L'histoire du Canada aborde le Canada, monarchie constitutionnelle qui occupe la partie septentrionale du continent nord-américain, sous un angle historique, depuis ses origines jusqu'à nos jours.
Habité depuis des millénaires par les Autochtones (peuples autochtones), le Canada a évolué à partir d'un groupe de colonies européennes en une monarchie officiellement bilingue (anglais et français) et multiculturelle depuis 1971. Les Français ont commencé à explorer à partir de 1534 et ont commencé à coloniser les rives du Saint-Laurent en 1608, sur un territoire qu'ils ont nommé la Nouvelle-France (1534-1763). Les Britanniques commencèrent à explorer les côtes en 1534 et débutèrent la colonisation à Terre-Neuve en 1583. Par la suite, ils ont conquis le Canada en 1759 et l'ont renommé Province de Québec.
Les colonies de l'Amérique du Nord britannique ont formé en 1867 une fédération appelée Dominion du Canada, lequel a obtenu la souveraineté d'une manière graduelle, à travers un processus s'étalant de la Confédération en 1867 jusqu'au rapatriement de la Constitution en 1982. Depuis, le Canada possède une constitution propre, c'est-à-dire qui n'est pas définie par une loi du Parlement du Royaume-Uni.
Pour une superficie de près de 10 millions de km2, la population du Canada en 2024 est d'environ de Canadiennes et Canadiens, contre 30 en 1998, 20 en 1966, 10 en 1927, 8 en 1915, et auparavant , .
Histoire géologique vignette|Carte géologique du Canada, avec le bouclier canadien (en rouge), hautes terres entourant la baie d'Hudson, et au sud-est la province de Grenville (bande brune) et les Appalaches (en bleu).
Tandis que la Pangée n'est encore qu'un immense territoire, à l'ère paléozoïque., la formation et le développement de la chaîne de montagnes des Appalaches débute dès la période dévonienne, il y a 410 millions d'années.
Après la division de la Pangée au début de l'ère mésozoïque, la partie septentrionale de celle-ci, la Laurasie - (Laur)entien + Eur(asie) AGNES, Michael. Webster's New World; College Dictionary, Wiley Publishing, fourth Edition, Cleveland, 2004, p. 811., se divisa en deux lors de la période jurassique. La partie occidentale forma ce qui devint plus tard l'Amérique du Nord et dériva pendant plusieurs millions d'années jusqu'à son emplacement actuel. Puis, la formation des montagnes rocheuses commença il y a 138& millions d'années lors de la période crétacé. C'est à la fin de cette même période que la Terre assista à l'extinction massive des animaux, dont les dinosaures. Les réserves de pétrole commencèrent à se former par la suite surtout en Alberta pour devenir plus tard l'une des principales ressources économiques du Canada.
Puis, il faut attendre la fin de la période tertiaire de l'ère cénozoïque il y a 5 millions d'années pour que débute la formation de la calotte polaire recouvrant le Nord du Canada. Vers la fin de cette période, le climat commença à se refroidir ouvrant ainsi la porte à une ère glaciaire et à une migration des mammifères entre continents. Mais ce n'est que pendant la période quaternaire, il y a 1,6 million d'années, que le climat devint excessivement froid et que les variations du niveau de la mer provoquèrent l'apparition des Grands Lacs, du lac Champlain, du fleuve Saint-Laurent, d'autres grands lacs et ce, en plus du Plateau laurentien. Quant au développement et à la migration de l'humain moderne, ceux-ci ne commencèrent qu'à l'époque holocène il y a . À cette époque, le climat se réchauffa et devint plus sec, favorisant ainsi la fonte des glaces AGNES, Michael. Webster's New World; College Dictionary, Wiley Publishing, fourth Edition, Cleveland, 2004, p. 1696-1697..
