Georges Florian (Gheorghe Florian en roumain, ou Flórián György en hongrois), né le à Iojib et mort le à Épinay-sur-Orge, est un peintre roumain de l'École de Nagybánya puis de l'École de Paris.
Biographie
Georges Florian est né le à Iojib (Józsefháza en hongrois), un village de Transylvanie austro-hongroise, région qui deviendra roumaine après la Première Guerre mondiale. Les Florian appartiendraient à la minorité arménienne de HongrieMurádin, ..
Élève de l'École des beaux-arts de BudapestDeac et Octavian, passim., Florian a exposé deux paysages à la Maison des artistes (Művészház) de la capitale hongroise en Zsűrimentes kiállitás a Művészházban, Budapest, 1913, cat. 57-58.. Il poursuivit sa formation entre 1914 et 1915 puis entre 1918 et 1922 sous la direction de János Thorma au sein de la colonie de peintres de Nagybánya (nom hongrois de Baia Mare), dont il devint l'un des membres. Il se forma également à Bucarest en 1920-1921. Il exposa ses œuvres à Arad (1923), Baia Mare (1924) et Satu Mare (1925). À cette époque, son art, centré sur les paysages locaux, évoluait entre le postimpressionnisme et l'influence stylistique de Sándor Ziffer.
Dès 1926, Florian émigra à Paris, où il habita tout d'abord au de la rue de l'Ancienne-Comédie (6 arrondissement), avant de se fixer dans le quartier du Montparnasse (14 arrondissement), haut lieu artistique des années folles, d'abord au de la rue Campagne-Première (1927) puis au de la rue Daguerre (1928) et enfin au du boulevard du Montparnasse (1931). Aspirant à « créer un art moderne classique »Jules de Saint-Hilaire, Raymond Sélig, Jean d'Humovain et Guy Valdhen, « Le Salon des Indépendants et le Salon d'art français indépendant », Revue du vrai et du beau, 10 avril 1929, (consultable en ligne sur Gallica)., Florian dessinait et peignait à cette époque des portraits et des nus se rapprochant de différents courants autour de l'expressionnisme ou faisant écho à la Nouvelle objectivité d'outre-Rhin.
En 1926, Georges Florian exposa un tableau et deux dessins au Salon des artistes françaisSociété des artistes français, Le Salon 1926, Paris, 1926, et 120.. Il exposa également au Salon d'Automne. À partir de 1927, il devint l'un des contributeurs réguliers du Salon des indépendants, où il exposa des toiles et des dessins pendant plus de trois décennies. En 1929, une première exposition parisienne lui fut consacrée par la galerie Bernheim-Jeune. La même année, sa participation aux Indépendants, où il exposa deux dessins inspirés de la pièce Maya de Simon Gantillon (une représentation de la prostituée éponymeDessin reproduit dans Le Crapouillot, février 1929, (consultable en ligne sur Gallica). ainsi qu'un portrait de l'acteur Habib Benglia dans le rôle de l'hindou), lui valut un paragraphe élogieux dans la Revue du vrai et du beau. Dès cette époque, il cultiva une image de Montparno excentrique : « C'est Florian, un peintre de talent bien connu au Dôme et à la Rotonde, qui pour mieux se faire remarquer se colle un anneau dans le nez. Mais le dimanche seulement. Rassurez-vous, d'ailleurs, les narines ne sont pas percées. C'est de l'ersatz »Le Maillot rose et vert, « Les exentricités [sic] Deauvillaises », La Rampe, juillet 1929, (consultable en ligne sur Gallica).. En 1932, dans un article consacré à Un Américain à Paris, Charles Trenet imagina les tribulations du héros de Gershwin, que l'on « trimballe à Montparnasse » pour y rencontrer, entre autres, « les amis d'Espinouze » et « le peintre Florian en cothurnes »Charles Trenet, « La musique : Un Américain à Paris », Le Coq catalan, 14 mai 1932, (consultable en ligne sur PerpiniaNum)..
