Laffaire Bétharram concerne des châtiments corporels scolaires et des abus sexuels subis par des élèves de l'institution Notre-Dame de Bétharram (nommé Le Beau Rameau depuis 2009) dans les Pyrénées-Atlantiques, commis par des prêtres du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram et des laïcs, directeurs, encadrants et enseignants. Plusieurs affaires judiciaires incriminent des membres de l'institution.
En 1996, la presse quotidienne médiatise un premier châtiment corporel qui cause un handicap à un élève. Une brève inspection académique conclut cependant à l'absence de violence au sein de l'établissement.
En 1998, le père Pierre Silviet-Carricart, ancien directeur, est mis en cause pour des faits de viols et d'agressions sexuelles sur mineurs. L'action publique est déclarée pénalement éteinte à la suite du suicide du prêtre après sa mise en liberté provisoire en 2000. L'établissement est condamné civilement en 2003.
En , d'anciens élèves se concertent sur un groupe Facebook, aboutissant au dépôt d'une centaine de plaintes. Le , Mediapart révèle que le Premier ministre François Bayrou, est intervenu en 1996 auprès du juge d'instruction pour prendre la défense de l'établissement et du père Carricart. Les enquêtes de Mediapart et Libération exhument les vives polémiques des années 1990, retrouvées dans les archives de la presse et du bulletin de l'institution.
Depuis 2024, plus de 230 plaignants dénoncent des violences et abus, ayant eu lieu principalement dans les années 1990, puis jusqu'à la fin des années 2010. Une grande majorité des plaintes dénoncent des faits prescrits, ce qui rouvre un débat public sur la prescription concernant des abus sur mineurs.
En 2025, l'absence d'inspection générale missionnée depuis la précédente en 1996 aboutit à la constitution d'une commission d'enquête parlementaire sur les modalités du contrôle par l’État et la prévention des violences dans les établissements scolaires.
Nature des plaintes Les violences s’exercent en priorité sur les plus jeunes du primaire et du collège. Au lycée, elles cessent. Les enfants épargnés sont les très bons élèves et les enfants issus de la bourgeoisie de Lourdes, proche du clergé.
Violences sexuelles Parmi les 76 premières plaintes adressées à la justice en , 38 sont de nature sexuelle... En , elles s'élèvent à 90 plaintes..
En , selon Alain Esquerre, porte-parole des victimes, 230 plaintes seraient déposées, dont 226 sont prescrites. Quatre plaintes non prescrites concernent Patrick Martin.
Selon plusieurs victimes, .. Une autre évoque un .. Alain Esquerre dénonce quant à lui , un système de . Il avance que qui ..... Selon lui, l'affaire est dans un établissement catholique privé...
Violences physiques En ., la presse révèle les différents types de châtiments corporels infligés en cas de manquement à la discipline.. Sur la base des témoignages recueillis, plusieurs châtiments sont dénoncés, comme de violentes claques, des coups de pied, des coups de poing dans la tête., des coups de règle en bois sur les ongles, des fessées à même le corps., y compris avec une batte de cricket ; certains jeunes garçons se faisaient tirer les oreilles ou les cheveux, mettre à genoux sur une règle métallique jusqu’au sang.., arracher les ongles et les cheveux.. Des témoins décrivent , des , des et .. Ils relatent d'autres sévices physiques, comme des piqûres sous-cutanées à l’eau... ou à l’alcool, sur l’avant-bras ou la fesse, réalisées à l’infirmerie.. Les élèves pensionnaires pouvaient être punis pour le week-end, afin que les signes de maltraitance échappent à leur famille..
Un ancien élève présent en 1959 signale la présence d’une où les châtiments corporels étaient infligés. Selon son témoignage, ..
Dans certaines familles du Sud-Ouest, l'envoi à l'institut Notre-Dame de Bétharram, surnommée , est brandi comme une menace contre les enfants jugés trop turbulents.. Les enfants de notables étaient épargnés. Parmi les victimes se trouvent plusieurs orphelins et enfants de parents divorcés. Certains élèves tentaient de s'évader de l'institution. Plusieurs fugues d'enfant, notamment le mercredi, sont rapportées. Les mineurs étaient ramenés par la gendarmerie de Nay, ou signalés par les habitants de la commune..
Violences psychologiques Les élèves et internes dénoncent des violences psychologiques, un monde , la moindre incartade estimée, inappropriée, comme un clignement d’œil, un sourire. .. Des proches relatent plusieurs suicides d'anciens élèves de l'établissement..
Un ancien professeur durant relate le . Les .
Plusieurs victimes reconnaissent en 2025 toujours ressentir des terreurs nocturnes. et des craintes au fait de boucler une valise.
Les personnes auditionnés dans le cadre de la commission, parlent de 31 suicides d'anciens élèves. Les travaux de la commission montrent que les violences psychologiques occupaient une place centrale dans le système de domination observé au sein de Notre-Dame de Bétharram.
Détail des plaintes Plainte de 1993 (tympan perforé) Le , le père d'un élève de porte plainte pour la perforation du tympan de son fils, à la suite des coups portés sur la tête par un surveillant et ayant entraîné une incapacité totale de travail de .
Le , l'institution Notre-Dame de Bétharram est condamnée par le tribunal de grande instance de Pau à verser une provision de dédommagement de , dans l'attente d'une évaluation complète du préjudice. L'établissement demande à la préfecture des Pyrénées-Atlantiques de participer au paiement de l'amende, par avec l'établissement privé catholique sous contrat d'association avec l'État..
