La liste des métiers en tension en France ouverts aux étrangers résidant hors de l'Union européenne, d’un autre État partie à l’Espace économique européen ou de la Confédération suisse est un acte réglementaire qui liste les familles professionnelles et métiers qui permettent l'obtention d’un titre de séjour au titre de l’immigration de travail, notamment dans le cadre d'une admission exceptionnelle au séjour (AES).
Ce dispositif est issu de la loi Sarkozy de 2006 et a été renforcé avec la loi Darmanin de 2024. Depuis 2024, cette liste doit être actualisée annuellement.
Définition
Un « métier en tension » désigne une profession pour laquelle il y a une pénurie de candidats par rapport aux besoins des employeurs, ce qui rend difficile le recrutement pour les entreprises.
Une liste des métiers ouverts aux étrangers non ressortissants d’un État membre de l’Union européenne, d’un autre État partie à l’Espace économique européen ou de la Confédération suisse est définie par le gouvernement sous la forme d'un arrêté interministériel pour permettre la délivrance d’une autorisation de travail sans opposition de la situation de l’emploi.
Dispositif législatif Loi de 2006 La loi du 24 juillet 2006 relative à l'immigration et à l'intégration, dite loi Sarkozy 2, comporte une série de dispositions concernant les conditions d’emploi pour attirer une main-d’oeuvre plus qualifiée et faciliter les migrations temporaires. La loi crée trois nouveaux titres de séjour de trois ans pour les personnes hautement qualifiés, pour les salariés détachés en France par leur entreprise et pour les travailleurs saisonniers. Par ailleurs, elle précise que la situation du marché de l’emploi n’est plus opposable dans un certain nombre de métiers qui connaissent des pénuries d’emploi. Une « liste des métiers en tension » déclinée régionalement, doit définir ces métiers, .
La liste de ces professions est définie conjointement par les ministères de l'Intérieur et du Travail, au niveau national. Les métiers en tension sont ensuite différenciés selon les régions, en fonction des besoins définis par l'administration centrale. Les travailleurs étrangers dont le métier fait partie de la liste ne sont pas soumis à l’opposabilité de la situation de l’emploi, ce qui simplifie la procédure de régularisation. A contrario, si un métier n’est pas considéré en tension, l’employeur désireux d’embaucher un salarié étranger doit fournir la preuve qu’aucun autre candidat n’est disponible sur le marché français. Sans ce justificatif, il ne pourra pas déposer de demande de permis de travail pour un ressortissant étranger.
Loi de 2024 La loi du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration, dite « loi Darmanin », crée l'article L435-4 du CESEDA qui autorise les travailleurs en situation irrégulière qui ont exercé un métier en tension pendant , consécutifs ou non, au cours des mois et qui justifient d’une période de résidence de trois ans en France à déposer par eux-mêmes une demande de régularisation, sans avoir à demander à leur employeur de le faire en leur nom. L’article 28 de la loi précise également que la liste des métiers en tension doit désormais être actualisée au moins une fois par an.
La circulaire du , émise conjointement par les ministères de l’Intérieur, Gérald Darmanin et du Travail, de la Santé et des Solidarités, Catherine Vautrin, explicite comment mettre en oeuvre ce nouvel article L. 435-4 du CESEDA, à savoir les modalités pour obtenir un titre de séjour justifiant d’une expérience professionnelle dans des métiers en tension. L'instruction des dossiers pourra aboutir à la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention « travailleur temporaire » ou « salarié » d'une durée d'un an et à la délivrance d'un document sécurisé justifiant l'autorisation de travail.
Extensions des métiers en tension en 2025 Bruno Retailleau diffuse le une nouvelle circulaire à l’ensemble des préfets qui abroge la circulaire Valls en vigueur depuis 2012 et complète la circulaire du en durcissant les conditions de régularisation des étrangers en situation irrégulière tout en privilégiant les régularisations des travailleurs dans les métiers en tension.
