L'éboulement de La Rivière de 2024 (également dénommé éboulement rocheux sur la RD1532, selon les sources officielles.) est un écroulement (ou un glissement de terrain), survenu le en France sur un versant du coteau d'Artets, entre les communes de La Rivière et de Saint-Gervais, en limite de celle de L'Albenc, sur la rive gauche de l'Isère en aval de Tullins à environ 30 km au sud-ouest de Grenoble, bloquant la RD 1532, ancienne route nationale et principal axe routier sur cette rive entre l'agglomération grenobloise et la communauté de Valence Romans Agglo.

Cet événement est à l'origine d'une polémique au niveau local et départemental, entrainant la création d'un comité de défense par les riverains de cet effondrement afin d'obtenir des réponses sur sa cause et sur les solutions proposées. Le département de l’Isère a, pour sa part, déposé une plainte « contre X » et l'affaire est jugée le .

Contexte vignette|300 px|gauche|Les éboulis s'étendent sur la partie sud de la commune de La Rivière au niveau ou le cours du torrent du Versoud longe et passe sous la RD 1532 Cet éboulement est survenu sur le site d'une des plus importantes carrières de calcaire du département de l'Isère, établie sur une pente du coteau d'ArtetsFalaise occidentale du massif du Vercors, non loin des berges de l'Isère.. Selon France Nature Environnement, un important éboulement était déjà survenu durant au printemps 2019 mais moins conséquent pour les riverains. La DREAL avait alors réalisé une inspection et lancée une étude géotechnique..

Glissement de terrain Le jeudi , peu après 19 heures, un pan entier du coteau d'Artets s’est décroché sur le territoire de la commune de La Rivière, non loin de la commune de Rovon, en Isère, au niveau d’une carrière. La route départementale a été ensevelie.. Selon les communiqués officiels aucune victime n'a été rapportée..

L'éboulement a atteint par endroits une vingtaine de mètres de hauteur.. Une très grande quantité de roches et de terre ont enseveli la route départementale 1532, qui relie Grenoble à Romans-sur-Isère (Drôme), axe qui longe la carrière. La route est coupée aux embranchements avec la route départementale 45 et la RD 51Situé sur les territoires de Saint-Quentin-sur-Isère (RD45) et Cognin-les-Gorges (RD51).. Selon Le Dauphiné libéré, une société chambérienne spécialisée dans la cartographie et la modélisation en 3D, a estimé que plus d'un million de mètres cubes de terre et de roche se seraient ainsi effondrés des flancs de la montagne..

En , un autre éboulement de terrain coupe la ligne de chemin de fer qui relie Grenoble à Valence. Cette voie ferré qui passe de l'autre côté de l'Isère est coupée non loin de l'éboulement de La Rivière, obligeant La SNCF à mettre en place une ligne de car de substitution sur la RD 1092 laquelle sert déjà de voie de déviation à la RD 1532Site mesinfos.fr, article "Ligne SNCF Grenoble-Valence : un chantier technique après l'éboulement à Poliénas"..

Causes vignette|La zone d'éboulement de La Rivière depuis le centre de Tullins. Cette photo semblerait indiquer (à l'appui d'un article publié sur un site web de géologie locale.) que les entailles liées à l'exploitation en paliers successifs étagés de la carrière ont amené à couper la charnière synclinale dite des « coteaux d'Artets », puis à atteindre des couches de plus en plus inclinées vers l'aval du versant de ces coteaux Au niveau de la zone d'éboulement des couches de calcaire homogènes s'empilent les unes sur les autres. Parmi ces couches, certaines étaient plutôt horizontales, mais sur la partie la plus haute, donc au dessus de la carrière, les couches étaient orientées vers la pente ce qui permet de penser que cela a pu favoriser le glissement. Les mécanismes sont cependant très complexes et un mois plus tard, les enquêteurs n'étaient toujours pas capables de comprendre les origines exactes du glissement..

