Glenn Ligon (né en 1960) est un artiste conceptuel américain dont le travail explore les notions de langage, désir, sexualité, les questions raciales et l'identité Richard Meyer, « Glenn Ligon » dans : George E. Haggerty et Bonnie Zimmerman (dir.), Gay Histories and Cultures: An Encyclopedia, Volume 2, New York, Garland Publishing, 2000..

Ligon tire souvent ses sources de la littérature et de discours de personnalités culturelles du telles que James Baldwin, Zora Neale Hurston, Gertrude Stein, Jean Genet et Richard Pryor.

Biographie Jeunesse et formation Glenn Ligon est né en 1960 dans le Forest Houses Projects dans le sud du Bronx. À l'âge de sept ans, ses parents, divorcés et issus de la classe ouvrière, ont réussi à obtenir des bourses pour que lui et son frère aîné puissent intégrer la Walden School, une école privée de qualité située dans l'Upper West Side de Manhattan Hunter Drohojowska-Philp, « Glenn Ligon gets Obama's vote », Los Angeles Times, 11 décembre 2009..

Ligon s'inscrit à l'École de design de Rhode Island, où il passe deux ans avant d'être transféré à l'Université Wesleyenne. Il est diplômé de Wesleyan avec un BA en 1982..

Après avoir obtenu son diplôme, il a travaillé comme relecteur dans un cabinet d'avocats, tandis que pendant son temps libre il peignait, travaillant dans le style expressionniste abstrait de Willem de Kooning et Jackson Pollock. En 1985, il participe au programme d'études indépendantes du Whitney Museum of American Art.

Carrière Il a commencé sa carrière en tant que peintre abstrait, puis commencé à introduire du texte et des mots dans son travail au milieu des années 1980 afin de mieux exprimer ses préoccupations politiques et ses idées sur l'identité raciale.. La plupart des textes qu'il a utilisés proviennent d'importants écrivains afro-américains (James Baldwin, Zora Neale Hurston et Ralph Ellison).

Glenn Ligon s'est fait connaître au début des années 1990, en même temps qu'une génération d'artistes tels que Janine Antoni, Renée Green, Marlon Riggs, Gary Simmons et Lorna Simpson..

Œuvre Glenn Ligon exploite de multiples médias dans sa pratique, notamment la peinture, la gravure, le néon, la vidéo et la photographie. Son travail est largement influencé par ses expériences en tant qu’homme afro-américain homosexuel vivant aux États-Unis.

Œuvres basées sur des textes En 1990, il tient sa première exposition personnelle, , à Brooklyn. Cette exposition a établi la réputation de Glenn Ligon pour la création de grandes peintures textuelles dans lesquelles une phrase tirée de la littérature ou d'autres sources est répétée en boucle. Les taches et les traînées du texte au pochoir se superposent jusqu'à ce que les lignes répétées soit occultés. (1988), est une réinterprétation des pancartes portées lors de la grève des éboueurs de Memphis en 1968 c'est le premier exemple de son usage du texte Carol Vogel, « National Gallery of Art Acquires Glenn Ligon Painting » , The New York Times, 16 novembre 2012.. Dans plusieurs autres tableaux, il superpose des textes répétés jusqu'à les rendre illisibles, exigeant l'attention du spectateur alors qu'il tente de distinguer les mots obscurcis.. de Ligon (1991) comprend le texte d'ouverture de de Ralph Ellison, peint au pochoir dans différentes nuances de noir et de gris, les mots devenant moins perceptibles à mesure qu'ils progressent vers le bas de la composition. Il utilise ce même passage de texte dans (1991), mais obscurcit davantage les mots, créant ainsi un sentiment supplémentaire d'abstraction et d'ambiguïté sur le sujet..

En 1993, Ligon a commencé sa série de peintures basées sur les numéros de stand-up comedy révolutionnaires de Richard Pryor des années 1970.