Liste des métiers en tension Arrêté du 18 janvier 2008 La première liste publiée consécutivement à la loi de 2006 est définie dans l’arrêté du 18 janvier 2008 signé conjointement par le ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du codéveloppement, Brice Hortefeux, et la ministre de l’économie, des finances et de l’emploi, Christine Lagarde. Elle regroupe professionnelles (environ 750 métiers). Les métiers sont désignés par leur code ROME.
Le nombre et la nature des métiers sont variables selon les régions : Alsace (30), Aquitaine (18), Auvergne (20), Bourgogne (22), Bretagne (16), Centre (27), Champagne-Ardenne (25), Corse (11), Franche-Comté (22), Île-de-France (29), Languedoc-Roussillon (20), Limousin (23), Lorraine (19), Midi-Pyrénées (22), Nord-Pas-de-Calais (19), Basse-Normandie (15), Haute-Normandie (24), Pays de la Loire (25), Picardie (18), Poitou-Charentes (21), Provence-Alpes-Côte d'Azur (25), Rhône-Alpes (30).
Arrêté du 11 août 2011 Une nouvelle liste des métiers ouverts aux étrangers résidant hors de l'Union européenne est publiée dans l'arrêté du 11 août 2021. Le nombre de familles de métiers est réduit de 30 à 14. Cette réduction s'inscrit dans une politique générale du gouvernement de réduction des flux migratoires. Le ministre de l'intérieur, Claude Guéant, veut réduire de 200 000 à 180 000 le nombre d'entrées légales d'étrangers en France, qu'il s'agisse d'une immigration "du travail, d'études ou liée au regroupement familial. Mais, saisi par la CGT, le Conseil d'État annule cet arrêté dans sa décision du . Cette annulation a pour conséquence le retour en vigueur de l’arrêté du 18 janvier 2008, qui fixait des listes régionales de métiers en tension (donc à nouveau 30 familles de métiers concernés, dont 6 au niveau national), .
Arrêté du Une ordonnance et un décret du procèdent à une nouvelle rédaction de la partie législative du CESEDA afin d’en aménager le plan et d’en clarifier la rédaction. Elle crée notamment l’article L414-13 du qui précise que lorsque la délivrance du titre de séjour est subordonnée à la détention préalable de l'autorisation de travail, la situation du marché de l'emploi est opposable au demandeur sauf lorsque le CESEDA en dispose autrement, et « notamment lorsque la demande de l'étranger concerne un métier et une zone géographique caractérisée par des difficultés de recrutement. La liste de ces métiers et zones géographiques est établie par l'autorité administrative après consultation des organisations syndicales représentatives d'employeurs et de salariés. Dans ce cadre est publié l'arrêté du 1er avril 2021, signé, par délégation, par le directeur général des étrangers en France, et le délégué général à l'emploi et à la formation professionnelle.
Arrêté du Depuis la loi de 2024, cette liste doit être actualisée annuellement. Pour faciliter les embauches dans le secteur agricole, le Gouvernement engage le une consultation des partenaires sociaux pour inclure les métiers agricoles dans la liste des métiers en tension. L’arrêté du , signé conjointement par la ministre du travail, de la santé et des solidarités, Catherine Vautrin, et le ministre de l'intérieur et des outre-mer, Gérald Darmanin, actualise l'arrêté du et inclut au niveau national les familles de métiers agricoles : les agriculteurs salariés, les éleveurs salariés, les maraîchers et horticulteurs salariés, et les viticulteurs et arboriculteurs salariés.
Arrêté du La Ministre chargée du Travail et de l'Emploi, Astrid Panosyan-Bouvet et le Ministre d'État, Ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau publient l’arrêté actuellement en vigueur le dont la 1ère annexe fait la liste des métiers en tension par région.
Le nombre et la nature des métiers sont variables selon les régions : Auvergne-Rhône-Alpes (37), Bourgogne-Franche-Comté (30), Bretagne (23), Centre-Val de Loire (32), Corse (27), Grand Est (32), Hauts-de-France (27), Île-de-France (41), Normandie (26), Nouvelle-Aquitaine (31), Occitanie (35), Pays de la Loire (33), Provence-Alpes-Côte d’Azur (39).
Voici dans un tableau la liste détaillée par région de France, actuellement en vigueur :