Au Salon des indépendants de 1930, où il présenta une Salomé comportant de vrais cheveuxReproduite dans Images (Le Caire), 9 février 1930, (consultable en ligne sur Gallica), et dans Le Populaire, 21 janvier 1930, (consultable en ligne sur Gallica)., Florian fit scandale avec un autoportrait nu, intitulé Jour de fêteChamine, « Une conférence chez Florian », L'Intransigeant, 23 mai 1932, ., qui comportait également de vrais poilsCyrano, 26 janvier 1930, .. Jugé indécent, ce tableau fut décroché par la police à la suite de l'intervention du journaliste Maurice Hamel auprès du préfet de police, Jean Chiappe. En guise de pied de nez à ce journaliste, Florian lui envoya quelques semaines plus tard le catalogue d'une exposition privée, organisée au profit des sinistrés du Midi, où l'autoportrait censuré était présenté. Hamel se fendit alors d'une lettre ouverte à Chappe pour réclamer l'interdiction de l'exposition ainsi que des poursuites à l'encontre de Florian, en traitant ce dernier de « métèque », de « triste barbouilleur » et de « répugnant personnage, fantoche de Montparnasse et Roumain familier des boîtes de nuit »Maurice Hamel, « Art métèque : un scandale intolérable », La Liberté, 7 mai 1930, .. L'année suivante, un autre nu, féminin cette-fois-ci et intitulé L'Abandon du sommeil de l'innocence, fut censuré de la même manière au Salon des indépendants de 1931Le Journal, 24 janvier 1931, ..
En 1931, Florian fut l'un des figurants du film Rive gauche d'Alexander KordaCiné-Comœdia, 24 mars 1931.L'Illustration, 2 mai 1931, ..
vignette|Mistinguett et Florian à Deauville (Paris-Midi, 25 avril 1932)
En 1932, Florian quitta Montparnasse pour Auteuil et s'installa au de la rue Le Marois (16 arrondissement), où ses invités pouvaient découvrir ou redécouvrir ses nus les plus audacieuxParis-Midi, 9 avril 1932, .. Devant l'un d'eux, un nu féminin qui « plongeait au vif du sujet », l'actrice Marguerite Moreno se serait exclamée devant le peintre : « Vous ne m'aviez pas dit, cher ami, que vous étiez aussi un peintre d'intérieur ! »Fantasio, juin 1933, . Parmi les autres personnalités invitées par Florian à cette époque, on compte André de Fouquières, Michel Simon, Gaby Morlay, Damia ou encore Alice CocéaParis-Midi, 1 juillet 1932, ..
L'année suivante, Florian passa un accord verbal avec le concierge d'un immeuble voisin pour y louer deux caves afin d'y stocker certaines de ses toiles qui encombraient son atelier. Absent de Paris pendant l'exode de 1940, il eut la mauvaise surprise, quelque temps plus tard, de découvrir que le concierge était mort depuis plusieurs mois et que son successeur, qui n'avait pas été informé de cette location irrégulière, avait vidé les caves et détruit les tableauxLe Jour, 21 mars 1942, ..
Au début de l'Occupation, Florian quitta Auteuil pour s'installer durablement au du boulevard Saint-Germain ( arrondissement). En , il fut gravement blessé lors d'une collision, rue de la Convention. Souffrant d'une fracture du rocher causée par sa chute, il fut soigné à l'Hôpital BoucicautParis-Soir, 26 novembre 1941, .. Pendant la guerre, il rendait souvent visite à son ami Kees van Dongen, qui lui procurait des vivresPaule Corday, « A propos d'une exposition Van Dongen », Istanbul, quotidien du soir politique et littéraire, 21 mai 1952, ..
vignette|Florian, Thérèse Treize et Foujita à l'enterrement de Kiki de Montparnasse (1953)Franc-Tireur, 28 mars 1953, ..
En , Florian comptait parmi les nombreuses personnalités françaises à s'être rendues à l'ambassade soviétique, rue de Grenelle, afin d'y exprimer leurs condoléances après la mort du dictateur Joseph StalineL'Humanité, 10 mars 1953, .. Le 27 du même mois, Florian figurait au premier rang, aux côtés de son ami Tsugouharu Foujita, lors de l'enterrement de Kiki de Montparnasse au cimetière parisien de Thiais.
À la fin de sa vie, Florian, retraité, vivait au de la rue de Verneuil (7 arrondissement). Il mourut le à l'hôpital de Vaucluse, à Épinay-sur-OrgeArchives de Paris, état civil du 7 arrondissement, registre des décès de 1980, acte (transcription), vue 27 sur 31..
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Bénézit : édition de 1976, vol. 4, (consultable en ligne sur Internet Archive) ; édition de 1999, vol. 5, (consultable en ligne sur Internet Archive) ; édition anglaise de 2006, vol. 5, (consultable en ligne sur Internet Archive). et Jean-Jacques Lebel, Jardín de Eros, Institut de cultura de Barcelona / Electa, 1999, et 252. Mircea Deac et Tudor Octavian, 300 de Pictori români: dicţionar de pictură românească modernă, Bucarest, 2007. Jenő Murádin, Magyarörmény Paletta, Budapest, 2012, (consultable en ligne sur le site de l'Association culturelle arménienne de Transylvanie).
Liens externes
Paysage de Baia Mare (1924) sur le site du Musée d'art de Baia Mare (consulté le ).
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