vignette|Le départ des volontaires liégeois pour Bruxelles, par Charles Soubre, toile de 1878.
Les volontaires de la révolution belge de 1830 désignent les personnes, citoyens ou combattants, ayant pris une part à la révolution belge qui débute lors des émeutes d’août 1830 à Bruxelles, et entraine l'insurrection de 1830 dans les Pays-Bas méridionaux puis l'indépendance de la Belgique du Royaume uni des Pays-Bas ainsi que la guerre belgo-néerlandaise.
Si la majorité est belge, des volontaires viennent également de l'étranger avec, parmi ceux-ci, une proportion considérable de Français ainsi que de combattants luxembourgeois, mais aussi des anglais, des prussiens et d'autres résidents étrangers en Belgique comme des portugais ou des italiens.
D'un point de vue des classes sociales, on distingue deux grandes tendances : d'une part la masse populaire, composée essentiellement d'ouvriers, de paysans, d'artisans, d'anciens militaires déserteurs ou vétérans, qui se réunissent notamment en corps francs et, d'autre part, les bourgeois qui se réunissent et s'arment par le biais de gardes bourgeoises, avec pour but d'assister les autorités dans le maintien de l'ordre public et de défendre les intérêts des marchands, ainsi que de protéger leurs biens des émeutes et des pillages du peuple affamé et révolté. Certains combats opposent d'ailleurs le peuple aux bourgeois, comme c'est le cas avec la garde bourgeoise d'Anvers qui tire sur la foule et fait plusieurs morts le .
Contexte vignette|Le prince Guillaume, l'un des deux fils du roi, pris à partie par la foule lors de son entrée dans Bruxelles, le .
Après la chute de Napoléon Bonaparte et du Premier Empire français, les puissances européennes victorieuses se réunissent lors du congrès de Vienne pour redessiner les frontières des états européens. Elles décident de créer de toutes pièces un état-tampon entre la France et la Prusse, souhaitant disposer d'un rempart contre les éventuelles nouvelles ambitions expansionnistes françaises.. C'est ainsi que, le , le royaume uni des Pays-Bas voit le jour avec, comme souverain, Guillaume de la maison d'Orange-Nassau. Le nouveau royaume marie une nouvelle fois deux populations séparées depuis la fin du , lorsque la république des Provinces-Unies (les futurs Pays-Bas, majoritairement protestants) s'émancipe de la monarchie des Habsbourg, alors que les Pays-Bas méridionaux (la future Belgique, peuplée essentiellement de catholiques) se divisent entre les Pays-Bas autrichiens et la principauté de Liège. Les « Belges » représentent alors la majeure partie de la population avec , contre « hollandais » en 1829. Ils sont cependant sous-représentés dans les fonctions principales, tant politiques que militaires, avec une écrasante majorité d'officiers néerlandais dans les forces armées du Royaume uni des Pays-Bas, tandis que la troupe est essentiellement composée de « locaux » engagés dans la population environnante. C'est ainsi que, lors de la révolution belge, de nombreuses garnisons du Sud se révoltent et prennent la cause de l'insurrection. Les désertions massives des soldats « belges » laissent les citadelles et leurs officiers à la merci des révolutionnaires, comme dans la majorité des places fortes de la barrière de Wellington. La prise de ces dernières tout au long de la révolte puis de la guerre belgo-néerlandaise, permet non seulement aux volontaires de se débarrasser de la présence militaire néerlandaise, mais aussi de s'armer en vue des combats.
vignette|Une patrouille de volontaires belges dans les rues de Bruxelles en 1830.
L'insurrection belge débute à Bruxelles le soir du , un mois après la deuxième Révolution française. Elle se caractérise d'abord par les émeutes déclenchées à la suite de la représentation de la pièce de théâtre la Muette de Portici au théâtre de la Monnaie, mais fait rapidement tache d'huile dans la majorité des provinces méridionales puis dans le Grand-duché de Luxembourg, alors en union personnelle avec le Royaume uni des Pays-Bas. Des émeutes éclatent un peu partout et les villes constituent des gardes bourgeoises pour maintenir l'ordre public. C'est lorsque le roi Guillaume envoie ses fils, Guillaume et Frédéric d'Orange-Nassau, avec une armée de aux portes de Bruxelles dans le but de faire revenir l'ordre, que la révolte s'organise militairement. Dès le la garnison néerlandaise est chassée de Louvain et, le même jour, le premier corps francs liégeois part vers la capitale, mené par Charles Rogier. Ce n'est véritablement que lors de la victoire surprise des Journées de Septembre contre l'armée néerlandaise que le conflit va se militariser et devenir la guerre belgo-néerlandaise.
