L’église Saint-Pierre d’Oeyreluy est un lieu de culte catholique à Oeyreluy, dans les Landes. Son portail roman fait l’objet d’une inscription au titre de monument historique depuis le .

Ancien prieuré de l’abbaye de Divielle, cette église romane possède un portail romane du , deux cloches, six vitraux et un nombre important de mobiliers anciens. Propriété de la commune, elle est rattachée à la paroisse Saint-Joseph-des-Barthes et au diocèse d'Aire et Dax.

Localisation L’église est située rue du Bourg, dans le centre du village de Oeyreluy, au sud de Dax. Elle est positionnée sur la place centrale du village, entourée par la rue du Bourg et la rue de Bénézit, non loin de la mairie..

Historique L’église est d’abord construite à proximité du Luy et constitue l’un des prieurés de l’abbaye de Divielle. Sa construction date des débuts de l’époque romane. Elle est construite à l’aide des pierres d’une villa antique détruite. Son portail roman date probablement du . À cause des fréquentes inondations et de la distance du bourg, l’église est démontée et remontée pierre par pierre au centre du village peu avant la Révolution.

Le décret du transforme l’église en chapelle et le succursale d’Oeyreluy est rattachée à celle de Tercis-les-Bains. À deux reprises, le 8 et le les habitants d’Oeyreluy, leur maire et leur curé réclament le retour d’une succursale et d’une église dans le village à Joseph-Jacques Loison, évêque de Bayonne. Finalement, l’abbé Caillau est nommé curé d’Oeyreluy le . Il y trouve un édifice , possédant seulement un calice en argent et un autel en ruines. La cloche est fondue en 1858 et bénite par Prosper-Michel-Arnaud Hiraboure, évêque d'Aire, le de la même année. Son successeur, Louis-Marie Épivent, autorise un changement d’autel le ..

L’édifice est à plusieurs reprises modifié : on trouve . La chapelle sud est ajoutée en 1843 et la chapelle nord en 1902.. Son portail roman est inscrite au titre des monuments historiques par décret le .. Les fenêtres des contreforts du chevet sont rétablies dans les années 1970.

Architecture L’église Saint-Pierre est une église romane. Sa nef est triangulaire et son abside est semi-circulaire. Deux chapelles latérales sont positionnées en avant du chœur. Le clocher en impériale sur la face ouest est surmonté d’une flèche.

Portail roman Bien que la tradition locale fasse remonter la construction de la porte romane de la face nord au ou au , elle n’est probablement pas antérieure au . Elle est entourée de deux colonnettes et est surmontée d’un chapiteau et d’un tympan orné du chrisme. Les contours du portail sont richement sculptés : une sur le linteau, Daniel dans la fosse aux lions et sur le chapiteau gauche, et un homme debout derrière un animal allongé et des sur le chapiteau droit...

Décors et mobilier Sa longue histoire de prieuré dépendant de l’abbaye de Divielle permet une importante concentration de mobiliers et décors historiques dans cette église. On y trouve par exemple deux cloches du , des vitraux du début du , un autel du , des fonts baptismaux du tournant et du et un tableau du ..

Cloches Les deux cloches de l’église, nommées Marie Françoise et Marie Valentine, sont faites de bronze. La première, mesurant de haut et de large, est ornée de gravures d’un calvaire et de Marie Madeleine sur le vase, de deux arcatures gothiques à accolades sur le vase supérieur et le cerveau et d’une frise de rinceaux sur la faussure. La seconde, mesurant de haut et de large, arbore une croix grecque fleuronnée et nimbée avec calice rayonnant sur le médaillon central du vase, d’une frise de fleurons dans des quadrilobes sur le vase supérieur et de frises de cercles entourant alternativement des croix pattées et des étoiles sur la faussure. La première cloche de l’église dont on retrouve la trace est exécutée en 1812 par François Bardan ou Bardau, la deuxième par le fondeur dacquois François-Dominique Delestan en 1858. Le parrain de la première est Bernard-Marie de Neurisse, baron de Laluque, et Thérèse Dufaur. La deuxième est parrainée par Laurence de Bachelier d’Armana, sa belle-fille. Elles sont toutes deux fondues en 1953 pour servir de matériau aux deux cloches actuelles par le fondeur tarbais Marcel Fourcade..

Vitraux L’église compte six vitraux. Nous n’avons aucune information sur les deux premiers. Le troisième dépeint Abdon avec un lion à ses pieds, le quatrième Vincent de Paul, le cinquième Notre-Dame de Lourdes et le sixième Pierre. Ils sont représentés . Les vitraux 3, 4 et 6 figurent des , tandis que les bordures du cinquième sont à . Ils sont l’œuvre du peintre-verrier toulousain Louis Saint-Blancat. Les vitraux de la nef et de la chapelle nord sont réalisés en 1900, tandis que ceux de la chapelle sud sont effectués en 1902. Le quatrième vitrail, originellement placé dans le chœur, est déplacé vers la chapelle sud. Les vitraux 3 et 6 sont offerts par Abdon d’Armana, fille de Laurence de Bachelier de Talamon, le quatrième est offert par Hector du Poy, son petit-gendre, et maire d’Oeyreluy et le cinquième par les jeunes filles de la paroisse..

