vignette|Vue du bassin aux nymphéas avec saule, Claude Monet (1916-1919). vignette|L'étang d'Iloa dans la base de loisirs d'Iloa à Thiers. Un étang (venant du latin signifiant « stagnant ») est une étendue d'eau stagnante, artificielle ou naturelle, plus grande qu'une mare, située à l'intérieur des terres. La taille de ce qui est considéré comme un étang ou une mare varie d'une région à l'autre.

La majorité des étangs sont artificiels et ont été créés à partir du Moyen Âge pour la pisciculture. Ils peuvent être creusés dans le sol, ou constitués d'une retenue d'eau dans le fond d'un vallon par une digue sur un ruisseau. Beaucoup d'étangs sont aussi le résultat d'activités extractives (tourbières, gravières, sablières, affaissements miniers, etc). D'autres servent de réserves d'eau pour l'agriculture, et d'autres encore ont été créés pour les loisirs.

Sur les littoraux du Sud de la France de vastes lagunes d'eau saumâtre ou salée non-stagnante sont appelées étangs en raison de la traduction littérale des termes occitans estanh ou estang. On retrouve ainsi cette dénomination pour l'étang de Berre, l'étang de l'Or ou l'étang de Thau.

thumb|L'Étang, tableau de Théodore Fourmois peint en 1867. thumb|Étang dans le Nord de l'Allemagne ; dans ce cas, l'évaporation est diminuée par une moindre surface libre, mais au moins en partie compensée par l'évapotranspiration qui injecte dans l'air des quantités significatives de vapeur d'eau (qui contribuera à la rosée, aux brumes et aux pluies), via le cycle de l'eau. thumb|Les étangs communaux de la commune de Tucquegnieux (54), d'aspect plus artificiel, aux berges peu naturelles et servant de base de loisirs pour la pêche. thumb|Étang d'Aureilhan (Landes). thumb|Étang d'affaissement minier, ici dans le Hainaut belge. thumb|Moine de l'étang de Belval-en-Argonne (France).

thumb|L'infiltration de , située à environ au nord de l'étang de Deiniger. L'eau du trop-plein de l'étang de Deininger s'écoule d'abord dans la rivière , puis s'enfonce dans le sol après quelques centaines de mètres. Ce type de situation est propice à la pollution directe et brutale de nappes souterraines. thumb|Le Labrador sortant de l'étang du parc de la Sauvagère, peint par Albert Demuyser (1920-2003). thumb|L’étang du Clos des Chênes au vallon des Enfants Noyés. thumb|Jauge de profondeur du Petit étang au vallon du Vuylbeek.

Étymologie Le mot est attesté en ancien français sous la forme estanc au sens d’« étendue d'eau dont les bords arrêtent l'écoulement » dans la première moitié du Site du CNRTL : étymologie du mot étang., c'est-à-dire antérieurement au mot mare en 1175 (mare « petite nappe d'eau peu profonde qui stagne »)Site du CNRTL : étymologie du mot mare.. Des attestations antérieures du mot mare en Normandie donnent aussi au terme mare le sens d'« étang ». Inversement, le mot étang a également signifié « mare » dans le reste du domaine d'oïl, mare étant un emprunt plus récent au normand. En français moderne, étang et mare ont une signification différente.

En pays catalans, le terme estany (étang en catalan), est employé indifféremment pour désigner des étangs et lacs, de préférence à llac ; on trouve ainsi de nombreux lacs, souvent d'origine glaciaire, qualifiés d'"étangs" en Ariège:Catégorie:Lac dans l'Ariège , dans les Pyrénées orientales:Catégorie:Lac dans les Pyrénées-Orientales et en Andorre.

