Atef Najib (en ), né en 1964 ou 1965 à Jablé, est un officier et tortionnaire syrien, cousin de l'ancien président syrien Bachar el-Assad. Début 2011, il torture plusieurs enfants pour avoir écrit sur un mur des slogans anti-Assad, ce qui donne lieu aux premières manifestations à Deraa, le . Atef Najib est considéré comme l'homme ayant provoqué, par sa répression, la révolution syrienne, partie en 2011 de la ville de Deraa.

Il est arrêté en près de Lattaquié par les autorités du gouvernement de transition syrien et condamné à mort en .

Biographie

Jeunesse et famille Atef Najib naît en 1964 ou 1965 à Jablé, une ville située sur la côte méditerranéenne, à quelques kilomètres de Qardaha, le berceau de la famille Assad. Ses parents se nomment Fatima Makhlouf et Najib Ala'a ; son père tient un petit atelier de réparation mécanique où il vend de l'essence au bord de la route. Najib Ala'a est sunnite, ce qui n'est pas très bien vu par la famille alaouite de sa femme. Ensemble, ils ont cinq enfants, qui bénéficieront tous de la proximité de la famille avec le régime. Atef Najib est le cousin de Bachar el-Assad, sa mère Fatima Makhlouf étant la soeur d'Anissa Makhlouf, mère du futur dirigeant.

Atef Najib fait ses études dans un établissement militaire. Il se fait connaître pour son agressivité et ses accès de colère. Il est proche de Bassel el-Assad, l'aîné des fils d'Hafez el-Assad, que ce dernier prépare à sa succession. Jusqu'à la mort de Bassel dans un accident de voiture en 1994, Atef Najib et lui partagent un caractère intrépide et une passion pour les voitures de sport.

Carrière militaire Atef Najib rejoint ensuite les services de renseignement syriens (mukhabarat) mais il est suspendu au début des années 1990 en raison de désaccords avec ses supérieurs et de son comportement difficile à contrôler. Six ans plus tard, sa mère parvient à le faire revenir en grâce et réengager au sein des forces de sécurité ; il est affecté au commandement de Damas, à l'aéroport militaire de Mezzeh. À son poste, il est chargé de s'assurer de la loyauté de la police et des quelques partis politiques autorisés. Décrit comme très riche, il possède plusieurs voitures de sport, qu'il conduit dans les rues de Damas. Un ancien officier des forces de sécurité le présente comme . Atef Najib agit dans l'ombre au sein du régime Assad, contrairement à d'autres figures politiques.

Après l'apparent suicide de son collègue Ghazi Kanaan, il devient en 2005 le responsable de la sécurité politique du régime baasiste dans la ville de Deraa, avec le grade de général de brigade. Contrairement à ses prédécesseurs qui se laissaient facilement corrompre, Najib souhaite exercer un contrôle fort sur la zone qu'il dirige, déclarant . Il engage de nombreux informateurs et insiste sur la nécessité de tout savoir, allant jusqu'à demander aux professeurs de l'informer des opinions politiques de leurs jeunes élèves. Il concentre également entre ses mains le pouvoir sur tous les échanges dans la région ce qui . Il fait preuve de paranoïa : certains de ses subordonnés sont convaincus d'être espionnés, il sort très peu et se déplace toujours avec une escorte, il fait venir sa nourriture de Damas pour éviter d'être empoisonné.

Rôle dans la guerre civile syrienne Les premières manifestations de protestation éclatent en 2011. Alors que la répression est moins violente dans d'autres villes de Syrie, Atef Najib se déchaîne contre les protestataires.

Début , il arrête âgés de 10 à , accusés d'avoir écrit sur un mur « Ton tour arrive docteur », slogan renvoyant aux Printemps arabes et à la profession de Bachar el-Assad, ophtalmologiste. Atef Najib fait torturer les jeunes, les frappe violemment, avant de leur arracher les ongles. Lorsque leurs parents réclament la libération des enfants, il leur demande de et les laisse en prison. Certaines sources affirment qu'il aurait ensuite dit aux hommes de . La phrase choque la population et rentre dans la légende de Deraa. Le ont lieu les premières manifestations de Deraa : la population de la ville se réunit pour demander la libération des enfants ; les forces de sécurité répliquent en tirant sur la foule et tuent trois personnes. Quelques jours plus tard, le , alors que les parents retrouvent leurs enfants mutilés, ils décident de manifester à nouveau contre Najib, demandant son limogeage et des poursuites contre lui. À nouveau, le rassemblement est réprimé et les manifestants poursuivis jusque dans une mosquée ; il y a plusieurs dizaines de morts.

Bachar el-Assad ne se rend pas à Deraa après les premiers rassemblements, mais y envoie des délégations, qui reviennent avec le même message : la population demande le renvoi de Najib et qu'il soit jugé pour ses crimes. Selon des délégués de Deraa, . Un parlementaire issu de la région de Deraa le réclame également à l'Assemblée du peuple, accusant le responsable local d'avoir , mais sa prise de parole est coupée des retransmissions officielles. Assad refuse, arguant qu'aucune procédure n'a été ouverte contre Najib et qu'il ne peut pas . Il emploie alors .

Atef Najib est finalement remplacé à ce poste et muté ailleurs, supposément toujours au sein des services de sécurité, mais il n'est pas sanctionné, ayant . De plus, beaucoup d'officiels du régime le voient comme un héros pour son action brutale contre le soulèvement, comme . Certains proposent de bâtir une statue d'Atef Najib. Officiellement, il fait l'objet . En , le juge responsable du comité spécial lui interdit de voyager à l'étranger, soulignant que . Cependant, il n'est pas inquiété en raison de sa proximité avec Bachar el-Assad, le système judiciaire étant sous son contrôle.

Il est considéré comme l'homme ayant donné naissance, par sa répression, à la révolution syrienne en 2011, partie de la ville de Deraa. Selon un notable de Deraa :

Arrestation et condamnation Le , à la suite de la chute du régime Assad, il est arrêté sur la côte syrienne, à Lattaquié, par les forces du gouvernement de transition syrien.

Son procès s'ouvre en avril 2026. Il est accusé de . Le , un tribunal syrien le condamne à la peine de mort.. Les autres accusés, Bachar el-Assad, Maher el-Assad, Fahd al-Freij et sont condamnés à mort par contumace..

Sanctions internationales Atef Najib est placé sous sanctions internationales en raison de son rôle dans la répression violente des manifestations syriennes.

Références

Liens externes

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