Roger Grégoire, né à Paris le et mort au Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine) le , est un haut fonctionnaire français.

Biographie Roger Albert Abel Raymond Grégoire est le fils aîné du professeur Raymond Grégoire et de Claire Révillon (1884-1956). Fait prisonnier par les Allemands, il est détenu dans le camp de l'Oflag IV-D ; il est le dernier membre du Conseil d'État rapatrié, fin 1942.

Le , il épouse Marie Laurentin, dite Menie GrégoireActe de mariage à Paris , , vue 6/31.. De retour du camps d'Oflag IV-D, il doit aller dire à Marie Laurentin que son frère René Laurentin, toujours détenu en Allemagne, va bien. C'est ainsi que Roger rencontre Menie ; ils ont trois filles : Ève, Isabelle et Nathalie.

Il meurt le au Plessis-RobinsonActe de naissance (avec date et lieu de décès) à Paris , , vue 20/31. et repose dans la chapelle familiale « Révillon/Grégoire » au cimetière de Montmartre ().

Carrière Roger Grégoire a préparé le concours du Conseil d’État, après ses diplômes de l'École libre des sciences politiques (qui deviendra Sciences Po), de la faculté de droit et de la faculté des lettres. En 1939, il entre comme auditeur au Conseil d'État.

À la Libération, il devient adjoint de Michel Debré au commissariat de la République d'Angers. En 1944, il est nommé délégué aux relations interalliées (Gouvernement français et Grand Quartier général des puissances alliées en Europe (SHAPE)Portail legifrance, Décret du 13 septembre 1944 M. ROGER GREGOIRE EST NOMME DELEGUE AUX RELATIONS INTERALLIEES puis retourne au Conseil d'État.

Il étudie avec Michel Debré la réforme de l'administration. Il participe à la création de l'École nationale d'administration (ENA) dont il préside plusieurs concours d'entrée, y donne des cours et est membre de son conseil d'administrationPortail de Cairn.info, L'ENA sous la présidence de René Cassin (1945-1960) d’Antoine Prost. Il participe également avec Michel Debré et Jules Jeanneney au choix de préserver l'École libre des sciences politiques, accusée d'être un foyer de collaboration avec l'Allemagne nazie mais de la transformer en une nouvelle structure. Deux entités juridiques distinctes sont créées : l'Institut d'études politiques (IEP) et la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP). En 1945, il devient, à trente-deux ans, le premier directeur de la Fonction publique alors que Maurice Thorez est son ministre de tutelle. Il demeure à ce poste pratiquement durant toute la Quatrième République, jusqu'en 1954. Il est l'un des principaux auteurs du statut général de la fonction publique dont les modifications successives ne changeront pas l'esprit général. Ces véritables monuments juridiques qu'il a élaborés ont permis à l'administration française d'assurer la continuité de l’État malgré les changements fréquents de gouvernement. Durant son mandat, Roger Grégoire est notamment l'un des inspirateurs de la réforme des classifications, qui conduit en 1948 à la mise en place de la grille indiciairePortail de la fonction publique, les directrices et directeurs de la dgafp.

En 1954, il entre à l’Organisation européenne de coopération économique (OECE) et dirige, pendant 8 ans, l'Agence européenne de productivité (AEP). Toujours en 1954, il publie un ouvrage sur la fonction publique qui, pour la première fois, lance l'idée d'une gestion moderne des ressources humaines de l'administration, conception qui devait connaître le succès non seulement dans le secteur public mais aussi dans le privé. Réintégré au Palais-Royal et nommé conseiller d'État en 1961, il participe à la Semaine sociale de Caen où il dénonce à la fois la et le .

En 1954, à la demande de Georges Pompidou, il préside une commission (qui porte son nom) sur les salaires des entreprises publiques pour constater qu'ils ont pris du retard par rapport au secteur privé. En 1965, il participe à la première Commission nationale de contrôle de la campagne électorale en vue de l'élection présidentielle (CNCCEP)Portail de l'Institut Georges Pompidou, Installation de la commission de contrôle électorale (29 octobre 1965), instituée par la loi du . En 1966, il fait partie, dès sa constitution, des cinq personnalités appelées à former auprès du Gouvernement le Centre d'étude des revenus et des coûts (CERC) qui était chargé de mesurer l'évolution des revenus d'activité ainsi que la productivité. Roger Grégoire est ensuite chargé de gérer les premiers fonds consacrés à la formation professionnelle et à la promotion sociale. Il est fréquemment consulté par les gouvernements successifs sur leurs projets de reforme. Présidant la commission de l'équipement sanitaire et social au commissariat général du Plan (CGP) et de la commission nationale de l'équipement sanitaire et de l'hospitalisation. De 1970 à 1972, il est membre du cabinet d'Olivier Guichard, alors ministre de l'éducation nationale.

En 1976, il devient président de la section des travaux publics du Conseil d'État français où il demeure jusqu'à sa retraite en 1982Portail national des Archives, France. Conseil d'État. Section des Travaux publics (1872-….), Liste des présidents de la section des Travaux publics. Il continue d'assumer la présidence de nombreuses commissions nationales, dont celle du Conseil supérieur de la sûreté nucléaire, de la Commission consultative des recours amiables pour les marchés publics, ainsi que la présidence d'une commission d'étude pour les marchés européens. La grande passion de ses dernières années fut le centre culturel de l'Abbaye royale de Fontevraud. Son exceptionnelle culture littéraire et musicale lui a permis de relancer les activités du centre et le prestige international de l'abbaye.

Publications Le recrutement et la sélection des cadres supérieurs des administrations centrales, Mission pour la réforme de la fonction publique, 1943. Réflexions sur le problème des réformes administratives : cours commun Promotion "Jean Giraudoux" 1951, ENA, 1951. La fonction publique, préface de Louis Camu, Armand Colin, Paris, 1954. The French Civil Service, International Institute of Administrative Science Ed., Brussels, 1964 (traduction en anglais de l'édition de 1954). La fonction publique, préface de Serge Salon et Jean-Charles Savignac, Dalloz, Paris, 2005 (réédition de l'édition de 1954). Les caractéristiques fondamentales du travail dans la fonction publique, Institut des techniques d'administration publique (ITAP), Paris, 1954. Administrations nationales et organisations internationales : les problèmes administratifs qui se posent aux nouveaux États du fait de leur participation à l'Organisation des Nations Unies et aux Institutions Spécialisées, en collaboration avec Menie Grégoire Paris : UNESCO ; Bruxelles : IISA (Bruxelles, impr. de Puvrez), 1955. Les sciences sociales dans l’enseignement supérieur : Administration des entreprises, UNESCO Ed., Paris, 1964. Three lectures, Institute of Public Administration of Canada Ed., Toronto, 1965. L’éducation professionnelle, OCDE Ed., Paris, 1967. Le Transport fluvial : schéma de développement du transport fluvial et schéma directeur des voies navigables, la Documentation française Ed., Impr. Les Presses d'Électrogeloz, Paris, 1983. La Figuration des morts dans la chrétienté médiévale jusqu'à la fin du premier quart du siècle, Abbaye Royale de Fontevraud, Centre culturel de l’Ouest, 1988.

Roger Grégoire a rédigé de nombreux articles dans des revues, dont la Revue française de science politique (sous le pseudonyme de « G. Rochecorbon »), La Revue administrative et Esprit.

Décorations .

(GB) (USA)

Notes et références

Bibliographie Le Monde, La mort de Roger Grégoire, père du statut de la fonction publique. Article d’André Passeron du .

Liens externes

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