Selon les géologues et géotechniciens chargés des études, trois facteurs ont pu contribuer.. : Les conditions pluvieuses de ce printemps qui ont pu lubrifier la falaise calcaire du Vercors, Une déstabilisation liée à l'exploitation même de la carrière (voir la section #Polémique et procès), Des petits séismes au niveau local.

Conséquences Coupures et déviation vignette|gauche|Coupure de la RD 1532 à Saint-Gervais à environ 400 mètres de la zone d'éboulement

Selon la préfecture de l'Isère, , la route étant coupée sur plusieurs centaines de mètres, une déviation vers l'autoroute A49 a été mise en place.Site saintmarcellin-vercors-isere.fr, page Info route 1532.. La route étant toujours coupée en , le département de l'Isère a réussi à négocier auprès du gestionnaire une baisse du prix du péage pour la section concernée par la déviation.. Depuis le , une tarification spéciale a été accordée par le concessionnaire pour les usagers déviés par la fermeture de la RD1532, la société étendant le dispositif jusqu’à l'échangeur de Saint-Marcellin jusqu'à la fin de l'année 2024 mais elle n’accorde pas pour autant une quelconque possibilité de gratuité..

En outre, au delà de l'autoroute, le trafic s'est également reporté de l'autre côté de l'Isère, sur la départementale 1092, anciennement route nationale 92. Ces deux dernières villes connaissent également un accroissement du trafic routier. Depuis le , une cellule de crise est pilotée par la Préfecture. Les pompiers, les gendarmes ou encore la sécurité civile se réunissent régulièrement depuis l'éboulement afin de faire remonter les problématiques liées notamment à la circulation reportée de l'autre côté de l'Isère.. La coupure et les déviations qui en sont la conséquence, ont, en outre, entrainé une baisse importante de la clientèle chez les restaurateurs des communes de ce côté de la vallée..

Un article publié dans le Dauphiné libéré en annonce que des travaux pourraient éventuellement « démarrer au premier semestre 2028 pour environ dix-huit mois » mais cette information reste du domaine de pure spéculation car la collectivité départementale reste « prudente » quant à l'évolution de ce dossier et sur son calendrier..

Inondations et conséquences écologiques vignette|gauche|Le cours du torrent du Versoud a été recouvert par les éboulis, entraînant des inondations au niveau de son cours supérieur (photo datant de quelques semaines avant l'éboulement) L’éboulement a bloqué l'écoulement du cours d’eau du VersoudAffluent en rive gauche de l'Isère, un torrent s'écoulant depuis les falaises du Vercors en direction de l'Isère, ce qui a entrainé l'inondation des champs de noyers et des maisons des riverains de la vallée après chaque précipitation.. Son cours a été détourné par le Syndicat mixte des bassins hydrauliques de l’IsèreSite ledauphine.com, article de Julien Piccaretta "Après l’éboulement à La Rivière, un nouveau lit pour le ruisseau du Versoud"..

Selon un agriculteur, riverain de la zone d'éboulement : « À 400 mètres de la carrière, l’onde de choc a fait remonter la terre des champs (de noyers) sur plusieurs mètres. Comme un raz-de-marée, une vague.»..

Le , un nouvel éboulement s’est produit au-dessus de cette même carrière. L’équivalent de 150 000 tonnes de matériaux se sont décrochées de la partie sommitale du mont d’Artets..

Disparition de la chapelle Notre-Dame d'Armieu

Cette chapelle, de dimension très modeste, située sur une pente du coteau, à proximité de la route de Valence à Grenoble, à la limite de la commune de Saint-Gervais a totalement été emportée lors de l'éboulement alors qu'elle venait d'être rénovée. Selon le président de l’association Rovon Patrimoine commune proche de la zone d'éboulement, « ce sont 800 ans d’histoire qui viennent de s’effacer »..

