Le Rally1 est une catégorie de voiture de rallye, réglementée par la Fédération internationale de l'automobile. Instaurée lors de la saison 2022, elle représente l'élite du championnat du monde des rallyes, remplaçant les voitures de la catégorie World Rally Car, introduite en 1997.
Conçues pour être moins coûteuses que les , la principale évolution est l'ajout d'un système hybride, avant qu'il ne soit retiré pour la saison 2025. Un partenariat avec introduit un nouveau carburant renouvelable, et des ajustements techniques sont appliqués à la motorisation, la boîte de vitesses et les suspensions pour réduire les coûts de conception et de production.
Pour la première fois depuis la fin du Groupe B en 1986, les Rally1 sont conçus sur des châssis à structure spatiale, et la réglementation impose des limites strictes concernant l'aérodynamisme pour réduire la vitesse et les coûts. La sécurité des voitures est largement renforcée, avec l'introduction d'une cellule de sûreté universelle à toutes les voitures.
Historique
Élaboration du règlement (de à ) Dès , la FIA annonce son intention de simplifier la nomenclature des catégories de rallye, s'inspirant du système utilisé pour les Formules en monoplace. Le , le principal organe décisionnel de la FIA, le Conseil Mondial du Sport Automobile (CMSA), approuve l'introduction d'une nouvelle catégorie destinée à remplacer les WRC à partir de , avec un cycle d'homologation de cinq ans. La principale innovation réside dans l'intégration d'un système hybride, dont les spécifications sont fixées pour les trois premières années, laissant place à une éventuelle plus grande liberté technique à partir de . En , les principales directives du futur règlement technique sont officiellement approuvées par le conseil. vignette|La Ford Fiesta VII WRC d'Adrien Fourmaux en 2021, appartenant à la catégorie précédente, les . Le , la FIA officialise son partenariat avec , désormais unique fournisseur d'un nouveau carburant renouvelable pour le championnat. Cette décision fait suite à un appel d'offres, lancé en , pour rendre la discipline plus durable via de nouvelles technologies. La date limite pour soumettre à la FIA les données d'homologation des moteurs est fixée au , après quoi aucune modification n'est autorisée pendant cinq ans. Pour les livrables concernant le reste des éléments des voitures, la date limite est le , avec une spécification gelée pour les trois années suivantes.
Premier cycle (de à ) Deux semaines plus tard, le , les trois équipes officielles engagées pour le championnat du monde des rallyes 2022 se réunissent à Salzbourg, au Hangar-7 de Red Bull Racing, promoteur de la compétition, pour une cérémonie de présentation officielle. À cette occasion, les équipes de Toyota Gazoo Racing, champions en titre chez les constructeurs lors de la saison 2021, ainsi que Hyundai Motorsport et l'écurie privée M-Sport, dévoilent leurs nouvelles voitures répondant à la nouvelle réglementation Rally1. Le championnat débute cinq jours plus tard, avec le Rallye Monte-Carlo.
Second cycle (depuis ) Le , la FIA officialise la fin du système hybride pour les saisons 2025 et 2026 du championnat du monde des rallyes, avant la nouvelle réglementation prévue pour 2027. Cette évolution du règlement est validée par le Conseil Mondial du Sport Automobile, suite au critiques de fiabilité et de prix de ce système.
Réglementation
Homologation Les spécifications techniques des Rally1 sont définies par l'article 262 de annexe J du Code Sportif International. Les voitures Rally1 n'ont pas besoin d'être homologuées en Groupe A ou N.
Chaîne cinématique
Motorisation vignette|Vue de l'échappement d'une Ford Puma Rally1. Comme pour les précédentes, les moteurs des Rally1 doivent correspondre à la norme GRE, pour . Cette réglementation facilement déclinable, créée en 2011, équipe également depuis certaines Formule 3 et voitures de rallycross. L'objectif de la création de cette spécification par la FIA est de réduire les coûts de développement, de fabrication et d'exploitation du moteur, ainsi que de créer de la convergence des performances. Pour les Rally1, la norme GRE impose un moteur avec quatre cylindres en ligne turbocompressé, d'une cylindrée de développant une puissance maximale de , et d'une masse maximale de . Contrairement aux , le turbo est grandement simplifié, et la soupape d'air frais pour le système anti-lag est supprimée. Pour la saison 2025, et afin de réduire légèrement la puissance des moteurs, le diamètre de la bride d'admission d'air passe de à pour toutes les Rally1.
Les moteurs des voitures Rally1 utilisent un carburant à base d'hydrocarbures non fossiles, comprenant un mélange de composants synthétiques et de biocarburants, fourni par la société . Ce carburant, premier de son genre à être utilisé dans un championnat du monde de la FIA, est fabriqué à partir de matières premières non fossiles, incluant exclusivement de la biomasse de deuxième génération, telle que des résidus agricoles. L'usage de ce carburant ne nécessite aucune modification matérielle du moteur des Rally1. Son pouvoir calorifique est équivalent à celui de l'essence sans plomb, et son utilisation réduit les émissions de dioxyde de carbone de 80 % par rapport aux carburants fossiles.
Boîte de vitesses Les réglementations en Rally1 imposent un retour à une boîte de vitesses séquentielle à cinq rapports. Les différentiels centraux utilisés pour affiner la tenue de route des WRC sont interdits au profit de différentiels à glissement limité mécaniques à l'avant et à l'arrière, offrant une répartition fixe du couple de 50:50 entre les roues avant et arrière.
