Le camp de Silos (en bosniaque : logor silos, en serbe cyrillique : логор силос) était un camp de concentration de l'Armée de la République de Bosnie-Herzégovine (ARBiH) situé à Tarčin dans la municipalité de Hadžići en Bosnie-Herzégovine ou étaient détenus 590 détenus au total sur 3 ans et 8 mois (1 334 jours), de 1992 à 1996.
Le camp était installée à l'intérieur d'un silo à grain d'où l'origine de son nom, les détenues y vivaient dans des conditions insalubres et y étaient maltraités (battus, torturés, affamés)
Durant la guerre, des soldats bosniaques de l'ARBiH craignant que des hommes serbes en âge de combattre ne rejoignent l'armée de la République Serbe de Bosnie (VRS) arrêtaient et emmenaient les hommes serbes du village dans le camp.
Les Serbes représentaient le plus grand nombre de détenus (500 détenus), tandis que les Croates représentaient une minorité (90 détenus), parmi les détenus, le futur député à l'assemblée parlementaire de Bosnie-Herzégovine Slavko Jovičić, le camp détenait également 2 soldats serbes ayant servi dans l'ARBiH.
Le nombre de détenus Croates a atteint son maximum, après une opération de l'ARBiH résultant du contrôle de la ville de Konjic, faisant plus de 1 000 prisonniers croates de Bosnie, dont certains ont été transférés au camp de Silos.
Torture Les détenus du camp étaient maintenus dans des conditions de détention difficiles et insalubres :
Enfermés dans des compartiments sombres d’un silo à grains, sur un sol en béton, sans accès à l’eau courante ni à des installations sanitaires, sans voir la lumière du jour pendant plusieurs mois. Soumis à des privations alimentaires, à des violences physiques, et certains ont été exposés à des tirs d’armes à feu ou à l’artillerie lorsqu’ils effectuaient des travaux sur le front.
Ces conditions ont entraîné des maladies, des pertes de poids importantes et la mort d’au moins 24 détenus.
Arrestation et procès Le , la police bosniaque a arrêté : Fadil Čović, Halid Čović, Mustafa Djelilović, Bećir Hujić, Nermin Kalember, Nezir Kazić, Šerif Mešanović et Mirsad Šabić, soupçonnés de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité commis au camp de Silos et sur deux autres sites de la municipalité de Tarčin.
Après un procès qui a duré plusieurs années, les accusés ont été reconnus coupables de détention illégale de civils et de maintien des détenus dans des conditions de vie insupportables, tandis qu’ils ont été acquittés des chefs de crimes contre des prisonniers de guerre, le tribunal ayant établi que tous les détenus étaient des civils. Les peines prononcées allaient de cinq à dix ans de prison, et les condamnations ont été confirmées par la Cour de Bosnie-Herzégovine en 2021. Le jugement a également confirmé que 500 civils serbes de Bosnie et 90 civils croates de Bosnie avaient été détenus à Silos.
Références
Catégorie:Camp d'internement pendant la guerre de Bosnie-Herzégovine Catégorie:Camp de concentration