Mzia Amaghlobeli, ou Mzia Amaglobeli (en ), née le à Chouakhevi, est une journaliste géorgienne, connue pour avoir cofondé les médias indépendants Batumelebi et Netgazeti. Elle reçoit le Prix Sakharov en 2025.
Elle est arrêtée le lors des manifestations post-électorales qui secouent la Géorgie, accusée d'avoir giflé le chef de la police de Batoumi. Placée en détention, elle risque jusqu'à de prison. Dès le début de sa détention provisoire, elle entame une grève de la faim, qu'elle poursuit pendant plusieurs dizaines de jours.
Elle est condamnée à deux ans de prison le . La société civile géorgienne dénonce son traitement par la justice, qui est décrit comme une atteinte à la liberté de la presse. Elle reçoit le Prix Sakharov en .
Biographie
Jeunesse et carrière professionnelle Mzia Amaghlobeli naît le à Chouakhevi. Elle travaille à Batoumi, ville de Géorgie située sur la côte de la mer Noire. Elle cofonde le média local Batumelebi en 2001 avec son associé Eter Touradze. Face au succès, ils créent ensuite Netgazeti qui publie des informations à l'échelle nationale. Les deux publications indépendantes sont vues comme .
Durant les manifestations post-électorales de 2024-2025, elle couvre le mouvement de protestation mais ne participe pas directement aux rassemblements à Batoumi. Elle témoigne de la répression par la police, qui cause de nombreux blessés.
Arrestation et grève de la faim
Double arrestation Le , lorsqu'elle apprend qu'un ami est détenu par la police de la ville pour avoir collé des affiches appelant à la grève, elle se rend à un rassemblement appelant à sa libération et colle une affiche sur la façade du commissariat, ce qui a été rendu illégal par une loi quelques jours plus tôt. Filmée par les caméras de surveillance, elle est arrêtée une première fois : il lui est reproché par le rapport de police d'avoir , mais aussi d'avoir insulté les policiers, ce qui est démenti par les autres militants présents sur place à ce moment-là. Elle est inculpée d'une infraction d'ordre administratif, libérée quelques heures plus tard et retourne manifester, félicitée par les autres militants.
Elle est à nouveau arrêtée peu de temps après, le , après avoir giflé Irakli Dguebouadze, le chef de la police de Batoumi, qui l'avait insultée à plusieurs reprises. L'incident se déroule dans le cadre d'affrontements entre les manifestants et la police. Selon l'antenne géorgienne de Transparency International, la gifle . L'ONG affirme qu'un acte ne peut pas constituer un crime.
Procès Placée le en détention provisoire pour deux mois à la prison de Roustavi, elle risque entre 4 et de prison, inculpée pour le chef d'accusation d'.
Lors de sa première audience au tribunal, elle tient un exemplaire du livre de Maria Ressa, Prix Nobel de la paix 2021, établissant des parallèles entre le récit du livre et la politique répressive et autoritaire du Rêve géorgien. Maria Ressa répond par une déclaration sur les manifestations en Géorgie et la détention d'Amaghlobeli lors d'un discours lors d'un anniversaire du Vatican.
L'audience suivante a lieu le .
Grève de la faim Dès le début de sa détention provisoire, elle entame une grève de la faim. Elle l'annonce dans une lettre le en affirmant que et précise ne plus avaler que de l'eau. Elle affirme avoir été maltraitée en prison par Irakli Dguebouadze. Le Service spécial d'investigation de Géorgie ouvre une enquête le même jour à la demande de la ; dont Dguebouadze sont entendus comme témoins, mais aucun n'est suspendu. Durant sa visite diplomatique dans le pays du 21 au , le Commissaire irlandais aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe Michael O'Flaherty évoque le cas de la journaliste dont il considère que la détention provisoire est une mesure disproportionnée par rapport aux faits qui lui sont reprochés.
Le , après à refuser de s'alimenter, la alerte sur l'état physique de Mzia Amaghlobeli, qui . Le lendemain, le service pénitentiaire conteste ces accusations et affirme que , tout en l'appelant à cesser sa grève de la faim. vignette|Une affiche demandant la libération de la journaliste, durant une manifestation, le . Le , elle est transportée à l'hôpital mais continue à refuser de céder face au pouvoir. Le , un groupe de médecins commissionné par le Défenseur public préconise la poursuite de son hospitalisation, après de grève de la faim.
Le , Mzia Amaghlobeli décide de mettre fin à sa grève de la faim. Après , elle annonce dans une lettre qu'elle va tenter de rétablir son régime alimentaire dans les prochains jours.
Réactions Le maintien en détention de Mzia Amaghlobeli malgré son état de santé qui se dégrade est critiqué par les organisations de défense des droits humains, qui réclament de meilleures conditions de détention et une surveillance accrue de son état. Les journalistes géorgiens, les organisations de la société civile géorgienne, ainsi que les manifestants, appellent à sa libération . La Fédération internationale des journalistes fait de même le , aux côtés de de défense de la liberté de la presse, dont l'International Press Institute. La affirme que son arrestation est .
Le , un groupe de députés européens appelle à la libération immédiate de la journaliste et des autres militants emprisonnés.
Le député du parti au pouvoir Mamouka Mdinaradze l'appelle à arrêter sa grève de la faim et affirme qu'elle ne doit pas être considérée comme . Le maire de Tbilissi Kakhaber Kaladze, figure du parti Rêve géorgien, réclame qu'elle présente ses excuses au policier qu'elle a giflé.
Condamnation Le , après deux jours d'audience, Mzia Amaghlobeli est finalement condamnée à deux ans de prison pour « attaque contre un policier ». Plusieurs personnalités sont présentes lors de son jugement, dont Salomé Zourabichvili. Le Comité pour la protection des journalistes et l'International Press Institute déplorent ce verdict destiné selon eux à faire taire une voix critique. Reporters sans frontières dénonce et .
Elle est la première journaliste à être emprisonnée pour des motifs politiques en Géorgie depuis la dislocation de l'URSS.
Récompenses et distinctions En , elle fait partie des lauréats des Free Media Awards, prix récompensant des journalistes indépendants d'Europe centrale et orientale décernés conjointement par la Fritt Ord Foundation et la ZEIT-Stiftung Ebelin und Gerd Bucerius. Ils la récompensent pour .
En , l'International Press Institute et International Media Support lui décernent conjointement le World Press Freedom Hero Award 2025, la reconnaissant comme une personne ayant . D'autres journalistes comme Mariam Abou Dagga, Victoria Rochtchyna, Martin Baron, Jimmy Lai sont aussi distingués.
Le , le Parlement européen lui décerne le prix Sakharov, qui honore des personnalités engagées dans la défense des droits humains et des libertés civiles. Le journaliste et prisonnier politique polono-biélorusse Andrzej Poczobut est lui aussi récompensé.
Notes et références
Liens externes
Déclaration commune (en Anglais) de RSF, CPJ et IPI suite à l'emprisonnement de Mzia Amaghlobeli
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