Les gardes bourgeoises et urbaines vignette|Chapeau d'un membre de la garde bourgeoise de Bruxelles pendant la révolution belge de 1830. Dans le royaume uni des Pays-Bas, le maintien de l'ordre était assuré par la Schutterij dans les villes et par la Maréchaussée royale dans les campagnes. On peut comparer ces deux services à l’ancienne police communale ainsi qu'à l'ancienne gendarmerie belge. À la suite de l'insurrection, les premières gardes bourgeoises se constituent dans les principales villes de Belgique. Elles fusionnent ensuite pour devenir la garde civique qui perdure jusqu'un peu après la Première Guerre mondiale.
Les corps francs Lors de l'insurrection de 1830 dans les Pays-Bas méridionaux, de nombreux volontaires des huit provinces du sud du Royaume uni des Pays-Bas ainsi que de France et du Grand-duché de Luxembourg s'organisent en corps francs (parfois appelées compagnies franches) afin de se joindre à la révolution belge contre Guillaume . Les premières unités gagnent alors Bruxelles, accompagnées de volontaires isolés, répondant à l'appel des bruxellois et des autorités, comme la Réunion centrale, honorant par la même occasion la promesse faite par de nombreuses communes de venir au secours de la capitale brabançonne en cas d'attaque. Ceci se précise en effet depuis l'arrivée des troupes du prince Frédéric d'Orange-Nassau qui campent à Vilvorde, dès le . TTrois longues semaines d'attente se dessinent alors et, dès le , le commandant de la garde bourgeoise de Bruxelles, Emmanuel Van der Linden d'Hooghvorst, demande aux volontaires de . Le , une proclamation de la Commission de sûreté publique de Bruxelles invite les , ce qui entraine l'indignation des patriotes. Le , le baron Philippe Fellner reçoit la tâche d'organiser les volontaires et les corps francs encore présent dans la capitale.
Si l'histoire retient souvent les corps francs venus « défendre Bruxelles » lors de l'épisode des Quatre Journées (et tout particulièrement la reprise par le mouvement wallon, sur fond de querelle linguistique, de la participation non-négligeable des volontaires « wallons » à la victoire du parc de Bruxelles le , date que la communauté française de Belgique retient pour en faire l'actuelle fête de la Fédération Wallonie-Bruxelles), de nombreux autres corps francs se créent partout ailleurs en Belgique pour défendre ou prendre d'autres villes, comme Anvers, Liège, Louvain, Namur, ou encore Venloo, mais aussi pour participer aux différentes campagnes menées par les volontaires dans le but de chasser les « Hollandais » du territoire belge après avoir battu l'armée orangiste lors des Journées de Septembre. Le conflit se militarise en effet après cet évènement majeur et devient la guerre belgo-néerlandaise, marquée entre autres par l'indépendance de la Belgique dès le . Avec la création des forces armées belges dès la fin , les différents corps de volontaires y sont progressivement intégrés ou tout simplement dissous. Toutefois, de nouveaux corps viennent encore gonfler les rangs des « patriotes belges » lors des différents affrontements jusqu'à la fin de la guerre le par la signature de la convention de Zonhoven, tout particulièrement lors de la campagne des Dix-Jours, quand l'armée néerlandaise tente de reprendre le contrôle de la Belgique.
Liste
La liste suivante est présentée par ordre alphabétique des localités d'origine des différents corps-francs de volontaires ayant participé à l'insurrection de 1830 dans les Pays-Bas méridionaux, aux Journées de Septembre puis de la guerre belgo-néerlandaise. Elle recense uniquement les groupes formés en corps « officiels » et ne mentionne donc pas l'origine géographique des innombrables volontaires isolés, venus par leurs propres moyens, souvent à pied ou par la diligence tout au long de la révolution belge.