Saïd Achmet Zaki ben Sultan Saïd Ali né en 1887 à Iconi, Grande Comore, au palais Ha Idaroussi et mort le est un prince comorien, fils aîné du sultan Saïd Ali ben Saïd Omar. Il exerce la fonction honorifique de chef de la famille royale de la Grande Comore de 1916 à 1955 et assure la chancellerie de l’Ordre de l’Étoile de la Grande Comore.

Origines et famille Né à Iconi, ancienne capitale historique de la Grande Comore, Saïd Achmet Zaki est le fils aîné du sultan Saïd Ali ben Saïd Omar, dernier souverain effectif de l’île avant la consolidation de l’administration coloniale française.

Il appartient à la dynastie El Maceli Ba Alawi, d’origine anjouanaise et grand-comorienne, également rattachée à la lignée Matswa Pirusa par son arrière-grand-père Saïd Achmet. Par son rang de fils aîné, il est considéré comme prince héritier du sultanat, bien que le pouvoir politique réel ait déjà été transféré à l’administration française.

Chef de la famille royale (1916-1955) À la mort de son père en , il reçoit le titre honorifique de Chef de la famille royale de la Grande Comore. Dans le contexte colonial, cette fonction revêt un caractère essentiellement dynastique et symbolique.

Il conserve cette position pendant trente-neuf ans, incarnant la continuité de l’institution sultanienne dans une période marquée par la domination administrative française.

Chancelier de l’Ordre de l’Étoile de la Grande Comore En sa qualité de chef de la famille royale, Saïd Achmet Zaki devient chancelier de l’Ordre de l’Étoile de la Grande Comore de 1916 à 1955. Il détient le droit de conférer cette distinction dynastique.

Encadrement administratif (1942) Le , le ministre de l’Économie Jules Brévié autorise le port de la décoration dans l’archipel des Comores et à Madagascar, à condition que les titulaires disposent d’un brevet officiellement délivré, comportant le visa et le timbre du gouverneur général de Madagascar et dépendances.

Cette décision marque un encadrement administratif plus strict de l’ordre par les autorités françaises.

Tentative de reconnaissance officielle (1949) En 1949, le comte de Chevigné, haut-commissaire de la République à Madagascar, conformément au souhait exprimé par le sultan Saïd Ali dans la convention du , sollicite auprès du ministre de la France d’Outre-mer le classement de l’Ordre de l’Étoile de la Grande Comore parmi les décorations reconnues par le gouvernement français.

Le ministre subordonne son accord à deux conditions :

le maintien de la modification de l’insigne et de la couleur du ruban conformément à l’ordonnance du ; le respect des règles d’attribution fixées par le décret du .

Après consultation du conseil de famille, Saïd Achmet Zaki ne s’oppose pas au principe du classement, mais pose deux réserves :

qu’aucune modification ne soit apportée au ruban et à l’insigne, considérés comme un symbole dynastique créé par son ancêtre ; qu’un contingent de 50 % des attributions demeure réservé à l’autorité familiale.

L’affaire n’aboutit pas, notamment en raison de son refus d’appliquer les modifications prévues par l’ordonnance de 1910.

Gestion et controverses Durant son mandat, il continue à décerner la décoration à un rythme soutenu. Certaines sources évoquent jusqu’à 300 attributions annuelles. Toutefois, seuls les brevets visés par le chef du territoire des Comores sont officiellement enregistrés par l’administration coloniale.

Cette situation suscite des interrogations quant à la reconnaissance institutionnelle et à la valeur protocolaire de l’ordre durant cette période

Décès et succession Saïd Achmet Zaki meurt le .

Une période de flottement s’ouvre alors au sein de la famille princière, la question de la succession à la tête de la maison royale demeurant en suspens pendant plusieurs années. En 1959, son frère, le prince Saïd Houssein ben Saïd Ali, est désigné chef de la famille royale de la Grande Comore.

Décorations

Références

Catégorie:Personnalité comorienne du XXe siècle