Cette liste comprend les différents dirigeants ayant régné sur le territoire de l'actuelle Algérie. Elle s'inscrit dans le cadre plus large de l'histoire des états algériens, qui ont pris des formes variées selon les périodes, allant de royaumes et dynasties à des entités politiques plus structurées. Ces pouvoirs ont exercé leur autorité selon des modalités diverses, fondées tantôt sur des légitimités dynastiques, religieuses ou militaires. La liste permet ainsi de retracer l'évolution des formes de gouvernance et des modes d’exercice du pouvoir, depuis les organisations anciennes jusqu'à l'émergence progressive de structures étatiques plus centraliséesLe terme de « dirigeants » est employé ici dans un sens large, afin d'inclure des figures exerçant une autorité politique effective sur un territoire donné, indépendamment de la nature exacte des institutions. Selon les périodes, cette autorité peut relever de cadres variés (royaumes, dynasties, confédérations ou régences), qui ne correspondent pas nécessairement aux critères de l'État moderne définis par la science politique.

Rois numides La Numidie, État berbère d'Afrique du Nord et considérer comme le premier État algérien de l’histoire, dirigée par plusieurs iguelliden (en berbère au singulier, aguellid : roi) : rois de la Numidie des Massæsyles : roi Syphax (220 av. J.-C. à 215 av. J.-C.) ; rois de la Numidie orientale des Massyles : roi Zelalsan (vers 225 av. J.-C. jusque vers 215 av. J.-C.), roi Gaïa (vers 215 av. J.-C. à 207 av. J.-C.), roi Oezalcès (207 à 206 av. J.-C.), roi Capussa (206 à 206 av. J.-C.), roi Lacumazès (206 à 206 av. J.-C.), roi Massinissa (206 à 202 av. J.-C.), qui unifia la Numidie ; rois de la Numidie unifiée : roi Massinissa (202 à 148 av. J.-C.), roi Micipsa (148 à 118 av. J.-C.), roi Gulussa (148 à 145 av. J.-C.) - vice-roi, ministre de la guerre, roi Mastanabal (145 à 118 av. J.-C.) - vice-roi, ministre de la justice, roi Adherbal (118 à 112 av. J.-C.), roi Hiempsal Ier (118 à 118 av. J.-C.), roi Jugurtha (118 à 106 av. J.-C.), roi Gauda (106 à 88 av. J.-C.), roi Hiempsal II (88 à 60 av. J.-C.), roi Juba Ier (60 à 46 av. J.-C.), intermède de souverainté de la République romaine (46 à 30 a JC), roi Juba II (30 à 23 av. J.-C.), roi Ptolémée de Maurétanie (23 ap. J.-C. à 40 ap. J.-C.) et fin de la dynastie numide.

Rois des Maures et des Romains (Altava)

La ville antique d’Altava, située dans l’ouest de l’Algérie actuelle, fut d’abord fondée au début du comme ville-garnison destinée à la IIe Cohorte des Sardes, avant de devenir un centre urbain d’origine romaine conservant une importance stratégique durant l’Antiquité tardive. Elle n’obtint jamais le statut de colonie (colonia) ni de municipe (municipium) et ne fut reconnue que comme civitas, demeurant une cité de tradition essentiellement maurétanienne. Les sources épigraphiques témoignent de l’évolution progressive de ses institutions politiques et de son organisation administrative, révélant les élites locales et les structures qu’elles incarnaient, tant à l’époque où la cité servait de poste avancé du limes sévérien qu’au moment où elle s’affirma comme centre politique régional sous les Vandales. Sous la domination vandale, la région fut intégrée au royaume vandale d’Afrique du Nord, qui adapta les structures héritées de Rome sans bouleverser profondément le tissu local, tandis que la reconquête byzantine sous Justinien Ier rétablit une autorité impériale partielle et fragile, reposant surtout sur des places fortifiées et un contrôle limité de l’arrière-pays.