De la Préhistoire aux premières explorations européennes (de au )
Alors que peu de documents attestent de leur présence., des fouilles archéologiques font remonter la présence des peuples autochtones sur le territoire du Canada à plus de av. J.-C. dans le nord du Yukon et à av. J.-C. dans le sud de l'Ontario. Ainsi, certaines régions du territoire actuel du Canada sont habitées par les peuples amérindiens et inuit depuis des temps immémoriaux. Ces peuples autochtones seraient arrivés en Amérique grâce à leur migration par l'isthme de la Béringie entre l'Alaska et la Sibérie orientale, à une époque d'intense glaciation.
Le Canada a été peuplé par les ancêtres des Amérindiens au Canada, soit les peuples amérindiens il y a environ dix mille ans, et les peuples Inuits il y a deux mille ans. Selon les estimations de certains anthropologues, le nombre d'Amérindiens installés à l'intérieur des frontières actuelles des États-Unis pouvait varier entre deux et dix-huit millions de personnes, et même quarante millions pour d'autres. La marge de l'écart paraît donc considérable. Pour l'Amérique du Nord, les historiens retiennent généralement le nombre le plus bas, soit deux millions, sans toutefois justifier leur choix. En vertu de cette hypothèse, on estimerait à environ 1,7 million la population autochtone du territoire américain au début du , car il faut soustraire la population indigène vivant au Canada, qui se chiffrait à moins de . Ainsi, selon cette même hypothèse, la population d'origine, dans le territoire qui est aujourd'hui les États-Unis, comptait au moins un million d'habitants.
Tant les Premières Nations que les Inuits vivaient essentiellement de la chasse, de la pêche et du piégeage. Chaque peuple était organisé dans des régions spécifiques et possédait ses propres caractéristiques culturelles, toutes liées à la nature. L'animisme était cependant la religion principale de l'ensemble des peuples autochtones.
Explorations européennes et vies autochtones
Vers l'an 1000, les Vikings établissent un village à L'Anse aux Meadows mais ne peuvent s'y maintenir. : colonies vikings en Amérique, Vinland (Terre-Neuve), Markland (Labrador). Ce sont de fait les premiers Européens à découvrir l'Amérique, cinq siècles avant Christophe Colomb.
Mark Kurlansky rapporte qu'ensuite, au , les Basques viennent y pêcher la baleine et la morue, avec au moins neuf avant-postes de pêche établis au Labrador et à Terre-Neuve. Le plus grand établissement était à Red Bay avec environ 900 personnes. En 1412, les Islandais notent la présence d’une vingtaine de baleinières basques situées à 500 miles à l'ouest de Grundarfjörður. Des pêcheurs Européens, principalement les Bretons, Portugais et les Espagnols, font plus tard de nombreuses visites en suivant les bancs de poissons à Terre-Neuve. Les couronnes anglaises et françaises envoient des expéditions en Amérique du Nord (Jehan Denis, Thomas Aubert), notamment pour chercher un chemin vers les Indes et également cartographier les zones de pêches du golfe du Saint-Laurent. Les Français installent des forts permanents et fondent le Canada.
À l’arrivée des Européens au , les tribus indigènes forment au Canada un peuplement clairsemé, sauf dans la péninsule ontarienne ou ses abords. Elles pratiquent une grande diversité de langues sans origines communes. La langue algonquine et la langue déné ou « athapaskan » sont les plus parlées. Aucune de ces tribus n'est exclusivement nomade ; plusieurs dépendent principalement de la chasse et suivent les déplacements des troupeaux de cervidés. Par contre, quelques-unes se distinguent par la prédominance de l’agriculture dans leur économie et par la stabilité relative de leur habitat. Elles représentent les sociétés les plus organisées et sont représentées par le groupe apparenté des Hurons et des Neutres (autour des lacs Erié et Ontario) et des Iroquois plus au sud dans l'actuel État de New York. Hurons et Iroquois pratiquent l’agriculture (maïs, haricots, citrouilles, tournesol et tabac), la chasse et la guerre. Ils édifient des villages plus ou moins temporaires, parfois enclos de palissades où ils accumulent des provisions alimentaires. Chaque année, ils les abandonnent pendant trois à quatre mois pour s’adonner à la chasse, à la pêche et au commerce. Quand le bois devient trop rare ou le sol trop pauvre, les tribus les quittent définitivement.
