Marie-Sophie Leroyer de Chantepie (, Château-Gontier - , Angers) est une écrivaine française.
Biographie
Famille Les parents de Marie-Sophie Leroyer de Chantepie, Marie-Catherine-Aimée Dupont divorcée en 1792, et son père, Robert Pierre Leroyer de Chantepie, veuf d'un premier mariage, s'installent à Angers en 1807Fille de Robert Pierre Leroyer de Chantepie, inspecteur à Château-Gontier de la régie nationale, 1793, des domaines, 1805 et de Marie-Catherine-Aimée Dupont. Cette dernière avait été mariée au notaire Louis Gautret de la Moricière dont elle divorça en l'an II de la République. Elle est la petite-fille de René-Robert Leroyer de Chantepie, conseiller au présidial d'Angers, et de Françoise Rigault, bienfaitrice des hôpitaux de Château-Gontier (testament de 1776).. Elle hérite de ses parents, à leur mort (1830 ?), une confortable fortune incluant fermes et terres autour d'Angers et maisons dans la ville même.
Vie politique Dans sa propriété La Licorne, Marie-Sophie accueille généreusement beaucoup de nécessiteux. Leur nombre atteint parfois les dix-huit personnesC'est ainsi que l'on trouve à son domicile son professeur de latin, son filleul, la famille d'une vieille servante, un réfugié polonais.... Célibataire, profondément croyante, elle souffrira toute sa vie d'obsessions intérieures : scrupules liés à la religion ; conflits domestiques.
Aristocrate issue d'un milieu privilégié, Marie-Sophie n'aime à fréquenter que les artistes et les Républicains : Auguste Richard de La Hautière, avocat ; Victor Mangin, directeur du Phare de la Loire. Ces derniers sont majoritaires dans son salon à partir de 1871. Armand Barbès est son héros, et les prolétaires des martyrs qui luttent pour une juste cause.
Mais la sensibilité politique de Mademoiselle de Chantepie, ses idées sociales, sont toujours le fruit de la dimension chrétienne de sa personnalité. Le républicain, chez elle, prend racine dans la spiritualité évangéliqueÀ Flaubert elle écrit : .
Vie littéraire L'art, dont elle est passionnée, lui apporte quelques consolations. Grande lectrice, amatrice de peinture, de musique (concerts, opéras), elle se désespère du néant de la vie culturelle de province. Elle voyage peu, et peu loin. Elle séjourne parfois à Nantes, où elle loue une maison pour assister aux spectacles d'opéra du Théâtre Graslin. On la trouvera parfois poussant jusqu'à l'océan tout proche.
Pour pallier les angoisses qui la minent, elle correspond, entre autres, avec George Sand, et durant 19 ans, avec Gustave FlaubertElle écrivit pour la première fois à celui-ci depuis Angers, le , afin de lui témoigner son admiration après la lecture de Madame Bovary qui vient de paraître dans la Revue de Paris, avant publication, chez l'éditeur Michel Lévy, au mois de septembre 1857 : . Son cousin, Alexandre Leroyer de Chantepie, était également un ami de George Sand à travers ses intérêts littéraires. Plus tard, elle s'est mariée avec l'officier russe M. Benediktov et a passé ses dernières années en Russie.
Son premier roman est édité en 1844, Les Duranti. Succèderont Angélique Lagier (1851), Angèle ou Le Dévouement filial (1860). Le catalogue de la Bibliothèque nationale de France mentionne treize œuvres dont certaines seront publiées après sa mort.
Elle écrit aussi des articles dans Le Phare de la Loire. Notons encore Mémoires d'une provinciale (1880) et la parution posthume de Souvenirs et Impressions littéraires (1892) dans lesquels Marie-Sophie consacre un chapitre à George Sand et un autre à Gustave Flaubert.
Marie-Sophie s'éteint le dans sa maison d'Angers, au 24 boulevard du Roi-RenéDès le , elle avait rédigé son testament, laissant ses biens à Demoiselle Anne Michel et à Charles Torterue de Sazilly, son petit neveu. Par codicille du 30 septembre de la même année, elle lègue de l'argent aux pauvres, aux vieillards et aux malades des villes de Saumur et de Château-Gontier ; elle prend toutes dispositions pour la publication posthume de ses écrits, exigeant qu'ils soient édités à Paris ; elle recommande de ne jamais abattre le noyer sous lequel, dans le jardin de la maison familiale du Tertre Saint-Laurent à Angers, reposait sa mère, et refuse enfin tout inventaire et mise sous scellés de ses biens..
Bibliographie Archives départementales de Maine-et-Loire, [...Dépôt des testaments de Mlle de Chantepie/./... par Étude de M Hédelin, notaire à Angers...] ; André Sarazin, Supplément au Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire de Célestin Port, Tome second, Éditions régionales de l'Ouest, Mayenne, 2004 ; Abbé Angot Évelyne Lejeune-Resnick, Anjou, républicanisme et romantisme : les aspirations de Sophie Leroyer. Annales de Bretagne et des Pays de l'Ouest, (Anjou, Maine, Touraine), Tome 99, 1992, I ; Gustave Flaubert, Correspondance, 5 volumes, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, Paris, Édition établie, présentée et annotée par Jean Bruneau ; D. Anger, Gustave Flaubert et Marie-Sophie Leroyer de Chantepie : une psychothérapie épistolaire, Cahiers de sexologie clinique, vol. 22, , 1996, D. Brizemur, Une correspondante de Flaubert : Mademoiselle Leroyer de Chantepie, Les Amis de Flaubert – Année 1960 – Bulletin – Page 3-12 D. Brizemur, Une correspondante de Flaubert : Mademoiselle Leroyer de Chantepie – Suite, Les Amis de Flaubert – Année 1960 – Bulletin – Page 3-10 Martin Melkonian "Une Cure D'apaisement - Lettres À Marie-Sophie Leroyer De Chantepie" Correspondance Gustave Flaubert - Editions A dos d'âne - 03/2017 - 215 pages
Notes et références
Liens externes
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