Albert Dauzat a proposé l'étymon latin comme source du mot étang ( italien « mare, étang ») avec pour justifier de la forme estanc de l'ancien français, une influence du terme étancherAlbert Dauzat, Jean Dubois, Henri Mitterand, Nouveau dictionnaire étymologique et historique, Librairie Larousse 1971. .. Il semble qu'il s'agisse en fait de l'inverseCNRTL, cit., étang serait issu de l'ancien français estanchier ayant accessoirement le sens d'« arrêter l'écoulement d'un liquide » (d'où français étancher et étanche) et le -g final serait une graphie fallacieuse inspirée par le latin . l'espagnol « mare, étang », parallèle à l'ancien français estanc et qui ne peut pas, pour des raisons phonétiques, procéder de , mais bien d’ « stagner ».

En français, le verbe stagner est un emprunt récent () au latin classique.

Formation et évolution des étangs La plupart des étangs sont le résultat d'aménagements humains, soit par l'établissement d'une digue sur un cours d'eau, soit par curage d'un endroit naturellement humide et alimenté par les eaux de pluie, de source, de ruissellement ou en creusant jusqu'en dessous de la nappe phréatique (cas des gravières). En Europe, de nombreux étangs sont contenus par des digues artificielles qui datent souvent des travaux hydrauliques des abbayes médiévales. Ces étangs (ou viviers) constituaient souvent des réserves d'eau et de poisson après que les grands drainages eurent fait disparaître nombre des tourbières et zones humides naturelles du paysage.

La formation d'un étang nécessite une alimentation en eau et un sol assez imperméable ou une communication avec la nappe phréatique. L'alimentation peut consister en un canal prélevant l'eau sur un cours d'eau naturel. Il est fréquent que le cours d'un ruisseau ait été utilisé pour créer un chapelet d'étangs se déversant les uns dans les autres. La digue d'un étang est constituée par un amas de terre, de cailloux et d'argile ou très rarement par un mur-barrage en béton ou en maçonnerie.

Lorsque les étangs sont entourés d'arbres, situé en aval d'une zone soumise à érosion, un entretien régulier (curage) est nécessaire pour repousser l'envasement et, si l'eau est eutrophisée, pour limiter la prolifération de la végétation aquatique (faucardage des roseaux, et coupe des arbres sur les rives). Dans les régions où il est présent, le rat musqué peut imposer le colmatage des trous qu'il creuse dans les digues. La vidange de certains étangs retenus par une digue peut se faire par pompage, siphonage, ou par une bonde avec ou sans moine.

Un trop plein (en seuil ou en échancrure) éventuellement barré par une grille est souvent creusé ou maçonné dans la partie supérieure de la digue pour évacuer un éventuel surplus d'eau en période de crue.

Bondes d'étangs et moines

Une bonde d'étangR. Benarrous, 2009. Les bondes traditionnelles de la Brenne : un « petit » patrimoine hydraulique en voie de disparition in Zones Humides Infos n°63, Le petit patrimoine des zones humides peut être un écoulement naturel, muni ou non une vanne simple ou complexe, ou un moine qui peut ou non inclure un système de siphon pour permettre d'évacuer de l'étang une couche d'eau, ou strate, spécifique plutôt que celle de surface.

Un moine est une sorte de puits artificiel, soit en béton coulé sur place, soit en éléments empilables. Les plus simples ont un côté constitué de planches que l'on empile en les faisant coulisser dans des rainures verticales pratiquées le long de chacun des côtés adjacents. La hauteur de cet empilement détermine celle du remplissage de l'étang, et le fond du moine est relié à une buse qui passe sous la digue et évacue le trop-plein de l'étang. Certains moines comportent deux paires de rainures, la plus externe recevant alors un filtre sur toute la hauteur du moine. Ce filtre nécessite impérativement un nettoyage régulier, ce qui exclut son utilisation dans les étangs peu visités. Des modèles de moines plus élaborés sont munis d'une paire de rainures, toujours verticales mais cette fois au milieu des côtés adjacents, qui reçoivent elles aussi une série d'éléments empilables et amovibles. Le moine est alors divisé en deux compartiments (hormis le filtre) dans le sens de la hauteur, et c'est la cloison de division au milieu qui régule le niveau d'eau dans l'étang. L'un des compartiments est relié à la buse ; l'autre compartiment — celui qui est fermé sur deux côtés par un empilement d'éléments — est muni d'une ouverture de hauteur modulable vers l'étang, ouverture dont la hauteur détermine celle de la couche d'eau évacuée. Chaque couche d'eau étant caractérisée par une température particulière — la plus froide étant au fond, ce système permet de moduler les températures des eaux et contribue à la gestion de l'équilibre de son écosystème , : Ouvrages de vidange des étangs, : Contrôle de l'eau dans une digue percée ou un moine. Dans FAO (), programme d'éducation de l'ONU..