La période de l’Antiquité tardive et du haut Moyen Âge en Afrique du Nord est marquée par la formation de pouvoirs locaux berbères structurés autour de figures royales et de confédérations tribales. Parmi les plus importantes figurent Iabdas, Masties et Ortaias, qui incarnent des formes de souveraineté régionale à la fois héritées des cadres romano-byzantins et adaptées aux réalités locales. Ces autorités contrôlent des territoires fluctuants, dans un contexte de fragmentation politique progressive où émergent divers royaumes maures organisés autour de centres de pouvoir autonomes et de réseaux d’alliances tribales. La transition vers la conquête arabe au VIIe siècle s’inscrit dans ce processus de recomposition politique, les sources arabes médiévales évoquant des chefferies locales et des figures comme Koceila et la Kahina, cette dernière occupant une place centrale dans la mémoire historique comme symbole de la résistance berbère face aux Omeyyades, malgré le caractère partiellement légendaire de ces récits. MonarqueDateNotesDirigeant(s) inconnu(s)429-v. 508Le premier dirigeant connu du royaume des Maures et des Romains est Masuna, grâce à des inscriptions datées de 508.Masunav. 508-535Aussi connu sous le nom de Massônas. Il s'allie avec l'Empire byzantin contre le royaume vandale et plus tard contre une coalition berbère rassemblée par Iaudas, roi dans l'Aurès.Mastigas535-541Aussi connu sous le nom de Mastinas. Il contrôle l'entièreté de la province de Maurétanie césarienne, à l'exception de l'ancienne capitale de Césarée.Stotzas541-545Aussi connu sous le nom de Stutias. Il est un ancien rebelle byzantin qui devient roi des Maures et des Romains après son mariage avec la fille d'un roi prédécesseur. Il est vaincu et tué par les forces byzantines loyalistes en 545.Jean545-546Connu sous le nom de Jean le Tyran et surnommé Stotzas le Jeune, il remplace Stotzas à la tête l'armée rebelle. Il est fait prisonnier et envoyé enchaîné à Constantinople, où il aurait été crucifié.Dirigeant(s) inconnu(s)546-v. 570Pas de dirigeant connu entre 545 et les années 570.Garmulv. 570-578Aussi connu sous le nom de Gasmul. Il envahit la préfecture du prétoire d'Afrique dans les années 570. Sa mort et sa défaite en 578 marque la fin du royaume des Maures et des Romains, fragmenté et partiellement réintégré dans l'Empire byzantin.

Thabeta () Reine Dihya (683-703), fille de Thabeta, dite Kahena, reine des Aurès et des Berbères de la Numidie (Ifren, Zenetes et Aurès). Figure importante de l'histoire algérienne, lors de la résistance à la conquête arabe du Maghreb.

Dynastie ifrenide Les Banou Ifren (ou Banu Yefren) sont une confédération tribale berbère zénète ayant joué un rôle important dans l'histoire du Maghreb central au haut Moyen Âge. Affiliés au courant kharidjite, notamment sufrite, ils participent à la formation de plusieurs pouvoirs locaux et prennent part à diverses révoltes contre les autorités omeyyades, aghlabides puis fatimides. Leur influence s'étend sur différentes régions du Maghreb central, où ils contribuent à la fragmentation politique de l'espace et à l'émergence d'autorités tribales autonomes entre le et le , avant de décliner progressivement face à la consolidation des dynasties centralisées.

Abou Qurra de 743 à 789 dirige le royaume sufrite de Tlemcen Abd-Allah-Ibn-Bekkar Yala Ibn Mohamed (950 à 958) Yeddou (958 à 993) Habbous (993 à 1029) Temim Ibn Ziri (1029 à 1035) Abou-al-Kamal (1036 à 1054) Youcef et Yala Bakhti (1055 à 1056) Hammad (1056 à 1066) Mohammed en 1066

Imamat rostémide Les Rostémides forment un État de la période islamique centré sur Tahert (actuelle Tiaret), dirigé par une dynastie d’émirs ibadites. La fondation de cet imamat s'inscrit dans un processus historique combinant des influences venues de l'Orient islamique et des dynamiques locales propres au Maghreb central. Cet État ibadite, établi entre le et le , ne constitue pas une simple transposition de modèles politiques orientaux, mais résulte d'une adaptation progressive aux réalités sociales, tribales et religieuses de la région, tout en s'inscrivant dans les circulations doctrinales et institutionnelles du monde islamique médiéval.

Abd al-Rahman ibn Rustum (776 à 784) Abd al-Wahhab ibn Abd al-Rahman (784 à 832) Aflah ibn Abd al-Wahhab (832 à 871) Abu Bakr ibn Aflah (871 à 871) Abû al-Yaqzan Muhammad (871 à 894) Abu-Hatim Yusuf - règne - (894 à 897) Yaakoub Ibn Aflah (897 à 901) Abu-Hatim Yusuf - règne - (901 à 906) Yakzan Ibn Mohamed (906 à 909)

Dynastie des Fatimides Imâm Ubayd Allah al-Mahdi bi-llah (909–934)

Les troupes berbères des Ketamas (Kutama) jouent un rôle déterminant dans la fondation du califat fatimide sous Ubayd Allah al-Mahdi. Elles participent à la chute de la dynastie des Rostémides et à la conquête de l'Ifriqiya. Après le transfert de la capitale fatimide vers l'Égypte, les Fatimides confient la gestion de l'Ifriqiya à une dynastie vassale, les Zirides, chargés d'y représenter leur autorité. Par la suite, ces derniers s'émancipent progressivement de l'autorité fatimide, affirmant leur autonomie politique sur une large partie du Maghreb.

