Kirsty Leigh Coventry, née le à Harare, est une championne olympique zimbabwéenne de natation, femme politique et la première femme élue à la présidence du Comité international olympique.
Spécialiste des épreuves de dos crawlé et de quatre nages, elle a été championne olympique à deux reprises, aux Jeux olympiques d’Athènes puis de Pékin. En 2018, elle devient ministre du Sport, des Loisirs, des Arts et de la Culture du Zimbabwe dans le gouvernement d'Emmerson Mnangagwa. Le , elle est élue présidente du Comité international olympique pour succéder à Thomas Bach. Depuis 1896, seuls des hommes avaient présidé l'institution, sans qu'aucun ne soit issu du continent africain.
Elle découvre la compétition internationale à la fin des années 1990. Après une première participation aux Jeux olympiques en 2000 à Sydney, elle entame une progression constante la conduisant à devenir, quatre années plus tard, la première championne olympique individuelle de son pays. Elle confirme son nouveau statut en remportant plusieurs récompenses lors des championnats du monde, et notamment deux couronnes mondiales gagnées en 2005 à Montréal. Après des contre-performances en 2006 et 2007, Coventry bat le premier record du monde de sa carrière en . Quelques mois plus tard, aux Jeux olympiques d'été de 2008, elle conserve son titre olympique du dos et remporte trois autres médailles en argent. Pour sa performance aux Jeux olympiques de Pékin, le président du Zimbabwe Robert Mugabe lui a versé américains. Elle a remis une portion de cet argent à des œuvres de charité. Le président du Comité olympique du Zimbabwe Paul Chingoka l'a décrite comme « notre trésor national » et le président Mugabe lui-même a affirmé qu'elle était « une fille en or ».
Biographie
Origines et formation Kirsty Coventry naît le à Harare au Zimbabwe. Ses parents, Rob et Lynn, dirigent une entreprise spécialisée dans la chimie industrielle (fabriquant des produits ménagers de nettoyage) non loin de la capitale administrative. Son grand-père ayant été président d'une association de natation, ses parents ayant pratiqué cette discipline et son oncle ayant déjà représenté le Zimbabwe en natation, Kirsty Coventry découvre très tôt l'environnement des sports aquatiques. Elle apprend ainsi à nager dès l’âge d’, et pratique la natation en club à partir de .
Souvent interrogée à propos des crises économique et politique qui secouent le Zimbabwe depuis le début des années 2000, Kirsty Coventry préfère ne en particulier lorsque sont évoquées les discriminations envers les Blancs, communauté à laquelle sa famille appartient. Elle reconnaît néanmoins symboliser l'espoir d'un changement dans un pays qu'elle souhaite continuer à représenter malgré son départ pour les États-Unis en 2001 où elle suit des études artistiques.
Débuts sportifs Kirsty Coventry participe pour la première fois aux Jeux du Commonwealth en 1998 à Kuala Lumpur, championnats lors desquels elle parvient en demi-finale du quatre nages Profil de Kirsty Coventry sur le site du club universitaire omnisports des Auburn Tigers.. La nageuse obtient par la suite sa qualification pour les Jeux olympiques de 2000 qu'organiseront la ville de Sydney. Performante en dos crawlé, elle y atteint les demi-finales sur le dos, une performance jamais réalisée par une nageuse zimbabwéenne jusque-là. Sixième temps de sa demi-finale, elle n'obtient cependant pas son billet pour la finale. Alignée par ailleurs sur 50 et nage libre et quatre nages, elle ne parvient pas à passer le cap des séries éliminatoires. Dans un pays où le sport est peu développé, sa place de demi-finaliste lui permet d'être désignée sportive zimbabwéenne de l'année. La nageuse change d'environnement l'année suivante en allant étudier aux États-Unis, un pays offrant de meilleures conditions d'entraînement pour les sportifs de haut niveau. Étudiante à l'université d'Auburn dans l'Alabama, elle s'entraîne et nage pour le club omnisports des Tigres d'Auburn. Avec lui, elle s'illustre dans la Southeastern Conference (SEC) et lors des championnats NCAA en décrochant plusieurs podiums lors de la saison 2001-2002. À l'occasion des Jeux du Commonwealth de 2002 organisés à Manchester, la nageuse se distingue en remportant la médaille d'or sur l'épreuve du quatre nages en devançant l'Australienne Jennifer Reilly Statistiques des Jeux du Commonwealth de 2002 sur le site de BBC Sport.. Elle obtient en outre des places d'honneur sur les épreuves de dos crawlé.
Ses performances lui permettent de participer pour la première fois aux championnats du monde de natation en 2003 à Barcelone (Espagne). Engagée sur les épreuves de dos et en 4 nages, elle obtient son meilleur résultat sur le quatre nages où, neuvième temps des demi-finales, elle ne manque que d'une place la finale mondiale. Ne passant pas le cap des séries sur le dos, elle ne parvient pas non plus à s'extirper des demi-finales sur le 200 m dos et le 4 nages.