Historique À l'origine les étangs ont été aménagés principalement pour la pisciculture, les ressources de l'agriculture ou de l'élevage n'étant pas suffisantes dans les régions où le sol était à la fois pauvre et marécageux. L'exploitation de l'énergie hydraulique a contraint le meunier à canaliser le cours d'eau exploité et souvent à créer une réserve d'eau en amont pour réguler les variations de débit.

Au avec le développement de la machine à vapeur et de l'adduction d'eau, l'étang a perdu son rôle de réserve d'énergie ou d'eau pour l'industrie, à part quelques moulins et scieries qui utilisent encore une roue à aubes accessoirement. Parfois sous l'influence des hygiénistes qui les jugent sources de miasmes et de microbes indésirables pour le bétail, les étangs périurbains ou de zones de grandes cultures sont volontiers considérés comme insalubres. On cherche alors à les dessécherPuvis, M. A. (1851). Des causes et des effets de l’insalubrité des étangs ; De la nécessité et des moyens d'arriver à leur desséchement, imprimerie de Milliet-Bottier. (leurs sédiments riches en matière organique étant par ailleurs très productifs, au moins les premières années de mise en culture).

Au , l'étang devient plutôt un lieu de loisir : pêche, chasse au gibier d'eau, canotage et sports nautiques… mais certains étangs sont toujours exploités pour la production de poissons d'eau douce et l'agriculture (dans la Dombes par exemple), d'autres sont entretenus pour le simple agrément ou pour constituer une réserve d'eau douce pour la consommation, l'irrigation, la lutte contre les incendies ou l'arrosage.

Caractéristique physiques Contrairement à ce qui est communément admis, des ont montré la présence de stratification thermique temporaire dans les étangs, dès deux mètres de profondeur.

L'étang est un écosystème particulier très sensible aux pollutions (notamment l'eutrophisation liée aux nitrates). La faune et la flore qu'il abrite contiennent des espèces spécifiques, dont certaines sont protégées. L'étang est devenu en de nombreux endroits un lieu de conservation de la flore et de la faune souvent mis en valeur pour la sensibilisation du public à la nature.

Bilan hydrique Le bilan hydrique d'un étang se calcule théoriquement en soustrayant les « sorties d'eau » (liquide et vapeur) aux entrées d’eau dans le système. En raison de la présence d’une flore plus ou moins émergée et importante, et de berges et configurations plus complexes, ce calcul est beaucoup plus difficile que dans le cas d'un simple bassin ou réservoir Harbeck, G. E., 1962, ; . ou bassin de stockage Langbein, W. B., Hains, C. H., et Culler, R. C., 1951, , . ;

Les sorties ou pertes d'eau Harbeck, G. E., Kohler, M. A. Koberg, G. E., , 1958, ; . sont celles des exutoires (trop plein), de la percolation vers la nappe (liée à la perméabilité du fond, des berges et du substrat et à la hauteur de l'eau, Loi de Darcy), l'évaporation (E) Kohler, M. A., Nordenson, T. J., et Baker, D. R., 1959, ; , . et l'évapotranspiration (ET) G. Katul, K. Novick, , 2009, Article « » ; . Eisenlohr, W. S., Jr., 1966, , , , . des plantes aquatiques de surface, de la ceinture de végétation et des arbres dont les racines peuvent prélever de l'eau dans l'étang Eisenlohr, W. S., Jr., 1966, ; , , .. Il faut aussi parfois tenir compte de conditions particulière de froid/gel déshydratant Willis, W. D., Parkinson, H. L., Carlson, C. W. et Haas, H. J., 1964, ; , octobre 1964, , , ..