Tableaux L’église conserve plusieurs tableaux, dont un Portrait du père Joseph, réalisé au ou au par un auteur inconnu. Cette huile sur toile () dépeint François Leclerc du Tremblay, dit père Joseph, frère capucin et conseiller du cardinal de Richelieu. Il est représenté de trois-quarts et à mi-corp. Il arbore une longue barbe et porte le froc des capucins. Un crâne humain surmonté d’une barrette de cardinal est posé devant lui sur une table recouverte d’un tissu vert. Le tableau porte l’inscription suivante. :

Dans la chapelle nord, près des fonts baptismaux, on trouve un tableau auquel on donne les titres La Vierge à l'Enfant et un saint évêque ou Vierge et évêque. Il est exécuté par un certain Saïe (ou Saïr ou Saït) en 1762. Également une huile sur toile, elle représente un évêque portant une mitre et une crosse dont l’identité est inconnue bénissant la vierge à l'Enfant. D’après un inventaire de 2013, le tableau mesurerait . Selon une notice de 2011, ses dimensions seraient plutôt sans le cadre et avec. Elle signale également un réparé avec un morceau de toile au niveau de la hanche de l’évêque et qu’il est encrassé et que son vernis est moisi...

À l’opposé, dans la chapelle sud, se situe un tableau mystérieux, nommé Saint Norbert recevant la règle de saint Augustin des mains du pape Honorius II par une notice de 2011 et Saint Albert le Grand ? par l’inventaire de 2013. Cette huile sur toile, datant de la première moitié du et dont l’auteur est inconnu, mesure avec le cadre et sans. On y voit, dans une salle de palais, la remise d’un livret broché par le pape assis sur son trône et entouré de deux cardinaux à deux moines à l’habit blanc agenouillés devant lui. L’un des cardinaux tient un étui en cuir et un hallebardier garde la porte. D’après Jean-Philippe Maisonnave, elle représente . Selon la notice de 2011, elle représente un pape (dont les armoiries derrière le trône sont fantaisistes) remettant la règle d’un ordre à son fondateur. D’après l’habit des deux religieux, il s’agirait de Norbert de Xanten, fondateur de l’ordre des prémontrés, recevant la règle de l’ordre de la part d’. Si cette hypothèse était exacte, cela permettrait de relier le tableau à l’abbaye de Divielle, abbaye prémontrée dont l’église dépend jusqu’à la Révolution d’après Vincent Foix...

Statues L’église compte deux statues : une du Sacré-Cœur et une de Jeanne d'Arc. La première mesure et représente le Sacré-Cœur , la seconde mesure et dépeint Jeanne d’Arc . Elles ont été fabriquées en plâtre par l’entreprise parisienne La sculpture religieuse à quelques années d’intervalles entre la fin du et le début du . La première est une copie d’une statue offerte par Patrice de Mac Mahon et produite en série après la validation de . Elle est inventoriée dès 1906 dans l’église. La seconde est issue d’un modèle créé en 1909..

Autel L’autel () date du premier quart du . Composé de marbre blanc veiné mouluré et décoré de plusieurs motifs, dont une croix grecque et un pélican mystique. Il est morcelé vers 1970. Entre 1992 et 2011, il est déplacé dans le chœur pour remplacer l’autel Sacré-Cœur offert par Abdon d’Armana en 1902. Il est abîmé et tronqué de plusieurs parties. Il est accompagné d’un tabernacle encastré dans le mur. et d’un autel « face au peuple » () créé à partir des pièces d’une chaire à prêcher étant du ..

Autre mobilier Dans la sacristie, on trouve un calice en argent doré mesurant . Le pied, large de , est gravé et cisaillé. Il est relié par un nœud ovoïde à une coupe de . Il est décoré par une croix sur un talus herbeux sur la base du pied, avec, dessus, un cœur percé de clous et de plaies sanglantes. Trois angelots à bavette alternant avec des bouquets de fruit décorent le nœud. Il y a deux frises sur le pied : une à feuilles trilobées à nervure perlée sur la bâte et une d'oves sur le bord du pied. Les collerettes sont ornées de perles. Il date de la fin du et est l’œuvre d’un orfèvre bordelais, probablement de la famille Sermesan. Il s’agit d’un des ... Au même endroit sont conservés un calice et un patène fabriqués dans un atelier parisien dans la deuxième moitié du . De style néogothique, le calice ( de haut, au pied large de et à la coupe large de ) est composé d’un pied à six lobes, d’une tige tubulaire, d’un noeud torique, d’une bague et d’une coupe à décor gravé imitant une fausse-coupe. Il est couvert de hauts-reliefs de la Sainte Famille, de représentations des verrues théologales, d’une croix de Malte, de motifs végétaux et d’un cœur de Marie. Le patène mesure de diamètre.. Un ostensoir du milieu du est conservé dans la sacristie. Il est l’œuvre de la fabrique lyonnaise Favier frères, dont on retrouve poinçon à la base. Mesurant , il est fait de bois feuillu exotique recouvert de peinture dorée. De style art déco, sa base et sa tige sont hexagonales. Il est décoré de quatre gerbes de trois épis de blé en rayons..

Les fonts baptismaux en calcaire mouluré mesurent (pour de profondeur). Ils datent de la limite entre le et le . Ils étaient originellement fixés à un mur du cœur, mais, lors de leur découverte en 1992, ils ont été déplacés au milieu de la chapelle nord. Ils sont abîmés et plusieurs éléments ont été refaits avec du ciment.. Un bénitier datant de la première moitié du est situé à l’ouest de la nef. En marbre veiné, il est composé d’une vasque ovale mesurant moulurée et bordée de feuillures et d’un pied en balustres portant l’objet à de haut. Le pied est ébréché à sa base et à son sommet ; il est réparé avec du ciment.. On trouve également dans la nef treize bancs de fidèles en bois datant du ..

Notes et références

Base Mérimée :

Base Palissy :

Autres références :

Annexes Articles connexes Liste des églises des Landes Liste des monuments historiques des Landes

Bibliographie

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Ouvrages . . . .

Liens externes

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