Dans la série de Ligon, il poursuit une exploration de longue haleine de peintures basées sur l'essai de James Baldwin de 1953, . Cette série a débuté en 1996 avec des extraits sélectionnés rendus selon la technique du pochoir de Ligon qui réduit progressivement la lisibilité du texte sur la toile. En 2021, Ligon met un point d'orgue à cette série en présentant l'essai dans son intégralité sous la forme de peintures textuelles à grande échelle.

La série de Glenn Ligon a débuté avec des gravures en 2012. En 2018, il étend cette série à des peintures réalisées à l'aide de pochoirs. Elles ne font pas directement référence à des textes préexistants, ni à de la littérature ou à des actes de parole de personnalités culturelles. Au lieu de cela, la série utilise des pochoirs de formes de lettres créées par Ligon. Les formes des lettres sont disposées dans des compositions sur toute la toile. Bien que reconnaissables comme des lettres, les formes au pochoir s'empilent et se superposent également sur la toile, renforçant l'engagement de longue date de Ligon envers les questions de lisibilité et la tension entre figuration et abstraction.

To Disembark (1993) et Runaways (1993) En 1993, de Ligon a été présenté au Hirshhorn Museum and Sculpture Garden à Washington, DC. Le titre fait référence au titre d'un recueil de poésie de Gwendolyn Brooks. L'exposition établit un lien entre l'héritage de l'esclavage américain et les injustices raciales d'aujourd'hui, et reconnaît que les Afro-Américains souffrent encore des résidus de l'ère esclavagiste prenant la forme du racisme. Dans l'œuvre éponyme de l'exposition de 1993, Ligon a conçu une série de caisses inspirées de celle décrite par Henry « Box » Brown dans son récit de Henry Box Brown qui s'est échappé de l'esclavage enfermé dans une boîte de . Brown s'était échappé de l'esclavage en se postant lui même de Virginie vers la liberté en Philadelphie via une caisse.. L'exposition s'articule autour de neuf caisses que Ligon a construites et dispersées dans la galerie. Ligon a également pris note de la façon dont Brown aurait chanté à son arrivée à Philadelphie. Pour intégrer cet élément, Ligon a placé des haut-parleurs à l'intérieur des caisses diffusant à un bas niveau sonore des chansons telles que chantée par Billie Holiday et de KRS-One. Chaque caisse diffusait un son différent, comme un battement de cœur, une musique spirituelle ou un rap contemporain. La juxtaposition de toutes les chansons, couvrant un siècle, est un élément auditif exposant davantage les effets durables de l'esclavage. a été utilisé par d'autres artistes noirs tels que Hank Willis Thomas dans sa série photographique du même nom.

Cette exposition comprend également (1993), une suite de . Ligon a demandé à des amis de le décrire et a ensuite inclus ces descriptions sous forme de texte dans une série d'affiches le représentant comme un esclave en fuite, dans le style des journaux du diffusés pour annoncer le retour des esclaves fugitifs.

Dans une autre partie de l'exposition, Glenn Ligon a dessiné au pochoir quatre citations d'un essai de Zora Neale Hurston de 1928, . Il intervient directement sur les murs en inscrivant en langue anglaise : (Je me sens plus coloré quand je suis projeté sur un fond blanc net), (Je me souviens du jour même où je suis devenu coloré), (Je ne suis pas tragiquement coloré), et (Je ne me sens pas toujours coloré). Glenn Ligon a trouvé l'écriture de Hurston éclairante parce qu'elle explore l'idée de la race comme un concept structuré par le contexte plutôt que par l'essence.

