismeBaptiste Frankinet, « Panorama de la littérature en langues régionales romanes de Wallonie », sur le portail Objectif plumes (page consultée le 29 octobre 2024) : « À l’imitation de Defrecheux, de nombreux auteurs se glissent dans le sentimentalisme, parfois avec succès, comme chez Joseph Vrindts ou Émile Wiket. Malheureusement, c’est souvent la face un peu larmoyante et plaintive de ce poème de Defrecheux qui inspire et beaucoup d’auteurs versent dans l’excès, créant un style que Maurice Piron nomme le lèyîz-m’ plorisme. ».

Le succès de Lèyîz-m' plorer a par ailleurs participé à l'émulation de laquelle est née la Société liégeoise de littérature wallonne : « Mais c'est Nicolas Defrecheux qui porte le wallon à l'expression lyrique la plus délicate, quand est publiée en 1854 la chanson Lèyîz-m' plorer (« Laissez-moi pleurer »), complainte d'un jeune homme qui dit son désespoir après la mort de celle qu'il aimait. Le succès populaire est fulgurant à travers toute la Wallonie. […] C'est à la suite de ce succès que fut créée la Société liégeoise de Littérature wallonne. ».

De nos jours, la mélodie de Lèyîz-m' plorer'' est jouée par le carillon automatique du palais des princes-évêques de Liège.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Catégorie:Chanson en wallon