vignette| Bouddha faisant le mudrā de l'enseignement (Vitarka-mudrā). Ajaṇṭā, grotte n° 2, , dernier quart du . Maharāṣtra, Inde. Bahuśrutīya (en sanskrit : बहुश्रुतीय) était l'une des premières écoles bouddhistes, selon des sources anciennes telles que Vasumitra, le Śāriputra-paripṛcchā (« Questions de Shariputra ») et d'autres ultérieures. Elle était un sous-groupe issu de la secte Mahāsāṃghika, surtout active autour de Nagarjunakonda en Inde, dans l'Andhra Pradesh actuel. La Bahuśrutīya est aujourd'hui éteinteDamien Keown, A Dictionary of Buddhism, Oxford, Oxford University Press, 2004, viii + 357 p. p. 28 Robert E. Buswell Jr. et Donald S. Lopez Jr., , Princeton, Princeton University Press, 2014, xxxii + 1265 p., p. 90-91.

Étymologie Le nom Bahuśrutīya signifie littéralement « ceux qui ont beaucoup entendu », c'est-à-dire « ceux qui sont très instruits ». La traduction chinoise du nom de cette secte, Duowen Bu (多聞部), littéralement la « secte de ceux qui ont beaucoup entendu », correspond également à cette étymologie. L'histoire de Vasumitra, le Samayabhedoparacanacakra (« La roue des formations des divisions de la doctrine ») rapporte l'explication suivante du nom et des caractéristiques de la secte des Bahuśrutīya :

Étudiant de manière approfondie le Tripiṭaka Et comprenant profondément les paroles du Bouddha ; C'est par ces vertus qu'on les désigne Sous le nom de secte Bahuśrutīya.

Origines Selon Paramārtha, moine du originaire d'Ujjain, en Inde centrale, le fondateur de la secte Bahuśrutīya s'appelait Yājñavalkya A.K. Warder, Indian Buddhism, Delhi, Motilal Banarsidass, 2000 , xviii + 601 p. p. 267 et il aurait vécu à l'époque du Bouddha Shakyamuni dont il aurait entendu ses discours; mais il aurait été plongé dans état profond de samādhi lorsque où le Bouddha entra en parinirvāṇa. Et lorsque, deux cents ans plus tard, Yājñavalkya sortit de ce samādhi ,il découvrit que les Mahāsāṃghikas n'enseignaient que le sens superficiel des sūtras, raison pour laquelle il fonda la secte Bahuśrutīya afin d'exposer le sens complet de ces textes.

D'autre part, Paramārtha lie les origines de la secte Bahuśrutīya aux enseignements du bouddhisme mahāyāna :

Doctrines et canon Toujours selon le traducteur Paramārtha, les Bahuśrutīyas acceptaient à la fois les enseignements du Hīnayāna et du MahāyānaBibhuti BARUAH, Buddhist Sects and Sectarianism, Sarup & Son, 2008, 491 p.

p. 48. Paramārtha affirme que l'école Bahuśrutīya a été créée afin d'embrasser pleinement à la fois la « vérité conventionnelle » et la « vérité ultime ». Selon Sree Padma et Anthony Barber, la compréhension Bahuśrutīya de cette exposition complète incluait les enseignements du MahāyānaSree Padma et Anthony W. Barber (Eds.), Buddhism in the Krishna River Valley of Andhra, New York, State University of New York Press, 2008, 232 p. p. 61.

Selon Vasumitra, les Bahuśrutīyas considéraient les enseignements du Bouddha sur l'impermanence (anitya), la souffrance (duhkha), la vacuité (shûnyatâ), l'anātman (non-moi) et le Nirvāṇa comme supramondains (lokattara — c'est-à-dire des points questions concernant le salut et la quête du nirvanaDamien Keown, A Dictionary of Buddhism, Oxford, Oxford University Press, 2004, p. 157), tandis que ses exposés sur d'autres sujets devaient être considérés comme mondains (laukika) Nalinaksha Dutt, Buddhist Sects in India. Delhi, Motilal Banarsidass, 1998 , viii + 290 p.

p. 117 . Pour K. Venkata Ramanan K. Venkata RAMANAN, Nāgārjuna's Philosophy. Delhi, Motilal Banarsidass, 1998, 409 p. p. 62-63 :

Comme les autres sectes Mahāsāṃghika, les Bahuśrutīyas pensaient que les arhats étaient faillibles p. 218.