Notes on the Margin of the Black Book (1991-1993) Dans (1991-1993), Glenn Ligon pense à partir des photographies d'hommes noirs de Robert Mapplethorpe tirées de son livre de 1996 intitulé . Ligon a découpé des pages du et encadré ses , les installant sur deux rangées horizontales. Entre elles se trouvent deux autres rangées de petites fiches dactylographiés encadrés, sur la sexualité, la race, le sida, l'art et la controverse autour de l'œuvre de Mapplethorpe lancée par le membre du Congrès du Texas de l'époque, Dick Armey. Glenn Ligon souligne explicitement problèmes que porte les visuels dans le livre de Mapplethorpe avec sa rangée de notes ponctuant les rangées de photographies. Ces images, parce qu'elles ont été publiées pour la première fois dans le livre de Mapplethorpe, avaient une portée limitée dans laquelle elles étaient vues. Ligon a cependant rendu ces images publiques lors d'une présentation dans un musée : Ligon a forcé le public à regarder ces images dans une salle remplie d'autres spectateurs.. Cela permet une discussion ouverte sur les images et les politiques qui les entourent.

Feast of Scraps (1994-98) Dans (1994-1998), Glenn Ligon a inséré, dans des albums de famille, des images d'hommes noirs provenant de magazines pornographiques, accompagnées de légendes inventées (« maman le savait », « je suis tombé », « c'est un processus »). On y voit notamment des photos de remise de diplôme, des clichés de vacances, des photos de , de fêtes d'anniversaire et de baptêmes. Certaines de ces dernières photos incluent la famille de l'artiste. La photographie est utilisée comme un moyen de représenter des identités multiples, pour exprimer la fragmentation de l'identité noire, en particulier l'identité propre de l'artiste. Glenn Ligon reconnaît que la sexualité est quelque chose qui n'est pas nécessairement visible, donc elle peut être effacée sur des photographies telles que celles de son adolescence.. Les compositions amènent le spectateur à imaginer d’autres aspects de l’identité et du récit des personnes représentées dans ces photographies. Ce projet s'inspire des histoires secrètes et des significations enfouies dans les images dont on hérite.

Série de livres de coloriage Une autre série de grandes peintures de Glenn Ligon est basée sur le coloriage par les enfants de dessins de figures emblématiques dans les livres de coloriage sur l'histoire des Noirs des années 1970 Jerry Saltz, « Art: Sign of Life », New York, 14-21 mars 2011, p. 148.. Cette série a débuté lorsque Ligon était artiste en résidence au Walker Art Museum en 1999-2000. Là, il a travaillé avec des écoliers pour colorier les pages de livres de coloriage trouvés. Les œuvres qui en résultent sont une série de peintures et de dessins qui représentent les interventions des enfants. Des personnages tels que Malcolm X, Harriet Tubman et Isaac Hayes sont représentés dans ces œuvres.

Néons Depuis 2005, Ligon réalise des œuvres en néon. (2005) est la première exploration de Ligon dans le domaine du néon. Il y reprend un fragment de texte de , le roman de 1909 de l'autrice américaine Gertrude Stein : en néon blanc chaud, dont les lettres ont ensuite été peintes en noir sur la face avant. En 2008, la pièce a été présentée dans l'exposition collective de la Renaissance Society, .. Elle a été installée dans la fenêtre du hall du Whitney Museum en 2011 Carol Vogel, « New School's New Neon », The New York Times, 26 octobre 2012.. D'autres œuvres au néon sont dérivées de sculptures au néon de Bruce Nauman. Par exemple : (2006) est issu de (1984) de Nauman..

Ligon a créé d’autres installations à grande échelle en utilisant du néon. Des Parisiens Noirs (2019) est une installation représentant les noms de 13 modèles noirs issus de peintures historiques qui a été présentée sur une façade intérieure du musée d'Orsay, à Paris. Ce projet solo a été présenté parallèlement à Le Modèle noir, de Géricault à Matisse, une exposition centrée sur les modèles d'origine africaine dans des peintures historiques et dont les détails biographiques ont été largement découverts grâce à des recherches d'archives.. Laure qui a posé pour l'Olympia de Manet par exemple, fait partie des treize noms de mannequins noirs que Ligon affiche en néon. L'un des 13 néons inclus dans cette œuvre porte la mention « nom inconnu » pour rendre hommage aux modèles dont les noms n'ont pas encore été retracés.