Affaire de Behr : 1996 (violence volontaire) Faits En , un élève casse un verre dans le réfectoire. Le surveillant général Marie-Paul de Behr, surnommé « Sanglier », lui annonce qu'il lui sera facturé au lieu de deux. Marc, un autre élève, rétorque : . Il reçoit une violente gifle occasionnant une perforation du tympan le handicapant d'une perte d'audition de 40 %... Le père de Marc porte plainte à la gendarmerie. Pierre Laguilhon, qui remplace Francois Bayrou comme député de la circonscription des Pyrénées-Atlantiques pendant son mandat de ministre de l'Éducation nationale, serait intervenu pour dissuader la démarche du père de l'élève. Son avocat constate, des mois plus tard, que malgré sa démarche, aucune plainte n'a été enregistrée à l'encontre de M. de Behr..
Françoise Gullung, enseignante de l'établissement, est questionnée par les élèves sur la conduite à tenir s'ils devaient faire face à des violences. Elle communique aux élèves le numéro d'appel gratuit 119 du service national d'accueil téléphonique pour l'enfance en danger.
Le , un élève-surveillant plus âgé, responsable de son dortoir, ordonne au même Marc de se rendre sur le perron de l'établissement sur les bords du gave de Pau à 20h30 par zéro degré, en sous-vêtements (slip, t-shirt et tongs.). Revenu au dortoir une heure plus tard, en se plaignant du froid., Marc est frappé et insulté par l'élève surveillant.. En état de choc, l'onglée aux deux mains et aux deux pieds, il prévient son père qui l'emmène aux urgences. Le soir même, un médecin l'examine en hypothermie et lui prescrit une incapacité totale de travail de ...
Signalements internes Jean-François Lacoste-Séris, le père de l'élève, signale les faits à l'Association des parents d'élèves de l'enseignement libre (APEL) en pure perte.... Le , il distribue aux parents d'élèves un tract devant l'établissement. Le directeur Landel, l'accuse de mener une . Le , il est destitué de ses fonctions de vice-président de l'APEL et invité à présenter ses excuses pour avoir partagé les faits au nom de l'association.
Dépôt de plaintes En réaction, il dépose auprès du procureur le . deux plaintes, pour pour les faits de , et pour commis par le surveillant général et l'élève-surveillant de première, pour ceux de et assigne l'établissement au civil.. Plusieurs quotidiens locaux et nationaux, Sud Ouest., La République des Pyrénées, Libération., La Croix., Le Figaro relatent les faits. selon l'édition de Sud Ouest du . Ils mentionnent la présence au sein de l'établissement de Calixte Bayrou, fils de François Bayrou, ministre de l’Éducation depuis 1993, et de deux petits-fils de son suppléant Pierre Laguilhon.
Les méthodes pédagogiques de l'établissement sont relatées dans la presse et font l'objet de discussions au sein de l'Apel du Pays basque.. Michel Bouyrie, maire de Lestelle-Bétharram de 1983 à 2001, reconnaît la notoriété publique de ces violences infligées aux enfants de sa commune : .
Jean-François Lacoste-Séris tente alors de constituer une association de victimes, , avec une douzaine d’anciens élèves.. La direction de Bétharram déplore le ...
D'autres anciens élèves, parmi lesquels Jean-Charles de Castelbajac et le député Michel Péricard, montent dès le plusieurs comités de soutien pour défendre l'établissement.. à l'initiative de Serge Legrand avec huit avocats des barreaux de Pau et de Bayonne..
Poursuite et condamnation La plainte concernant la punition du perron est classée sans suite en l'absence de qualification pénale adaptée. Le parquet de Pau adresse un avertissement à l'élève surveillant mineur responsable de la punition..
Le procureur de la République poursuit Marie-Paul de Behr pour . Il admet , mais estime la punition .. L'accusé affirme avoir afin de préserver la discipline de l'établissement. Il est condamné à d'amende avec sursis par le tribunal correctionnel, le pour avoir handicapées l'élève, mais n’est pas sanctionné administrativement.. L'année suivante, il est promu conseiller principal d'éducation pour les élèves d'âge moyen et pour l'internat..
Il est promu chef d’établissement adjoint jusqu'en 2000.. En 1997, l'établissement passe de 520 à ..
Plainte : 1996 (méthodes éducatives) Le , Françoise Gullung, professeur de mathématiques au sein du collège entre 1994 et 1996., dépose une plainte contre un élève pour .. Quelques jours plus tôt, un élève de troisième s'est précipité sur elle, la heurtant violemment et lui occasionnant une fracture des os propres du nez. Le caractère intentionnel ou non de ce geste fait débat, l'accident ayant eu lieu peu de temps avant la brève inspection académique de 1996.
Son avocat, Maitre Blanco, joint au dossier .
Le , la plainte de Françoise Gullung, jugée infondée pénalement, est classée sans suite. Celle-ci exprime en 2025, avoir réalisé plusieurs signalements concernant des violences physiques au sein de l'établissement, à François Bayrou, alors ministre de l'Éducation nationale et président du conseil général des Pyrénées-Atlantiques, au tribunal, à la direction diocésaine de l'enseignement catholique, à la gendarmerie, ainsi qu'à un médecin de la protection maternelle et infantile.
Affaire Silviet-Carricart : 1997-2000 (viols et agressions sexuelles sur mineurs)
Dans le courant de l'année 1987, le père Pierre Silviet-Carricart, professeur de philosophie et directeur de l'institution Notre-Dame de Bétharram entre 1976 et 1981, puis entre 1987 et 1993, se livre de nuit au sein du dortoir à des caresses et des masturbations répétées sur un élève du collège pensionnaire de l'internat âgé de et demi.. L'année suivante, il est amené à annoncer à cet élève la mort de son père. Il profite de la fragilité psychique de l'enfant. pour le violer le matin de l'enterrement, avant de l'amener au train pour que sa mère le conduise aux obsèques de son père..