Mécanique
Suspensions vignette|Le débattement maximal des suspensions des Rally1 est réduit à . La course de l'amortisseur de la jambe de force de type McPherson est limitée à , marquant une réduction significative par rapport aux générations précédentes, n'étant soumises à aucune limite et dépassant souvent les . Si cette modification n'a pas d'impact significatif sur les performances lors des épreuves disputées sur asphalte, elle est perceptible sur les terrains plus accidentés des rallyes en tout-terrain, où les suspensions jouent un rôle crucial dans l'absorption des chocs et la stabilité du véhicule.
Freinage En fonction du type de surface où se déroule un rallye, les systèmes de freinage des Rally1 diffèrent. Sur les rallyes disputés sur asphalte, des disques de frein de de diamètre et d'épaisseur refroidis par air sont utilisés. Des disques plus grands, de de diamètre et d'épaisseur, sont installés pour les épreuves sur terre, afin de répondre aux exigences spécifiques de ces terrains.
Jantes et pneumatiques Pour s'adapter au gain de masse, à la réduction de l'appui aérodynamique, et au rabaissement de la suspension des voitures Rally1, Pirelli revoit la conception de ses pneumatiques en modifiant leur composition. Ces ajustements visent à renforcer la structure des pneumatiques, afin d'atténuer les effets négatifs liés à la charge accrue et réduire l'usure exercée sur la gomme, tout en maintenant les performances nécessaires en compétition.
Châssis vignette|Une Peugeot 205 Turbo 16 Evo2 de 1986, du Groupe B, dernière catégorie avant les Rally1 à ne pas reposer sur le châssis d'une voiture de série. Pour la première fois depuis l'ère du Groupe B, disparu en 1986, les voitures Rally1 adoptent un châssis à structure spatiale au lieu d'être dérivées de voitures de série. Contrairement aux deux catégories précédentes, le Groupe A et les , où les véhicules sont développés à partir de monocoques renforcées de modèles de série, les Rally1 reposent sur un châssis spécialement conçu pour la compétition. Ce type de structure offre une flexibilité accrue en termes de conception, permettant une meilleure optimisation de la répartition des masses et des éléments mécaniques. Malgré cette réglementation, les Rally1 doivent clairement être identifiables à des modèles produits en série, et par conséquent les zones de rajouts de pièces aérodynamiques sont définies.
La largeur maximale d'une Rally1 est fixée à , tous éléments confondus, tandis que la hauteur minimale entre le point le plus bas du châssis et le point le plus haut du toit est de . La réglementation pour la garde au sol reste identique à celle des , c'est-à-dire libre tant qu'aucune partie de la voiture ne touche le sol lorsque tous les pneus d'un côté sont dégonflés, sur une surface plane et avec occupants à bord. La masse à vide minimum est fixé à dans les conditions de contrôle, contre pour les de 2017, avec une seule roue de secours.
Aérodynamisme La nouvelle réglementation des voitures Rally1 marque un recul significatif en matière d'aérodynamisme par rapport aux , avec pour objectif principal de réduire les coûts et la vitesse. L'appui aérodynamique global des Rally1 est réduit d'environ 15 % par rapport à la génération précédente. Parmi les changements notables, plusieurs éléments sont désormais interdits, tels que le diffuseur arrière, les ouïes et les grilles d'aération. Pour compenser l'absence de diffuseur arrière, un angle maximum de 8° est autorisé sur la protection arrière, entre le différentiel et le pare-chocs, à l'endroit même où le diffuseur est positionné dans les WRC de la saison 2017. De plus, un fond plat est obligatoire entre les roues avant et arrière, avec une conception libre permettant des ouvertures pour l'extraction de la chaleur du système d'échappement.vignette|L'ouverture pour le refroidissement du système hybride d'une Hyundai i20 N Rally1, à la place de la glace de custode arrière.Certaines solutions restent autorisées, notamment les conduits de refroidissement dans les pare-chocs et les passages de roue, mais avec des restrictions. Les roues ne doivent pas être visibles à travers ces ouvertures, et celles-ci peuvent être équipées de grillages à mailles de maximum, mais sans persiennes. Par ailleurs, pour répondre aux besoins spécifiques du système hybride utilisé jusqu'en 2025, les ouvertures homologuées dans les panneaux des portes arrière permettent de canaliser l'air frais pour le refroidissement des batteries et du moteur électrique. Le refroidissement des autres éléments reste possible via des conduits dans le pare-chocs avant, à condition qu'ils soient dédiés aux auxiliaires définis dans le règlement, avec un seul conduit autorisé par auxiliaire. Les ouvertures homologuées pour le refroidissement du moteur et de l'habitacle peuvent également être partiellement ou totalement obturées par du ruban adhésif ou des panneaux, comme sur les modèles WRC précédents.
Afin de pouvoir reconnaitre facilement le modèle de série dont une Rally1 s'inspire, les zones d'ajouts de pièces aérodynamiques sont définies. Il n'est pas possible d'élargir la voiture sur toute sa partie haute et sur ses portes avant, ni d'autoriser un élément aérodynamique à dépasser de plus de à l'avant, à l'arrière et sur les côtés.
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