Travaux de reconstruction de la route Quelques jours après l'éboulement, le projet privilégié par le département, gestionnaire de cette voie, est de déplacer la route vers l'Isère en raison des risques de nouveaux effondrements.. En , le département de l’Isère déclare étudier un nouveau tracé empruntant une partie de la zone éboulée, mais en dehors du périmètre d’exclusion.. Un avis d’appel à concurrence pour un marché public de maîtrise d’œuvre concernant la reconstruction de la route départementale a été lancé, mais les travaux ne devraient pas commencer avant plusieurs années..

Des micro minages (activation de petits engins explosifs) ont été réalisés sur la falaise à La Rivière entre le 9 et le avant de définir le nouveau tracé de la RD1532..

En juin 2026, Jean-Pierre Barbier, président du conseil départemental de l'Isère annonce une date estimée pour le lancement des travaux de construction du nouveau tracé en janvier 2028.. Une concertation publique est lancée jusqu'au 12 octobre 2026, le projet prévoyant la réalisation d’une section d’environ 1,3 km entre Les communes de La Rivière et Saint-Gervais qui permettra de contourner la zone exposée aux risques résiduels d’éboulement et de glissement de terrain pour ensuite rejoindre la route existante vers le nord (Grenoble) et vers le sud (Valence)..

Polémique et procès Mobilisation des acteurs locaux Deux semaines après l'éboulement, un collectif citoyen dénommé « La montagne gronde, Écoutons-là » a été créé. Ce collectif poursuit plusieurs objectifs, dont celui porter les revendications des habitants concernés, certains d'entre-eux s'étant réunis lors de la première assemblée générale à la mairie de L'Albenc le .. La question de la gratuité de l'autoroute pour les déplacements quotidiens des riverains a été abordée ainsi que celle « d'étudier les responsabilités d’un tel événement »..

Dans son numéro 74 Publication distribuée durant l'automne 2024, le journal local Le Postillon présente une longue enquête sur l'éboulement et évoque une possible responsabilité des exploitants de la carrière..

Le vice-président Bernard Perazio, en charge des mobilités et de la construction publique pour le département de l'Isère, a déclaré que la collectivité puis précise que les "experts, conseillers juridiques et assurances du conseil départemental travaillent actuellement afin de rechercher d'éventuelles responsabilités afin que le département puisse faire valoir ses droits financiers..

Non reconnaissance en catastrophe naturelle

L'arrêté publié au Journal officiel, publié le indique que pour les communes de La Rivière et de Saint-Gervais (dans son annexe 2), cet éboulement n'est pas reconnu en état de catastrophe naturelle. En effet, le texte précise queSite legifrance.gouv.fr annexe 2, texte du 16 décembre 2024.:des facteurs d'origine anthropique sont prédominants dans le déclenchement du mouvement de terrain : terrassements liés à l'exploitation d'une carrière.

Dans son édition du , le Dauphiné libéré précise que le cabinet de la préfète de l'Isère « n'en tire aucune conclusion » et reste très prudent sur la suite à donner. Les études géotechniques restent pour l'instant inaccessibles au grand public et les maires des deux communes restent dans l'attente de l'avancement de l'enquête..

À la suite de la publication de cette décision, le collectif La Montagne Gronde souhaite se transformer en une association. Celui-ci demande, en outre, aux autorités d'être partie prenante d'un projet de route et de développement du territoire..

Actions politiques et judiciaires vignette|120 px|Sandrine Nosbé, député du secteur de l'éboulement En , des élus grenoblois rattachés au groupe écologique du conseil départemental de l'Isère, rejoints par les parlementaires Sandrine Nosbé (député LFI de la circonscription concernée par l'éboulement) et Guillaume Gontard (sénateur écologiste de l'Isère) accusent l’exploitant, la société Carrière de La Rivière (du groupe Eiffage et Carron), de freiner volontairement le processus de sécurisation du site de l'éboulement. Ils dénoncent, selon eux, une « entrave délibérée » et publient un communiqué sur le site officiel du groupe où ils confirment leurs accusations...