Sur la côte ouest, on retrouve quelques tribus qui sont les plus sédentaires s'appuyant complètement sur l'économie pastorale. Certaines tribus du Pacifique (Tlingits, Haïdas, Tsimshians, Kwakiutl…) accomplissent des migrations saisonnières pour se procurer du gibier et surtout du poisson (saumon, flétan, hareng, eulakane) ou des phoques. Elles sont organisées en villages de rondins, groupées en clans puis en fratries dans certaines tribus, mais le village assume le rôle politique essentiel. Les cérémonies religieuses et les activités sociales tiennent une place particulièrement importante, ce qui explique la puissance des sociétés secrètes.
Les tribus nomades sont généralement moins organisées, à l’exception de celles des Rocheuses ou des plateaux intérieurs (Chilcotin, Carrier, Tahltan), organisés comme les tribus du Pacifique. Les peuples des zones boisées (Micmacs, Malecite à l’Est, Montagnais, Naskapi, Ojibwa et Cree sur le bouclier), qui appartiennent à la famille des langues algonquiennes, suivent les déplacements du gibier et sont organisés en bandes plus ou moins nombreuses, dirigées par des chefs sans grands pouvoirs (en raison de la délimitation des territoires de chasse et des guerres). Seuls les Ojibwa, moins dispersés, ont une organisation moins élémentaire. Celle-ci s’affaiblit vers la limite extrême de la forêt et des Barren Grounds (Chipewyan) et dans les Rocheuses (Salish, Kootenay) où seul le père de famille détient l’autorité.
Les Indiens de la Prairie, fréquemment appelés à former des concentrations importantes (pour pratiquer la chasse au bison et la guerre), jouissent d’une organisation plus complète. Les Cree des plaines et les Assiniboine se heurtent en permanence aux groupes issus des Pieds-Noirs, Piegan, Sarsi et Gens du Sang. Les tribus se dispersent durant l’hiver, mais se réunissent en été pour poursuivre les troupeaux de bisons et se garder contre leurs ennemis. Des chefs et des conseils sont préposés à la conduite des tribus. Il existe une force de police qui veille au maintien de l’ordre et à l’application des décisions et des règlements établis par les Conseils.
Alors basés sur l'île de Terre-Neuve, les Béothuks sont la première nation autochtone à entrer en contact avec les Européens venus fouler le sol de l'Amérique. Ils sont à l'origine de l'expression Peaux rouges, laquelle sera par la suite généralisée aux autres nations amérindiennes de l'Amérique du Nord. De par leur isolement des autres peuples autochtones, les Inuits sont quant à eux davantage connus seulement à la fin du , lorsque des explorateurs canadiens-français vont à leur rencontre dans le Grand nord. Ils sont alors connus sous le nom d'Esquimaux.
Religions pratiquées
La religion des tribus autochtones du Canada est de manière générale réduite à l’adoration des forces de la nature simplifiée parfois par la croyance en un dieu suprême : le Grand Manitou. Les tribus les plus sédentaires font une place considérable aux divinités et aux cérémonies religieuses liées à la vie agricole. D'ailleurs les femmes, qui assument les travaux agricoles, jouent un rôle particulièrement actif dans le gouvernement et l’organisation familiale. La société Iroquoise possède une organisation comparée par Charles Aubert de La Chesnaye à celles des « républiques d’Europe », formée de « familles maternelles », de clans, de fratries, de tribus, unies à leur tour dans une ligue.
D'Ericson à Colomb (990-1492)