Dynastie ziride Les Zirides sont une dynastie berbère issue des Sanhadja, initialement établie comme vassale du califat fatimide en Ifriqiya. Après leur installation au pouvoir, ils consolident progressivement leur autorité sur une partie du Maghreb central. Sous leur domination, des centres urbains importants se développent et l'administration du territoire est réorganisée. À partir du début du , les Zirides rompent progressivement avec l'autorité fatimide, reconnaissant l'autorité du califat abbasside de Bagdad, ce qui entraîne une rupture politique avec les Fatimides d’Égypte. Cette évolution conduit à des tensions avec les Fatimides, qui favorisent l'invasion de l'Ifriqiya par les tribus hilaliennes au milieu du , entraînant un affaiblissement durable du pouvoir ziride.

Ziri ibn Menad Abou Ziri (935 à 973) Bologhine ibn Ziri (973-983) - fonde la ville d'Alger Al-Mansur ibn Bologhine (983-995) Badis ibn al-Mansur (995-1015) Al-Muizz ibn Badis (1015-1062) - les Hilaliens, envoyés par les Fatimides, détruisent Kairouan, la capitale des Zirides est transférée à Mahdia Tamim ibn al-Muizz (1062-1108) Yahya ben Tamim (1108-1131) Ali ibn Yahya (1115-1121) Abu'l-Hasan al-Hasan ibn Ali (1121-1148)

Dynastie des Hammadides Les Hammdides, branche des Zirides sanhadjiens, dominèrent le Maghreb central au en fondant la Kalâa des Béni Hammad puis en établissant Béjaïa comme capitale. Ces deux villes devinrent des centres majeurs en Méditerranée, à la fois politiques, économiques, culturels et scientifiques. La Kalâa prospéra grâce aux réfugiés d’Ifriqiya et aux savants venus après les invasions hilaliennes. Sous An-Nāṣir et Al-Manṣūr, la dynastie atteignit son apogée et renforça le rôle maritime et intellectuel de Béjaïa. Cependant, les invasions hilaliennes affaiblirent progressivement leur contrôle sur l’intérieur du pays. Au , les Almohades conquirent Béjaïa et la Kalâa, mettant fin à la dynastie hammadide. Hammad ibn Bologhine (1014 à 1028) - fils de Bologhine ibn Ziri et prince Ziride il fonde la dynastie des Hammadides Al-Qaid ibn Hammad (1028 à 1045) Muhsin ibn Qaid (1045 à 1046) Bologhine ibn Muhammad ibn Hammad (1046 à 1062) An-Nasir ibn Alannas ibn Hammad, (1062 à 1088) Al-Mansur ibn Nasir (1088 à 1105) Badis ben Mansur (1105) Abd al-Aziz ibn Mansur (1105 à 1121) Yahya ibn Abd al-Aziz (1121 à 1152)

Les Hammadides, dernier représentants zirides au Maghreb central, vont finir par être conquis par les Almohades qui délèguent le pouvoir à un gouverneur siégeant à Béjaïa

Dynastie des Zianides Yaghmoracen Ibn Ziane (1236 à 1283) - Fonde la dynastie dont la capitale est Tlemcen (première capitale du Maghreb central sous les Ifrenides). Cette dynastie est également appelée Abdalwadide. Othmane Ibn Yaghmoracen (1283 à 1304) Abou Zeyane Mohapmed Ibn Othmane (1304 à 1308) Abou Hammou Moussa II (1353 à 1389) - Prend Alger. Abou Zeyane (1389 à 1389) Abou El Hadjadj Youssef (1389 à 1393) Abou Zeyane (1393 à 1399) Abou Mohammed (1399 à 1401) Abou Abdallah El Tensi (1401 à 1410) Moulay Said Ibn Abou Hammou (1410 à 1411) Abou Malek (1411 à 1425) Abou Fares (1425 à 1425) Abou El Abas Ahmed (1425 à 1425) Moulay Mohamed (1425 à 1435) Moulay Abdallah (1435 à 1437)