D'Athènes à Montréal : le temps des consécrations Les Jeux olympiques d'Athènes Entre 2003 et 2004, la nageuse africaine prend une nouvelle dimension en signant notamment la meilleure performance mondiale de l'année en petit bassin sur 200 m dos (2 min 03 s 86). Réalisant ce temps lors des championnats NCAA, elle inflige à cette occasion l'unique défaite dans la carrière universitaire de l'Américaine Natalie Coughlin « Auburn wins women's swimming title », site du quotidien USA Today, 22 mars 2004., une nageuse déjà récompensé au niveau mondial. Avec son club des Tigres d'Auburn, elle remporte le titre NCAA deux années de suite en 2003 et 2004. Logiquement qualifiée pour participer une seconde fois aux Jeux olympiques, elle est la tête d'affiche de la délégation zimbabwéenne pour les Jeux d'Athènes organisés en . La nageuse y focalise son programme sur trois épreuves : le 100 m dos, le 200 m dos et le 200 m 4 nages. Elle entre dans la compétition sur le dos, épreuve dans laquelle elle s'emploie à battre le record d'Afrique dès les demi-finales pour obtenir sa qualification pour la finale. Septième temps global de ces demi-finales, elle nage la grande finale à la ligne d'eau numéro 1 alors que la favorite américaine, Natalie Coughlin, concourt à la ligne d'eau numéro 4 Résultats officiels de la finale du 100 m dos aux Jeux d'Athènes, sur omegatiming.com.. Après de course, la Zimbabwéenne bascule en troisième position derrière Coughlin et la Japonaise Reiko Nakamura. Passée avec un retard de plus de huit dixièmes sur l'Américaine, Coventry réalise la meilleure seconde partie de course parmi les huit concurrentes. À l'issue des , Coventry n'échoue qu'à 13 centièmes de Coughlin et devance la Française Laure Manaudou. La nageuse du Zimbabwe remporte ainsi sa première médaille olympique, un titre de vice-championne olympique. Quelques minutes plus tard, elle doit enchaîner sur la demi-finale du quatre nages. Quatrième temps sur seize nageuses, elle obtient son billet pour la finale programmée le lendemain. Lors de la course, distancée par les favorites Yana Klochkova et Amanda Beard, Coventry lutte avec la Hongroise Agnes Kovacs pour la médaille de bronze. Quatrième aux , elle dépasse cette dernière et obtient la médaille de bronze, record d'Afrique à la clé (2 min 12 s 72 Résultats officiels de la finale du 200 m 4 nages aux Jeux d'Athènes, sur omegatiming.com.).
Déjà double médaillée, la Zimbabwéenne aborde l'épreuve pour laquelle elle a montré ses bonnes dispositions lors de l'année précédente en dominant les chronos mondiaux, le dos. Deuxième temps des demi-finales derrière la jeune russe Stanislava Komarova, Kirsty Coventry domine la course de bout en bout. Après les de course, elle devance la Russe d'une demi-seconde pour obtenir le premier titre olympique de sa carrière Résultats officiels de la finale du 200 m dos aux Jeux d'Athènes, sur omegatiming.com., la troisième récompense décrochée dans le bassin olympique d'Athènes.
Les temps réalisés pour obtenir ses trois médailles olympiques constituent chacun de nouveaux records d'Afrique. Par ailleurs, la nageuse apporte à son pays les trois premières médailles olympiques depuis le titre décroché par l'équipe féminine de hockey sur gazon en 1980 à Moscou, la première et unique récompense olympique du Zimbabwe jusqu'en 2004Base complète des résultats olympiques sur olympic.org, site officiel du Comité international olympique.. Cela explique l'accueil triomphal que reçoit la nageuse à son retour à Harare, sa ville natale et capitale du Zimbabwe « Zimbabwe puts aside racial tensions to give hero's welcome to triple medal winner », site du quotidien américain USA Today, 25 août 2004.. Ces célébrations permettent en outre de rapprocher quelque peu les communautés noire et blanche, victimes toutes deux d'une grave crise alimentaire et, pour la seconde, de politiques discriminatoires sous le régime du président Robert Mugabe. Pourtant, ce dernier offre un chèque de dollars américains ainsi qu'un passeport diplomatique à la sportive (la somme est reversée au Comité olympique zimbabwéen afin de soutenir les jeunes sportifs du pays).
Les Mondiaux de Montréal Dans la première partie de l'année 2005, la nageuse africaine affirme sa domination sur ces épreuves de prédilection. Ainsi, aux championnats NCAA, elle gagne le 200 yards dos ainsi que les 200 et 400 yards 4 nages. Son club perd cependant le titre NCAA conquis cette saison par les Georgia Bulldogs Palmarès des championnats NCAA, sur ncaa.org.. En , la Zimbabwéenne prend la direction de Montréal où se déroulent les championnats du monde. Alignée d'abord sur le quatre nages, épreuve dont elle est médaillée olympique, Coventry ne peut contester la domination de l'Américaine Katie Hoff et obtient donc la médaille d'argent. Le lendemain, la nageuse participe à la finale du 100 m dos mais ne peut surveiller ses principales concurrentes puisque nageant à la ligne d'eau numéro 1 Résultats de la finale du 100 m dos lors des Mondiaux de Montréal, sur omegatiming.com.. Largement distancée après une longueur de bassin par la championne olympique Natalie Coughlin, la nageuse du Zimbabwe profite des difficultés de cette dernière lors de la seconde partie de course pour s'emparer du titre mondial. En 1 min 00 s 24, elle devance l'Allemande Antje Buschschulte et Coughlin, seulement troisième. La Zimbabwéenne, première championne du monde de natation de son pays, conquiert la première couronne mondiale de sa carrière. Quelques jours plus tard, elle signe un nouveau succès en remportant la médaille d'or sur le 200 m dos, épreuve dont elle est championne olympique. Elle devance à cette occasion la vice-championne du monde en titre, l'Américaine Margaret Hoelzer. Inscrite sur 400 m 4 nages, la Zimbabwéenne remporte une quatrième et dernière médaille en terminant seconde derrière Katie Hoff. Quadruple médaillée, la Zimbabwéenne est désignée meilleure nageuse de la compétition à l'instar de l'Australien Grant Hackett chez les hommesChampionnats du monde de natation 2005, sur lequipe.fr..
2006-2007, entre blessures et transition