Tattvasiddhi Śāstra

Aperçu Le -Shâstra (ou Satyasiddhi Shâstra) est un texte de l'abhidharma qui nous est parvenu, écrit par Harivarman, un moine qui vécut en Inde centrale au . Harivarman est souvent considéré comme appartenant à l'école Bahuśrutīya, mais le Tattvasiddhi contient des enseignements plus proches de ceux des Sautrāntika et des Sarvāstivādins. Cet abhidharma figure aujourd'hui dans le canon bouddhiste chinois en seize fascicules (Taishō Tripiṭaka 1646)The Korean Buddhist Canon: A Descriptive Catalog (K 966). Paramārtha cite ce texte d'abhidharma en mentionnant qu'il présente une combinaison des doctrines du Hīnayāna et du Mahāyāna, et Joseph Walser convient de la justesse de cette évaluation. Ian Charles Harris caractérise également le texte comme une synthèse du Hīnayāna et du Mahāyāna, et note que ses doctrines sont très proches de celles des ouvrages du Mādhyamaka et du Yogācāra Ian Charles Harris, The Continuity of Madhyamaka and Yogacara in Indian Mahayana Buddhism, Leyde, Brill, 199, x + 190 p.

p. 99. Le Tattvasiddhi comprend l'enseignement de la dharma-śūnyatā, c'est-à-dire de la vacuité (shûniyatâ) des phénomènes (dharmas) Andrew Skilton, A Concise History of Buddhism. Windhorse Publications (2nd ed), 2004, 272 p.

p. 91-92, et mentionne par ailleurs l'existence d'un Bodhisattva Piṭaka sûtra Charles Willemen, Bart Dessein, Collett Cox. Sarvastivada Buddhist Scholasticism, Leyde, Brill, 1997, 341 p.

p. 9 (« Recueil d'enseignements sur le bodhisattva » ou « Corbeille du bodhisattva Robert E. Buswell Jr. et Donald S. Lopez Jr., , Princeton, Princeton University Press, 2014, xxxii + 1265 p., p. 136 (Corbeille étant pris au sens qu' a pitaka dans l'expression Tripitaka). »), qui compte parmi les premiers textes du mahâyâna, écrit au plus tard au , mais datant peut-être déjà du avant notre ère. Son contenu est perdu et nous n'en connaissons que des extraits dans des compilations plus tardives.

Héritage en Asie de l'Est Le Tattvasiddhi Śāstra a conservé une grande popularité dans le bouddhisme chinoisWarder, A.K. Indian Buddhism. 2000. p. 398, et a même conduit à la formation d'une école de bouddhisme portant son nom en Chine — l'école Tattvasiddhi, ou Chéngshí Zōng (成實宗), fondée en 412 de notre èreNan, Huai-Chin. Basic Buddhism: Exploring Buddhism and Zen. 1997. p. 91. Comme le résume le maître ch'an Nan Huai-Chin Nan Huai-Chin Basic Buddhism: Exploring Buddhism and Zen, York Beach (ME), Samuel Weiser, 1997, 243 p. p. 90-91 :

L'école Tattvasiddhi enseignait une progression en vingt-sept étapes pour cultiver la réalisation, progression basée sur les enseignements du Tattvasiddhi Śāstra. L'école Tattvasiddhi eut pour fondateur Harivarman en Inde et Kumārajīva pour l'école en Chine. L'école Satyasiddhi figure parmi les dix écoles du bouddhisme de la dynastie Tang. De la Chine, l'école Satyasiddhi a été transmise au Japon en 625 de notre ère, où elle était connue sous le nom de Jōjitsu-shu (成實宗). L'école japonaise Satyasiddhi est connue comme l'une des six grandes écoles du bouddhisme japonais de la période Nara (710-794 de notre ère) Nan Huai-Chin, Basic Buddhism: Exploring Buddhism and Zen. 1997. p. 112.

Références

Voir aussi

Bibliographie

Catégorie:Bouddhisme ancien